L’indignation linguistique ? Ce serait un bon début !

L'indigné Abdou Diouf. Pourrait-il parler à Charest ?

Abdou Diouf, le Secrétaire-général de la Francophonie, nous appelle à être des « indignés linguistiques ». Il l’a déclaré, ce lundi, lors de l’ouverture du Forum Francophone.

À côté de lui, il y avait un « non indigné » de la langue, notre chef à tous, Jean Charest. Il y a bientôt un an, en septembre 2011, il recevait une étude affirmant que le français ne sera bientôt plus la première langue de la majorité sur l’île de Montréal, le lieu où se joue notre avenir linguistique. Il ne s’en est nullement indigné.

Je profite du fait qu’il soit possible que le secrétaire-général Diouf trouve, dans sa revue de presse quotidienne, des articles comme celui-ci pour vous reproposer le billet que j’avais commis à l’époque et qui explique pourquoi il est important, non seulement de s’indigner, mais d’agir. S’il le lit, M. Diouf pourrait tenter ce que tous ont échoué à faire avant lui: expliquer à Jean Charest que l’inaction n’est jamais le meilleur remède au déclin. L’indignation serait, en effet, un bon début.

Le français au Québec: En route pour l’imprudence

Tout est affaire de contexte.

Le premier ministre Jean Charest a parfaitement raison.

Il faut « contextualiser », a-t-il dit, l’étude publiée le 9 septembre dernier et qui rappelle que le français n’est déjà plus la langue maternelle de la majorité des habitants de l’île de Montréal et ne sera plus la langue parlée à la maison par la majorité d’ici 20 ans.

L’étude met déjà, un peu, ces chiffres en contexte en signalant le déclin significatif du français parlé à la maison dans les banlieues de Montréal.

J’affectionne pour ma part une image pour illustrer la situation:

On peut penser à un canot (l’île de Montréal) avançant sur une rivière qui débouche sur une énorme chute (l’anglicisation).

Dans les années 60, lorsque 85% des jeunes immigrants choisissaient d’être éduqués en anglais, le canot avançait à, disons, 50 noeuds. Les pagayeurs s’empressèrent de freiner cette course folle, notamment grâce à la loi 101.

Ainsi, en 2011, le canot n’avance plus qu’à 25 noeuds. Extraordinaire succès, applaudissent, de la rive, les optimistes.

Pour l'instant, tout va bien !

En réalité, les pagayeurs réussiraient à ralentir jusqu’à 1 nœud qu’ils ne pourraient échapper à la chute. La seule vitesse du succès est 0, à défaut d’avoir la capacité de faire demi-tour.

Deux arguments sont avancés pour atténuer la portée des mauvaises nouvelles.

Ce n’est pas grave: on gagne au jeu des transferts linguistiques!

« On gagne! », disent-ils, brandissant le chiffre de 51%. Il concerne les « transferts linguistiques » – soit la décision prise par un Québécois allophone de passer, à la maison, de sa langue d’origine (l’espagnol, l’arabe) au français ou à l’anglais. Pour la première fois, en 2006, ces transferts se sont fait majoritairement vers le français. Oui, une majorité très très claire de 51%!

Évidemment, si vous avez un bain d’eau chaude à 90 degrés et que l’eau qui arrive de votre robinet est de 51 degrés… Vous comprenez.

Il est vrai que ce 51% inclut les immigrants arrivés il y a longtemps — qui passent massivement à l’anglais — et ceux qui sont arrivés plus récemment — et qui passent massivement au français. On peut donc escompter que la majorité pour le français sera de plus en plus claire avec le temps. Mais le bain aura le temps de tiédir considérablement dans l’intervalle.

Le problème? Si les transferts linguistiques sont un référendum sur le français et l’anglais, on doit à la vérité d’indiquer que le taux de participation est exécrable. Seulement 38% des allophones font ce transfert. Donc, 62% gardent leur langue d’origine à la maison. C’est énorme.

Ce n’est pas grave: ils parlent français !

Un jour talonné par ma maintenant collègue blogueuse Manon Cornellier sur les taux d’assimilation des francophones hors-Québec, le premier ministre Jean Chrétien avait trouvé une bonne réponse:

«Il y a des gens qui abandonnent comme il y en a qui l’apprennent. Il y a des pertes et des gains. » Il y a, ajoute-t-il, « de nouveaux adeptes qui entrent ».

Donc, le fait que des anglophones aient appris le français comme langue seconde en Alberta ou en Ontario compense pour la chute du nombre de gens qui parlent le français à la maison. Des pertes et des gains. C’est la même chose.

C’est la contextualisation qu’on nous sert aujourd’hui. Le français sera minoritaire sur l’île et est en baisse en banlieue, mais ça ne fait rien car ceux qui parlent une autre langue à la maison ont le français comme langue seconde.

Mon amie Françoise David a même indiqué que, puisque tant d’allophones parlent le français à la ville, on ne pourrait s’inquiéter que si la proportion de Montréalais parlant français au petit-déjeuner avec leurs enfants chutait à… 20%. Donc, pas question de sonner l’alarme avant que 80% des habitant de l’île ne parlent une autre langue en tartinant leurs roties. Et encore, ce n’est pas certain.

Françoise a été chaudement applaudie par deux signatures de La Presse, André Pratte, éditorialiste en chef, et Alain Dubuc, ex-éditorialiste en chef. C’est fâcheux, car le débat linguistique québécois des 60 dernières années nous a offert une constante: la page éditoriale de La Presse s’est systématiquement opposée à toutes les mesures proposées pour assurer le renforcement du français, estimant à chaque fois que ces mesures étaient excessives et que tout n’allait pas si mal après tout.

Son refrain est désormais bien connu: « tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant était justifié, mais cette fois-ci, c’est trop. » Or une lecture rétrospective de ce courant d’opinion révèle que ce qui est aujourd’hui accepté comme juste et raisonnable était considéré exagéré lorsqu’il fut introduit.

Pourquoi c’est grave !

Mais pourquoi, cette fois-ci, Françoise, André et Alain ont-ils tort ? Il est vrai que le français langue seconde est plus que jamais enchâssé dans la vie des allophones québécois. Le bilinguisme — non — le trilinguisme y est la norme. Mais il existe une différence de nature entre être un francophone, donc être membre d’une communauté linguistique minoritaire, et connaître le français.

La première résultante d’une minorisation des francophones sur l’île est : l’affaiblissement de la volonté de défense du français.

En effet, tous les sondages, récents comme anciens, révèlent des différences notables entre l’intensité avec laquelle les francophones, les allophones et les anglophones appuient (ou rejettent dans le dernier cas) les efforts du Québec pour protéger et promouvoir le français. La règle est relativement stable : lorsque 80% des francophones sont favorables à une mesure (la prédominance du français dans l’affichage commercial, par exemple), les allophones y sont moitié moins favorables, à environ 40%, alors que, chez les anglophones, il faut diviser par quatre, six ou par huit, selon les questions. Au total, si le nombre de francophones baisse et que le contingent allophone augmente, la société québécoise sera globalement moins convaincue de la nécessité de protéger le français.

Chez un peuple sur la défensive, dont les gestes de préservation de sa langue subissent un procès permanent, la volonté de « tenir » est une denrée précieuse. Les francophones, c’est normal, ne sont jamais eux-mêmes unanimes. Leur volontarisme linguistique est d’ailleurs une entorse à leur comportement général fondé sur un admirable « vivre et laisser vivre » qui motive leur ouverture générale au changement, leur permissivité face à leurs adolescents et leur tolérance marquée (nettement plus qu’au Canada anglais) des choix individuels, notamment homosexuels.

C’est pourquoi ils ont tendance à oublier, entre deux crises linguistiques, les motifs qui ont justifié leurs exigences en matière de langue. C’est ainsi que, régulièrement, une majorité de francophones se prononce en faveur du libre choix à l’enseignement anglophone pour tous, alors que les dispositions balisant ce choix sont essentielles à leur survie linguistique.

L’augmentation du contingent allophone est donc le précurseur d’une baisse de volonté politique de défense du français. Lorsqu’on parle italien chez soi, et aussi bien français et anglais à la ville, pourquoi s’opposer à l’idée que Montréal devienne officiellement bilingue ? Que le libre choix soit étendu à tous à l’école ? Qu’on soit servi en français ou en anglais dans un grand magasin ? On peut penser, vivant au Québec, que cela devrait être autrement. Mais il est difficile de demander à ces concitoyens de se mobiliser durablement pour défendre… une de leurs langues secondes.

Je vous offre une autre image:

une communauté linguistique est une forêt. Ses membres qui ont le français comme langue d’usage — à la maison, avec les enfants — en sont les racines. C’est du solide. Ceux qui ont le français comme langue seconde sont les feuilles. C’est magnifique.

Mais le jour où viendra la tempête…. Vous comprenez.

Ce n’est pas grave: il n’y a pas d’anglicisation!

On nous rétorque que tout cela a peu d’importance car, si la proportion de francophones chute effectivement et que la proportion d’allophones augmente, la proportion d’anglophones, elle, a également tendance à baisser. Il n’y a donc pas d’anglicisation.

En fait, c’est encore plus intéressant. Montréal est une machine qui importe des immigrants dont près de la moitié n’ont aucune connaissance du français au point d’entrée, en anglicise un bon nombre, puis les exporte sur le reste du continent. C’est cette exportation qui nous sauve. Sans elle, l’anglicisation serait galopante.

L’étude de Marc Termotte est claire. La capacité d’attraction du français — l’indice de vitalité — est de 1,09 à Montréal. L’indice de vitalité de l’anglais est bien meilleure: 1,43.

La loi de la gravité linguistique est-elle inopérante ?

À mesure que, sur l’île de Montréal, puis en banlieue, on remplacera les arbres à racines par des arbres à feuilles, à mesure que la volonté collective de défense du français s’étiolera, trouvera-t-on un moment de grand vent ? Arrivera-t-on à un point de bascule ? Si oui, la descente vers l’anglicisation pourra s’accélérer et ne trouver devant elle que bien peu de résistance.

Une autre image, pour finir:

le Québec francophone du XXIe siècle est semblable au coyote du dessin animé. Courant vers sa proie, il a sans le savoir quitté la terre ferme, est passé de la falaise au précipice. Il est, un moment, suspendu dans les airs, dans l’instant où la gravité n’a pas encore réclamé son dû.

Il y a ceux qui espèrent que la gravité, dans ce cas, sera éternellement inopérante.

Cela semble être le cas de Jean Charest.

 

Comment éviter ça...

 

 

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Question : Pourquoi un Sénégalais s’indignerait de du déclin de la langue du colonisateur dans son propre pays ?

J’ai vécu un choc culturel à Laval le week-end dernier : à l’hôtel en bordure de la 15, au casse-croûte sur les lieux du tournoi, sur le terrain de soccer. Je me serais cru à Ottawa tellement l’anglais était partout. Vraiment, il est temps que nous changions la pile de notre détecteur d’extinction. La dernière fois que nous l’avons changée, c’était en 1977.

Laissez les images de racines, d’arbres, de rivières et d’eau de côté quand vous argumentez monsieur Lisée.

Nous ne devrions pas se questionner sur la langue parlé à la maison. Ce n’est pas d’intérêt gouvernemental que de s’immiscer dans les familles de la sorte. La seule statistique qui compte dans ce débat sur «l’anglicisation» de Montréal, c’est le pourcentage d’habitants et de nouveaux arrivants parlant le français. Le concept de langue maternelle est délabré considérant le contexte de globalisation qui est en branle depuis le début du vingt-et-unième siècle.

Pourquoi cette frilosité de certains à imposer l’usage de langue française ?

Certains défendent le principe de la liberté à utiliser une langue ou une autre. L’automobiliste qui circulent sur les autoroutes, sauf exceptions, doit respecter les limites de vitesses inférieurs (60 km/h) et supérieures (100 km/h) sinon des conséquences peuvent survenir. La très grande majorité des citoyens acceptent cette limitation de la liberté individuelle.

Pourquoi devrait-il en être autrement pour la langue. L’État ne doit pas hésiter à légiférer dans le domaine linguistique. Mais certains hommes politiques sont des chauffards en ce qu’ils ne perçoivent nul danger à l’horizon. Pour eux rien ne peut justifier une intervention. C’est stupide !

Vu d’un autre angle, je pose la question suivante. Prenons un exemple. Ça peut être Pepsi ou Ford ou même Rona. Je suis persuadé que leur plus grand ennemi n’est pas l’usage du français. Leurs plus grands ennemis ce sont Coke, GM ou Home Depot (!!!). Notre gouvernement devrait lier leur privilège d’exploiter le marché québécois au respect de nos lois dont celles en matière linguistique. La carotte ou le bâton.

Je fais remarquer en terminant que je n’ai pas évoqué l’idée d’empêcher l’usage d’une autre langue.

«Je hais les cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir n’osent rien entreprendre»

[Molière]

Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire la longue analyse de M. Lisée, voici un bref résumé:

– Anglophones = Très grosse menace a la nation francophone.
– Allophones = Grosse menace
– Bilinguisme = assimilation
– Trilinguisme = + d’assimmilation
– Immigration = Disparition du français, assimilation
– Immigrants qui disent aimer le français = hypocrites.
– Immigrants du Bangladesh qui apprennent le français ET l’anglais = traitres, menaces a la nation.
– Francois David = fédéraliste assimilée
– Québécois francophones = trop ouverts
– Montréal dans 50 ans = Toronto
– Solution = Élire le Parti Québécois, nouvelle Charte de la langue française s’appliquant dans les résidences privées et aux heures de repas, abolition des cégeps anglophones, réduction du nombre d’immigrants.

Je peux assez facilement m’imaginer le jour où l’affichage en anglais sera complètement interdit au Québec et où les législations sensées protéger le français seront bien plus dures que maintenant alors que tout cela n’empêchera absolument pas le français de décliner encore plus rapidement qu’aujourd’hui, bien au contraire.

C’est que voyez vous cher amis la vitalité d’une langue ça ne se légifère pas, ça ne se décrète pas, les gens n’adopteront pas votre langue si cela ne leur ouvre pas la porte d’une culture prospère et en expansion, si ça ne leur ouvre pas les portes d’un idéal qui implique un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants.

L’ironie c’est que les choix qui entrainent le Québec vers son déclin économique et démographique (socialisme et féminisme), et par conséquent culturel, ont été fait surtout par des nationalistes du temps de la révolution tranquille. Même les lois linguistiques ont eu un effet pervers: en faisant fuir des éléments prospères de notre économie elles ont réduit notre pouvoir d’attraction.

Mais les gens comme J-F Lisée ne comprendront jamais cela.

Comme cela est triste et comme cela aurait pu être différent, si nous avions pu continuer sur notre lancée des année 50 au lieu de sombrer dans la frilosité, la stérilité et le socialisme, le Québec serait sans doute un endroit formidable aujourd’hui.

cocio_16,
pourquoi le québecois s’indignerait du déclin de la langue du vaincu ?
pcq il a des couilles de « survivor «

P. Brasseur,
« socialisme et féminisme » ?
j’ai un processus mental lent… voulez-vous m’expliquer…

C’est entre autre pour son laisser faire dans le dossier linguistique qu’il urge de se débarasser de Charest et de son gouvernement.

Depuis les neuf longues années qu’il sévit ,non seulement il n’a rien fait pour arrêter l’érosion du français à Montréal, il a même passé une loi pour permettre à ceux qui n’acceptent pas de se soumettre à la loi 101 comme langue d’enseignement de se payer l’école anglaise.

Tout ça pour conforter sa clientèle électorale anglo-allo. Ce n’est en effet pas avec moins de 30% des vote de l’électorat francophone, qu’il se maintiendrait au pouvoir.

Il faut donc que l’homme au salaire parallèle continue de faire toutes les bassesses qu’on lui connait pour garder ce que M.Parizeau a trop honnêtement appelé « l’argent et le vote ethnique ».

Voici une sorte de « fable chiffrée » qui va dans le même sens que vos fables en BD. L’office des affaires francophones de l’Ontario (OAF) désignait, il y a plus de 15 ans les francophones selon la définition suivante: «Ceux dont la première langue apprise à la maison est le français ET QUI LA COMPRENNENT ENCORE». Voici une «région désignée» selon la loi ontarienne sur les services en français. C’est une région significative puisque la population est à 25% francophone selon la définiton de l’OAF. Or, sur une période de 5 ans, (de 1991 à 1996), la population de la «région désignée» du Nord-Est a perdu 2.1% de ses «francophones».Le centre de cette région est Sudbury avec son Université Laurentienne, très partiellement francophone, une « pagayeuse » qui a eu tout le temps d’opérer une volte-face contre la « chute » du français dans sa région puisqu’elle a été fondée 35 ans avant cette brusque baisse de 2.1%. On rétorquera que la région québécoise de Montréal n’est pas la région ontarienne de Sudbury. J’espère bien. Montréal est une région qui ne peut en rien ressembler à celle du nord de l’Ontario. Elle doit s’en éloigner absolument comme le canot de la chute.

La langue parlée à la maison, c’est comme ce qui se passe dans votre chambre à coucher, l’État n’a pas à s’immiscer là-dedans!

Par contre la langue commune sur l’ensemble du territoire québécois, c’est tout autre chose et l’État se doit de veiller au grain.

Le respect de la langue française, c’est par tous les pays de la francophonie que ça doit passer.

Lorsque j’entends des représentants d’État dont la langue officielle est le français s’exprimer en anglais dans des forums où la langue française a un statut de langue officielle ça me fait dresser le peu de cheveux qu’il me reste sur la tête. Que ce soit à l’ONU et chacune de ses branches, le Comité International Olympique, l’OTAN, etc. les pays dont la langue officielle est le français devraient s’y exprimer dans cette langue.

Les allemands ne possèdent pas ce complexe d’infériorité, lors des réunions de la Communauté Économique Européenne, Mme Merkel s’exprime librement en allemand sans remords ni complexe.

La langue française, à l’instar de la langue anglaise, est présente sur les 5 continents et c’est à tous ceux qui partagent cette langue de la faire fleurir de nouveau sur le plan international.

Comme quoi les québécois ne sont pas les seuls à avoir un comportement de colonisé…

Première étape, mettre la mafia dehors. Ensuite, prendre en main les dossiers de la langue et de l’immigration.

L’éducation gratuite, du début jusqu’à la fin des études. Rémunérer les chercheurs, hommes et femmes, universitaires.(extrêmement rentable, retour sur investissement assuré).

Langue première, le français. Ensuite, une deuxième, troisième, encore et encore…le monde est riche de ses cultures.

La musique devrait être omniprésente dans les jardins de la petite enfance, cela contribue à former l’oreille…

Voltaire, Molière, Miron, Leclerc, votre langue, nous en sommes fiers!

Et vive toutes les autres langues et cultures!

Je ne sais pas si des gens sensés vont se joindre à la conversation et apporter leurs lumières mais en lisant et constatant la plupart des commentaires comportant les raisonnements tordus qu’ils contiennent, je me dis que c’est bien vrai.

Oui c’est vrai : Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, ni plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Quant à comprendre, chacun a son potentiel intellectuel n’est-ce pas?

Et j’ai mal au coeur. Beurk!

Jesouscris bien entendu au souhait de Jean-françois à l’effet que son texte soit porté aux yeux de monsieur Diouf. Mais j’aimerais bien que le texte suivant soit aussi porté à son attention, texte sous la plume éclairante de monsieur André Braën, Professeur de droit à l’université d’Ottawa :
: http://www.monde-diplomatique.fr/2012/07/BRAEN/47976

Disons en complément que la diminution de Québécois de souche, descendants des colons de Nouvelle France, des Irlandais ou loyalistes assimilés au français au 19ème siècle sur l’île de Montréal ne peut créer comme perceptions chez les allophones que celle que le français n’est pas vraiment une langue vivante.

Il faut des Montréalais dont la langue maternelle est le français pour maintenir une adhésion au français, les seuls immigrants dont le français est la langue parlée ne viennent pas nombreux ici de la France à Haïti en 2012. Les Maghrébins malgré leur caractère francophone possèdent comme langue maternelle l’arabe idem pour les immigrants latinos dont l’espagnol est la langue parlée.

Les immigrants francophiles qui nous sont proches mais pas francophones de naissance n’ont pas le devoir de porter seuls la nécessité de défendre le français dans la métropole.

Il y a des problèmes effectivement qui relèvent des faits, des statistiques et simplement de la réalité que dans l’Est de Montréal en passant par le Quartier Latin, le Plateau, nous entendons dans des zones a priori francophones de plus en plus l’anglais se déterminer comme la langue de la rue.
Et en guise de contre argument à prévoir, il n’y a pas tant que cela des touristes anglophones que ça à Montréal principalement l’été qui puissent expliquer la force linguistique de l’anglais. L’observation sur la rue et l’anglais se vérifie également en décembre comme en février.

Évidemment, dans toute cette situation. Les nouvelles générations de jeunes Québécois francophones vus au printemps décideront progressivement par le pouvoir acquis de générations âgées ce qu’elles veulent pour le Québec et le français comme langue d’usage.
Nous aimerions que ces jeunes maintenant prennent position sur le sujet linguistique, il semble que la conscientisation laisse à désirer présentement.

M.Brosseau semble caricaturer l’article avec malice pourtant une nation comme la nôtre qui constitue 2% de la population sur le continent est précaire. C’est un peu similaire à la situation de la nation israélienne dans le Proche et Moyen Orient arabe. La différence se trouvant dans la maîtrise d’un État souverain par Israël comparativement au Québec. Comparaison qui ne signifie pas approuver la politique de l’État juif envers les Palestiniens.

@Cocio_16,

Cette question est très pertinente et intéressante. Je ne connais pas le Sénégal. Une consultation rapide dans Wikipédia m’apprend qu’il y a 6 langues nationales et que le français est la langue officielle du pays. Peut-être que la langue du colonisateur est devenue le dénominateur commun qui permet en définitive à tous de se comprendre? Peut-être que le français joue au Sénégal le rôle qui est conféré à l’anglais dans le monde entier?

Par ailleurs, je peux affirmer qu’on entend très souvent des personnes qui se disent trilingues. Et je peux aussi affirmer qu’elles sont incompétentes sur le plan linguistique dans les trois langues qu’elles prétendent parler. Qui trop embrasse, mal étreint.

Lorsque l’on traverse la frontière des USA et que l’on ouvre la télé…

Ce n’est pas la langue qui pose problème, c’est la culture qui a fui les écrans.

La pauvreté n’est pas langagière, elle est transculturelle.

Est-ce ce que nous voulons pour demain ?

Parler Anglais, comme parler Français, mais sans avoir rien à dire ?

Je préfère être riche de ma langue et de ma culture et pauvre économiquement…

Voilà un choix réfléchi. Je préfère être moi-même, que n’importe qui et surtout, n’importe quoi !

Mes biens chères sœurs et bien chers frères québécois francophones, sur les 20 langues les plus parlées au monde, comme langue maternelle, le français arrive bon 18e entre le coréen et le Marathi pendant que la langue anglaise arrive en troisième place avec plus de 5 fois le nombre de parlants français.

Personnelement, je pense que les gens peuvent bien parler la langue qu’ils veulent entre eux. Que le gouvernement légifere sur la langue d’affichage et le langue officielle sur un lieu de travail est une chose, mais ils ne peuvent quand meme pas mettre a l’amende deux personnes qui conversent en anglais sur leur lieu de travail ou dans un centre d’achat. La langue est un choix personnel quand c’est une conversation privé. Si ca ne plait pas a quelqu’un, il n’a qu’a ne pas écouter.

ai été élevé dans Park Ex et Town of Mt.Royal, ai été pdg d’une compagnie québecoise établie sur une base nationale ( from coast to coast ).
Dans le ROC, on nous considère comme une minorité ethnique.
Le ROC est devenu bilingue: anglais et mandarin

Posons la question autrement.

Pourquoi l’anglais a-t-il gagné ? Pourquoi cette langue est-elle devenue la langue passeport à l’échelle planétaire ?

Et ce n’est pas que le français qui a été bousculé, ce sont presque toutes les langues qui ont été ébranlées par l’anglais.

Pourquoi ?

Pourquoi et quelle leçon pouvons-nous en tirer ?

Bien sûr il y a des éléments géopolitiques et financiers. Ce sont les américains qui ont gagné la guerre. Pas les serbes, pas les français, ni les grecs, etc. Du coup l’anglais devenait le point de référence géopolitique. l’ONU à New York, etc.

Mais il y a plus. Il y a le facteur de la séduction culturelle que cette langue a exercée à travers la révolution pop des années 60 70 et 80.

C’est véritablement à cette époque que la guerre linguistique fut gagnée par la langue anglaise.

Les Beatles, les Rolling stones et tous leurs suivants firent beaucoup plus pour cette victoire de l’anglais que tous les autres facteurs.

La séduction. L’anglais a séduit la planète. Et ça continu. Pensez seulement à tous ces hystériques qui vont payer une fortune pour voir Madona sur les plaines à la fin de l’été. Et ça c’est ici, au Québec.

Et à travers toutes ces vedettes pop et ces acteurs glamour la séduction de l’anglais se poursuit.

À mon avis il faut combattre le feu par le feu.

SÉDUIRE ENCORE PLUS FORT QU’EUX…

Rappelons-nous cette parole du publiciste Jacques Bouchard :

« ce qu’il faut faire ce n’est pas se séparer mais s’emparer de l’Amérique …»

Un paradigme totalement différent…

=

Je suis toujours extrêmement surpris et déçu en même temps de lire des personnes qui s’expriment pourtant dans un excellent français appeler à la lousianisation du Québec. Ils lèvent le drapeau blanc sans même livrer bataille

Comment peut-on penser construire un Québec digne de ce nom avec des attitudes si défaitistes. Ces personnes font parti du groupe d’individus qui ont peut-être chuté par le passé mais qui n’ont jamais osé se relever de peur de tomber à nouveau.

Churchill, au plus fort des blessures anglaises infligées par les nazis a toujours gardé la tête haute. N’est-ce pas lui qui disait :«Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.»

Si ces sombres personnages abdiquent, qu’ils le fassent pour eux-mêmes. Ils devraient cesser de torpiller les efforts de ceux et celles qui ont encore de la force et du courage. Saboter les efforts d’un ennemi peut avoir des vertus. Mais saboter ceux ses propres compatriotes, par des mensonges et des sophismes vicieux, je trouve cela totalement méprisable et condamnable.

Les attitudes suicidaires s’appuient souvent sur un complexe d’autodestruction si profondément enfoui dans le subconscient que certaines personnes passent, à un moment ou l’autre aux actes. Je respecte leur volonté d’en finir à la condition qu’ils n’essaient pas d’entraîner d’autres malheureux dans leur délire fatal. Alors dans ce cas nous devons trouver le moyen de les neutraliser pour qu’ils ne puissent nuire.

«Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.»
[Winston Churchill]

Pas difficile de le constater, déjà, la volonté de défense du français des québécois s’est fortement étiolée. Je suis très pessimiste quand à l’avenir du français au Québec.

Je sais que c’est loin d’être l’essentiel de votre propos, mais quand vous dites que les francophones ont une tolérance marquée face aux choix individuels, notamment homosexuels, vous sous-entendez que l’homosexualité est un choix, ce qui n’est pas le cas. Peut-être faites-vous référence aux choix de se marier ou d’avoir des enfants, mais ce n’est pas clair…

Réponse à « cocio_13 »: Peut-être parce qu’il l’aime et la pratique mieux que vous-même.

À Yann Roshdy: Ça intéresse un grand nombre de savoir quelle est la langue d’usage dans les familles. C’est ce qui indique la véritable appartenance linguistique. Rien à voir avec le gouvernement. Et puis, une image vaut souvent bien plus que mille mots, si le style ne nous convient pas, on a qu’à ne pas lire.

À F. Brosseau: Je conseille plutôt aux gens de lire l’analyse de monsieur Lisée. Votre pseudo résumé reflète votre hargne personnelle et votre propre absence d’indignation. Pas les propos tenus plus haut.

Un forum d’histrioniques de la langue Française. Pauvre M. Harper. Comme il doit trouver le temps long dans une assemblée d’éternels névrosés insécures qui se réunissent pour étaler au grand jour leur grand moi à travers « leur » langue qu’ils pourraient bien avaler tant qu’à moi. Sait-on qui paie pour cette réunion de capotés de la langue qui sont constamment sur la défensive?

PBrasseur : êtes-vous un agent provocateur à la solde du PQ ?

Parce que sinon, vous vous privez d’un excellent revenu d’appoint.

à F. Brosseau :

Quand vous magasinez à Montréal et qu’un commerçant vous adresse la parole en anglais, en quelle langue répondez-vous ?

@Yvon

Le Québec choisit 60% de ses immigrants. Le hic c’est qu’il n’a aucun pouvoir sur l’autre 40% qui rentrent via la filière des réfugiés et des parrainées. Ce 40% n’a pas à connaitre le français, il n’a même pas à savoir lire et écrire.

Comme on peut vivre en anglais à montréal, qu’on peut aller au cegep et à l’université en anglais, qu’on peut travailler en anglais, qu’on peut se faire soigner en anglais, qu’on peut recevoir tous les services gouvernementaux en anglais, pourquoi apprendre le français?

La seule façon de survivre pour ce petit peuple isolé au milieu de cette mer Anglophone est de prendre maison tout en continuant à entretenir un bon voisinage…

Nous pourrons alors être fiers d’être quelque chose et d’avoir nos différences au lieu d’être continuellement en état de défense pour essayer de se faire respecter et reconnaître par nos étrangers de colocs..

Et surtout il n’y aurait plus d’ambiguité pour les nouveaux arrivants : Le français s’imposerait de lui même sans besoin de lois.

Quand on va vivre en espagne …On apprends l’espagnol, quand on va vivre en Russie …On apprends le Russe…Quand on viendra vivre au Québec on apprendra le français…Excepté bien sur pour ceux qui vivent dans le West Island depuis 15 générations…

Est-ce que tous les membres de la francophonie parlent le français à la maison? Est-ce Abdou Diouf parle le français avec ses enfants?Quelle est la langue maternelle d’Abdou Diouf?

De votre discours M. Lisée, il me semble qu’il y ait une confusion entre les concepts «francophone» et «francophile». Le fait de parler une langue est une chose tandis que le fait d’aimer un peuple en est une autre.

Yvon,
Saviez-vous que dans les 60% des immigrants sélectionnés par le Québec, une bonne partie de ceux-ci ne connaissent pas le français. Premier exemple : Tous les étudiants étrangers qui étudient dans une université anglophone et qui, après 3, 4 ou même 5 années au Québec, ne connaissent rien du français sont acceptés quand même sans problème, car la grille de sélection du Québec qui avant 2006 obligeait ces étudiants à connaître un minimum de français en leur donnant une année pour l’apprendre, ne les obligent plus maintenant en leur donnant des points grâce à l’obtention d’un diplôme du Québec.
Deuxième exemple : Tous les gens d’affaires que le Québec sélectionnent satisfont aux critères de la grille de sélection du Québec, sans avoir à connaître un seul mot de français.
Et je pourrais vous citer d’autres exemples.
Alors, Yvon, quand vous laissez entendre que c’est parce que le Québec choisit seulement à 60% ses immigrants que le français perd de son importance au Québec, c’est que vous ne considérez pas comment le Québec choisit les 60% qui lui reste. Comment d’une grille de sélection à l’autre et qui change souvent, le Québec diminue non seulemnent ses exigences du point de vue du français, mais de façon générale. Alors, vous sauriez que le Gouvernement actuel n’a aucune volonté de conserver ses vraies valeurs et de conserver celle d’un Québec vraiment français.
Il est facile d’en apprendre plus sur le processus de sélection du Québec en consultant le site du Ministère des Communautés Culturelles et de l’Immnigration du Québec (MCCI).
Salutations et bonnes recherches.
Lucile

À propos du français, l’attitude de Jean Charest et de tous ceux qui adhèrent à sa position est aberrante à moins que… ces gens se fichent complètement de l’anglicisation. Ils n’y voient aucun problème. Le français, ils n’y tiennent pas. demain, ils vivraient en anglais que ça ne leur ferait pas un pli.

Qu’ils n’essaient pas au moins de nous faire croire le contraire. L’hypocrisie me pue au nez. Avec ce parti au pouvoir, il y a de quoi avoir la nausée.

Il suffit de constater ce qui se passe à Ottawa pour prévoir ce qui pourrait très bien se passer à Montréal dans un avenir pas très lointain. Ottawa est de moins en moins bilingue, malgré ce qu ‘on veut nous faire croire. Essayer de vous y faire servir en français par un serveur ou une commis de moins de 30 ans. Bonne chance. Les peuples souverains n’ont pas peur de préserver leur langue. Le français au Québec, si il n’est pas associé à un projet stimulant d’affirmation, d’épanouissement, de rayonnement par notre créativité et notre culture, accompagné d’une législation adéquate, demeurera un pis aller pour les immigrés, un embêtement pour le ROC et continuera à s’éteindre, à dose homéopathique peut-être mais à s’éteindre quand même. Vous souvenez de la métaphore du homard qu’on met à cuire dans l’eau froide avant d’augmenter progressivement la chaleur du feu…

à ce que je sache (dans la plupart des pays industrialisés, du moins), l’assimilation ne s’est pas faite à la pointe d’un fusil

pour le reste : ce qui a besoin du gouvernement pour survivre mérite de crever

@ Gilles Bousquet #20

Cinquième langue la plus parlée dans le monde: FRANÇAIS
France, Canada (principalement le Québec et les Provinces Atlantiques (l’Acadie), ainsi que certaines régions de l’Ontario et du Manitoba), Belgique (Wallonie et Bruxelles), Suisse (Romandie), Luxembourg, Monaco, Italie (Val d’Aoste), États-Unis (Louisiane et la Nouvelle-Angleterre), Royaume-Uni (Jersey et Guernsey), Haïti, DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie, Guyane française, Wallis-et-Futuna, Polynésie française, La Réunion), Vanuatu, dans près de 30 pays en Afrique francophone (Côte d’Ivoire, Mali, RDC, Congo, Sénégal, Gabon, Togo, République centrafricaine, Seychelles, Île Maurice, Guinée équatoriale, et les autres.), au Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). Au total dans une cinquantaine de pays répartis sur les 5 continents. Communautés significatives aux Liban, Syrie, Viêt Nam, Cambodge, Laos, Inde (Pondichéry), Sainte-Lucie, Grenade, Dominique, Israël, Roumanie, Portugal, Andorre, Égypte, Grèce, Bulgarie, Pologne, Brésil, Argentine, Trinité et Tobago.
285 millions d’habitants
500 millions comme seconde langue

Les chiffres peuvent varier quelque peu. Il n’existe pas de statistique comme tel dans le monde.

Même notre mère-patrie des Francophones du Québec, Québécois ou Canadiens-français, dans le Canada, la France a l’air cde vouloir s’angliciser pour faire chic et moderne et américain.

Les Français de France voient bien qu’ils ont perdu aux anglophones, la bataille de la langue sur terre. Ils vont aimer conserver le français pour les salons et les conversations entre parents et copains plus l’anglais pour leurs finances, leurs jobs, leurs voyages et pour mieux apprécier la culture américaine, ce qui devrait faire un modèle pour nous, Canadiens-français ou Québécois, selon nos choix constitutionnels réalistes ou utopiques.

@Stéphan L.: Je travaillais jusqu’a tout récemment en plein coeur du centre-ville de Montréal, et je n’ai été servi en anglais que deux ou trois fois (sur des centaines ou des milliers de fois ou je suis entré dans un commerce), dans un pub irlandais en face de l’Université Concordia et les autres fois dans un Starbucks de NDG. Lorsqu’on m’approche avec un bonjour/hi, je répond simplement bonjour et on me sert toujours en français. Je ne sais pas sur quelle planète vivent certains souverainistes paranoiaques de la langue, mais visiblement ils ne sortent pas souvent de leurs banlieues ghettoisées francophones blanches unilingues.

Je suis allé dans un café du plateau la fin de semaine dernière avec un ami de Toronto. Mon ami, unilingue anglophone, a commandé en anglais. La serveuse, offusquée, répétait systématiquement en français et très fort ce qu’il commandait en français – son indignation linguistique était manifeste. Pourtant, mon ami a pris soin de lui dire ‘bonjour’ et ‘merci’, et visiblement elle comprenait parfaitement l’anglais. C’est de cette indignation linguistique la qu’on veut?

@rod: Malheureusement pour vous, Montréal est par sa nature une ville de facto bilingue, ou le français est prédominant et protégé par le gouvernement. Vouloir en faire une ville homogène comme Toronto (ou les autres langues que l’anglais sont simplement des langues ‘communautaires’) est simplement irréaliste et tuerait l’âme de Montréal. Montréal, c’est la métropole d’un État francophone, son centre culturel et économique, mais la dimension internationale de Montréal vient aussi de la présence d’une communauté anglophone toujours vivante, qui a elle aussi bâtie cette ville, et qui a bâti des institutions comme McGill que l’on doit, aussi, préserver. Même Jean-François Lisée répète qu’il est pour la préservation d’une communauté anglophone forte a Montréal avec des droits protégés.

En ce qui concerne les immigrants, personne ne l’admet, mais le ‘bonus’ au français donné dans la grille de sélection des immigrants fait en sorte que Montréal accueille une très forte proportion d’immigrants peu ou moins qualifiés qui ont beaucoup de mal a s’intégrer sur le marché du travail. Je me demande s’il ne pourrait pas être avantageux pour le Québec d’accueillir plus d’immigrants du Pakistan, des Philippines ou de l’Inde qui parlent déja anglais, et qui ont donc plus de temps et d’énergie pour apprendre le français.

Si le Québec veut vraiment intégrer davantage d’immigrants a la majorité francophone et ‘aux arbres avec des racines’ (nouvelle expression politiquement correcte pour dire pur Québécois), il faut convaincre les gens d’ailleurs de s’établir a l’extérieur de Montréal, dans des villes comme Drummondville, Québec, Rimouski ou Rouyn-Noranda. Le Québec hors-Montréal pourrait facilement accueillir 40% des immigrants qui viennent au Québec. Les villes de taille similaires en Ontario font le plein d’immigrants (Hamilton par exemple), alors qu’au Québec, soyons francs, beaucoup de Québécois francophones sont bien contents qu’il n’y ait pas trop d’immigration a l’extérieur de l’ile de Montréal. Demander aux gens de Québec dans un sondage s’ils voudraient accueillir 20 000 immigrants par an, et la réponse sera un gros NON. Cette situation préserve le français, mais ça lui nuit aussi beaucoup en concentrant la croissance démographique dans le seul espace vraiment bilingue du Québec, le centre et l’ouest de l’ile de Montréal.

C’est un changement culturel dont le Québec francophone a besoin afin de vraiment accueillir et intégrer les immigrants PARTOUT sur son territoire, et je ne pense que le problème et la menace se situent dans les Starbucks et les maisons de NDG.

Il y a des gens ici qui n’expriment que leur ignorance. Ils ne pensent pas, ils jugent à partir de leur ignorance. Leur ignorance de la faiblesse du français.

@ F. Brosseau

Vous êtes plus chanceux que moi ! D’expérience, lorsque je vais à Montréal (plus souvent dans la partie ouest du centre-ville), on m’aborde une fois sur trois en anglais et la conversation se poursuit dans cette langue une fois sur deux.

L’expérience de votre ami unilingue anglophone est regrettable – je n’aimerais pas vivre une telle situation en compagnie de mes amis unilingues anglophones – mais je ne puis la condamner, et ce pour les deux raisons suivantes :

1- D’expérience toujours, ce genre d’incident me semble rarissime à Montréal : les anglophones n’ont aucune difficulté à s’y faire servir dans leur langue (c’est plutôt l’inverse pour nous francophones) ; et si d’aventure ils tombent sur un véritable unilingue francophone (je n’ai vu cela que deux fois depuis 15 ans), ils réagissent avec arrogance et mépris comme s’ils exerçaient un inaliénable droit de cuissage envers la populace indigène.

2- Je suis originaire de Gatineau, en face d’Ottawa. Enfant et adolescent, j’ai vécu et observé la condescendance des commis anglophones de cette dernière ville si on s’y exprimait en anglais… avec un accent français. J’ai ensuite vécu 13 ans à Toronto et 3 à Ottawa (avant de revenir à Gatineau il y a deux ans). Un francophone unilingue y vivrait en permanence les mêmes turpitudes que votre copain anglo quoique non pour les mêmes raisons : à Ottawa parce que la francophobie y est toujours vive quand on se risque à s’exprimer en français (et ce sans commune mesure avec la soit disant anglophobie montréalaise) ; à Toronto parce qu’on ne reconnait tout simplement pas la langue française… que l’on confond avec les quelques 140 langues ethniques parlées dans la ville-Reine.

En face de pareille asymétrie et en l’absence de règles de réciprocité claires entre anglos et francos en ce pays, je ne puis condamner le comportement de cette serveuse envers votre ami. La ligne doit être tracée quelque part… Le Québec et Montréal ne sont pas des gares centrales ou des clubs Med à l’usage des anglos de passage ou en résidence permanente. Et je suis heureux de savoir qu’il existe toujours des québécois prêts à s’indigner activement, à mettre le pied à terre et à rappeler aux touristes de passage qu’ils ne sont pas à Disneyland.

Les anglophones bilingues sont favorables à la défence du fraçais au Québec. Les unilingues… devinez leur position.

S’ouvrir à la diversité demande davantage d’intelligence et de sensibilité que de se fermer aux autres.

C’est toujours triste de constater les conflits qui sont engendrés par la langue maternelle. Je suis né dans une famille véritablement mixte (ma mère, une McLaughlin, est francophone, mon père, un Roy, est anglophone) et j’ai misère à comprendre l’indignation autant des francos que des anglos lorsqu’on ne leur adresse pas la parole dans leur langue de préférence.

La loi 101 a eu un impact négatif sur la fracophonie au Canada. D’abord parce qu’elle discrimine injustement les minorités linguistiques au Québec, ce qui ne fait que aggraver le sentiment d’indignation qu’ils ont envers nous (ma famille Roy, anglopgone, ont quitté le Québec parce que « we’re not wanted here »). Ensuite, parce que plusieurs villes anglophones hors-Québec ont adopté des réglements semblables qui interdissent l’affichage en français. Ce n’est pas en écrasant les minorités anglophones et allophones que nous allons préserver le français. C’est en apprenant à vivre tous ensemble et se respecter les uns les autres.

@Stephan L.: La réciprocité dont vous parlez ne fait aucun sens. Si le Québec était un pays, la situation serait la même. Une métropole internationale comme Montréal, surtout dans ses quartiers centraux, doit servir les visiteurs du monde entier en anglais. C’est le cas a Bangkok, a Singapour, a Moscou ou a Amsterdam. Ne pas servir en anglais nos visiteurs, alors que nous sommes une minorité de 3% en Amérique du Nord, est d’un point de vue extérieur un signe d’ignorance.

Ottawa est selon moi et selon la plupart des gens qui visite la ville une simple petite bourgarde peuplée, il est vrai, de beaucoup anglophones ignorants.

Les Portugais et les Brésiliens parlent la même langue. Enfin presque…

Et pourtant, lorsque vous vivez au Brésil, vous ne ressentez absolument pas la culture portugaise.

Les langues ne sont pas l’essentiel, ce qui l’est, c’est l’identité nationale.

Au Québec, nous avons soif de français. Et personne ne saura jamais nous convaincre du contraire. Puisque c’est un besoin organique de différenciation.

@ F. Brosseau # 48

Stéphan L. a bien raison. Jamais depuis 25 ans je ne suis allé à Toronto ou Ottawa sans y êtes insulté ou ridiculisé. Surtout à Ottawa je me suis fait regarder par des serveurs avec un air baveux. La dernière fois c’était dans un Tim Horton à la sortie de Toronto par deux petites filles. Cette fois là c’est moi qui ai mis le poing sur le comptoir avec un air baveux.

Je regrette M. Brosseau, mais les études tendent à démontrer que les gens du RoC ne nous aiment pas. Tous les francophones que je connais ont eu des accrochages dans le RoC en voyage.

C’est complètement naïf de vouloir rester dans ce pays et d’espérer être estimé ou aimé un jour par les gens du RoC.

C’est pourtant le rêve, l’espoir des fédéralistes.

« F. Brosseau : La réciprocité dont vous parlez ne fait aucun sens. »

Vous en lisez plus que j’en ai écrit : je n’ai jamais dit et expliqué en quoi devrait consister cette réciprocité (elle reste justement à définir) ; et je sous-entendais une réciprocité entre anglo-canadiens et franco-québécois, entre les citoyens de ce pays dit Canada et que l’on dit nôtre (et non entre québécois et les visiteurs étrangers que nous recevons – je reconnais toutefois que le dernier paragraphe de ma précédente intervention prétait à confusion sur ce point).

@ F. Brosseau #41

De quelle façon croyez-vous que je me fait servir à Edmonton dans mon plus bel anglais avec un accent francophone?

Anecdote pour anecdote: lors de mon dernier passage à Medecine Hat, j’arrête dans un Tim Horton afin de me procurer un berlingot de lait au chocolat. Après m’avoir fait répéter à 3 reprise le fameux «I’ll have a chocolate milk please», le serveur feignant ne point comprendre mon accent, je lui sert un: «are you deaf M…F…? – Haaaa, you understand that one!» j’ai obtenu ce que j’avais finalement commandé…

Comme quoi l’indignation linguistique n’est pas unidirectionnel.

Si vraiment l’ignorance d’employés de Tim Hortons en banlieue de Toronto ou dans l’Alberta profond permet a certains de généraliser et de dépeindre les Canadiens anglais comme une bande d’ignorants qui détestent les Québécois, il ne faut surtout pas etre surpris qu’a l’inverse certains Canadiens anglais considerent les Québécois comme des barbares lorsqu’ils vont au Tim Hortons en banlieue de Québec ou en Abitibi.

L’ignorance existe partout, et je ne pense qu’on puisse se servir de l’ignorance des gens moins éduqués pour fonder notre position sur la souveraineté.

Mes voyages au Canada anglais se limitent aux grandes villes, et autant au centre-ville de Toronto, de Vancouver ou a Whistler, et j’ai toujours été traité avec le meme respect qu’a Montréal. Certaines personnes ont parfois du mal a comprendre mon accent au Tim Hortons, mais je n’en m’offusque pas – je trouve ca plutot normal.

@Stephan L: Je suis d’accord avec vous qu’il doit y avoir une certaine réciprocité, qui passe notamment par l’immersion française dans les écoles anglophones.

@ F. Brosseau #54

Je ne faisais que répondre par une anecdote à votre propre généralisation de ce que vous semblez considérer comme des francophones unilingues demeurés.

Je voyage régulièrement à travers le Canada et les États-Unis. Je négocie des droits d’auteurs partout à travers le monde par courriel et par téléphone. Curieusement, l’on comprend mon accent partout, sauf … en Alberta, où je me heurte régulièrement à des gens feignants ne pas me comprendre.

Je n’affirme pas qu’il y a un complot Albertain contre les francophones, mais je trouve la coïncidence plutôt curieuse…

Bonjour,

Dans le cadre de la campagne électorale, j’aurais besoin de connaître la source de cette citation :

« Mon amie Françoise David a même indiqué que, puisque tant d’allophones parlent le français à la ville, on ne pourrait s’inquiéter que si la proportion de Montréalais parlant français au petit-déjeuner avec leurs enfants chutait à… 20%. Donc, pas question de sonner l’alarme avant que 80% des habitant de l’île ne parlent une autre langue en tartinant leurs roties. Et encore, ce n’est pas certain. »

Merci.