L’étoile de Jack Layton brille au Québec

Fort d’une popularité grandissante au Québec, le chef du NPD, Jack Layton, se retrouve devant un défi de taille : transformer son capital sympathie en intentions de vote.

L’étoile de Jack Layton brille au Québec
Photo : A. Vaughan / PC

La bulle orange ne cesse de s’agrandir au Québec, comme l’ont confirmé les membres québécois du panel Canada 20/20 du Groupe de recherche Innovative dans un sondage Web réalisé du 8 au 11 avril.

Lorsqu’on leur a demandé quel parti parlait le plus des questions leur tenant à cœur, les participants québécois ont répondu à 27 % en faveur du Nouveau parti démocratique – qui se permet même de devancer légèrement le Bloc québécois (26 %).

Au Québec, Jack Layton est d’ailleurs considéré comme le chef ayant le plus l’étoffe d’un premier ministre (31 %), ce qui le place loin devant Stephen Harper (19 %). Les Québécois sont les seuls au Canada à plébisciter ainsi le Montréalais de naissance, puisque les sondés des autres provinces ont tous jugé que Stephen Harper était le mieux taillé pour le poste.

La performance du leader néo-démocrate aux deux débats des chefs s’inscrit dans la même veine, puisque 24 % des répondants à un autre sondage, réalisé le 13 et le 14 avril**, ont jugé qu’il était le chef s’étant le mieux défendu lors du débat en anglais et 16 % pour le débat en français. Dans les deux cas, Layton se place au deuxième rang, devancé par Stephen Harper (43 %) dans le Canada anglais et par Gilles Duceppe (46 %) au Québec, Michael Ignatieff ne montant à chaque fois que sur la troisième marche du podium avec seulement 11 %.

De plus, 44 % des panélistes du reste du Canada ont trouvé que Layton avait fait un meilleur débat qu’ils ne l’attendaient, ce qui constitue le meilleur résultat parmi les quatre chefs. Au Québec, seul Ignatieff (43 %) a surpris plus de monde que le député de Toronto – Danforth (30 %).

Mais la popularité de Layton peine à se matérialiser en appuis concrets. Malgré le charisme de son chef, le NPD n’arrive qu’en quatrième place des intentions de vote, avec 16 % des voix. Il est devancé par le Bloc (38 %) le Parti libéral (21 %) et le Parti conservateur du premier ministre sortant, qui ne se positionne qu’au troisième rang (20 %).

Des quatre principaux partis fédéraux, le PC est d’ailleurs celui dont les principes électoraux ont le moins intéressé, puisque son message n’a trouvé écho qu’auprès de 18 % des sondés.

De manière générale, les chevaux de bataille de Stephen Harper ne semblent pas être ceux des Québécois. Près de la moitié des répondants (47 %) a le sentiment que le Québec ne bénéficierait pas autant que les autres provinces des promesses des conservateurs. Dans le reste du Canada, cette impression n’est pas aussi forte, mais elle existe quand même, puisque 31 % des Canadiens ont jugé que leur province n’était pas aussi favorisée que les autres.

La volonté de Stephen Harper de réduire les impôts des grandes entreprises afin de stimuler l’économie – sujet qui a donné lieu à un vif échange lors du débat des chefs en langue française – est mal perçue au pays. La majorité des sondés (57 % au Québec, 50 % dans le reste du Canada) s’y oppose et préférerait voir ces impôts augmenter, ce qui pourrait permettre de soutenir les programmes sociaux.

L’image du PC a également été écornée par l’exclusion de plusieurs participants de ses assemblées en raison d’éléments jugés déplaisants sur leur profil Facebook. Malgré les excuses présentées par les conservateurs, 41 % des participants (au Québec comme au Canada) se sont dits beaucoup moins enclins à voter pour le parti à cause de cette affaire.

La polémique ayant entouré le candidat bloquiste Yvon Lévesque – que peu de gens ont remarquée – a eu moins de répercussions sur le parti mené par Gilles Duceppe. Seuls 17 % des répondants Québécois disent avoir une moins bonne opinion du Bloc à la suite des déclarations de Lévesque selon lesquelles le NPD perdrait des voix dans la circonscription d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou parce que son candidat est autochtone.

Les libéraux ont moins souffert du cas André Forbes, ce candidat dans Manicouagan accusé d’avoir tenu des propos à connotation raciste. Ce couac dans la campagne libérale, qui a entraîné l’exclusion de Forbes, n’a influencé négativement que 9 % des répondants du Québec et 11 % de ceux du reste du Canada.

Les participants au sondage se sont montrés plutôt agacés par la couverture médiatique de ces gaffes. Près des deux tiers des répondants Québécois et Canadiens estiment que les médias devraient se concentrer davantage sur la politique proprement dite, la majorité des autres trouvant que les erreurs en disent beaucoup sur un parti.

 

*Ce sondage a été réalisé du 8 au 11 avril 2011 auprès de 2 059 internautes, dont 476 au Québec, par le Groupe de recherche Innovative.

** Ce sondage a été réalisé le 13 et le 14 avril 2011, après les débats des chefs, auprès de 1 058 internautes, dont 249 au Québec, par le Groupe de recherche Innovative.

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