L’inacceptable fouille à nu

L’école n’est pas l’antichambre de l’État policier. Et les élèves, même les plus fauteurs de troubles, ont des droits, dit le blogueur Brian Myles.

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Photo : Getty Images

Les tergiversations du gouvernement Couillard sur la légitimité des fouilles à nu démontrent, à leur face même, à quel point l’école secondaire de Neufchâtel a pris une décision irresponsable et insensée, cette semaine.
Politique

Jeudi, le premier ministre Philippe Couillard a dit que les directions d’écoles ne pouvaient pas imposer des fouilles à nu à leurs élèves.

Mercredi, le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, annonçait son intention de confier à un expert indépendant le mandat de revoir les faits de la cause impliquant l’adolescente de Neufchâtel, sans toutefois condamner la conduite de l’école.

Son chef semblait du même avis. Philippe Couillard rappelait, il y a à peine 24 heures, l’existence d’un protocole reconnu par les tribunaux pour encadrer les fouilles à nu.

Mardi, le ministre Bolduc se portait sans réserve à la défense de l’école. «Il est permis de faire des fouilles à nu, à une seule condition : il faut que ce soit très respectueux», commentait le gaffeur en série du gouvernement.

Quelle comédie d’erreurs ! Le duo de médecins improvise de nouvelles explications de jour en jour.

Dans sa plus récente sortie (celle de jeudi matin), le ministre Couillard a finalement épousé la position du Parti québécois, selon qui les fouilles à nu n’ont pas leur place à l’école.

Au lieu de tenter de justifier l’injustifiable, les ténors du gouvernement auraient dû admettre dès le départ que l’école a commis une faute.

Dans Le Devoir, les criminalistes Jean-Claude Hébert et Alain Arsenault affirment que l’école et la Commission scolaire de la Capitale sont passibles d’une poursuite civile de la part des parents de la jeune fille. L’école a grossièrement exagéré la portée d’un arrêt rendu en 1998 par la Cour suprême pour justifier sa décision.

Dans cette affaire, la Cour a reconnu aux directions d’écoles et aux enseignants le droit de faire des fouilles sur les élèves, sans mandat, afin de maintenir la sécurité, l’ordre et la discipline.

L’arrêt, sur lequel est basé le protocole en vigueur dans les écoles du Québec, est muet sur les fouilles à nu. Le protocole, derrière lequel s’abritait le gouvernement avant de faire volte-face, est tout aussi muet sur la question.

La présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissements scolaires (FQDE), Lorraine Normand-Charbonneau, a banalisé la gravité de la situation, affirmant que la fouille de l’adolescente «n’a rien à voir avec (l’émission] Unité 9».

Belle ligne de communication, championne. Mais elle sonne tellement creux.

L’adolescente n’a pas été palpée par une matrone. Elle a dû se dévêtir derrière un rideau de fortune, et ses vêtements ont ensuite été fouillés. Un peu plus et l’école va lui demander des remerciements pour son soubresaut d’humanité.

La jurisprudence supportant la fouille à nu d’une adolescente de 15 ans, sur des soupçons de trafic de drogue, n’existe tout simplement pas.

Par contre, la jurisprudence sur la fouille à nu est abondante. «Humiliante» et «extrême» de par sa nature, elle revêt un caractère exceptionnel.

La disproportion entre les objectifs poursuivis par l’école (coincer une présumée revendeuse) et les moyens pris pour y parvenir est flagrante.

L’école, la commission scolaire et tout le milieu de l’éducation devraient tirer les leçons qui s’imposent de cette affaire. L’école n’est pas l’antichambre de l’État policier. Et les élèves, même les plus fauteurs de troubles, ont des droits.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il a aussi été affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Et, on laisse dans leurs mains l’éducation de nos enfants!

Bravo pour les valeurs et le respect…après on est surpris de voir nos enfants en manquer!

C’est étrange comme certains oublient que les enfants sont aussi des êtres humains et c’est triste de constater que cet oublie s’est fait dans le cadre scolaire!

C’est peut-être ça le problème, trop de parents ne s’en mêlent plus. L’éducation des enfants, ça part d’abord de la maison.

Je ne me souviens pas avoir lu une ligne et/ou un quelconque commentaire de votre part lorsque 28 élèves (OUI…OUI… vingt-huit élèves!!!) ont été fouillés à nu POUR UN CELLULAIRE à St.-Jérôme en mai 2013 Monsieur Myles…:

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2013/05/20130521-183111.html

Pourtant, la nouvelle est parue. Et ça ne fait pas 50 ans. C’était il y a 1 1/2 an!!! Hier quoi…

Mais il y a pire: le Parti québécois qui était alors au pouvoir n’a jamais mis fin à cette pratique! JAMAIS!!! Et le voilà aujourd’hui à jouer les grands défenseurs de la jeunesse opprimée par l’autorité oppressante. Quelle hypocrisie.

À l’époque, on cherchait un cellulaire. Pas de la drogue dans une ÉCOLE. Nââon! Un cellulaire sacram… et personne ne s’est offusqué de cette pratique. Personne! Pas même le Parti Québécor et encore moins Québec Solitaire.

Mais aujourd’hui, on veut clouer au pilori une administration scolaire à laquelle on ne fait aucunement confiance lorsqu’elle fait sa job en voulant prévenir la DROGUE dans nos ÉCOLES. Et les partis politiques de l’opposition ainsi que plusieurs journalistes, dont vous, Monsieur Myles, qui ne semblent pas vouloir faire leur job de recherche convenablement, s’offusquent et nous parlent des droits des élèves. N’avaient-ils pas de droits en 2013???

Si c’est irresponsable et insensée de vouloir faire respecter le droit des élèves québécois de pouvoir étudier sans drogue dans LEUR école, c’est que les invasions barbares ont vraiment commencé.

La réponse à votre commentaire et/ou reproche se trouve à la fin de l’article auquel vous référez.

« Ni la commission scolaire ni la direction n’ont voulu répondre aux questions de TVA Nouvelles à la caméra, mais elles concèdent que le personnel a commis une erreur de jugement, que la fouille était une mesure inappropriée.

Une enquête administrative a été ouverte, mais il est trop tôt pour dire si des sanctions seront prises envers les employés impliqués. En ce qui concerne le cellulaire disparu, c’est un élève qui l’avait repris, de peur qu’on lui confisque. »

Bon point. La fouille a nu dans les écoles n’est pas un phénomène nouveau bien que rare. Qu’ont fait les ministres de l’Éducation des gouvernements précédents? Qu’ont-ils dit à ce sujet?

Brian Myles a raison de dire que «L’école n’est pas l’antichambre de l’État policier.» C’est juste que son article ne fait que viser l’actuel gouvernement. On appelle ça une vision consciemment tronquée d’un événement.

François 1,
Je ne vous connais pas personnellement mais,
supposons que vous êtes le père d’un jeune fille OU
le grand-père d’une jeune fille de 15 ans.
Et que, par erreur, elle subit une fouille à nu.

Quelle va être votre réaction de parent.
Allez-vous accepter de bonne grâce l’événement parce que l’école a le droit
et surtout vous porterez-vous à la défense de votre parti politique préféré ?

Nonobstant quel parti est au pouvoir.
Vous là, qu’est-ce que vous pensez de la fouille à nu d’un jeune fille de 15 ans.
Daccord ou pas daccord ?

100% d’accord si cela est fait selon des règles strictes et de façon respectueuse avec de graves soupçons.

Vous visionnez trop de feuilletons à la télé… On n’est pas dans « Unité 9 ». La « fouille à nue » n’est en fait qu’une fouille des vêtements par des personnes du même sexe que la personne soupçonnée et jamais la dite personne n’est touchée physiquement.

je vais vous dire une chose, si dans l’école de mes enfants et/ou petits-enfants, il y avait un (ou des) « dealer » de drogue et que la seule façon de l’arrêter de vendre sa saleté dégueulasse à ma progéniture était une fouille à nu, eh bien BRAVO!!!

Pas vous? Vous préféreriez que cette ordure continue tranquillement son petit commerce sur le dos de mineurs?

Après la fouille, la fille en question a été temporairement bannie de l’école en passant…

À lire:

http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/andre-pratte/201502/19/01-4845706-la-folie-a-nu.php

ET:

http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201502/19/01-4845702-jai-mal-a-mon-nu.php

On est scandalisé par la fouille à nu, peut-être à raison. Mais la drogue dans les écoles, ça, ça semble rendu banal, acceptable. On a de drôle de priorité.

Bravo! à François 1er.. Y en a plus que marre de ce deux poids deux mesures de la classe journalistique souverainiste… quand l’éthique fout le camp!

Si c’était arrivé à ma fille, la police serait arrivée sur les lieux assez vite! Et des poursuites tout de suite après. La commission scolaire en premier lieu et la directrice d’école, personnellement, pour agression. Non mais, pour qui ils se prennent… Ce genre de comportement est inadmissible. Point à la ligne. C’est drôle que ça prend un mandat pour fouiller un mafioso.

Et vous auriez probablement aussi poursuivi l’école si une élève avait vendu de la drogue à votre fille et que l’école n’avait rien fait pour le prévenir… Pour quelle raison cette jeune fille a-t-elle été fouillée selon vous? Pour assurer la sécurité de toute les autres… Voilà pourquoi.

Le geste posé par la direction de l’école était non seulement inaceptable mais de plus totalement illégal. Mais au delà de la stupidité de la décision, la question qui reste est la capacité de Yves Bolduc d’occuper le poste où il a été nommé et le jugement de celui qui l’a nommé et qui après moultes gaffes aussi invraisemblables les unes que les autres, continue à le soutenir et au lieu de le sermonner sérieusement, décrète un »black-out » de scrums.

S’cusez-moi mais dites-nous en quoi la déclaration ci-dessous de Yves Bolduc est une gaffe:

«Il est permis de faire des fouilles à nu, à une seule condition, il faut que ce soit très respectueux, a-t-il dit. Il y a un cadre qui doit être respecté.» En effet, un jugement de la Cour suprême a reconnu que la pratique est légale. »

la plupart des gens sont persuades que la jeune fille a ete fouillee corporellement et aucun media ne fait quoique ce soit pour donner les detals,cela fait un titre accrocheur et ca augmente les ventes de journaux et les cotes d’ecoute ca c’est le vrai scandale et nous lecteurs et auditeurs ne sommes pas traites respecteusement……

Oui les ados ne sont pas des êtres faciles, je sais j’en ai été une (une ado oui mais une pas facile aussi) ! On dirait qu’on oubli que quand nous étions adolescents, nous étions facile à humilier aussi, ça fait plus mal à cette période car nous ne sommes pas outillés pour dire: « Euh non, je n’enlève pas mes vêtements ! Même devant une prof et une directrice d’école….

On lit souvent que la majorité des ados commencent à faire l’amour dès 14-15 ans. Ils doivent quand même se déshabiller un peu… Dans mon entourage, j’ai beaucoup vu cela depuis une dizaine d’années. Et ça ne scandalise pas du tout les parents.
Si j’étais un ti-cul de 15 ans qui vend de la drogue à l’école, je ne crierais pas au scandale si on m’obligeait à enlever mes vêtements pour les fouiller, surtout si je peux rester derrière une couverte opaque…
N’est-ce pas trop banaliser la vente de drogue dans les écoles?

Yves Lever,
Je prends pour acquis que vous n’êtes pas vierge.
Et si passant à un contrôle douanier, on vous soumets à une fouille à nu.
Renoncerez-vous avec autant de désinvolture à votre droit à l’intimité.
Nous dites-vous que tout souriant vous direz : « Pas de problème, je me déhabille ! »

On dit que cette élève a subi une fouille à nu, mais aucun média n’a expliqué en quoi cela consistait précisément. Comme celles exercées dans l’émission Unité 9? Si oui, en effet, c’est inacceptable. Mais si cette élève a pu garder bobettes et soutien-gorge, comme je l’ai entendu dire d’un parent dont sa fille fréquente la même école, ce n’est pas une fouille à nu… Mais c’est plus vendeur!
Les élèves, même les plus fauteurs de troubles, ont des droits? C’est pas ça justement le problème? Les voyous ont plus de droits que leurs victimes dans notre système de justice.

1-Ce n’était pas une fouille a nu ou vous ne connaissez pas ce que c’est.
2-Si ça continue,ce sera notre emblême au Quebec:Défier les autorités et vous deviendrz des héros.
3-Faudrait peut-etre commencer a penser que les enfants ne sont pas tous des anges,et que les parents et adultes qui les entourent ont un devoir d’éducation.
4-Je ne suis pas d’accord que ça revienne aux directions d’école de faire la police.Alors que fait on pour la drogue? Qu’on appelle la police et que le parent promettent une surveillance accrue..Sinon que le « pusher »reste chez lui, pour protéger la majorité.Et non pas qu.il devienne un héros dans son école.

J’aimerais bien qu’une petite enquête soit effectuée et qu’on nous révèle si d’autres situations similaires se sont produites dans le passé. Quand on entend les actuels membres de l’opposition officielle décrier la situation et se comporter comme des vierges offensées, il serait intéressant d’apprendre que cela c’est peut-être également produit alors qu’ils étaient au pouvoir. On devrait peut-être accepter que la responsabilité ministérielle ait des limites et que l’exécutif et chacun de ses ministres ne devraient pas être pratiquement considérés comme étant eux-mêmes responsables personnellement des gestes ou des déclarations de tous les gens travaillant à l’intérieur de leur ministère.

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2013/05/20130521-183111.html

Extrait:

« Une histoire pour le moins invraisemblable dans une école de Saint-Jérôme où la disparition d’un cellulaire a transformé une classe en salle de fouille. Pour retrouver l’appareil, le personnel a forcé les 28 élèves à se dévêtir, une fouille intrusive qu’on a du mal à justifier. »

Le Parti Québécor était alors au pouvoir (mai 2013) il il n’a RIEN FAIT pour faire cesser ce genre de chose.

Les journalistes (pour la plupart des gauchistes qui exècrent les faits lorsque ceux-ci ne correspondent pas à leurs fantasmes!) ont également totalement ignoré la chose.

Et les voilà aujourd’hui à s’empourprer à qui mieux mieux…

Hypocrites qui tournent les coins ronds vous dites?

Avec ta tite politique de basse cour tu profite du cas de de jeunes agressés pour faire ta promotion partisane pour le Parti Libéral.

Tu te fout complètement des jeunes. C’est une honte!

Et ton parti québéçois qu’a-t-il fait lors de la fouille pour un cellulaire? Je suis assurée que ça se fait la mais, lorsque l’on trouve de la drogue là on n’en parle pas car, ce sont souvent des petits fils à papa et maman sinon des parents que les professeurs n’arrivent à rejoindre en cas de besoin car ces jeunes sont souvent laissés à eux-mêmes.Les professeurs ont le dos large en plus d’instruire il faut éduquer..En passant je ne suis pas un enseignant .

« Et ton parti québéçois… »

MON parti Q vous dites MON parti?

De kécé?

Le parti Q je m’en contre sein si boè r. Je n’ai aucune carte de parti.
++++

« Je suis assurée que ça se fait… »

Voir ma réponse à Serge Drouginsky le 20 février 2015 à 10 h 53 min

@ youlle le 20 février 2015 à 22 h 09 min:

Wow! Toute une réponse à la mesure de votre argumentation.

J’en suis soufflé!

François 1 aurait dû lire l’article jusqu’au bout au lieu de tomber dans des raccourcis simplistes. Contrairement à ce gouvernement aux mille pirouettes, la commission scolaire et la direction ont affirmé « que le personnel a commis une erreur de jugement, que la fouille était une mesure inappropriée. » Elles avaient raison.

Curieusement, l’article s’inquiète davantage du sort des téléphones cellulaires que de la fouille. Même la mère lorsqu’on l’interroge porte plus son attention sur le cellulaire que sur la fouille.

On est même en droit de s’interroger sur la prétendue fouille à nu lâchée intempestivement par François 1. La jeune fille ne se plaint même pas de s’être mise à demi-nue devant tout le monde, elle manifeste son mécontentement d’avoir été obligée de retirer sa brassière, de garder les bras en l’air et de se faire « tapoter » le dos. Tout laisse croire que la jeune fille a gardé son vêtement du haut sans sa brassière et on voit mal l’utilité de tapoter un dos nu pour rechercher un téléphone cellulaire !

LA GRANDE question ici est de savoir pourquoi diable le Parti Québécor, qui était au pouvoir à l’poque, n’a-t-il RIEN FAIT pour changer ce genre de chose abominable et surtout, après avoir fait preuve d’un laxisme inhumain dans le dossier des 28 jeunes élèves qui furent fouillés à nu POUR UN CELLULIAIRE, comment peut-il décrier aujourd’hui une situation 28 fois moindre de celle à laquelle il a refusé net d’agir?

Hypocrites!!!

Lorsque la mère de la jeune fille est plus préoccupée par la reprise de l’examen de sa fille sans qu’elle soit « dérangée » et qu’elle réclame seulement auprès des intervenants des excuses, vous vous énervez pour rien. Les faits semblent plus anodins que vous le laissez supposer.

Un Premier ministre n’a pas à intervenir quand la direction et la commission scolaire prennent leur responsabilité et disent clairement que c’était « une erreur de jugement, que la fouille était une mesure inappropriée » et qu’ils décident de mener une enquête administrative avec au bout des sanctions s’il y a lieu.

François 1,
Il me semble que Francois Lamarre se porte à la défence de Yves Bolduc.
Son point de vue est intéressant.
Mais, visiblement, votre aveuglement partisan affecte votre jugement.
Ça fait deux fois aujourd’hui que tu soumets le même argument.

C’est quoi votre opinion sur la fouille à nu d’une élève de 15 ans.
Allez! Allez, dites-nous comment vous persevez l’acte la légitimité de la fouille à nu.
Bolduc et Couillard sont capables de se défendre tout seul.

Est-ce que je note un brin de fébrilité et de frénésie ici?

Allez voir à la page # 1 des commentaires où je vous ai clairement répondu et où je vous pose également une question.
Bien hâte de lire votre réponse…si vous en avez une.

Un autre débat qui va partir à la dérape… L’étudiante en question a été suspendue je crois ? Les suspicions de l’établissement étaient donc bien fondés. L’école est un microcosme de la société, alors si on ne donne pas le pouvoir aux établissements d’ensiegnement d’excercer leur rôle d’assurer un environnement sécuritaire pour tous les autres étudiants qui eux n’ont pas de drogue en leur possession, où s’en va t’on ? Faudra-t-il avoir des policiers à temps plein dans les écoles pour assurer la sécurité ? Faut-il envoyer le message aux fournisseurs de drogues que c’est une excellente idée de recruter des mineurs dans les écoles pour écouler leurs camelote car il n’y a aucune chance qu’il se fassent prendre ? Si on réponds oui à ces questions, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de parents qui vont vouloir laisser leurs enfants aller à l’école….

fouille à nu? Il n’y a pas eu de fouille à nu, c’est le délire national. on peut ne pas être d’accord mais respirons par le nez.

Nous sommes confrontés depuis plus de 40 ans au “bulling” mur à mur dans les écoles secondaires au point où l’augmentation est devenue incontrôlable. Les juges qui ont tous eut les “doigts dans le nez” lorsque vient d’appliquer le Code criminel en matière de voie de fait nous y ont conduit au point où il faut presque un meurtre pour subir une incarcération, nous en sommes toujours ce jour au “coup de règle en plastic sur les doigts” pour un nez fracturé ou tout autre de ce genre sous prétexte qu’il s’agit d’adolescents.

Selon les statistiques du Département de l’éducation américaine, 77% des écoles secondaires sont présentement munis de détecteurs de métaux. C’est l’affaire Colombine au Colorado qui a déclenché le mouvement puisque auparavant il n’y en avait que 14% surtout dans les grandes villes.

De plus en plus se servent maintenant de chiens renifleurs pour contrer le problème de drogue et l’augmentation est exponentielle. Mais vous conviendrez que toutes ces mesures exigent des centaines de millions de dollars dont les gouvernements provinciaux ou fédéral n’ont pas sous son lit.

Cependant, tout le personnel qui fait la surveillance pourrait diminuer s’ils pouvaient empêcher les “bullies d’y entrer de façon permanente” et les envoyer tous au même endroit comme c’était le cas avec l’École de la réforme des années 50 mais sous un nouveau mandat. Pendant ce temps les autres pourraient avoir la paix pour étudier.

Un jour ou l’autre, nous aurons à le faire de toute façon, aussi bien commencer dès aujourd’hui.

Mais les tribunaux devront faire leurs devoirs et prendre leurs responsabilités. La fameuse “réhabilitation sans condition” des péquistes n’a jamais fonctionné et nous sommes beaucoup plus dans le pétrin que nous ne l’avons jamais été.

Le seul moyen et je pourrais en donner des dizaines d’exemples pour corriger des comportements insidieux est la coercition. Discuter avec des adolescents qui ont 12 ans ou plus pour tenter de leur faire comprendre qu’ils sont dans l’erreur est une perte de temps et certes de ressources.

Nous avons enrayé 85% du problème de l’alcool au volant par la coercition, la même chose pour les comportements au volant chez les jeunes en leurs octroyant beaucoup moins de points mais surtout en envoyant les contrevenant faire une petite visite à l’intérieur des murs. Cette méthode quoique drastique nous prouvent qu’elle fonctionne puisque les personnes ont le temps d’y penser avant de recommencer.

Comment en sommes nous arrivé à cette situation déplorable? Même si l’expression » fouille à nu » ne correspond pas à la définition il reste que cela correspond à un cafouillage incroyable. Quelle aurait été l’étape suivante si l’élève aurait refusé de collaborer? Moi qui comme directeur adjoint d’école éprouvais à chaque fois un malaise lorsque je demandais à un surveillant de m’accompagner pour vérifier le contenu d’un casier d’élève je n’arrive pas à croire qu’une haute direction de CS valide une telle démarche et aurait même validé un protocole. Il reste qu’à juste titre tout cela ne fait qu’engendrer de la méfiance auprès de tous les élèves et leurs parents. Je me souviens,comme élève dans les années soixante et dix, comment nous ressentions l’école comme oppressante. On peut bien parler d’une charte pour encadrer nos belles valeurs! Et que dire de l’attitude du Ministre? Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume du Québec. La seule explication réside dans le manque d’expérience des personnes impliquées. Après tout, toute une génération d’enseignants d’expérience a été exclue des postes de direction avec la Réforme.
Jacques Tremblay
Sainte-Luce Qc

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Aux dernières nouvelles, on ne sait même pas s’il s’agissait d’une véritable fouille à nu, telle qu’employée dans les prisons (je vous épargne la description). Cet emballement médiatique me rappelle en tous points celui des accommodements raisonnables. Je cite les conclusions générales du rapport Bouchard-Taylor suite aux événements médiatiques d’alors: 1. Dans ce dossier (des accommodements raisonnables), le public s’est souvent trompé de cible. 2. Il aurait fallu alors se demander quelle forme aurait prise le débat sur les accommodements et quelle aurait été la réaction du public (francophone, en particulier) si celui-ci avait été mis face à la version documentée des événements plutôt qu’à la version stéréotypée. 3. Enfin, on a pu relever une relative absence de la classe intellectuelle en général dans ce débat public.

Les excitations médiatiques des derniers jours soulèvent les mêmes questions. Nous assistons à ce que le philosophe Marcel Gauchet appelle le « magistère de la conscience sans intelligence ni science ». « Indignons nous, on verra plus tard », clament à l’unisson journalistes, commentateurs politiques, et intellectuels de choc.

Ça prend peut-être un minimum d’intelligence pour devenir médecin, mais pour ce qui est du jugement … ça prendrait une greffe !!!

J’ai refusé une fouille à nu INTÉGRALE et j’en suis restée, 15 ans après les faits, profondément marquée.

J’allais visiter un détenu à la prison de Ste-Anne-des-Plaines. Comme à chaque fois je devais passer d’abord à une machine détectrice de drogue en posant simplement la main sur l’appareil. DRIND DRING DRING l’appareil sonne. Le gardien me dit qu’il a détecté un TRÈS HAUT TAUX D’HÉROÏNE. Convaincue qu’il fait une farce, je pars à rire. Il me répète que la machine a détecté sur moi un haut taux d’héroïne et il me fait passer dans une salle à part pour fouille à nu intégrale (même les orificces). J’ai le droit de refuser la fouille mais je devrai sortir de la prison et naturellement il y aura un dossier à mon sujet.

On me laisse donc une dizaine de minutes seule dans cette salle et je pleure. Je n’ai jamais touché à quelque drogue que ce soit. Je ne sais même pas à quoi peut ressembler de l’héroïne. Je ne comprends pas que cette machine ait sonné; je me demande même si ce n’est pas un complot du gardien parce que je vais visiter le détenu X. Je pleure. Je me sens comme un rat piégé. Ma seule défense serait de me laisser fouiiller jusque dans l’anus. Moi qui ne suis pas scrupuleuse je me sens d’avance violée. Je pleure et je refuse. Je quitte la prison et j’ai sûrement un dossier là-bas.

Quelque semaines plus tard, j’apprends que la machine était défectueuse, qu’elle sonnait souvent pour rien. Juste avant moi elle avait sonné pour une petite fille de 5 ans qui allait visiter son père mais on l’avait laissée passer.

Voilà, c’est le témoignage d’une femme adulte, moi, qu’on a voulu fouiller et qui s’est sentie coupable et honteuse. Ce n’est pas banal, une fouille à nu. Ça devient parfois kafkaïen.

Merci. Je voulais montrer que même si j’étais dans la trentaine, quinze ans plus tard je ressens toujours une sorte d’humiliation.

Je pense à cette adolescente de 15 ans et je compatis avec elle. Drogue ou pas drogue.

Attendez…. Vous écrivez bien « drogue ou pas drogue »?

Donc. si on vous comprend bien, pour ne pas bousculer un tantinet l’estime de soi des jeunes, on devrait tout simplement abolir la fouille des vêtements et autres vérifications du même genre quitte à ACCEPTER LA DROGUE dans nos écoles???

Eh ben…

Vous me comprenez mal.

Je me contenterai de vous dire que je n’accepte pas la drogue dans les écoles, pas plus que je n’accepte les écoles tendance état-policier. Dans une situation semblable, la direction aurait d’abord dû contacter les parents.

Les policiers eux-mêmes n’auraient pas le droit de faire une fouille sans mandat. À plus forte raison une direction d’école.d’école.

@ Marie de Montréal le 22 février 2015 à 13 h 48 min:

Le Cour Suprême a déjà statué sur ce genre de chose et c’est PERMIS!

on a fouille les vetements de la jeune fille ,pas le corps de la jeune fille .ce n’est pas du tout la meme chose.d’ailleurs il est interdit aux enseignants de toucher les eleves.et c’est ce qui me choque dans cette affaire ,la deformation des faits.

Il y a comme c’est souvent le cas dans de tels dossiers : des zones d’ombre. Lorsque rien n’indique qu’elles seront jamais dénudées ou bien dévoilées.

Ainsi, nous ne pouvons accepter que des adolescents en principe pris en charge par des adultes qu’ils soient l’objet de mesures qui a toute fin pratique sont répressives. Pas plus, nous ne pouvons accepter que ces mesures répressives soient justifiées de façon hasardeuse.

Peut-on soustraire un élève de son groupe et le fouiller, peu importe que ce soit tout nu ou tout habillé ? Peut-on fouiller les effets personnels, sacs, sacoches, casiers sur la base de simples dires ?

Est-ce que les établissements d’enseignement disposent-ils des outils tant pratiques que pédagogiques pour diffuser et faire appliquer les règlements ? Dispose-t-on de moyens et de systèmes de surveillance (non intrusifs) adéquats ? Est-ce qu’il existe un personnel convenablement formé pour pouvoir mener des investigations, notamment dans le cadre d’actions illicites menées dans l’enceinte d’une école ?

Quel doit être le rôle de la police dans un contexte scolaire ? Nous comprenons bien qu’un mineur qui vend ou est pris à vendre de la drogue ne devrait pas se retrouver (si possible) avec un dossier judiciaire ou aller en prison.

Ici, ce qui m’interpelle, c’est de voir qu’une adolescente est soupçonnée de se livrer au trafic de stupéfiants et que sauf preuve publique contraire, aucun dossier n’existe clairement qui permette d’alléguer de tels soupçons. De toute évidence, le personnel de l’école cherchait des drogues, quand ici — toujours sauf preuve contraire -, rien n’a été trouvé.

Hors pour procéder à une fouille, il faut avoir des motifs suffisants pour ordonner une telle procédure. Ce qui est plus interpellant encore dans cette affaire. C’est qu’on n’ait pas permis à la jeune fille de refuser cette fouille. Quitte dans ce cas à appeler la police. Pas plus qu’elle n’a été autorisée à appeler sa mère.

Est-ce que le personnel de l’établissement pensait que la mère était complice dans ce trafic de drogue jusqu’ici non avéré ?

Finalement, là où je capote complètement, c’est de constater que jusqu’à nouvel ordre, cette adolescente n’a pas été autorisée à retourner à l’école. En d’autres termes, fouille ou pas, la direction de cet établissement a décidé d’appliquer des mesures disciplinaires contre cette élève.

Il conviendrait alors de savoir officiellement qu’est-ce qui les justifie ? Si cette jeune fille se livrait oui ou non au trafic de drogue dans l’établissement ? Sur la base de quelles preuves ? S’il n’y a pas dans ce cas pleine et entière justification de transmettre alors le dossier aux corps policiers ?

Ici la question n’est pas de savoir si on fouille et comment ou fouille, c’est plutôt de savoir si à l’école Neufchâtel c’est le « règne de l’arbitraire » et accessoirement si ce règne de l’arbitraire est la règle non écrite dans tous les établissements d’enseignement du Québec.

« Ici la question n’est pas de savoir si on fouille et comment ou fouille, c’est plutôt de savoir si à l’école Neufchâtel c’est le « règne de l’arbitraire » et accessoirement si ce règne de l’arbitraire est la règle non écrite dans tous les établissements d’enseignement du Québec. »

Ma réponse personnelle par expérience et OUI.

Pour le personnel à la direction les élèves sont un troupeau de petits haïssables qu’il faut mâter. Ainsi on s’assure ou on consolide une job parce que l’on maintient l’ordre dans l’école.

Pour les parents il est très difficile d’exiger que leur enfants soient respecté à moins que les parents soient sur l’Aide sociale, aient beaucoup d’argent ou embauchent ou soient une armoire à glace baveuse. Mais le mieux c’est que les parents soient sur l’Aide sociale car la direction sait que cette dernière à les les moyens et les meilleurs recours pour régler.

C’est de la politique. On étouffe l’affaire ou l’on frappe. C’est selon. Les jeunes ce n’est pas important.

Et c’était prévu qu’un vautour perché sur son « barreau »… allait saisir la trop belle occasion de se remplir les poches en exploitant un fait divers, soit l’histoire d’une pauvre petite ado qui a dû , cachée derrière une couverture, présenter ses vêtements. Quel drame!!!! Que la drogue circule dans les écoles, qu’elle détruise des jeunes vies, ça c’est secondaire. Mais aussitôt que le mot maudit, que personne ne veut entendre, le mot qui fait éclater le drame, le mot… NU!!!
Alors là, la machine médiatique se met en marche. Qu’importe les demi-vérités, pourvu que la plèbe fasse hausser les cotes d’écoute, ou de lecture.
Le commerce de drogue, qu’il se fasse à l’école ou dans les ruelles, est source de criminalité avec tout ce qui va avec. Il ne faut pas oublier que cette école a été mêlé à un drame il y a quelques années, alors qu’un étudiant avait apporté une arme qu’il avait dissimulée dans son casier. Cette arme a servi à assassiner un chauffeur de taxi dans les jours suivants. C’était pour le kik de tuer… L’école est pas mal plus alerte maintenant et ne prend plus de chance avec les « petit(e)s criminel(le)s…

Facile de se draper dans la vertu de la rectitude. Entre régler une situation éducative à la maison plutôt que devant la police, mon choix est vite fait.

Si on suspecte un élève de vendre de la drogue, c’est à la police que l’information devrait être transmise afin qu’ils fassent enquête. Ils sont formés pour le faire, c’est leur travail. Ce n’est pas du tout le rôle de l’école de faire ça.

L’association des directeurs d’école a déjà répondu à cette question: lorsqu’ils appellent la police, celle-ci se présente 2 à 4 heures après l’appel, lorsqu’elle se présente…

De plus, la Cour Suprême a déjà statué que le tout est permis dans certaines circonstances qui, je le suppose, ont été respectées dans ce cas-ci.

Bien dit ! Monsieur Myles. Je partage pleinement votre point de vue. J’espère que la jeune dame, sa famille et ses proches se sortiront de ce triste événement sans trop en souffrir. C’est d’abord une question de respect, peu importe si elle a eu un comportement fautif.

Lorsque le rôle de l’école a basculé vers le parental, on s’est carrément fait dire qu’eux avaient la recette et nous parents soucieux de nos enfants , n’avaient qu’à obtempérer. Je suis d’accord que certains parents délaissent leurs responsabilités parentales et s’en remettent aux enseignants pour prendre la relève mais de là à se substituer en police, les écoles vont trop loin. Elles devraient se concentrer sur leur rôle principal et je pèse mes mots, une escouade d’agents de sécurité devraient être mise en place dans les écoles afin de palier à des incidents de ce genre sans compter les autres qui ont préséance depuis des années. Les directions d’école se plaignent de devoir se substituer en parents, l’indiscipline et tout autre fléau, bien je crois que ce serait un début. C’est peut-être drastique, mais parfois vaut mieux mettre le « Hola » afin que le respect règne pour le bien-être de tous.