L’inévitable débat sur les régimes de retraite

Il y a des enjeux qui n’attirent guère l’attention en campagne et qui ont le don de s’inviter dans le débat politique dès le lendemain des élections… Le régime de retraite, par exemple.

Il y a des enjeux qui n’attirent guère l’attention en campagne et qui ont le don de s’inviter dans le débat politique dès le lendemain des élections… Les régimes de retraite, par exemple.

Denis Coderre n’a même pas eu le temps d’emménager dans ses nouveaux bureaux de l’hôtel de ville de Montréal que son homologue de Québec, Régis Labeaume, le talonnait pour lui demander de faire front commun avec lui contre les employés municipaux.

À Québec, le maire Labeaume a mis les cartes sur table durant la campagne. On ne pourra pas lui reprocher d’avoir fait des cachotteries. Il a transformé le débat en «élection référendaire» sur la question.

M. Labeaume veut sabrer dans les salaires, les avantages sociaux et les retraites des employés municipaux, avec lesquels il entretient des rapports acrimonieux.

Le maire Labeaume a bien des défauts : bouillant, intempestif, impatient. La crise qu’il a piquée à Denis Coderre parce qu’il n’avait pas retourné ses appels assez vite à son goût au lendemain des élections est un pur délice pour les chroniqueurs. Oubliez les Nordiques un instant. Avec Denis Coderre et Régis Labeaume d’un bout à l’autre de la 20, la rivalité entre Québec et Montréal va reprendre de plus belle.

La «méthode» Labeaume  fait sourciller. Avec lui, la négociation doit nécessairement virer à l’affrontement.

N’empêche. Il y a quelques chiffres assez affolants pour qu’on le prenne au sérieux. À l’échelle de la province, le déficit des régimes de retraite municipaux frôle les neuf milliards de dollars.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) n’en finit plus de sonner l’alarme… dans l’indifférence de Québec. Un comité d’experts dirigé par Alban d’Amours a reconnu l’urgence d’agir. C’était il y a un an.

L’UMQ a exprimé sa vive déception cette semaine. À l’Assemblée nationale, le gouvernement Marois a repoussé à une date ultérieure l’étude d’un projet de loi de la Coalition avenir Québec. Sans être parfait, ce projet méritait d’être étudié, estime l’UMQ. «L’heure n’est plus au comité de travail. […] Il faut maintenant avoir le courage de mettre les solutions législatives sur la table», a dit le président de l’UMQ, Éric Forest.

Les principales demandes de l’UMQ visent à :

– rétablir un partage à 50-50 entre les villes et les employés, pour les coûts courants et les déficits des régimes. À l’heure actuelle, les déficits sont assumés à 100 % par les municipalités, et les coûts courants sont souvent partagés de manière inéquitable pour les villes.

– Rehausser le seuil d’admissibilité à la retraite de 55 ans à 60 ans. À ce chapitre, Régis Labeaume fait cavalier seul en exigeant un rehaussement du seuil de la retraite à 65 ans.

– Modifier les lois pour appliquer les nouvelles règles de manière rétroactive.

Les politiciens provinciaux me font penser aux candidats qui se disputaient la mairie de Montréal il y a à peine une semaine. Ils ne veulent pas prendre le risque de réveiller la bête qui dort.

Les quelque 86 000 employés municipaux de la province, pour la plupart syndiqués, forment un lobby imposant, bien organisé et structuré. Ils peuvent bloquer un centre-ville ou noliser une flotte d’autobus à destination de l’Assemblée nationale avec une remarquable efficacité.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a haussé le ton, en déplorant l’attitude de «certains maires» dans une lettre ouverte publiée récemment. En entrevue, il a reconnu qu’il visait M. Labeaume. Les syndiqués en ont le ras-le-bol de passer pour «des enfants gâtés qui gâtés qui auraient volé les autres avec leur régime de retraite», a-t-il écrit.

Revenons à Denis Coderre. Il a exprimé sa préférence pour une solution négociée avec les 22 000 employés municipaux. À Montréal, le déficit cumulatif des régimes de retraite est évalué à 2,5 milliards de dollars. En 2013, les contribuables vont absorber une facture de 584 millions pour le déficit et les cotisations annuelles des régimes de retraite. C’est plus du dixième du budget!

Les cols bleus ont accepté de revoir la formule de partage des coûts sous l’administration de Gérald Tremblay. À l’avenir, la Ville assumera 55 % des coûts globaux du régime, et les cols bleus, 45 %. Il reste encore beaucoup de travail avant de rallier d’autres groupes, tels que les policiers.

Denis Coderre a toutes les raisons du  monde de se montrer patient et de vouloir donner une chance à la négociation. Montréal est déjà paralysée en raison de l’opération nettoyage contre les entrepreneurs et les ingénieurs véreux lancée par l’Autorité des marchés financiers. S’il faut en plus que la Ville s’enlise dans de pénibles conflits de travail, elle ne sortira jamais de son marasme.

Une chose est certaine : le dossier des régimes retraites est incontournable. Il faudra du courage de la part du maire Coderre, un coup de main de Québec et une approche pragmatique des syndicats pour résoudre le problème. Il serait insensé de pelleter le déficit dans la cour des contribuables montréalais. Ils payent déjà assez, trop même, pour des services de qualité inégale.

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Je suis un futur retraité de la fonction publique. Il me reste quelques années avant d’atteindre l’âge de 65 ans. Comme plusieurs, j’ai travaillé au privé (sans régime de retraite) plusieurs années avant d’entrer pour un employeur qui offrait un régime de retraite et ma rente ne sera jamais complète (elle le serait à 78 ans !!!). Quand j’ai pris la décision de changer, je l’ai fait en acceptant une baisse de salaire. Au moins, je me construisais une rente de retraite. Je considérais que ça faisait partie de mon salaire….
Maintenant, les gestionnaires de ces régimes me disent qu’ils se sont trompés, n’ont pas vu venir la décroissance démographique, l’allongement de la durée de vie et les bas taux d’intérêts. Ils se sont trompés malgré que tous ces éléments sont très visibles depuis 20 ou 25 ans !
Ils se sont trompés comme des gamins qui jouent au black jack sans avoir lu le livre des règles. Ils ont manqué de jugement.
Et c’est à moi de payer (retraite plus tardive, rente réduite…) pour les erreurs du gestionnaire de mon fond de retraite ?
Mon oeil… C’est comme si on m’obligeait à rembourser une partie des salaires gagnés pendant toutes les années passées à travailler. Personne n’accepterait ça.
Il m’apparaît clair qu’on ne peut changer le passé. On peut changer le futur seulement.

Dommage que Labeaume soit le seul a prendre ses responsabilités , il y a va de l’avenir financière des gouvernement en fait nous
Personne ne veut confronter la réalité, il ne s’agit pas juste de partager le déficits et augmenter l’age de la retraite , il faut changer ce type de pension pour les nouveaux employés , un qui serait baser majoritairement mais pas exclusivement sur le rendement des fonds
Bravo et Bonne chance MR Labeaume , je ne m’attendrais pas a trop de Coderre

Même à 50-50, les contribuables paieraient la moitié du déficit. Il faut d’autres changements. L’âge de la retraite à 65 ans est nécessaire avec une population dont l’espérance de vie a augmenté. Le fédéral veut augmenter l’âge pour la pension de vieillesse au-delà de 65 ans. Il faudrait songer aussi à diminuer les prestations de retraite par simple souci d’équité avec l’ensemble des contribuables qui n’ont pas droit à ces régimes de pensions chromés.

Les rentes sont déjà à une fraction du salaire normal, vous voudriez les baisser davantage ! Bravo pour votre sens de l’équité ! Si vous étiez vraiment équitable, vous plaideriez pour que ceux qui n’ont pas de pension en obtiennent une, au lieu de vouloir tout niveler par le bas.

On ne peut penser modifier unilateralement et retrospectivement les conditions d’un contrat de travail des individus. C’est a mon sens immoral de dire aux travailleurs vous avez eu des salaires avec d’autres benifice allant des congés aux assurances et regime de retraites etc et vous avez organise planifié, pensé votre vie, votre avenir avec ces conditionsmais voici qu’aujourd’hui on pense que c’était une erreur..Wow! Et si c’est vraiment ça, etes vous au moins prêt a leur donner la possibilité de reprendre leur travail, le meme travail le temps qu’ils récupèrent ce qu’on pense leur couper……IMPENSABLE! C’est se donner un droit outrancier que de changer les regles retroactivement

Les «règles» ne prévoyaient pas non plus que les contribuables d’aujourd’hui soient surtaxés pour renflouer les caisses de retraite. Les jeunes de moins en moins nombreux à cause de la dénatalité depuis 40 ans ne peuvent pas payer pour des vieillards de plus en plus nombreux à mesure que les baby boomers cessent de travailler. La «moralité» au niveau d’une société, d’une ville ou d’un État, c’est l’équité et l’égalité maintenant et demain pour tous les citoyens, pas seulement les syndiqués.

Je pense qu’on doit avoir une vision d’avenir de quelques décennies sur ce sujet ; si dans 25 ou 30 ans les retraités sont au seuil de la pauvreté ils ne paieront pas d’impôts, ils dépenseront peu et au lieu d’être des citoyens producteurs de prospérété grâce à de bonnes rentes indéxées ils seront des fardeaux sociaux .
Déjà que 40 % des contribuables ne paient pas d’impôts parce que leurs revenus sont trop faibles, si les boomers ont de faibles rentes on risque de voir plus de 50 % des citoyens incapables de payer leurs services, leurs impôts etc
Je pense que les travailleurs et les employeurs doivent négocier un partage équitable des coûts ayant cette vision d’avenir à long terme sinon les ministres des revenus et finances auront des maux de tête à règler ces problèmes financiers futurs.

Cela se fait couramment lorsque les entités font faillites ou n’ont plus les moyens de payer, même les gouvernements dans des états ont dû changer les conditions . ce problème enregistré est dû a de très efficace syndicats avec des pouvoir de négociations qui mettent la population en otage et des politiciens qui ne veulent pas prendre leurs responsabilité et préfère pelter en avant le problème

Très simple et mathématique , La pension a 55 ans indexé pour les fonctionnaires ne peut être maintenue même en doublant les impôts , surtout que la majorité desgens n’ont pas ces pensions . Faut revoir l’age de la pension et le changer celles ci pour des pensions de type de mi- prestation déterminées et mi avantages déterminés

Ne comptez pas trop sur les péquistes pour ramener un minimum de sens de justice dans ce dossier. Ça froisserait ses alliés naturels: les grosses centrales syndicales qui défilent actuellement à la Commission Charbonneau.

On a même appris que la fripouille Jocelyn Dupuis a fait faire du bénévolat à près de 200 de ses membres pour l’élection du Parti québécois…

Le Parti québécois a une dette envers ces criminels…

C’est vrai qu’il faut agir rapidement mais ce n’est certainement pas le PQ qui va prendre les devants. Ils sont redevables aux syndicats et ne voudront surtout pas se mettre à dos tous ces syndiqués dans leur visée de souveraineté. Le problème des pensions de retraite est un phénomène planétaire. On vit plus longtemps et il y a de moins en moins de travailleurs.

Faut donc couper dans les fonds de retraite ou réduire le nombre de prestataires sinon il sera impossible aux prochaines générations de cotiser assez pour subvenir à ceux qui les reçoivent. c’est une question élémentaire de mathématique. Je travaille maintenant depuis 48 ans et je devrai continuer un autre 6 ans si je veux avoir une rente appréciable.

Mais c’est clair que les pensions 35-80 (années de services + l’âge) et qui permettent à des gens de retirer 80 ou 85 % de leur salaire à 53 ou 55 ans doivent cesser. C’est totalement ridicule …. aussi ridicule que les régimes blindés des élus (financé à plus de 80 % par le public) avec pleine retraite après à peine 12 ans en plus de faire du «double dipping» (double emploi) ou les militaires qui peuvent prendre leur retraite après 25 ans de service. C’est pas vrai que le contribuable (qui plus souvent qu’autrement n’a même pas de fonds de pension autre que le régime public) va continuer à financer ces régimes d’or pour encore bien longtemps.

À mon travail, l’employeur et les employés participent 50/50 à la caisse du régime de retraite. Lorsque le régime est devenu déficitaire, la participation est restée la même pour renflouer la caisse; 50/50. De plus, l’âge prévu de la retraite a augmenté à 60 ans. Je ne comprends toutefois pas pourquoi les employés actifs sont les seuls à résoudre le problème: est-ce que les employés retraités à 57 ans et qui retirent une pension indexée à chaque année depuis plusieurs années ne devraient-ils pas eux-aussi voir leurs revenus diminuer? En effet, l’augmentation de salaire reçue au début de l’année vient d’être engloutie par l’augmentation rétroactive des contributions à la caisse de retraite. Nous travaillons, voyons nos salaires diminuer ou demeurer les mêmes pour renflouer une caisse de retraite et ne pourrons plus nous reposer aussi rapidement que nos prédécesseurs qui se la coulent douce dans le sud durant l’hiver… Ils ne dépensent pas nécessairement leurs beaux dollars au Québec. En effet, les québécois sont socialistes d’esprit mais capitalistes de poche!

C’est un fait qu’il est incontournable ce dossier.

Et ce qui est aussi incontournable est que l’économie du Québec et ses contribuables surtaxés n’a absolument pas les moyens de supporter de nouvelles hausses de taxes. C’est impensable, si on hausse les impôts l’argent va fuir la province, ce qui fait déjà par ailleurs.

Pourtant même les solutions genre 50-50 à la Labeaume impliquent de substantielles hausses de taxes ou de tarifs.

Il n’y a qu’un solution possible: zéro hausse de taxe et on oblige les fonctionnaires à vivre avec les montants déjà accumulés. Ça va barder mais c’est la seule solution équitable pour les contribuables et pour les jeunes.

Le FMI vous donne tort, ainsi dans le Devoir de la fin de semaine dernière on pouvait lire : « Les gouvernements au Canada auraient toute la marge de manoeuvre voulue pour augmenter les impôts des plus riches, estime le Fonds monétaire international (FMI).

Le taux maximal d’imposition des Canadiens de revenus supérieurs pourrait être relevé de plus de 15 points de pourcentage sans que cela risque trop de les inciter à travailler moins ou à chercher des moyens de se cacher du fisc, estime le FMI dans la dernière édition de son Moniteur des finances publiques dévoilée hier et intitulée Le temps de taxer. »

Comme MP, je suis aussi une future retraitée de la fonction publique. Moi aussi j’ai accepté une baisse de salaire en contrepartie de promesse d’un meilleur fonds de pension. Pour atteindre le déficit zéro, on est venu piger dans mes surplus. Maintenant que la bulle est pétée, on me fait sentir minable de m’attendre à ce que le gouvernement honore sa signature dans les conventions collectives. Depuis plus de 10 ans, nos augmentations de salaires ne couvrent pas l’inflation. Les conventions ont été en partie négociée, mais aussi elles nous ont été imposées par des lois spéciales. Je n’aurai aucun respect pour un gouvernement qui ne respecterait pas les conventions collectives qu’il nous a imposé lui-même.

La situation est différente au niveau des municipalités à cause du déséquilibre de « bargaining power ». Les syndicats avaient le droit de grève, mais les municipalités n’avaient pas celui de lock-out. Les gouvernements se sont succédés à Québec sans jamaiis qu’un seul n’ait le courage de servir aux employés municipaux la même médecine qu’il administrait à ses propres employés, à savoir, une loi spéciale. Selon moi, c’est à ce niveau que devra se faire « L’inévitable débat »

Bonjour,

Dans cette inévitable débat sur les régimes de retraites, combien de vieux et de vieilles péquistes retrouvent la » VUE » à soixante cinq ans alors que ceux ci reçoivent du Gouvernement Fédéral d’Ottawa leur premier chèque de pension de vieillesse plus que doublé par le » Supplément de Revenu Garanti par le Canada « . Une grande proportion de nationalistes québécois, surtout chez les Purs et les Durs de nos péquistes réalisent alors avoir été mystifiés une grande partie de leur vie en étant par leur nationalisme québécois devenus des Canadiens errants.

Et voilà qu’à leur premier chèque, nos nationalistes québécois retrouvent la » vue » en réalisant avec le supplément de revenu garanti par Ottawa n’avoir jamais été « aussi riche ». Tout en se rendant compte de leur « passage à vide chez les nationalistes québécois » qui les enfirouapa si bien avec de grandioses entourloupettes sur le pays imaginaire en devenir…… qui les embobina à la » grosse planche » comme disent nos nationalistes du Québec profond dans leur dialecte. Au plaisir, John Bull.

Juste à déposer les parts dû des employeurs plus intérêts dans les caisses promis depuis le début des régimes qui ont été inscrit sur des bouts de papier en promettant de les ajouter plus tard et les régimes seraient combler pour des décennies à venir. Les employeurs qui géraient les caisses de retraite et y laissaient qu’une partie des intérêts en s’appropriant le reste ont fait mal aux régimes également. La province de Québec s’est financer au dépend des caisses de retraites. Le fédéral s’est acquitté de 30 milliards de sa dette en y soutirant ce montant du régime de retraite des employés fédéraux.
Le portrait des régimes de retraite à prestations déterminé ne se pas négatif si les règles avaient été respecté.

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