Laval sous tutelle… et dans l’indifférence

Un constat s’impose à la suite de la réunion du conseil municipal de Laval, qui coïncidait lundi soir avec la mise en tutelle de la Ville. Les raisins de la colère ne mûrissent tout simplement pas dans ce sol aride.

Plus de 175 personnes s’entassaient dans la salle du conseil et au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Les journalistes présents s’attendaient à un peu de brasse camarade, à des questions sur la corruption, la collusion, la tutelle ou la commission Charbonneau. Ils sont restés sur leur faim.

Les Lavallois étaient davantage préoccupés par l’installation des compteurs intelligents d’Hydro-Québec, la survie d’un boisé ou la taxation que par le thème, très à la mode, de l’intégrité.

La tutelle ? Alexandre Duplessis l’a brièvement évoquée en début de séance. Le maire «100 % légitime» assure qu’il complétera son mandat. Aussi humble qu’un dictateur nord-coréen, il a souligné au passage qu’il avait «ramassé par terre le flambeau de la mairie», un défi qu’il a relevé «avec courage et fierté».

Le reste de la séance s’est déroulée sur un mode impératif qui a dû remuer Staline dans sa tombe. Le président de l’assemblée, Benoit Fradet, n’a toléré aucune effusion. Les séances ont beau débuter par une prière, il y a plus de permissivité et de spontanéité dans une messe dominicale qu’au conseil de Laval.

M. Fradet a rejeté toutes les questions sur la commission Charbonneau, sous le prétexte commode de ne pas vouloir nuire à l’enquête. À ce compte, toute la classe politique pourra éluder les questions gênantes sur l’éthique et l’intégrité jusqu’à la publication du rapport final de la commission, en avril 2015.

Un Alexandre Duplessis défiant a même sommé les trois partis d’opposition, non représentés au conseil, de ne pas utiliser le temps précieux des citoyens pour faire de la politique. «Une campagne électorale, ça ne se gagne pas à l’hôtel de ville, mais dans les quartiers auprès des citoyens», a-t-il lancé.

Des supporters inconditionnels de l’administration Duplessis roulaient même des yeux, poussant des soupirs d’indignation, lorsque l’ex policier Marc Demers s’est risqué à poser une question sur l’intégrité du maire.

Toute une démocratie ! Si les partis dépourvus d’une voix au conseil ne peuvent pas aborder le sujet de l’heure dans l’arène démocratique, à quoi serviront ces débats stériles d’ici les élections de novembre ?

La mise en tutelle de Laval ne réglera pas le principal problème de Laval. L’apathie de la population n’a d’égal que le cynisme et la condescendance des élus à l’égard des rares opposants.

Les arrivistes ont le champ libre.

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Quand les partis de l’opposition ont des questions qui dérangent et que le préambule leur semble trop long, ils se font dire de poser leur question au plus vite sans donner trop d’explication au pourquoi de leurs questions. Ils se font même demander s’ils ont une question a posé. L’administration Duplessie se donne même le droit de ne pas répondre si cela ne fait pas leurs affaires ou bien de répondre à moitié. Par contre, si une citoyenne qui dit clairement qu’elle n’a pas de question a posé, mais qu’elle est là pour donner des éloges à l’administration, on lui dit de prendre son temps. Bien sûr M. Duplessie a demandé de ne pas poser de question sur la commission Charbonneau. Il aurait été bien trop embarrassé de répondre.

La notion de bien commun et de citoyenneté présent dans le libéralisme politique laisse la place à la société de masse indifférente où seul l’individu se reconnaît à l’importance de son avoir et de son statut ce qui est propre au libéralisme économique. Le libéralisme a un envers blanc et un revers noir sorte de créature à la -docteur Jeckel et monsieur Hyde.

Plus concrètement, on voit que de n’avoir pas suspendu le maire par intérim et tout le conseil au nom de la présomption d’innocence par rapport à des -allégations- démontre que s’il le faut la réunion du Conseil se donnera en spectacle pour se donner l’impression d’exister et le fera. Il faut une tutelle totale pour Laval que le gouvernement le fasse sans attendre de nouvelles révélations sur l’équipe Vaillancourt à la Commission Charbonneau.

Un peuple habitué à se taire et a se faire voler depuis 20 ans ne peu pas du jour au lendemain s’exprimer et manifester pour qu’une administration rende des comptes. Les citoyens de Laval sont au même niveau phycologique que le peuple Québécois après le règne de Duplessis (Maurice). Il ne reste plus q’aux citoyens de Laval, d’ériger une statue au maire Vaillancourt et de la faire installer dans un endroit a Laval comme le PQ l’a fait pour Maurice à Québec. Aux Québec on rend hommage a la corruption en érigeant des statues aux corrompus surtout si ils sont politiciens.

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