Lettre à Bonhomme: Ce qu’on fait en votre nom !

Cher Bonhomme,

Comme vos nombreuses occupations vous empêchent de surveiller tout ce qui se dit à votre sujet, permettez-moi de vous mettre au courant de derniers développements qui vous ont peut-être échappés. (Évidemment je ne vous parle pas de la couverture de Maclean’s, puisque vous avez mis vos avocats sur le chemin de la guerre. Ils ont du vous consulter.)

Beaucoup de gens sont fâchés à cause de vous...
Beaucoup de gens sont fâchés à cause de vous...

J’ai cependant le regret de vous informer que, jeudi dernier, la Chambre des communes, saisie par le pourtant généralement admirable Pierre Paquette, a voté unanimement une résolution affirmant que la Chambre était «profondément attristée par les préjugés véhiculés et les stéréotypes employés par le magazine Maclean’s pour dénigrer la nation québécoise, son histoire et ses institutions». Le vote fut unanime, sauf pour un député de votre région, André Arthur, qui s’est absenté tout exprès.

J’espère que vous êtes comme moi «profondément attristé» de voir l’instrument parlementaire utilisé ainsi pour porter un jugement sur un article de presse, tout abject soit-il. Les élus ont tous les micros à leur disposition pour donner leur opinion. Mais la Chambre est une institution qui a comme devoir de protéger la liberté d’expression, surtout quand elle est attaquée.

Le parlement fédéral avait sombré dans la même maladresse lors de l’affaire Jan Wong (une autre insulte au Québec dans un grand quotidien torontois). L’Assemblée nationale québécoise avait commis le même abus de procédure dans le cas du journaliste André Pratte (qui avait osé dire que le politiciens mentaient souvent) et ensuite dans le cas de propos tenus par le militant souverainiste Yves Michaud.

Le vote de jeudi est évidemment l’expression de beaucoup d’hypocrisie chez les élus non-québécois. Dans un sondage non-scientifique en ligne, sur 6000  internautes du Globe and Mail participants, 75% estiment que Maclean’s n’est «pas allé trop loin» en titrant que le Québec était «la province la plus corrompue». Il serait surprenant que 100% des parlementaires fédéraux du Canada anglais aient été sincèrement à ce point déconnecté du sentiment de leurs électeurs, pas «attristés» le moins du monde.

Mon avis, Bonhomme: les élus ne devraient jamais voter de motion sur l’usage quel qu’il soit de la liberté d’expression. Seulement pour réprimander un officier de l’état ou un élu.

Andrew Coyne en français

Un moment plus amusant, cher symbole du Carnaval, a eu lieu au petit écran, jeudi soir. Andrew Coyne, celui qui écrit que le Québec souffre de «pathologies» induisant la corruption, devait défendre sa position dans le panel d’analystes régulier de l’émission The National.

Devant lui, celle qui a un jour terrassé Mario Dumont à Tout-le-Monde-en-Parle en quatre phrase, Chantal Hébert. Non suspecte d’amitiés souverainistes, elle a tenté d’expliquer à Coyne qu’elle pouvait bien penser qu’il était «le journaliste le plus biaisé au Canada» et avait beaucoup d’arguments pour étayer cette opinion, cela ne resterait qu’une opinion.

Heureusement, Coyne avait une bouée de sauvetage: l’éditorial d’André Pratte de La Presse, dont j’ai parlé ici. Coyne a marqué un point en citant le texte dans un assez bon français.

Mais c’était encore mieux d’entendre le sondeur Alan Gregg lui rentrer dedans avec la délicatesse d’une tronçonneuse. Que ceux qui entendent la langue de Maclean’s savourent la vidéo ici  (il faut aller à 4’22 »). Ensuite, Chantal a continué à débattre hors du ring télévisuel.

Le choix: les corrompus ou les indépendantistes ?

Dans sa chronique du Toronto Star de vendredi matin, Chantal éperonne Coyne et le Maclean’s en leur demandant quel sera leur consigne de vote, aux prochaines élections québécoises. Elle écrit:

[…] long before Maclean’s invested itself with the ultimately failed journalistic mission of outing Quebec as the most corrupt province in Canada, Jean Charest’s Liberal regime had become a long shot for re-election. But in a spirit of consistency, will Maclean’s also encourage Quebecers to turn to the Parti Québécois in the next provincial election?

Elle prédit que la prochaine élection sera victorieuse pour le PQ à cause d’une grande abstention fédéraliste. Mais elle conclut:

If the federalist Liberals win, Quebecers will be deemed to have turned a blind eye to a disquieting amount of allegations of corruption. In the more likely scenario of a PQ victory, they will be deemed to have snubbed Canada.

One can only wonder how my fellow At Issue pundit Andrew Coyne would cast his vote in that election without tripping on the “roots of corruption” that he is convinced run so particularly deep in Quebec.

Coyne n’a pas (encore) répondu. Mais son collègue plus modéré Paul Wells (qui est aussi mon collègue blogueur sur le site de L’actualité) a répondu vendredi en fin de matinée sur son blogue de Maclean’s:

Chantal is echoing the many, many commenters under our blogs — always an uninspiring precedent — who pointed out that the reformers in Quebec were sovereignists and the business-as-usual crowd were federalists. This is absolutely true. It’s a really big problem for federalism. But it doesn’t actually get federalists off the hook. “Well, we can run a pig sty here, because look who’ll get the job if we don’t!”

Chantal ends her column by asking how Andrew Coyne would vote in the next Quebec election. I have tried hard to confect an interest in that hypothetical, but it’s just not happening. (I look forward to her next column, in which I presume she’ll wonder whether André Pratte is getting ready to vote PQ.) Citizens’ engagement does not end with their vote. It also includes, or should, a daily and indeed automatic expectation that the winners of the last vote live up to certain standards until the next. I’m so used to seeing Chantal Hébert maintain that kind of expectation that I’m surprised to see her take a break from that standard.

Bref, l’argument de Paul est que les citoyens, et Chantal, devraient exiger du gouvernement actuel qu’il devienne plus éthique. Ce qui nous dispenserait de devoir élire des péquistes. Bulletin spécial Paul: c’est ce que tout le Québec fait depuis deux ans ! Il faudrait que Charest parte et que son successeur lance une enquête… sur le PLQ ! Cela a très bien marché lorsque Paul Martin l’a fait avec Gomery, pensant viser son prédécesseur Chrétien !

Charest et les souverainistes

Oui, Bonhomme, c’est amusant de suivre tout ce débat que vous avez lancé. Mais le protagoniste le plus divertissant de tous habite juste à côté de chez vous, au sommet de l’immeuble Price dans le vieux Québec.

On apprenait mercredi dernier que Jean Charest avait envoyé une très belle lettre très fâchée au Maclean’s, réclamant des excuses dont il savait qu’il ne les auraient pas. Mais bon, il aime envoyer des lettres, on ne lui reprochera pas.

Mais ce ratoureux de Charest a voulu modifier les termes du débat à son avantage. Il affirme que la couverture de Maclean’s attaque «surtout, le mouvement souverainiste». Il l’a dit ensuite devant les caméras: «l’article attaque les souverainistes».

Fort de ce constant, il s’offre comme bouclier humain pour défendre l’es souverainistes: «un courant politique légitime, démocratique et pacifique». Wow !

Mais une lecture attentive des deux articles de Maclean’s montre bien que les souverainistes ne sont nullement dans la mire de ses scribes. Ils font de la figuration. Charest et son gouvernement sont dans la mire. Son ancien patron Mulroney, ainsi que Jean Chrétien, sont dénoncés. Le fait que les fédéralistes doivent «acheter» le vote des Québécois pour les garder dans le pays est pointé du doigt. Le fait que les «nationalistes», de Duplessis à Charest, réclament «leur butin», aussi. L’existence du débat national est, écrit Coyne, «une pathologie». Mais pas, en soi, les souverainistes — sauf le Bloc à qui Maclean’s donne le crédit pour la hausse des paiements de péréquation. C’est d’ailleurs l’absence de stigmatisation des souverainistes dans le texte qui rend la charge aussi anti-québécoise au grand complet.

Sacré Charest, toujours volontaire pour changer de sujet, bouger la cible, renvoyer la balle. Les péquistes ne sont pas laissés prendre, affirmant que M. Charest était «un boulet pour le Québec».

Mais je ne serais pas surpris si, ce mardi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre propose une motion pour condamner l’article du magazine et défendre l’intégrité des souverainistes.

J’ose espérer, cher Bonhomme, que personne ne tombera dans ce panneau et que le PQ et les autres partis d’opposition proposeront, en lieu et place, une motion offrant une alternative: 1) la constitution immédiate d’une commission d’enquête sur l’industrie de la corruption et du financement des partis, ou bedon 2) la démission du gouvernement libéral.

Vous voyez Bonhomme, tous ceux que vous mobilisez autour de vous ? Et on n’est même pas en février !

Bien cordialement,
Un fan,
JF Lisée

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Est-ce que par hasard le train ne serait pas en …trin de se mettre en route pour la finale salvatrice ?

Le parlement qui condamne unanimement un médias. Un geste politique digne du Venezuela ou de la Russie…

En passant, il y a quelques mois, Régis Labeaume a qualifié Montréal de ville la plus corrompue du Québec, allant même jusqu’à dire que Montréal compromettait le développement économique de la province.

Étrangement, personne ne s’est indigné, même que la plupart des médias ont été favorable à la déclaration du maire de Québec.

M’enfin, comme Régis Labeaume est un membre de la tribu, j’imagine qu’il a le droit de dire ce qu’il veut.

Si Paul Wells voulait être sérieux il demanderait aux simples députés libéraux ( les backbenchers) de cesser de faire les béni-oui-oui et d’exiger le départ de Charest et à défaut de démissionner comme députés libéraux, de siéger comme indépendants et à la première occasion de défaire le gouvernement corrompu qu’ils viendraient de quitter. Ainsi ils sauveraient leur honneur, permettraient vraisemblablement l’instauration d’une enquête publique sur la corruption et, pardessus tout, éviterait à la province de subir encore pendant 2 ans un régime corrompu.

Mais je ne mise pas trop sur ce miracle étant donné la lâcheté, la veulerie de ces députés qui sans doute voudront profiter encore de 2 ans de pouvoir pour favoriser des amis qui les paieront bien retour.

Aujourd’hui il semble y avoir un consensus : le présent gouvernement Charest entretien un système qui favorise la corruption à un point rarement observé depuis des décennies, en fait depuis l’ère Duplessis.

«Chaque fois que les circonstances mettent en demeure l’homme politique de choisir entre le parti et la vérité, il est constant qu’il choisit le parti.»
[André Frossard]

@ David:

Ça dait deux ans que les Québécois (particuloièrement les séparatistes!) n’ont que le mot « corruption » à la bouche pour décrire le Québec; or, voici que ce MÊME MESSAGE est maintenant repris par les autres Canadiens et que constate-t-on? Nos mêmes cocos (dont évidemment JFL fait partie) qui dénonçaient la corruption rampante dans la belle province s’insurgent maintenant contre nos semblables qui nous répètent exactement le même discours!

LA grosse question est maintenant de savoir si nos pistolets exigeront toujours avec véhémence une enquête publique sur les liens incestueux entre les gens de la construction et nos politiciens, enquête qui risque fortement de renforcer l’affirmation du reste du Canada que le Québec est l’endroit le plus corrumpu au Canada…

J’ai hâte de vous lire demain!!!

À lire à ce sujet:

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/stephane-laporte/201010/02/01-4328939-touche-pas-a-bonhomme-on-sen-occupe.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_stephane-laporte_3270_section_POS1

Fine analyse de C. Hébert: Pour quel parti le Maclean;s va-t-il recommander aux gens de voter aux prochaines provinciales??? Bravo pour cet angle de vue!

Mais je me pose une autre grande question…et la réponse me semble inquiétante.

Hier, env. 50000 personnes sont descendues dans la rue et sur les plaines pour affirmer leur appui à la construction d’un nouvel amphithéâtre, au retour des Nordiques et éventuellement des J.O.

Comment se fait-il que les Québécois(province et ville) se mobilisent autant pour ce projet ambitieux de Régis Labeaume, et qu’on n’a pas vu de telle manifestation réclamant soit: des élections, soit le démission de JJ Charest…???

Pauline, Amir, Gérard devrait demander une petite session intensive de cours à Régis dont le titre serait: Comment provoquer une réelle mobilisation citoyenne?

Mais ce qui est encore plus triste c’est que cette mobilisation devrait se faire d’elle même, vu le haut niveau d’impopularité du PM, et de son gouv. corrompu. La population a atteint un tel niveau de désabusement politique qu’elle ne se sent pratiquement plus concernée, n’agit plus, ne se révolte plus.

« Tout est affaire de décor » disait Aragon. Tout ici aussi est affaire de « sacré ». … (C’est peut-être un peu long pour M. Lisée, mais voilà tout de même) …c’est bizarre comme le sacré laïc produit les mêmes déviations instinctives de réflexions et d’analyses que le sacré religieux ou idéologique, avec les mêmes outrances, les mêmes aveuglements et la même violence à peine retenue. D’après la lettre de M. Lisée, les critiques du MacLean’s envers la société québécoise sont péremptoires, exagérées, un peu gauchies, mais pas totalement dénuées de fondement. Et en plus pour le PQ, plutôt dirigées vers les Libéraux. Sans changer une virgule, l’article serait passé (presque) inaperçu des mass médias si la direction du journal avait simplement demandé une illustration de la couverture différente, ne ridiculisant et surtout n’entachant pas l’honnêteté de la figure culturellement, socialement, historiquement sacrée de Mahomet… euh, pardon ! de Bonhomme. On critique – et comment- les Musulmans extrêmes pour leurs menaces et leurs actions contre les auteurs et éditeurs des Caricatures de Mahomet. Qu’en serait-il de l’intégrité du MacLean’s et de ses journalistes si la culture démocratique n’était pas ancrée dans nos mœurs ? (toutefois, moins solidement qu’on pourrait le supposer). Il y a quarante/cinquante ans, quelques membres de quelques factions du FLQ n’auraient-ils pas poser quelque bombe chez MacLean ou au domicile des rédacteurs ? Les joutes verbales remplacent les bons vieux, et regrettés par certain(e)s, duels au premier sang, sinon à mort, disputés sur le pré aux premières lueurs du jour. Maintenant aux mêmes heures, sans quitter le douillet du nid, on a le choix entre l’édito un peu élitiste de René Homier-Roy ou la revue de presse plus populiste du 98.5. Mais le résultat est le même, jetons le gant à la face hideuse du vilain, du MacLean’s. Et passons la semaine prochaine à autre chose. (*)
Plus sérieusement dans la lettre à Cher Bonhomme, les condamnations d’articles de presse ou de libres déclarations de citoyens, par le Parlement du Québec ou la Chambre des communes à Ottawa sont un viol difficilement qualifiable de la Loi fondamentale de la Démocratie, la séparation des 3 Pouvoirs. (La Commission Bastarache en montre suffisamment les fissures). La tache paradigme au concept même de démocratie la plus visible restera pour longtemps la condamnation des propos d’Yves Michaud par l’Assemblée nationale du Québec. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »
(Pour les personnes arrivées en retard : Cf Yves Michaud/Parlement et Arouet sur le chercheur de votre choix.
(*) P.s. La direction du MacLean’s remercie très chaleureusement toutes les Québécoises et tous les Québécois pour leur intérêt actif au tirage du journal.

@ David – « Le parlement qui condamne unanimement un médias. Un geste politique digne du Venezuela ou de la Russie… »

Pas du tout. Les parlementaires canadiens sont aussi libres de s’exprimer que vous et moi et Macleans. En Union soviétique, un journaliste qui écrivait des commentaires jugés inacceptables se retrouvait dans un goulag – au Vénézuela on ne le retrouverait plus. Ici, personne ne perdra son emploi ou ne se retrouvera à l’île de Baffin parce qu’il a écrit un texte qui désole le parlement.

J’ai récemment «commis» le texte que voici:

*****Et la liberté d’expression? Qui doit s’excuser: Charest ou Maclean’s?*****

Si Machiavel revenait, il décréterait éventuellement qu’en ce qui concerne Jean Charest, il s’agit là d’un politicien-orateur redoutable et efficace capable d’emporter l’adhésion de nombreux citoyens, ce qui lui permet de parfois gagner «ses» élections. Le vieux conseiller du «Prince» ajouterait probablement que le talent et le brio du pauvre Jean (qui pleure?) s’arrêtent là. En effet, une fois le pouvoir conquis, Jean (qui sourit de moins en moins!) se révèle comme étant un meneur médiocre, dénué de vision et d’envergure. Il est fondamentalement incapable d’éviter et de dissimuler la corruption et une certaine vénalité. Et qui plus est, il refuse de déclencher les enquêtes qui s’imposeraient et qui sont souhaitées par la majorité des citoyens.

En ce qui concerne Maclean’s, il est clair que le magazine à tendance sensationnaliste n’y est pas allé de main morte en sombrant dans l’exagération outrancière et dans des explications simplettes et stéréotypées. Il n’en demeure pas moins que la société québécoise est profondément corrompue, ce qui n’est pas flatteur pour les politiciens et les citoyens. Reste à savoir si cette corruption dépasse celle qui prévaut ailleurs.

Mais la liberté d’expression existe et son existence est essentielle. Elle inclut même le droit de proférer certaines âneries. Alors, le magazine n’a pas à s’excuser!

Ma position est donc la suivante: Jean Charest doit s’excuser auprès du peuple québécois. Quant à Maclean’s, il me semble que les responsables pourraient accepter de nuancer leurs propos dévastateurs, ce qui serait tonifiant pour la liberté d’expression.

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

L’article de Maclean´s est un véritable symbole d’désinformation, médiocrité et division.
Grâce à Maclean’ s, les idées des anglophones vers Québec sont manquées
Grâce à Maclean´s, les francophones consignent de la rancoeur contre Tous les anglophones du Canada.
Il est très curieux de voir comme quelques anglophones (de fait, très peu) peuvent endommager les relations entre des francophones et des anglophones. Il est ironique de voir à un réduit groupe de journalistes anglophones désinformés et médiocres jouer pour les intérêts séparatistes à Québec.
C’Est un malheur ! ! les canadiens sont tombés dans le piège ! ! !

« Ça dait deux ans que les Québécois (particuloièrement les séparatistes!) n’ont que le mot “corruption” à la bouche pour décrire le Québec; or, voici que ce MÊME MESSAGE est maintenant repris par les autres Canadiens et que constate-t-on? Nos mêmes cocos (dont évidemment JFL fait partie) qui dénonçaient la corruption rampante dans la belle province s’insurgent maintenant contre nos semblables qui nous répètent exactement le même discours! » François 1 :

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Je peux pas croire que tu saisis pas la différence entre la constatation d’une situation et l’exploitation de cette situation pour faire du sallissage et vendre des copies en attisant les sentiments xénophobes.

Jean Émard

« Qui a viande sous la dent n’a point de rage. » (Notre Félix)

L’État québécois, notre démocratie, sont présentement dépecés. Les morceaux, dispercés aux quatre points cardinaux, offerts en pâture aux saligauds.

Bien sûr, nous avons du pain et des jeux, en plus de la bêtise ambiante, afin de mieux nous diviser, pour régner, en nous dressant les uns contre les autres. Ce que nous faisons hélas, trop volontiers.

Notre temps, extrêmement précieux, passe vertigineusement silencieux. Néanmoins, c’est dans le plus grand des désordres que les illusionistes au pouvoir, préparent leur prochaine fumisterie.

Nous pouvons nous réjouir, exulter! La nation québécoise c’est la moitié de l’âme canadienne.

Je me demande si c’est bien cette moitié là que John James a applaudi aux cérémonies d’ouvertures des jeux d’hiver de vent-couvert…

La moitié d’une âme, est-ce l’équivalent de la moitié d’un âne?

@François 1

Vous n’avez clairement pas compris le problème dans le message de Maclean. Parler de corruption, c’est une chose mais parler d’un palmarès de la corruption sans aucune recherche préalable, c’est carrément du sensationnalisme. De plus, insinuer que les québécois possèdent des gènes les prédisposant à la corruption n’est pas loin du racisme. Bien sûr, il est clair que dans votre aveuglement idéologique, vous êtes près à accepter n’importe quoi pour tenter de faire porter le blâme aux péquistes. C’est seulement malheureux.

@ sebastien

Ok.

Disons que le Maclean’s a tort et que le Québec n’est pas la province la plus corrompu du Canada.

Alors fait moi la liste des scandales actuels de corruption dans une autre province qui démontrent que le Québec n’est pas en première position.

@ David

Le propre de la corruption est d’être invisible…

Alors plus de scandales au Québec révèle que plus d’une personne sont là pour dénoncer, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs. CQFD

De plus, il est étrange que nombres de ces scandales sont directement rattachés à Charest au gouvernement (garderies, construction, nominations de juges, etc.) ou avant (l’épisode « Québec we love you » au dernier référendum et tous les dépassements de coûts associés). Bref, le scandale à un nom, Charest. On peut dire que tout ça fait donc partie d’une oeuvre indivisible, on ne peut parler de plusieurs scandales lorsqu’on a affaire au même artiste…

@David – il y a une grande différence entre scandale et corruption. Les sociétés les plus corrompues sont celles où il n’y a aucune scandale de corruption : elles vivent avec sans s’en plaindre.

Lisez ce « sondage » sur la perception de corruption des gouvernements, par province :

http://www.visioncritical.com/blog/in-canada-people-in-bc-and-quebec-are-more-concerned-about-corruption/

Il y a plus d’Albertains qui pensent que leurs politiciens manquent d’éthique que d’Albertains qui pensent que leurs politiciens sont honnêtes. Pourtant, il n’y a pas de scandale ou de cas de corruption devant les tribunaux. Selon moi, quand il y a un environnement politique où l’on se fait de chaudes luttes, il y a plus de scandales. Plus les luttes sont chaudes, plus il y a de scandales, souvent fondés sur des pas-grand-choses ou des faussetés.

Est-ce que Maclean’s se questionne sur le lien entre le protestantisme des Albertains pour expliquer que ceux-ci savent mais acceptent de vivre en hypocrite avec la corrutpion dans leur province sans faire de scandale et sans poursuivre ces criminels ?

Je serais d’accord si Maclean’s se contentait d’écrire qu’il y a plus de scandales sur la corruption au Québec qu’ailleurs au Canada puisque c’est vrai. Mais quand Maclean’s tente de faire un lien entre la corruption des politiciens québécois et le catholicisme des citoyens, je ne vois que de la xénophobie pure et simple. C’est ce que le texte de la motion adoptée en chambre réflète.

En passant, si on apprenait au Québec qu’une entreprise qui opère une garderie a donné 30 000 $ à un parti politique l’année d’une élection, on crierait au scandale et on poursuivrait cette entreprise devant les tribunaux.

En Alberta, c’est légal.

http://www.blakes.com/english/view.asp?ID=81

C’est pour cela que Transparency International, qu’Angus Reid dans le lien que je fournissais, ne parlent pas de corruption mais de perception de corruption. Ce qui est accepté dans un pays ou une province ne l’est pas nécessairement ailleurs.

@David

Juste Nortel et Bre X, deux méga fraudes qui ont fait le tour du monde, ca bat tous les petits scandales que le Québec a connus depuis Duplessis

Quelqu’un faisait remarquer avec justesse et pertinence, que la collection de scandales qui parsèment et polluent le paysage Québécois sont essentiellement le fait des politiciens fédéralistes.

De Chrétien à Charest, des commandites aux démissions forcées de quelques ministres, de l’aplaventrisme de la reine Christine devant la cour Suprême en passant par les FER qui restent enfouis dans une nébulosité persistante, de la cale du navire qui se vide dans une migration étonnante du personnel politique des cabinets vers l’industrie du gaz ce cont les fédéralistes qui tiennent le volant.

C’est à retenir.

Les premiers qui se sont levés contre l’injustice, ce sont les patriotes de 1837… on connaît la suite. Il faut croire que la loi de la génétique a été amendée depuis. 😉

« Alors fait moi la liste des scandales actuels de corruption dans une autre province qui démontrent que le Québec n’est pas en première position. » (David)

Et toi donnes nous la preuve que le Québec est le plus corrompu preuves et références à l’appuie.

Permettez-moi de reformuler mon intervention précédente :
Les premiers qui se levés contre l’injustice et la corruption, ce sont les patriotes de 1837. Ainsi, si aujourd’hui nous sommes les plus corrompus… c’est que, depuis, la loi de la génétique a été amendée. 😉

Tiens, tiens, voici comment cela se passe en Alberta :

Contributions by any person, corporation, trade union or employee organization may not exceed:
(a) in any year,
(i) $15,000.00 to each registered party, and
(ii) $1,000.00 to any registered constituency association but not more than $5,000.00 in the aggregate to the registered constituency associations of each registered party.
(b) in any campaign period,
(i) $30,000.00 to each registered party less any amount contributed to the registered party in that calendar year under clause (a)(i), and
(ii) $2,000.00 to any registered candidate, and $10,000.00 in the aggregate to the registered candidates of each registered party.

http://www.elections.ab.ca/public%20website/files/Documents/Guide_Instructions_on_the_Preparation_of_Official_Receipts.pdf

L’année d’une élection, une corporation peut donner 30 000 $ à un parti, chacun de ses dirigeants peut aussi donner 30 000 $ à un parti, chaque épouse d’un dirigeant peut donner 30 000 $ à un parti, etc., sans que cela fasse scandale puisque c’est parfaitement légal.

Mais il n’y a pas de corruption en Alberta et il n’y a pas de scandale… il n’y a jamais de changement de gouvernement non plus !

Paul Wells décrit adéquatement le clivage existant entre les deux grandes familles politiques au Québec: le versant fédéraliste en bonne partie composé du côté francophone d’affairistes plaçant trop souvent leur intérêt avant celui de la collectivité et professant une idéologie de droite; le versant souverainiste alimenté en majorité par les éléments progressistes de la société québécoise francophone. Puis, il y a les non-francophones, captifs par leur soutien quasi-indéfectible au PLQ, à cause d’un rejet presque viscéral du nationalisme québécois incarné par le PQ ou même l’ADQ ou QS (si je caricature: « We don’t want to be rule by the natives »). Si actuellement les sondages révèlent qu’à peine un cinquième des francophones appuie le PLQ, ce sont environ les deux tiers des non-francophones qui soutiennent encore le PLQ. Cet appui aveugle assure au PLQ une prime électorale de départ, lui garantissant près d’une trentaine de circonscriptions. À mon tour, je pourrais donc tirer une conclusion facile: c’est le soutien inébranlable des non-francophones qui assure les beaux jours de politiciens affairistes corrompus. Bref, je pourrais avancer que la corruption provient en bout de ligne de ceux qui se disent Canadiens et fédéralistes… Facile de tourner les coins carrés comme M. Coyle le fait, lui à l’opposée, en pointant comme responsables les souverainistes socio-démocrates! Mais heureusement, la réalité demeure toujours plus nuancée, même s’il reste malheureux que les non-francophones soient coincés à ce point par leur opposition à la volonté d’émancipation d’une majorité de la population francophone du Québec.

Excellent point de PA Cotnoir

En effet, il sera gênant pour les non-francophones de continuer de voter pour un PLQ qui semble être corrompu.

Verrons-nous la réapparition d’un nouveau parti comme le Parti Égalité? Je leur souhaite ardemment! Question d’honneur!

@ Nicolas Paillard

Donc si je suis ton raisonnement, dans le ROC l’absence de preuve ne serait pas une preuve de l’absence ?

Je te signale que personne n’a donné de preuve démontrant qu’il n’existait pas une armée secrète de lutin sur pluton… Donc je suppose que ça veut dire, selon ta logique, que cette armée existe…

En passant, si je te parle d’Oxygène-9, ça te dit quelque chose ?

@ Loraine King

En ce qui me concerne, par définition, un politicien doit être présumé coupable de manquer d’éthique.

C’est d’ailleurs un sentiment qui est nécessaire pour s’assurer que les politiciens ne se remplissent pas les poches.

Je te signale que le même sondage dit que seulement 37% des albertains pensent que la corruption est un problème dans leur province. Bref, on pourrait dire que les albertains pensent que leur politiciens sont croche mais que leur vigilance permet de limiter les débats.

En passant, en Alberta il faut un permis du gouvernement pour opérer une garderie ?

Parce que le problème au Québec vient de là. Parce qu’il faut un permis, les gens sont prêt à tout pour l’obtenir.

Quand l’arrivée des garderie à 5$ il n’y avait pas d’histoire de corruption dans les garderie pour la simple et bonne raison que le gouvernement ne s’en mêlait pas !

@JFL:

« Mais la Chambre est une institution qui a comme devoir de protéger la liberté d’expression, surtout quand elle est attaquée. »

Je suis souvent en désaccord avec vous, mais cette fois-ci, vraiment pas.

La liberté d’expression est justement là pour protéger les propos déplaisants, minoritaires, etc.

@David – « En ce qui me concerne, par définition, un politicien doit être présumé coupable de manquer d’éthique »

Je ne partage pas votre vision communiste et totalitarienne. Dans une société ou l’on valorise la liberté, les individus ont droit à la présomption d’innocence, quel que soit leur métier.

J’ai vécu pendant des années en Alberta et oui, certaines garderies ont besoin d’un permis pour opérer. Et les compagnies ont définitivement besoin d’un permis pour forer et pour exploiter les sables bitumineux.

Si les Québécois trouvaient que les règles de financement des partis politiques en Alberta sont ethiques et adopteraient les mêmes règles, d’après moi il n’y aurait presque jamais de scandale de corruption. Mais la perception de ce qui est éthique n’est pas la même au Québec qu’en Alberta. Et la politique non plus – surtout cela, la politique. Je ne peux m’imaginer les Québécois garder le même gouvernement pendant plus de 40 ans.

@David – qui écrit, en passant, « que le même sondage dit que seulement 37% des albertains pensent que la corruption est un problème dans leur province. Bref, on pourrait dire que les albertains pensent que leur politiciens sont croche mais que leur vigilance permet de limiter les débats. »

On pourrait tout aussi dire que les Albertains pensent qu’il n’y a rien de mal à ce qu’un dirigeant d’entreprise en son nom personnel, au nom de son entreprise et au nom de son épouse, donne plus de 100,000 $ à un parti lors d’une campagne électorale. Puisque la loi le permet, on doit présumer que les Albertains pensent que la loi est juste, équitable et rigoureuse quant à l’éthique. De toute évidence, les Québécois ont une vision différente de la justice, de l’équité et de l’éthique.

@ Loraine King

Parce que je me méfie du monopole du pouvoir de l’État, je suis un communiste ???

Ha bon.

Quand tu voudrais discuter sérieusement tu me feras signe.

P.-s.: Le Québec à le même gouvernement depuis plus de 40 ans parce que si on fait abstraction de la question nationale, PQ et PLQ sont interchangeables.

Selon toi les Québécois ont une vision différente de la justice et de l’équité… Dommage que les politiciens ne partagent pas cette vision sans quoi il n’y aura pas autant de scandales de corruption.

@David – Votre méfiance de l’état est identique à la méfiance des socialistes envers l’entreprise privée : ni vous ni les socialistes ne respectez la liberté des individus – que ce soit celle de transiger des affaires ou celle de se regrouper.

Des grandes lumières du libéralisme classique on bien écrit « We the people… »

Quand vous comprendrez le concept de liberté, faites-moi signe.