Projet de loi 20 : lettre ouverte du ministre Gaétan Barrette aux médecins du Québec

« Nous croyons fermement que le corps médical actuel a la capacité de modifier ses façons de faire pour prendre en charge la population du Québec et aussi lui assurer un accès approprié aux services médicaux. »

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

PolitiqueLa présentation du projet de loi no 20 a suscité de nombreuses réactions dans le monde médical. Évidemment, la présentation ayant été sommaire, il est normal que sa compréhension l’ait été tout autant. Il convient donc de préciser nos intentions afin d’en favoriser une juste compréhension.

L’accès aux médecins de famille demeure une problématique indéniable. Il est tout aussi indéniable que la multitude de solutions tentées jusqu’à maintenant n’a pas donné les résultats escomptés.

Nous croyons fermement que le régime actuel d’activités médicales particulières (AMP) doit être révisé. Tout comme nous croyons fermement que le corps médical actuel a la capacité de modifier ses façons de faire pour prendre en charge la population du Québec et aussi lui assurer un accès approprié aux services médicaux. En fait, si cela était déjà le cas, il n’y aurait tout simplement pas de projet de loi no 20.

Hôpital vs cabinet

Nous convenons qu’il y a actuellement un net déséquilibre en faveur de la pratique en hôpital. Le PL 20 envoie un signal clair. Il ne s’agit pas d’abandonner la pratique hospitalière, mais bien de rétablir l’équilibre entre celle-ci et le travail en cabinet.

C’est ainsi que vous devez lire la proposition exprimée dans le tableau suivant.

Activités de première ligne
(inscription et suivi de patients)

Activités en établissement
(heures par semaine)

1 500 0
1 250 6
1 000 12
750 18
500 24
250 30
0 36

D’abord, vous constatez que le PL 20 vise un équilibre entre l’hôpital et le cabinet, mais aussi que cet équilibre exige une prise en charge de patients. C’est à ce titre qu’une obligation de suivi d’un nombre minimal de patients est proposée. Comme vous le voyez, il ne s’agit pas simplement d’ajouter quoi que ce soit à des tâches hospitalières, mais bien d’obtenir un équilibre dans lequel il y a obligatoirement une activité de prise en charge extrahospitalière. Et, vous le constaterez, les deux extrêmes sont possibles. Les vases communiquent!

Qui plus est, le projet de loi no 20 ne vise pas à soumettre les médecins de famille du Québec aux travaux forcés pendant 50 ou 60 heures par semaine. Loin de là.

Il est par contre vrai, car c’est absolument là que le bât blesse, que la base des mesures proposées s’articule sur une semaine de travail à temps plein, 42 semaines par année! Plus simplement, on ne demande pas aux médecins de changer leur rythme quotidien de travail, on leur demande simplement de maintenir ce rythme cinq jours par semaine.

De plus, afin de respecter les tendances observées dans la pratique des médecins de famille, l’équilibre entre la pratique hospitalière et le suivi de patients serait modulé selon le nombre d’années de pratique, comme présenté dans le tableau suivant. 

Obligations en AMP par semaine/années de pratique

0-4
ans

5-14
ans

15-24 ans

25-34 ans

35 ans et plus

AMP : Activités de première ligne
(inscription et suivi de patients)

0

1 000

1 250

1 500

0

AMP : Activités en établissement
(heures/semaine) – section B

12 h

12 h

6 h

0 h

0 h

Des modèles de pratique permettent d’expliciter simplement l’objectif d’équilibre sur 36 heures de travail hebdomadaire, comme proposé dans le PL 20. Ainsi, un médecin de famille de 10 ans de pratique qui effectuerait 18 heures d’activités hospitalières attendues plutôt que les 12 heures attendues (par choix ou en raison des besoins du territoire) n’aurait pas à assurer l’inscription et le suivi de 1 000 patients, mais bien de 750 patients. De la même manière, si ce même médecin souhaitait limiter ses activités en hôpital à 6 heures, il devrait alors suivre 1 250 patients. Dans tous les cas, ces dérogations seraient octroyées sur recommandation du chef du département régional de médecine générale sur la base des besoins prioritaires de la population d’un territoire donné.

Les mesures proposées par le projet de loi no 20 visent aussi une plus grande rigueur et une équité dans la gestion des tâches hospitalières. L’attribution actuelle des AMP est trop souvent disparate. Pour des hôpitaux comparables, comptant un même nombre de lits pris en charge par des médecins de famille, le nombre d’heures d’AMP reconnues aux médecins de famille peut passer du simple au triple! Ce deux poids, deux mesures est clairement inéquitable pour les médecins de famille et les patients qu’ils servent.

Pis encore, cet actuel système de gestion peu rigoureux et inéquitable des ressources médicales hospitalières alimente une consommation toujours plus grande de médecins à l’hôpital. Or, cette consommation est nourrie notamment par l’absence conséquente des mêmes médecins de famille en première ligne! Ce cercle vicieux doit être stoppé afin de mettre un terme aux vieux réflexes de vouloir tout centrer sur l’hôpital. Cette philosophie vétuste est contre-productive et nous n’avons pas les moyens de poursuivre dans cette voie, d’autant que tous conviennent que le patient préférera voir son médecin de famille à la clinique plutôt que de devoir attendre à l’urgence de l’hôpital.

Par ailleurs, ce nouvel équilibre de la pratique des médecins de famille au profit de l’inscription et du suivi de patients ne pourra pas se réaliser sans un changement analogue chez les autres médecins spécialistes. Ces derniers devront également rééquilibrer leur pratique, quant à eux, au profit des activités de prise en charge hospitalière. Il est donc faux de prétendre que le projet de loi no 20 ne « vise » que les médecins de famille : c’est la contribution de l’ensemble de la profession médicale qui est demandée.

Qualité des soins

Par ailleurs, de nombreuses inquiétudes ont été soulevées quant aux possibles impacts du projet de loi sur la qualité des soins. Est-il vrai que toutes les consultations médicales devront se limiter à dix petites minutes? Non! Les nombres minimums de patients à inscrire ont été déterminés en se basant sur le portrait des visites des patients québécois réalisées en 2013. Ces nombres de patients à inscrire sont aussi solidement ancrés dans les données et les modèles proposés conjointement par le MSSS et la FMOQ dans le cadre des formations sur l’Accès adapté, un modèle d’organisation de la pratique de première ligne exemplaire et probant.

Nous voulons que les choses soient claires : si le corps médical d’aujourd’hui appliquait le principe de l’Accès adapté, tel qu’il est préconisé par la FMOQ, sur une base de 42 semaines à temps plein, il n’y aurait aucun citoyen non inscrit et tous et toutes auraient accès à leur médecin de famille en temps opportun. La profession n’en sortirait que gagnante. Ce virage est-il possible aujourd’hui?

À titre d’exemple, un médecin qui inscrirait 1 000 patients et qui consacrerait trois journées de huit heures par semaine au suivi de ses patients proposerait à ceux-ci des consultations de 20 à 25 minutes chacune plutôt que les 10 minutes avancées par beaucoup. Ces calculs incluent même 90 minutes dans la journée pour rappeler des patients ou compléter des dossiers. Rien de surhumain ou pouvant nuire à la qualité des soins aux patients. D’ailleurs, ces calculs et démonstrations ont été élaborés avec la FMOQ et perfectionnés depuis 2009 sur la base des expériences terrain de plus d’une centaine de médecins de famille québécois.

Évidemment, pour arriver à ce résultat, de nombreux médecins devront réorganiser leur pratique. Recourir davantage au travail interdisciplinaire. Est-il normal, en 2014, que des médecins de famille procèdent encore à la vaccination des bébés? À la mesure du poids, de la taille et de la tension artérielle? Est-il efficace, en 2014, que des médecins de famille ne travaillent toujours pas conjointement avec des infirmières pour le suivi des malades chroniques alors que la loi instituant les ordonnances collectives date de plus d’une décennie? Les réponses sont toutes NON. Il est temps de tirer profit de tous les leviers disponibles pour assurer accessibilité ET qualité des soins.

Patients vulnérables

Beaucoup estiment que les patients les plus vulnérables seront les laissés-pour-compte en raison du changement proposé. C’est encore faux. Aujourd’hui, les patients dits vulnérables ont déjà en grande majorité un médecin de famille. Par exemple, plus de 90 % des personnes âgées de plus de 70 ans ont un médecin de famille. Aujourd’hui, les véritables orphelins sont les personnes avec des problèmes de santé mentale graves, de toxicomanie et de dépendance. Ce sont ces personnes qui attendent des mois, voire des années, pour avoir la chance d’être suivies par un médecin de famille. C’est inacceptable.

Par conséquent, ces patients particulièrement vulnérables seront pondérés favorablement lorsqu’ils seront inscrits auprès d’un médecin de famille. Il en va de même pour les patients qui doivent être suivis à domicile ou ceux qui sont malheureusement en soins palliatifs ou de fin de vie. Ce sont ces patients qui sont actuellement les véritables orphelins de soins. Pour ces personnes, comment peut-on parler de qualité des soins, alors qu’elles sont privées de soins ? Le projet de loi no 20 vise à combler ces vides qui sont lourds de conséquences pour toutes ces personnes démunies.

Par ailleurs, de nombreuses autres pondérations seront considérées pour bien refléter la mosaïque de pratiques propres à la médecine de famille. Par exemple, on reconnaîtra notamment l’enseignement médical et le temps consacré à la supervision des résidents, en réduisant les cibles d’inscriptions minimales attendues des médecins.

Des discussions avec un ensemble d’experts médicaux et la FMOQ permettront de statuer sur des bases de pondération représentatives de ce souhait.

Mais aussi… Tout cela ne peut se faire seul. Notamment en ce qui a trait aux plateaux techniques et à la consultation auprès des médecins spécialistes, et c’est la raison pour laquelle le PL 20 s’y adresse en imposant des règles qui garantiront de tels accès. Il est clair que les médecins spécialistes doivent être partie prenante de la solution qui réglera la situation de l’accès à la première ligne.

Conclusion

Comme je l’ai dit à maintes reprises, tant en campagne électorale que depuis le début de mon mandat, nous avons, d’une part, la capacité, ensemble, de régler cette problématique. D’autre part, regardez autour de vous, la population ne tolérera pas le statu quo. Je le répète également, le PL 20 n’est que la conséquence d’une série de tentatives infructueuses pour corriger cette situation. Par contre, je crois fermement à la capacité de la profession médicale, tout incluse, de s’adapter à cette situation et de mettre en place les façons de faire, d’exercer, de s’organiser pour régler une fois pour toute la problématique de l’accès à la première ligne. Je vous encourage donc à prendre connaissance plus en détail des propositions qui sont faites, car je crois qu’il en va de notre intérêt à tous et à toutes.

Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Gaétan Barrette
Ministre de la Santé et des Services sociaux

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Ça commence tout juste a être plus clair et moins agressant. Merci!

Qui va gérer tout ça au quotidien. Quels chefs locaux auront la responsabilité et l’imputabilité d’appliquer ces consignes en usant rigueur, jugement et gros bon sens dans l’intérêt du patient? Des médecins? Des administrateurs ou gestionnaires compétents? Les chefs de départements et de services n’ont pas démontré qu’ils étaient capables de gérer le conflit d’intérêt entre les besoins des patients et les intérêts financiers de leurs membres médecins. Et ils n’ont aucune imputabilité face à la population. Dr Barrette a été bien placé pour bien comprendre cet état de fait.

Et va-t-on considérer la garde en établissement comme du travail? Une heure de garde en chirurgie, en médecine interne ou en cardiologie n’a pas le même poids qu’une heure de garde en ophtalmologie ou en endocrinologie par exemple. Bien que le poids physique du télé avertisseur soit le même pour tous, la lourdeur de la tâche est sans commune mesure. La supervision des résidents qui couvre les situations critiques la nuit doit être comptabilisée également. En premier lieu, ces résidents doivent être supervisés. Il en va de la sécurité des usagers. Comment s’assurer que cette supervision est adéquate et sécuritaire. Il ne suffit pas de facturer pour prouver qu’un acte médical a été fait que diable. Et je ne parle pas ici d’augmenter la rémunération des médecins (elle est monstrueuse actuellement), mais de reconnaître dans les tableaux présenté par le Dr Barrette la garde hospitalière lourde de première ligne comme des heures de travail effectuées.

Le problème numéro du système de santé est l’absence de gestionnaires locaux compétents, imputables et dévoués à répondre aux besoins de la population. Tout est politique (basé sur la carrière personnelle des individus). Une commission « Charbonneau » de la santé serait vraiment intéressante pour mettre en lumière la corruption et la surfacturation.

Dans cette loi, qu’est ce qui va nous prémunir contre la politisation de chaque décision sur le terrain? Qu’est ce qui va protéger la société contre la sur facturation et la sur investigation actuelle? Voilà une question que le ministre devra adresser tôt ou tard. Il a créer beaucoup d’espoir. Il doit livrer la marchandise.

D’abord, des chiffres réalistes auraient été appréciés. La majorité des médecins de famille travaillent déjà plus de 36 heures par semaine et la moyenne tourne autour des 50 heures et ce, sans ajouter les gardes.

Vous avez mis le doigt sur le bobo comme l’expression le dicte. Le plus grand problème demeure la gestion des hôpitaux par des médecins et des C.A. des hôpitaux envahis par des médecins. Laissez donc les administrateurs, administrer, et les médecins faire de la médecine.

Il y aurait beaucoup moins de passes droits et de traficotage (sic) notamment lorsque vient le temps de nommer des administrateurs auprès des Fondations, des Chairs universitaires, des directions de programmes ciblés et autres dont les fonctions n’exigent que peu de travail mais viennent remplir à grands frais les poches des spécialistes.

De plus le traficotage d’utilisation des salles de chirurgie qui perdure depuis des décennies est directement lié à cette méthodologie de “petits namis” qui se réserve du temps qu’ils n’utilisent pas et ralentit les services aux patients en attente d’une chirurgie.

Tous les spécialistes entourant les blocs opératoires tournent conséquemment en rond en attente d’un patient qui ne viendra pas. C’est notamment un état de fait pour les anesthésistes, les infirmières hautement spécialisées qui ne peuvent quitter sous prétexte qu’un patient pourrait s’y présenter. Une perte de temps et d’argent dont le système hospitalier, contribuables et surtout les bénéficiaires pourraient certes se passer.

Le ministre Barette est fort mal placé pour rappeler les médecins spécialistes à l’ordre après les avoir représentés durant des années et il tente de sauver le chou et la chèvre.

Monsieur Barette,
Un ton plus adoucit, mais pas de nuances sur l’application de la loi…une loi c’est une loi et la sanction n’est pas une amende mais bien une réduction de la rémunération des médecins de 30%..
En effet vous ne discutez pas de cet aspect non négligeable…
ni du taux d’assiduité de 80% qui est pour chaque médecin et non pas en fonction d’un groupe gmf … En incluant aussi les visites à l’urgence…
C’est pénaliser les médecins sur un aspect dont ils n’ont pas de pouvoir…
Toute la population à le droit de consulter ou bon lui semble ou de voir d’autres médecins et la population n’a pas été avisée qu’elle serait Obligée de consulter uniquement son seul médecin de famille..
Je suis d’accord qu’il faut optimiser la prise en charge et l’acces mais je suis certaine que même si je dors à ma clinique et offre un accès 24 heures sur 24 7 jours sur 7, je n’atteindrait pas les cibles visées de 80%..
Avec le nouveau code de déontologie du collègue des médecins, nous serons en conflit: offrir des soins de qualité et respecter notre code de déontologie ou respecter LA LOI DU MiNISTRE et faire du travail à la chaîne…

Je serai donc dans l’obligation de possiblement de me tourner vers de privé et de laisser tomber mes 1300 patients et ce en plus des patients suivis à domicile via le CLSC et de ma garde 24-7 qui va avec…
ou encore de laisse tomber cette portion en établissement car je serai coupée de toute façon???
Qui voudra prendre en charge cette clientèle lourde et même les patients en soins palliatifs avec ce projet de loi même s’ils sont pondérés???
je vous laisse le soin de répondre à cette question…
Vous le dites vous même dans la lettre, il n’y a de moins en moins de médecins qui prends en charge de la clientele dans un bureau alors vous pensez que cette loi augmentera l’intérêt envers la prise en charge et la médecine familiale??
C’est justement ce que je suggèrerai la tous les étudiants en médecine, d’aller en spécialité et non en médecine familiale…et ces jeunes étudiants ne sont pas dupes…
car la médecine familiale est en soins palliatif avec votre projet et la loi 20 est son arrêt de mort….
Julie Grenier

Monsieur Barrette
Vous qui avez pratiqué comme radiologiste d’un hôpital universitaire et comme ancien président de la FMSQ,votre manque d’exposition au travail clinique des médecins généralistes ne vous permet pas de comprendre et de réaliser la complexité des activités des médecins de famille .
Pour la majorité des lecteurs ,votre projet de loi 20 peut sembler fort intéressant ,croyant que l’accessibilité va être ainsi régler d’un coup de baguette magique.
Qu’ils ne soient pas dupes de vos véritables intentions !
Depuis des décennies ,des obligations ministérielles obligent les médecins à travailler dans les secteurs et dans les régions les plus dépourvus en effectifs médicaux
Depuis des décennies ,ballotés par les volontés gouvernementales ,les médecins ont comblé les postes demandés dans les bureaux puis dans les hôpitaux et avec le projet de loi 20 ,c’est autre un retour vers les bureaux.
Qui va alors couvrir les soins palliatifs ,l’obstétrique ,la réadaptation ,la santé mentale première ligne ,l’hospitalisation,l’urgence,les soins à domicile ,l’enseignement aux résidents ?
Par ailleurs ,le nombre minimal de patients par médecin que vous avez fixé ,sans égard à la sévérité de la condition des patients n’est pas réaliste .
Vous réfutez l’évaluation de la consultation à 10 minutes par patient pour un 20 – 25 minutes .Mais à quelle fréquence par année doit- on voir les patients pour arriver à vos calculs?
Nombreux sont les patients qui doivent être vus chaque mois car ils souffrent d’anxiété ou de dépression et qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir des consultations en psychologie .Vos cibles irréalistes ne tiennent pas compte de nombreuses réalités .
Votre projet de loi va t’il permettre que les patients aient accès plus rapidement aux psychologues, physiothérapeutes ,ergothérapeutes ,diététistes ? NON
Votre projet de loi prévoit – il un accès plus rapide aux examens radiologiques ,endoscopiques ,aux consultations en spécialités qui permettraient aux médecins de famille de voir plus de patients si le réseau de la santé était moins embourbé ? NON
Votre projet de loi prévoit – il mettre sur pied un système médical informatisé pan -québécois efficace qui permettraient aux médecins d’avoir accès aux examens et listes des médicaments ? NON

Ayez l’honnêteté également lorsque vous parlez de votre réforme d’aborder la question de l’assiduité qui fait partie intégrante de ce projet et qui implique une fidélité du patient à son médecin !
Avez -vous dit aux lecteurs que s’ls ne sont pas assidus à leur médecin de famille ,celui pourrait voir son revenu amputé jusqu’à 30%?
Cette notion d’assiduité est on ne peut plus perverse et c’est probablement pour cela que vous l’occulter face au grand public.
M Barrette,si vous souhaitez vraiment comprendre le travail des médecins de famille,il me fera plaisir de vous initier à cette spécialité qu’est la médecine de famille
Sylvie Dufresne

Mr Barrette, je veux bien que les médecins n’ont qu’a s’organiser et faire du travail inter-disciplinaire. Mais comment y arriver si au lieu de soutenir nos effectifs infirmier, vous allez couper une de mes 2 infirmiéres GMF, EN 2015 parce que je n’atteins pas les cibles d’inscriptions ( perte de 2 médecins sur 6 en 2014 avec perte de près de 2000 pts avec le départ de ces MDs.) c’est un cercle vicieux qui n’en finit pas; comme les saucisses Hygrade mais à l’envers. « Moins j’ai de support, moins je peux en prendre des nouveaux patients ». Soyez authentique et rigoureux dans votre démarche, le problème de l’accès n’est pas une simple question d’équation mathématique.

« Si le corps médical d’aujourd’hui appliquait le principe de l’Accès adapté, […] tous et toutes auraient accès à leur médecin de famille en temps opportun. Ce virage est-il possible aujourd’hui?
Il n’est tient qu’à vous Mr le Ministre. Si ce n’était du manque flagrant de ressources octroyées par votre même gouvernement, les médecins n’auraient pas à « faire des vaccins et prendre la pression ». À quand offrirez-vous à large échelle les moyens de vos objectifs en augmentant le ratio infirmières-médecin? En vous investissant davantage dans l’informatisation des dossiers médicaux? En donnant plus de latitude aux initiatives locales des professionnels sur le terrain qui connaissent leur réalité au lieu de la concentration de pouvoir sans précédent que vous imposerez avec vos projets de loi? Pourquoi déguiser une baisse salariale et insulter les médecins qui tienne un système désuet et compliqué à bout de bras avec des chiffres trompeurs, alors que vous pourriez profiter de ce soulèvement sans précédent pour enfin écouter les solutions que vous nous apportons depuis longtemps? L’accès adapté est effectivement préconisé depuis longtemps par les médecins de famille. Pourquoi n’est-il pas en place, M. le Ministre? Il serait grand temps que vous nous expliquiez pourquoi.

« Il est clair que les médecins spécialistes doivent être partie prenante de la solution qui réglera la situation de l’accès à la première ligne. » Vous restez très vague en ce qui concerne les mesures auprès des spécialistes. Ce serait bien de voir de beaux tableaux pour eux aussi. Concrètement, comment et dans quel délai devront-ils répondre aux consultations? Est-ce que la population aura un meilleur accès au plateau technique hospitalier?

M. Barrette
Ça me surprend ne pas avoir eu l’occasion de rien lire à propos de tous les pouvoirs que vous vous donnez avec cette loi… C’est inédit quand même… Et selon moi, un des points le plus inquiétant.
D’un autre côté, pourquoi nous emmener là? Sur un projet de loi coercitif… Sans accepter de vous assoir avec nos représentants pour regarder ensemble la façon d’améliorer l’accessibilité pour que toute la population en bénéficie…
Maria Heredia

M. Barrette, votre lettre fait la démonstration évidente de combien votre projet loi mènera à une bureaucratie exponentielle. Le Québec est la seule province au Canada avec des Directions Régionales de Médecine Générale (DRMG), organismes bureaucratiques qui gèrent dans chaque région les Activités Médicales Particulières que vous mentionnez dans votre texte. Votre PL20 crée des Activités en Médecine Familiale (AMF) qui sont des AMP plus complexes, bourrées d’éléments qui devront être calculés par des fonctionnaires:

M. le Ministre, selon-vous, qui est le plus malade; un patient en dépression majeure pensant au suicide ou une femme de 82 ans souffrant de diabète ? J’ai hâte de connaitre les « équivalences » et les « pondérations » que vous mentionnez dans votre lettre.

M. le Ministre, comment allez-vous calculer l’équivalence en heures entre une garde aux soins intensifs la fin de semaine, une garde en soins palliatifs la semaine, ou une journée d’enseignement qui n’est pas rémunérée? Allez-vous décréter qu’une pratique est plus valable que l’autre ?

La complexité des calculs que vous insinuez simples, mènera à une bureaucratisation encore plus grande du système. Les soins seront encore moins dispensés selon les besoins locaux des établissement et de la population. Avec le PL20, le patient verra une diminution de l’accessibilité, suite aux conséquences mentionnées dans les autres commentaires précédents, tout en ayant affaire à un système qui tourne encore plus carré pour répondre à des règlements arbitraires émis par le ministère.

http://www.ledevoir.com/societe/sante/425463/objectif-rendre-le-systeme-de-sante-ingerable

Monsieur le ministre Barette, je ne suis qu’une simple médecin de famille mais moi aussi je sais calculer! Donc vous dites des consultations de 20 minutes, 7 heures par jours, 3 jours par semaines, X 42 semaines… si j’ai plus de 1000 patients, il ne pourront me voir que 40 minutes chacun en moyenne par année… ils sont mieux de pas être trop malade, de ne pas nécessiter un suivi mensuel pour dépression, un suivi trimestriel pour diabète, même les enfants je les vois plus longtemps que ça par année, franchement.

Pourquoi vous dites vouloir ré-équilibrer le travail hopital et bureau, et demander le contraire dans votre règlement? Allonger la période obligatoire de présence à l’hôpital me semble contre productive pour cet objectif. Ce que je comprend aussi c’est que vous allez nous obliger à travailler à l’hôpital tout en nous « limitant » c’est à dire que chaque individu se verra attribuer un nombre maximal d’AMF au delà du quel, même si je travaille plus d’heure à l’hopital, je ne serai pas reconnu à moins d’avoir l’aval de mon DRMG? Le problème c’est que le travail hospitalier est une spécialité en soit. La moyenne d’heure AMP par md par semaine tourne autour de 28h, même si on en exige que 12h. Pourquoi? parce que ne faire que 5-6 gardes d’hospitalisation par année pour plusieurs ce n’est pas assez pour maintenir un bon niveau de compétence dans ce milieu particulier, ce serait comme faire 4-5 gardes d’urgence par mois, ou 5-6 accouchement par mois… ce n’est pas assez pour maintenir le niveau d’expertise requis donc nous on faisons plus. Que vais-je faire si mon DRMG juge que je fais trop d’AMF et ne reconnait pas mes heures? je vais être obligé d’abandonner mon expertise, quelle perte! Alors que plusieurs MD ne rêve que du jour ou ils n’auront plus d’hopital à faire…

Vous n’avez pas besoin d’une loi aussi coercitive pour faire le ménage dans les AMP. Juste de changer la facon dont elles sont calculées. Elles sont actuellement calculées sur la base du la facturation du médecin qui travail, d’ou les disparités car certaines régions sont mieux rémunérées aux urgences et à l’hospit, donc génère plus d’AMP… quand je travaillais à Rouyn, j’ai fait un nombre record d’heures AMP… et pourtant je travaillais au même rythme qu’ici. Mais vous n’avez pas besoin d’une loi pour faire ce ménage, M. Barette… c’est un prétexte.

L’autre problème dans votre réglement (et non votre loi, il n’ya rien dans votre loi, outre l’énorme pouvoir de réglementation que vous vous donnez) c’est que la coupure salariale ne touche que les omnis… pourtant, mes patients attendent des années pour voir le dermatologue, les clinique de douleur, les orthopédistes, les rhumatologues….

L’autre problème est que le problème d’accès a un médecin de famille est un problème disparate, surtout concentré dans les deux grandes villes Montréal et Québec. Pouvez vous dire en date d’aujourd’hui combien il y a de patients inscit dans les guichet d’accès et combien de patients ont été pris en charge dans les deux dernières années? Parce que mon petit doigt me dit que la situation n’est pas aussi noire qu’on pourrait le croire… Certaines région demeure problématique, mais certaine ont fait des progrès immense, tellement qu’elles vont manquer de patient à inscrire pour arriver à vos quotas… vous allez obliger ces md à déménager?

Dans cette loi, vous demandez aux médecins de travailler 40 hres par semaines….. ils en travaillent déjà 50 en moyenne. Trouvez l’erreur… Ou bien vous savez que pour suivre 1000 patients et faire 12 heures d’AMF tout en respectant l’humain devant moi, je vais travailler beaucoup plus que 50 heures par semaines…. ou aller ailleurs, voir si c’est si terrible le ROC…

Madeleine Trépanier
CSSS des Sommets

La MOYENNE d’heures travaillées par un médecin de famille est déjà de 50 h + 8 h de garde/ semaine (ce que M Barrette appelle affectueusement nos »travaux forcés »). Malgré les insinuations mensongères du ministre, nous ne pouvons pas travailler davantage – mais nous voulons travailler mieux pour assurer des soins de qualité pour nos patients ! Informatisation, intégration des infirmières et pharmaciens, horaires dynamiques, réduction de la paperasse gouvernementale et accès aux plateaux techniques. N’oublions pas de diminuer progressivement les heures à l’hôpital, seulement si le ministre Barrette a le courage d’abolir les AMP (activités médicales particulières qui forcent les omnipraticiens à faire 12 h/ semaine à l’hôpital). Le projet de loi 20 DIMINUERAIT l’accès à la première ligne – tant en qualité qu’en quantité. Il faut travailler ensemble M Barrette !

M. Barrette,

‘Évidemment, pour arriver à ce résultat, de nombreux médecins devront réorganiser leur pratique. Recourir davantage au travail interdisciplinaire. Est-il normal, en 2014, que des médecins de famille procèdent encore à la vaccination des bébés? À la mesure du poids, de la taille et de la tension artérielle? »Est-il efficace, en 2014, que des médecins de famille ne travaillent toujours pas conjointement avec des infirmières pour le suivi des malades chroniques alors que la loi instituant les ordonnances collectives date de plus d’une décennie? Les réponses sont toutes NON. Il est temps de tirer profit de tous les leviers disponibles pour assurer accessibilité ET qualité des soins. »

J’aimerais bien savoir comment vous voulez que les médecins de famille ne fassent pas ces tâches si votre gouvernement coupe partout les postes d’infirmières et de professions connexes. Ce n’est pas parce que les médecins de famille veulent faire des mesures de poids, de tension ou des vaccins, c’est qu’il n’y a personne d’autre pour le faire. Le ratio infirmière-médecin dans la clinique où j’ai travaillé était de 1:3; il était donc plus rapide pour moi et pour le patient que je fasse ces interventions non médicales. Vous oubliez aussi l’accès aux professions connexes: physiothérapie, ergothérapie, psychologue, travailleur social, et j’en passe. Dans l’urgence urbaine où je travaille, on a coupé tous les postes de travailleur social en fin de semaine, de même que l’infirmière de liaison de gériatrie; tous deux contribuaient grandement à la disposition et au congé des patients. Trouvez-vous cela normal que ce soit l’urgentologue ou le gériatre de garde qui appelle les maisons d’accueil pour organiser les congés des patients âgés en perte d’autonomie? Même enceinte au deuxième trimestre, je me retrouve à pousser des civières dans mon urgence surengorgée car les préposés sont dépassés – encore une fois une conséquence des coupures de postes. C’est la réalité des omnipraticiens d’aujourd’hui: ils doivent déjà combler partout les tâches non médicales ou cléricales car il n’y a personne d’autre pour le faire. Et vous les blâmez maintenant pour cette inefficacité. En passant, la réalité québécoise est bien pire que ce que mes collègues me rapportent des autres provinces.

Côté clérical, votre gouvernement a ouvertement gaspillé des sommes astronomiques dans l’informatisation des dossiers de patients sans porter aucun résultat. Le DSQ est encore embryonnaire comparé à ce qui est offert en Alberta ou en Colombie-Britannique, et il n’y pas encore de moyen de communication efficace entre les traitements à l’hôpital ou à l’urgence vers le bureau du médecin de famille.

Votre projet de loi 20 porte l’opprobre sur les omnipraticiens étirés qui déjà portent le système de santé primaire à bout de bras, qui font des tâches qu’ailleurs au pays nul collègue ne fait. Les omnipraticiens sont les médecins qui prennent la population le plus à coeur et ont fait le plus de concessions. Vous leur faites porter le blâme pour la mauvaise gestion du système qui dure depuis des décennies alors qu’ils n’en sont que victimes – et par corollaire, la population. Les AMP et les PREM (obligations/contraintes professionnelles et géographiques) n’existent qu’au Québec et les omnipraticiens se sont adaptés aux flux d’activités imposés par le gouvernement – car c’est bien votre gouvernement qui a exigé que les omnipraticiens garnissent les hôpitaux il y a quinze ans, et maintenant en mentant ouvertement à la population, vous voulez nous enchaîner encore plus. Votre mépris ouvert et méconnaissance envers notre profession en décourage plus qu’un et je crois que vous sous-estimez notre mobilité professionnelle. Votre projet de loi, sous un déguisement hypocrite d’accès au soins primaires, est en fait tout simplement une coupure supplémentaire dans le système de santé public. C’est une loi matraque jamais discutée avec les acteurs du système de la santé alors que vous avez ignoré les nombreuses propositions de solutions auparavant. Bref il s’agit un massacre à la tronçonneuse du système public afin de paver la voie vers la privatisation. Et cela, c’est la population qui le paiera.

Dr Barrette, 10, 15 ou 20 minutes, cela ne sont que des chiffres et ne change rien au fait que la médecine que vous nous demandez de pratiquer en sera une de débit et non de qualité. Ne prétendez pas que des calculs mathématiques vous permettent de prédire qu’une visite sera suffisamment longue. Cet article de Harvard Business Review démontre très bien que ce que vous imposez à la population lui nuira:

« Pressuring physicians to maximize the number of patients they see and minimizing the time they spend with each is one of five counterproductive mistakes that health care providers often make in trying to reduce costs — the subject of a recent article in the Harvard Business Review.

Overworked physicians rarely have the time for these difficult conversations, especially when they are restricted to 20- to 30-minute appointments, with much of the front end spent updating a patient’s medical record. When physicians spend an inadequate amount of time with their patients, the patients may not fully understand the importance of complying with all aspects of their recommended treatments, which eventually leads to deteriorating health and higher treatment costs. Approximately 50% of patients with chronic conditions do not take their medications as prescribed. »

https://hbr.org/2014/12/delivering-higher-value-care-means-spending-more-time-with-patients

Dr Barrette,

Vous parlez d’accès adapté et de travail infirmier en collaboration avec les médecins. Cela sonne bien intéressant pour tous, mais la réalité est que vous n’offrez pas du tout cela dans la loi 20. Au contraire, la loi 20 ne parle que de l’existence de temps obligatoire en hôpital à combiner avec des quotas de patients en prise en charge. L’accès adapté obligatoire et le travail accru interdisciplinaire sont des mesures ALTERNATIVES à la loi 20 que nous demandons.

Dans le projet de loi 20, TOUT est décidé par voie de règlement, À PART. Cela inclut les tableaux que vous avez mis dans votre lettre. Ils ne sont nulle part. Cela inclut aussi toutes les pondérations que vous prétendez développer avec tant de minutie. Et vous avez une clause qui vous donne la liberté de changer ces règlements sans besoin de consulter quiconque! Comment savoir ce que vous allez faire dans les prochaines années???

Pour quoi voteront les députés???

La population comprendra-t-elle que voter pour la loi 20 est voter pour une carte blanche?

J’ai beaucoup de questions par rapport à votre projet de loi. Il y a tellement de lois et de petites lignes dans ce projet de loi que cela me rappelle un certain projet de loi conservateur au fédéral qui regroupaient un si grand nombre de clauses que c’était un travail épouvantable pour les opposants…

1- Sur quelle expertise, étude ou expérience reproduite ailleurs votre projet de loi se base-t-il? Aucune province canadienne a suivi ce genre de gestion dans le passé et elles réussissent mieux. Pourquoi ne pas s’inspirer davantage de ce qui a déjà réussi ailleurs et ne pas improviser une loi sans fondement?

2- Combien ce projet de loi coûtera-t-il aux contribuables? Quelle sera la hausse de travail des médecins attendus? Combien coûtera cette hausse? Combien coûteront les fonctionnaires supplémentaires nécessaires afin de « surveiller » les différents quotas et exemptions de près de 20 000 médecins omnipraticiens et spécialistes?

4- Comment prévoyez-vous compenser la retraite de nombreux médecins qui travaillent à temps partiel, mais qui n’ont pas encore 35 ans de pratique qui ne verront plus de pratique viable?

5- Quels seront les effets du projet de loi dans les régions frontalières avec l’Ontario qui doivent compétitionner avec une pratique plus payante (Plus de 60% de plus si le projet de loi passe) et non-restrictive (aucune mesure restrictive ou punitive)? Comment comptez-vous y remédier?

6- Comment allez-vous rendre la pratique en médecine familiale intéressante et compétitive au Québec pour les finissants et les étudiants en médecine alors qu’elle est la seule province à avoir des mesures punitives, restrictives et très lourdes en bureaucratie au Canada, en plus d’être une des provinces qui rémunèrent le moins ses médecins?

8- De quelle façon ce projet de loi va combler le vide en soins palliatifs, CHSLD, etc? Pourtant, les grands acteurs en soins palliatifs pensent que vous allez tuer les soins palliatifs. http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201501/05/01-4832716-le-ministre-veut-il-tuer-les-soins-palliatifs-.php

9- Pour quelle raison les omnipraticiens seront exclus des positions de directions régionales? Pourtant cette clause ne concerne pas les spécialistes comme vous.

10- Est-ce que la clause vous octroyant un pouvoir ultime de faire appliquer « toute modification aux conditions et modalités de rémunération » si vous SEUL jugez pertinent, sans consultation publique, sans consultation des fédérations et des organisations de santé est démocratique? Quel est votre plan caché?

12- Si 15 de mes 1500 patients peu malades qui me voient une fois par année consultent un SRV ou l’urgence, je serai pénalisée de 5 semaines de travail. En quoi cette mesure augmentera l’accès?

13- Si je prends 3 mois d’arrêt pour une maladie imprévue ou pour un congé de maternité, je serai pénalisée de 3 mois des 9 mois travaillés dans l’année pour lesquels j’aurais payé des frais de bureau, d’assurance, d’association, etc. Comment cela sert à l’augmentation de l’accès? Comment peut-on ne pas y voir une discrimination contre les femmes?

Vous parlez de discussions avec les experts médicaux et la FMOQ, qu’on ne peut faire cavalier seul. Pourtant, vous avez interrompu toute discussion avec les fédérations médicales, ainsi que les autres organisations, déposé SEUL ce projet de loi sans avertissement pendant qu’un de nos représentants était à l’étranger, vous avez également rédigé SEUL ce projet de loi sans études d’efficacité de ce genre de mesures afin de le voter sans prendre en considération les différentes organisations. Maintenant, comment pouvez-vous parler de travail d’équipe?

Vous avez mis le doigt sur le bobo comme l’expression le dicte. Le plus grand problème demeure la gestion des hôpitaux par des médecins et des C.A. des hôpitaux envahis par des médecins. Laissez donc les administrateurs, administrer, et les médecins faire de la médecine.

Il y aurait beaucoup moins de passes droits et de traficotage (sic) notamment lorsque vient le temps de nommer des administrateurs auprès des Fondations, des Chairs universitaires, des directions de programmes ciblés et autres dont les fonctions n’exigent que peu de travail mais viennent remplir à grands frais les poches des spécialistes.

De plus le traficotage d’utilisation des salles de chirurgie qui perdure depuis des décennies est directement lié à cette méthodologie de “petits namis” qui se réserve du temps qu’ils n’utilisent pas et ralentit les services aux patients en attente d’une chirurgie.

Tous les spécialistes entourant les blocs opératoires tournent conséquemment en rond en attente d’un patient qui ne viendra pas. C’est notamment un état de fait pour les anesthésistes, les infirmières hautement spécialisées qui ne peuvent quitter sous prétexte qu’un patient pourrait s’y présenter. Une perte de temps et d’argent dont le système hospitalier, contribuables et surtout les bénéficiaires pourraient certes se passer.

Le ministre Barette est fort mal placé pour rappeler les médecins spécialistes à l’ordre après les avoir représentés durant des années et il tente de sauver le chou et la chèvre.

M. Barette tout semble être un simple calcul mathématique pour vous!! Comme medecin oeuvrant en périnatalité je vois une majorité d’enfants et de grossesses. Les grossesses ne sont pas des patientes inscrites et donc déjà 2 jours de bureau qui ne compte pas à vos yeux ni comme AMP ni comme AMF! Ensuite en suivi pédiatrique, je dois voir les enfants 7 fois dans leur première année de vie…sans compter que (malheur) un enfant fasse des otites à répétition ou a un retard pondéral ou quoi d’autre encore! Vous pensez vraiment qu’on peut tout simplement calculer et comprendre la réalité du quotidien d’un md de famille? NON!

Et quand on travaille un 24hrs à la salle d’accouchement, n’est-il pas permis de prendre le lendemain de repos? oui bien sur si je facture suffisamment la nuit ce sera comptabilisé comme 2 jours travaillés mais si je n’ai qu’une patiente en travail toute la nuit et que je vais à son chevet plusieurs fois et que je facture un montant qui est inférieur au chiffre que vous considérez être une journée de travail complète: je suis une paresseuse?

Le problème de votre répartition entre hôpital et cabinet s’applique aussi aux médecins qui font d’autres activités non inclus dans les AMP sans inscrire la clientèle: petite chirurgie, clinique jeunesse, planning familial et que dire du SANS RENDEZ VOUS!? Autant d’activités qui ne sont pas comptées dans vos calculs! À première vue, les citoyens vont croire votre proposition bien raisonnable, mais soyez honnête, ce n’est pas SI simple!

Aucun mot sur l’assiduité, qui prévoit qu’un médecin dont le patient va consulter un autre médecin voit son salaire coupé de 30%. Aucun mot qui justifie les pouvoir accrus que le ministre s’octroie par la loi 20…

Ce n’est qu’une autre preuve que M. Barette manipule l’opinion publique pour cacher les vrais objectifs de la loi 20 : couper le salaire des médecins de 30%, augmenter les pouvoirs du ministre et augmenter les contraintes (déjà nombreuses) de la pratique de la médecine familiale au Québec

Je ne vois que des contradictions dans votre lettre.

D’abord 1)
Vous parlez d’assoupir les AMP pourtant vous en augmentez la durée (ad 25ans!)
Lorsqu’on parle d’assoupir , on parle de détentre, rendre plus souple, et non d’étendre

2)
Pour les médecins spécialistes vous leur demanderez de faire de l’hospitalisation et de répondre rapidement aux demandes de consultation per hôpital.. Et aussi répondre aux consultations externes…
Si déjà ils n’hospitalisent pas et les délais sont interminables, comment raccourcir les délais, si ce sont ces mêmes médecins qui hospitaliseront ?
Devront-ils se dédoubler ?

3)
Que faites vous des médecins qui ne peuvent que travailler à temps partiel pour des raisons de maladies ou familiales ?
Devront-ils abandonner la médecine ? Alors là on parle de diminuer l’accès, car voyez-vous, un médecin temps partiel c’est déjà mieux que pas de médecin!
Ou alors quoi? Ils devront fournir des attestations régulières de leur médecin? Mais à qui…?
Comme vous le savez, nous sommes TRAVAILLEURS AUTONOMES, et non pas salarié..
Au DRMG ? Pourtant à ce que je sache, il n’est pas mon patron, ni me verse un salaire…

Ah oui, j’oubliais, vous augmenterez ainsi nettement la bureaucratie…

4) et que faites-vous de toutes les activités qui ne sont ni AMP, ni prise en charge, c’est à dire, centre jeunesse, cliniques jeunesses, cliniques locomoteurs, cliniques d’infiltrations, les cliniques de mini-chirurgies, les cliniques de poses de sterilets, l’enseignement et j’en passe..devra-t-on les annuler ? Mais qui les fera alors ? Les spécialistes ? Mais comment fourniront ils à la demande alors ? Les délais sont déjà looongs! Referez-vous à mon point 2.

5)
Les médecins de famille ne demandons que cela, une infirmière pour faire la pesée, les signes vitaux, etc..elles sont où ???
Devra-t-on les payer à même notre salaire? Attention alors! Le virage de la privatisation est à nos portes!

Il existe plusieurs points comme cela, mais en fait, je doute fortement que vous voulez augmenter l’acces,
Car ci c’etait augmenter l’acces votre but, vous nous auriez consulté et écouté, car ce sont nous, les médecins de famille sur le terrain qui connaissont mieux que quiquonque les problèmes..
Les solutions, nous les avons proposées à maintes reprises, mais le gouvernement ne fait que la sourde oreille!!

Vous voulez un système efficace et à peu de frais? Privatisez la santé et abaissez les impôts des Québécois en proportion.

Un système de santé privé et à peu de frais !
Demandez aux Américains d’avant le Medicare du président Obama !

Osriez-vous voyager aux USA sans assurances hospitalisation ?

Je ne ré-aborderai pas la problématique du manque d’infirmière. Elle a déjà été abbordée dans d’autres commentaires. Tous sont prêts à être plus interdisciplinaires…s’ils ont quelqu’un avec qui l’être !

1) Projet de loi impossible à gérer. Qui fera tous ces savants calculs ? Les heures en établissements varient selon la demande. Les médecins devront-ils inscrire et désinscrire massivement des patients pour être conformes ? Beau bordel.

2) Vos chiffres semblent bien gentils. Vous oubliez de mentionner que vous vous réservez le droit de changer toutes les règles avec 60 jours de préavis selon votre bon vouloir. Comment les gens ou les médecins peuvent-ils vous croire ou se fier sur vous ?

Ne lâchez pas, cher ministre, vous l’aurez votre gros hôpital au Québec avec vous comme DG…

Un médecin de famille d’accord avec le docteur Barrette

Monsieur le Ministre,

Je vous écris à titre d’omnipraticien au CSSS des Sommets, dans les Laurentides.

Je suis avec un vif intérêt votre style de gouvernance. Je suis d’accord avec vous que le réseau de la santé mérite que l’on optimise. Il y a certainement place pour rationaliser la structure tout en préservant l’excellence des soins. De plus, c’est vrai qu’il est nécessaire d’améliorer encore l’accès aux médecins de famille.

Vous avez mon adhésion sur ces principes.

Par ailleurs, je salue la détermination que vous démontrez. C’est une qualité précieuse. L’immensité des tâches que vous devez accomplir est hors du commun. De plus, vos interventions ont le grand mérite de susciter une réflexion en médecine familiale d’une intensité que je n’ai jamais vue.

Pour atteindre vos objectifs, vous devez prendre le pari d’arriver à modifier certains comportements des médecins et employés du réseau. Amener un groupe de cette taille à se mobiliser différemment est plus corsé que de manœuvrer un transatlantique sur le Saint-Laurent. Beaucoup d’inertie. Beaucoup d’écueils.

Le changement de comportement, c’est justement un des savoir-faire nécessaires en médecine familiale. Continuellement, nous travaillons à potentialiser la motivation des individus à adopter de saines habitudes de vie. Pour y arriver, il existe des approches beaucoup plus efficaces. En misant sur les forces des gens, nous augmentons de manière formidable notre capacité à les influencer positivement. Nous évitons aussi une logique d’opposition frustrante pour tous. Invariablement, l’opposition est infructueuse.

C’est ce qui m’amène à aborder vos projets de loi. Ils visent l’efficacité et l’accessibilité. Malheureusement, ils mènent plutôt vers un affrontement long et accablant. Et, au bout du compte, c’est la population qui écopera pour ce naufrage annoncé.

Si ces projets se concrétisent, il est très risqué qu’un nombre impressionnant de médecins d’expérience devancent leur retraite et une quantité tout aussi grande d’étudiants se détourneront de la médecine familiale. De plus, beaucoup pourraient se tourner vers la pratique privée et feront payer leurs patients.

Avec les lois 10 et 20, le réseau public se retrouvera grandement fragilisé.

Tout comme mes collègues, je sens sourdre en moi une colère profonde sans précédent. J’ai un intense besoin d’avoir la confiance que les acquis de notre système de santé seront préservés à tout prix, comme l’universalité et la gratuité. J’ai aussi besoin d’avoir l’assurance que tous les gens qui travaillent d’arrache-pied dans ce système seront respectés et que les changements à venir seront bénéfiques pour les Québécois.

Beaucoup d’initiatives ont déjà été prises et portent leurs fruits. Par exemple, depuis 2009 dans ma région, des 9 001 personnes à la recherche d’un médecin de famille, il en reste uniquement 1 310. La liste d’attente est en voie de disparition.

Je vous demande donc de réviser votre stratégie de telle sorte qu’elle se basera avant tout sur les forces existantes de notre système, dans le respect des travailleurs, en gardant en tête notre ultime priorité : le bien-être des Québécois. Je vous invite à l’ouverture d’esprit et à la concertation.

Si vous avez le désir d’entamer un dialogue constructif, je serai très ouvert à échanger avec vous. Il sera facile pour vous de me contacter en passant par le http://www.granulesmedicales.ca. Cela vous donnera en plus l’occasion de découvrir l’initiative bénévole d’un omnipraticien. C’est un exemple, parmi des milliers d’autres, qui pourrait vous convaincre du dévouement des médecins de famille quand vient le temps de ramer pour faire avancer les choses.

Au plaisir d’avoir de vos nouvelles,

Alexandre Chouinard, md
http://www.granulesmedicales.ca

Vu d’ici au NB, tout cela est logique et réalisable. Nos pratiques sont encore plus exigeantes que ces cibles mais elles sont organisées en fonction des besoins de la population. Notre qualité de pratique et de vie est encore enviable et l’accès à un médecin de famille est presque un droit indiscutable surtout en région. Je pratique dans une région rurale, j’ai plus de 2500 patients, je fais de l’hospitalisation lourde ( 25 patients de 2 e à 3 e ligne 1 semaine sur 6), du bureau 4.5 jours par semaine et ouvre l’accès quotidiennement aux patients et travaille en collaboration directe avec 2 infirmières tout en enseignant aux résidents. Je prends 6 sem de vacances par année, je m’éduque et participe à pleins de comités. Et je suis heureux de pratiquer la médecine après 20 ans de pratique!!

M. Barrette, J’ai une pratique très lourde en CHSLD privé avec soins palliatifs intégrés et système de garde, en CHSGS avec hospitalisation et soins intensifs, en maintien à domicile, en soins palliatif à domicile, en santé mentale/toxicomanie, en santé des hommes, en santé aux patients séropositifs, en support aux infirmières spécialisées en ITSS, en soins dans les résidences pour personnes âgées ainsi qu’une faible proportion de patients plus légers en bureau. J’ai également fais parti des comités de pharmacologie des établissements ou j’ai travaillé depuis plusieurs années… J’en suis à ma quinzième année de pratique et j’ai déjà organisé mon travail en interdisciplinarité dans plusieurs secteurs, et je le fais selon un mode d’accès facilité en me concentrant sur la gestion des épisodes de soins. Mais je ne suis pas capable de rentrer dans vos statistiques en soignant des patients malades… Il y a une limite à vouloir être efficace quitte à déshumaniser les soins. Après avoir lu votre lettre, je demeure des plus inquiets face à ce projet de loi et continue de croire que ma décision de cesser de faire toute visite à domicile et de diminuer mon imlplication auprès des clientèles lourdes ou vulnérables au profit de patients sans problèmes de santé a été la bonne. Les patients lourds, qui demeurent loin de mon bureau de consultation ou qui risquent de consulter au SRV/urgence/médecins pour quelque autre raison que ce soit, deviennent des risques car ils entraineront a coup sûr des pénalités financières… Mieux vaut ne pas les inscrire!!! Quel résultat navrant… Quel projet de loi bâclé et improvisé… Cette nouvelle organisation de service n’offre aucune plus value dans les soins à la population mais produira de belles statistiques pour vos fonctionnaires. Je comprends aussi très bien qu’un patient lourdement malade ne vous procure qu’un seul vote potentiel et que plusieurs patients en santé content d’avoir un médecin de famille procuront plusieurs votes potentiels. Félicitation! Je crois également que suggérer que les médecins pourrons maintenir des visites de suivi adéquates auprès de leur patient, et que cela favorisera la prise en charge de patient vulnérable est complètement mensonger. Pour ma part, j’ai déjà diminué la durée de mes consultations afin de demeurer disponible au cas ou… Je réalise aussi que l’obtention de privilèges dans un hôpital nécessite le respect des règles de département et de services, et que ces entités ne limiteront pas le nombre d’heure de travail en fonction de vos tableaux/activités médicales autorisées mais bien en fonction de leurs besoins… Nous avons vécu tellement de problèmes à ce sujet avec les AMPs… Même si les activités réellement travaillées à l’hôpital ne sont pas des activitiés médicales approuvées, celles-ci demeureront tout de même obligatoires sans oter la nécessité d’inscrire beaucoup de patients au bureau. Comment gérer ce surcroît de travail. Allez vous passer une loi pour que les hôpitaux limitent la quantité d’heure travaillée à ce qui est inscrit dans vos tableaux ou aux activités médicales approuvées? Je ne crois pas non plus que quelqu’un qui propose qu’un médecin suive 250 patients en payant les frais de bureau, la secrétaire et l’infirmière comprenne que la rentabilité de ce projet est totalement absente. Est-ce qu’un groupe de médecin va réellement vouloir d’un tel candidat dans leur équipe? Allez vous passer une loi pour les forcer à les prendre? De plus, je ne crois pas que vous saisissiez que les médecins qui ont choisi une pratique hospitalière, à l’urgence ou dans un secteur de pointe ne sont pas nécessairement de bons candidat pour le suivi longitudinal de patients en bureau. Ils ne seront pas nécessairement enthousiastes pour leur travail et leur clientèle risque bien d’en souffrir, sans mentionner qu’ils ne seront pas à jour dans leurs connaissances. Est-ce que vous aller passer une loi pour forcer le collège des médecins à ne pas vérifier les compétences de ceux-ci? Peu vous importe. De toute évidence…. un pion c’est un pion… la participation aux différents comités hospitalier sera aussi boudée car le temps passé en réunion est du temps êndant l L’ensemble de ce projet de loi est désolant et n’améliorera aucunement les soins à la population. Quelle catastrophe à l’horizon!