L’heure des choix: les partis et l’éducation

L’éducation, l’un des piliers de la société québécoise. Et pourtant, il en a très peu été question durant cette campagne électorale.

À quelques jours du vote, voici ce que les partis proposent. J’ajoute les volets garderie et jeunesse pour compléter le tableau.

Mais avant, comme lors des précédents billets sur les plateformes des partis, voici une fiche d’information sur le sujet, tiré du numéro du magazine qui contient le spécial élections «28 vérités sur le Québec».

education

 

Maintenant, place au contenu des partis. (Sans ordre en particulier)

Les propositions de Québec solidaire

Éliminer tous les frais facturés pour la fréquentation d’une école publique, d’un collège ou d’une université en vue d’atteindre la pleine gratuité en 5 ans.

Annuler les compressions de 200 millions de dollars du Parti québécois dans les commissions scolaires.

Investir 500 millions de dollars sur cinq ans pour assurer aux élèves et au personnel des écoles saines. Les problèmes de moisissures mettent en péril la santé et la sécurité de tous dans plusieurs établissements partout au Québec.

Adopter un plan visant, d’ici 2020, le transfert progressif vers le réseau public de toutes les subventions publiques allouées aux écoles privées. Celles qui le souhaitent pourront, avec leur personnel, s’intégrer au réseau public. En supposant que la moitié des élèves intègrent le réseau public, ce serait 70 millions de dollars par année qu’un gouvernement économiserait en abolissant les subventions aux écoles privées.

Encourager les projets pédagogiques particuliers ou alternatifs. Ils devront être ouverts à tous les élèves et élaborés démocratiquement par les communautés dans le respect des orientations du ministère de l’Éducation.

Investir 1,6 milliard de dollars pour créer 15 000 nouveaux postes à temps plein au primaire et au secondaire d’ici 2020. Il faudra toutefois tenir compte des infrastructures disponibles: Montréal en particulier souffre d’un grave manque d’écoles.

Pour que les élèves en difficulté soient intégrés avec succès à l’école, QS propose de restreindre la taille des classes à tous les niveaux. Le personnel enseignant pourraient ainsi adopter une approche pédagogique adaptée aux besoins diversifiés des élèves et mieux les encadrer. Ramener le nombre maximum d’élèves par groupe à 25 au primaire. Dans les milieux défavorisés, ce nombre ne devrait pas dépasser 18 élèves. Au secondaire, elles ne devraient pas dépasser 27 élèves, quel que soit le niveau ou la matière.

Procéder à 1 000 nouvelles embauches pour augmenter les effectifs du personnel professionnel. Au sein d’équipes d’intervention multidisciplinaires, ces personnes-ressources pourraient effectuer systématiquement le diagnostic des enfants en difficulté dès l’éducation préscolaire.

  Réintroduire les cours d’éducation sexuelle abolis en 2001.

Aux politiques et plans d’action contre l’intimidation et contre l’homophobie déjà en place, Québec solaire ajouterait un plan de lutte contre la transphobie, ainsi qu’un financement récurrent suffisant pour l’ensemble de ces programmes. Doubler les enveloppes qui y sont déjà consacrées, soit d’y allouer 15 millions de dollars par année afin d’embaucher des ressources spécialisées dans les écoles.

Investir 60 millions de dollars par année pour augmenter l’offre d’activités parascolaires, en particulier dans les écoles les plus défavorisées.

Évaluer les besoins de garde dans chaque région et créer toutes les places requises en Centre de la petite enfance (CPE).

Mettre en place une commission itinérante sur la petite enfance.

Retirera progressivement le financement des garderies à but lucratif. Permettre aux garderies à but lucratif de se transformer en CPE.

Financer un plan national d’alphabétisation avec les écoles et le milieu communautaire.

offrir une aide financière et professionnelle aux jeunes et aux adultes qui retournent aux études

Embaucher 1 000 professeur‑es d’université.

– Réviser la grille de financement des universités pour tenir compte d’aspects comme l’accessibilité et le type d’activités.

Les propositions de la Coalition avenir Québec

Augmenter le nombre de diplomés universitaires afin de rattraper d’ici 10 ans les provinces canadiennes les plus performantes.Politique

Améliorer la formation scientifique des jeunes en mettant sur pied un programme semblable au programme Science-Technology-Engineering-Mathematics (STEM) aux États-Unis.

Mieux financier la recherche universitaire en lien avec les entreprises innovantes, notamment dans le domaine du génie.

Programme de dépistage des enfants en bas âge présentant des difficultés d’apprentissage.

Mise en place d’un programme de tutorat visant à améliorer le soutien pédagogique et l’encadrement des élèves du secondaire.

Ajout de conseillers en orientation pour aider les élèves du secondaire à faire leur choix de carrière et planifier leur avenir.

Créer une meilleure synergie entre les garderies privées et le réseau des CPE pour augmenter plus rapidement le nombre de garde à contribution réduire.

Abolir les commissions scolaires.

Les propositions du Parti québécois

– Faire de la persévérance scolaire une priorité en matière d’éducation. Doter le Québec de sa première politique nationale de lutte contre le décrochage scolaire. Concentrer les efforts dans les milieux défavorisés, dès le primaire, et porter une attention particulière aux garçons.

Valoriser la formation professionnelle et veiller à son accessibilité dans toutes les régions.

Renforcer l’enseignement de l’histoire nationale, du primaire à l’université.

Adopter une politique nationale d’éducation aux adultes et de formation continue, dont l’un des piliers serait l’alphabétisation.

Accroître l’accessibilité à l’enseignement supérieur, notamment pour les étudiants ayant un parcours non traditionnel et pour les jeunes vivant dans les régions.

Réviser les mécanismes de reddition de comptes et de gouvernance des universités.

Soutenir les projets de télé-enseignement.

Adopter une nouvelle politique jeunesse tenant compte des besoins des jeunes. Du nombre se trouvent la lutte contre l’intimidation, l’entrepreneuriat jeunesse et un programme volontaire de service à la communauté.

Élaborer une stratégie de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le cyberespace.

Compléter le réseau des services de garde. Poursuivre la mise en place d’un guichet unique facilitant l’accès aux services de garde. Faciliter la conciliation travail-famille-études en instaurant des mesures incitatives pour l’offre de service à temps partiel ou pour des horaires non usuels dans les services de garde subventionnés, et en favorisant la création des haltes-garderies, entre autres dans les établissements postsecondaires.

Mettre en place des haltes-répit pour enfants handicapés dans les centres de la petite enfance, les soirs et la fin de semaine.

Les propositions du Parti libéral du Québec

Étendre l’initiative «Ma famille, ma communauté», un projet de l’Association des centres jeunesse du Québec, expérimenté dans trois centres jeunesse. Ce projet s’adresse aux enfants âgés de zéro à cinq ans à risque de placement dans une famille d’accueil, à risque de déplacement ou à l’étape de la réinsertion familiale. Il vise à assurer la concertation et la mobilisation des ressources et des gens de la communauté pour permettre aux familles vulnérables d’être accompagnées dans leur milieu.

S’inspirer du modèle allemand des écoles de métier afin d’intégrer davantage de stages en entreprise dans les programmes de formation professionnelle et technique. Ce système prévoit trois ans de formation et les deux tiers des heures sont passées en entreprise. Cette approche repose sur un partenariat et un partage des coûts entre l’État et l’entreprise.

 – Assouplir les règles d’entrée pour les formations menant à des diplômes d’études professionnelles (DEP), à des attestations d’études collégiales (AEC) et à des diplômes d’études collégiales (DEC).

Offrir davantage de parcours variés en formation professionnelle et collégiale (DEP, AEC, DEC) pour encourager plus de jeunes et d’adultes à se donner une bonne formation pour occuper un métier bien rémunéré. Assouplir la bureaucratie pour les commissions scolaires et les cégeps afin qu’ils puissent offrir plus rapidement des formations répondant aux demandes du marché.

Soutenir, à travers la Stratégie maritime, la recherche marine afin de notamment connaître et exploiter le fleuve à sa juste valeur et ainsi favoriser la collaboration entre les cégeps et les universités.

Simplifier et à rendre efficiente la reddition de compte des universités tout en s’assurant d’une gestion rigoureuse et transparente.

Favoriser une augmentation des revenus autonomes des universités en développant la commercialisation des brevets universitaires et en favorisant la culture philanthropique.

Indexer les frais de scolarité des étudiants québécois.

Revoir les frais de scolarité des étudiants issus de la Francophonie afin qu’ils paient l’équivalent de ce que paient les étudiants canadiens. Cette révision permettra d’accroître la capacité d’attraction des universités au Québec et elle sera effectuée en partenariat avec elles.

Développer un partenariat avec le milieu universitaire, les employeurs du secteur privé et les organismes d’aide à l’emploi afin d’offrir une première expérience de travail aux jeunes diplômés universitaires issus de programmes d’études n’offrant pas de stage.

Étendre à toutes les universités le modèle des Accélérateurs pour la création d’entreprises (ACET), développé par l’Université de Sherbrooke, qui permet à des finissants provenant de différentes facultés de soumettre leur projet de fin d’études dans le but de démarrer des entreprises technologiques novatrices.

Faciliter la transition entre les différents parcours de formation, notamment au chapitre des prérequis, afin d’encourager la poursuite des études pour ceux qui désirent continuer leur cheminement scolaire au secondaire, au collégial ou à l’université.

Organisation d’un forum des intervenants pour lutter contre l’intimidation à l’école dans les 100 premiers jours d’un gouvernement du PLQ. Ce forum, présidé par le premier ministre, débouchera sur un nouveau plan d’action.

Créer des campagnes de sensibilisation qui seront menées contre l’intimidation et la cyberintimidation.

Assurer la cohésion des corps de police luttant contre l’intimidation.

Soutenir la formation de policiers spécialisés dans la lutte contre l’intimidation.

Favoriser l’instauration de programmes de travaux communautaires pour les jeunes trouvés coupables d’intimidation.

Recentrer la mission du ministère de l’Éducation afin de réduire de 100 personnes par année pendant 5 ans les effectifs administratifs, soit une réduction à terme de 40 %. Des économies de  7,5 millions de dollars par année seront réalisées, pour atteindre 37,5 millions de dollars la cinquième année.

Abolir les directions régionales du ministère de l’Éducation afin d’économiser 15 millions de dollars par année.

Maintient des commissions scolaires pour le service de proximité et l’expertise dans la coordination des services aux élèves et aux écoles.

 Assurer un service d’aide aux devoirs dans toutes les écoles primaires. Étendre l’aide aux devoirs aux écoles secondaires. Élargir les périodes d’aide aux devoirs avec des séances certains midis et soirs.

Prioriser le diagnostic hâtif chez les jeunes montrant des difficultés d’apprentissage et l’intervention rapide dès la petite enfance en s’assurant du nombre adéquat de spécialistes.

Donner aux directions d’école la possibilité d’offrir des vocations spécialisées et de développer des activités parascolaires. Inciter les écoles à mettre en place des programmes communautaires de bénévolat.

Accentuer la promotion de la qualité du français dès l’école primaire.

Réaffirmer la mise en œuvre du programme d’anglais intensif en 6e année en prévoyant le financement adéquat. Offrir des séjours d’immersion en anglais ou en français.

Si vous voulez lire la comparaison des plateformes des partis en matière de santé, c’est par ici.

Si vous souhaitez lire ce que les partis offrent en matière d’emploi, d’économie et de finances personnelles, c’est ici.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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1 commentaire
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Il est toujours d’usage et de bon aloi en période électorale de parler de lutte contre le décrochage scolaire, si ce n’est qu’on ne s’attaque pas d’après-moi vraiment aux vraies raisons du dit décrochage. Les causes premières sont sociales. Quand les parents n’ont pas d’argent. Quand la famille est déchirée pour toutes sortes de raison. Quand les conditions d’habitation sont précaires voire dramatiques, quand les enfants ne peuvent avoir leur coin bien à eux avec leurs affaires.

Eh bien, on a beau dire et beau faire, cela ne rend pas la vie à l’école toujours très heureuse. Même s’il y a des pédagogues, des psychologues, des travailleurs sociaux pour aider ces jeunes, les soutenir et les encadrer. Tant et aussi longtemps qu’on ne peut les sortir de leur milieu. Nous aurons des enfants qui ne finiront pas leur cursus scolaire. C’est terrible dans une société qui s’affiche comme une des « plus » meilleures au monde.

Je pense qu’il ne faut pas travailler spécifiquement sur le décrochage lorsqu’il faut placer en avant le généreux concept de l’assiduité, j’aime aussi assez le mot de persévérance avancé par le PQ. Il importe en premier d’envoyer un message positif pour se donner le plus de chances possibles de garder les enfants en classe, si possible longtemps.

Ce n’est donc pas seulement une question de subsides, de gestion des taxes scolaires et autres commissions, d’assignation du personnel à toutes sortes de taches qui sur ce plan prévalent. L’école doit être vécue comme une seconde maison. C’est un lieu, un espace de vie et d’appropriation.

Pour se faire il faut mettre l’argent dans les infrastructures et construire le plus vite possible, de nouvelles écoles. Il faut redéfinir le cadre général de vie avant de redéfinir les programmes. Il faut des écoles ouvertes et idéalement il faudrait les tenir ouvertes à l’année longue.

Ainsi les jeunes y resteraient plus longtemps, pourraient au besoin y retourner avec plaisir pour celles et ceux qui s’en étaient éloignés. On entrerait alors dans une dynamique réelle de la société du savoir, celle-là permettrait à tout le monde d’améliorer son sort, tout au fil du temps.

J’aime également le concept proposé par le PLQ avec les écoles de métiers. La valorisation des métiers et les stages sont une très bonne porte d’entrée pour décrocher un tout premier emploi de qualité.