L’image de 15 h 15: Surprenant poster péquiste

Une main tendue aux anglophones ?
Une main tendue aux anglophones ?

Vous le reconnaissez ? C’est André Pratte, éditorialiste en chef à La Presse. Le photomontage est de BoucMagazine, « un magazine sans but lucratif qui est dirigé par une équipe approximative d’environ quelques personnes issues de divers milieux » et animé par l’ex-député péquiste Jean-Claude Saint-André.

La raison ? André Pratte a écrit un éditorial en ligne où il notait :

Comme ils l’ont toujours fait, les souverainistes bougent. Ils bougent de façon convaincue, intelligente et habile, ils bougent avec l’aide d’une relève impressionnante.

Pourquoi tant de fleurs ? Pour tenter de donner de l’énergie à son propre camp. Il concluait :

Et pendant ce temps, que font les Québécois qui croient au Canada ? Les politiciens disent la même chose que leurs adversaires souverainistes. Les autres, confortés par les sondages, vaquent à leurs occupations professionnelles. Ils vivent dans l’illusion que le scénario de 1995 ne peut pas se reproduire. Grave erreur.

J’avais commenté ce texte ici. Mais l’analyse du Bouc est beaucoup plus divertissante que la mienne:

…l’essentiel de son article [de Pratte] vise, d’une part, à fouetter les quelques sympathisants péquistes qui restent et, d’une autre part, à les conforter envers le plan Marois pour éviter qu’une autre force politique, moins contrôlable, moins prévisible, puisse émerger.

On trouve de tout sur Internet.

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Il faut vraiment voir des théories de conspiration partout pour penser qu’André Pratte écrit ses éditoriaux afin d’éviter «une autre force politique» en lançant des fleurs au PQ. Cet article ne s’adresse pas aux souverainistes. Il met simplement en lumière la relève intéressante du parti québécois, la ténacité des stratèges péquistes et l’inaction des fédéralistes (qui sont les ingrédients d’une ronde référendaire).

Évidemment, les militants du Bouc s’accordent beaucoup trop d’importance: il s’imaginent que l’argumentaire de Pratte s’adresse à eux. Ont-ils conscience qu’ils sont une frange marginale? Et qu’ils sont le fait d’un paradoxe (une aile marginale dont l’existence est liée à celle du PQ, comme tout le mouvement indépendantiste d’ailleurs).

La faiblesse de ces franges militantes tient essentiellement à ces deux points: d’abord leur incapacité à former une quelconque coalition et ensuite leur dépendance à la crédibilité péquiste. Sans ces deux attributs, ils sont ce qu’ils sont: des paranoïaques qui s’imaginent que le but du PQ est de les empêcher d’être à la tête du mouvement souverainiste.

Dans cette catégorie ont trouve toutes sortes de groupuscules. Certains sont franchement délirants, d’autres bien articulés (comme Québec solidaire).

Même ce dernier cite à tout vent que «l’automobile péquiste ne nous a pas rendu à la souveraineté» et «qu’il est temps de changer de véhicule».

Le PQ est un véhicule qui est arrivé très près de former un pays. S’imaginer qu’un groupe qui publie une feuille de chou ou qui n’a qu’un député peut achever la souveraineté, c’est, dans les circonstances actuelles, de la mégalomanie.

Non pas que le PQ soit parfait: on peut être en désaccord ou non avec ce parti. Mais tenter de le remplacer comme tête du mouvement souverainiste c’est être déconnecté de la réalité. Mais il ya un point à retenir: le PQ s’éloigne de ces groupes parce qu’il sait que vous êtes déconnectés, pas parce qu’il a cessé d’être souverainiste.

Vous aurez deviné que Monsieur St-André n’a pas écrit cet article. Il anime l’esprit de notre ligne éditoriale, mais pas le contenu précis.

On savait que vous aimeriez. 🙂

Pourquoi donner tant d’importance à un chroniqueur à qui Power Pol a donné le titre d’éditorialiste pour écrire pour lui.
Sur la caricature, j’ai un doute car oncle Sam est tout sauf un traître.

Euh… Je ne suis pas en désaccord sur certains éléments, mais pas sur la totalité. Vouloir les souverainistes juste assez fort pour garder sa base fidèle, ça oui. Mais je suis en désaccord sur la supposé incompétence de la relève Péquiste.
Cela dit, il a raison sur un point: quand André Pratte (ou pire, Alain Dubuc) parle, faut se demander si le message au premier degré est vraiment celui qu’on veut passer. À lire à titre d’exemple: le texte d’Alain Dubuc qui demande une enquête publique mais qui en même temps, donne des arguments pour qu’elle ne porte pas sur les politiciens responsables du système de corruption! Un excellent exemple du double langage omniprésent dans les éditoriaux de la Pravda Libérale.

@mediamaniaque: Je suis donc d’accord avec vous mais il y a une nuance à apporter. Le PLQ, comme force politique unie, doit l’indéfectibilité de son électorat à une menace. Sinon, Jean Charest se ferait poser davantage de questions sur la qualité de sa gestion, ses copinages et ça, ce n’est pas bon du tout. Mieux vaut brandir les « méchants » sinon ses propres électeurs se sentiraient le droit de magasiner ailleurs. On peut dire que pour ça, oui, le PQ lui est utile. Pas parce qu’il est « prévisible » comme l’affirme ces boucs qui semblent en avoir brouté du bon mais parce que, sans le PQ, il n’y aurait peut-être pas 98% de Libéraux dans Darcy McGee to save Canada. Après tout, Jean Charest, ce n’est pas Ghandi, Kennedy, ou tout autre leader transcendant! C’est juste Jean Charest…