Loi spéciale, prise 2

Pour la deuxième fois en autant de semaine, le gouvernement conservateur a présenté une loi spéciale pour mettre fin à un conflit de travail. Cette fois, c’est Postes Canada qui est dans la mire. La ministre du Travail, Lisa Raitt, a répété aux Communes, cet après-midi, qu’elle devait agir pour mettre fin à la paralysie du service, faisant fi du fait que l’arrêt découlait du lock-out imposé par la direction de la société d’État et non des grèves tournantes des syndiqués.

Le jupon du gouvernement dépasse. Il dicte en effet à l’arbitre de choisir une des deux offres et non pas de les combiner. De plus, il doit opter pour des conditions de travail

«qui sont compatibles avec celles de secteurs postaux comparables et qui fourniront à la Société canadienne des postes la souplesse nécessaire à sa viabilité économique et sa compétitivité à court et à long terme, au maintien de la santé et de la sécurité de ses travailleurs et à la viabilité de son régime de pension».

Tout cela sans entamer le «ratio de solvabilité du régime de pension», ni entraîner de «hausses indues de tarifs postaux».

La ministre ne s’est pas contentée d’imposer un processus d’arbitrage exécutoire, elle a aussi décidé de légiférer les hausses de salaire pour les quatre années de la convention collective. Le projet de loi ne prévoit pas, comme l’espérait la Société des postes, une diminution du salaire initial d’un nouvel employé, mais il consent des augmentations inférieures à ce que proposait l’employeur, du moins pour les deux premières années. Le gouvernement impose des hausses de 1,75 % la première année et de 1,5 %, 2% et 2%, les années suivantes. Postes Canada offrait 1,9 % par année pendant trois ans et 2 %, pour la dernière année. Le syndicat, en revanche, demandait 3,3 % la première année et 2,75 % par année, pour les trois années subséquentes.

Le gouvernement a déjà donné avis qu’il ne permettrait pas à la Chambre d’ajourner pour l’été avant que ce projet ne soit adopté. La motion à cet effet doit être débattue demain et votée jeudi matin, avant que le débat sur le projet de loi ne commence. Jeudi est la dernière journée prévue de travaux parlementaires. Elle pourrait toutefois s’étirer si le NPD décide de ralentir le rouleau-compresseur gouvernemental. Il ne peut pas empêcher l’adoption de la loi, mais il peut faire traîner les choses en faisant parler tous ses députés et ainsi forcer la Chambre à siéger sans arrêt jusqu’au vote final.

À moins, bien sûr, que les parties s’entendent avant. À suivre.

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Le gouvernement Harper a envoyé un signal clair et ça a très bien marché avec Air Canada. Il ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin et je ne crois pas qu’on pleurera beaucoup dans les chaumières à cause de ça.

Les canadiens les ont élus.

Subissez les maintenant!

Quand les québécois seront assez mature pour s’affranchir, ils auront des gouvernements à leur image et à leur ressemblance…

Ils sont de droite, ils vont intervenir dans les conflits de travail et ils vont couper 4G$/an de manière récurrente.

Tout ça ils l’ont affirmé haut et fort avant, pendant et depuis les élections.

Est-ce que quelqu’un est vraiment surpris?

Je parle en tant que citoyen, la poste ne doit pas s’arrêter, peu importe les raisons. Cette loi spéciale est donc une bonne chose. Alors l’arbîtrage semble être la seule issue.

Au juste, combien sont-ils payés nos employés des Postes? Quel niveau d’instruction faut-il pour trier et livrer du courrier?

Je suis au regret de le dire et de le répéter : les grèves tournantes avaient un impact sur l’ensemble des services offerts par Postes Canada. Cela s’est traduit par un ralentissement des prestations et des retards de plus de 24 heures pour la livraison et l’expédition du courrier. La décision pour la direction d’ordonner le lock-out était la solution la plus appropriée, car faute d’une réelle volonté de négocier, ces grèves à répétition auraient pu durer des semaines et des mois.

Le lock-out était le prélude d’une loi spéciale. Le recours à l’arbitrage doit forcer chacun des partis à se rejoindre sur une proposition finale qui satisfasse les bénéficiaires. Objectivement, tout le monde s’entend sur le fait que les postiers ne sont pas des « mal aimés » ; si ce n’est que le secteur des postes connaît aussi des mutations. Aussi est-il important d’accompagner ces changements et d’aligner les énergies à fin qu’elles soient orientées dans la bonne direction.

On voit dans les divers commentaires issus du Québec sur plusieurs forums et plateformes que malgré l’appui massif à Jack, les électeurs sont d’accord avec Steve même s’ils l’ont rejeté.

Comme ils disent en Japonais – Go Figure?

On oublie un peu vite que la livraison du courrier est un service essentiel et un monopole d’une société d’état. Que les employés de poste canada aient le droit de grève, c’est tout à fait normal et on doit le respecter. Mais que Poste canada décide d’un lock out c’est totalement absurde et anormal, c’est un peu comme si on décidait de fermer les hôpitaux quand les infirmières sont en grève. Si une société d’état se permet ce genre de choses, alors il est plus que temps qu’on ouvre la porte à un service postal privé. On parle de politique et de loi spéciale, alors qu’au départ c’est un non sens, qu’une société qui détient un monopole puisse prendre la population en otage.

Quelque soit notre opinion envers ou contre les Postes, le rouleau compresseur dictatorial est en marche. Adieu droit de négociation. Adieu droit de grève. Que sera le prochain coup d’épée dans nos libertés démocratiques?

Postes Canada, le dinosaure, a besoin d’un sérieux coup de barre. Le dictateur réformiste, pardon, conservateur, frappe sur le mauvais clou.

Ceux qui ont voté pour le gouvernement actuel vont se réveiller un jour avec un coup de massue sur la tête à leur tour.

Les biens-pensants vont ruer dans les brancards à l’idée que le gouvernement « conservateur » (quel vilain mot) ait adopté une loi spéciale pour mettre un terme à ce conflit. Un gouvernement libéral ou néodémocrate aurait fait de même. Dans les faits, les syndiqués de Poste Canada bénéficient de taux horaires, d’un régime de pension à prestation déterminée, d’un nombre de congés fériés, de banques de congés maladie et d’autres conditions dont ne bénéficient pas une très large majorité des contribuables canadiens qui paient ces employés avec leurs impôts. Oui, le gouvernement doit montrer l’exemple en rémunérant convenablement ses salariés pour « montrer l’exemple » au privé. D’autre part, les syndiqués des sociétés de la Couronne doivent faire preuve d’humilité dans leurs revendications. Moi, j’irais travailler volontier dans les conditions qui régnaient avant règlement. Et vous ? Avec les fonds de grève dont bénéficient les grévistes, le conflit aurait pu perdurer longtemps. Nous sommes à l’ère des TIC, mais les personnes âgées et les plus démunis ne disposant pas d’Internet sont prises en otage par cette grève, ne pouvant recevoir sur la base habituelle leurs prestations. Le service postal est encore essentiel. Cette loi spéciale est un mal nécessaire.

Madame, Monsieur,

Pour être employé à Postes Canada, une personne doit savoir lire et marcher.
On l’habille des pieds à la tête, elle bénéficie d’excellents bénéfices marginaux et on la paie plus de 20$/heure. Des dîplômés universitaires ne peuvent jouir de pareils avantages. Ça fera…

Être à l’emploi d’un monopole donne l’avantage d’être à l’abri de la concurrence, en contrepartie notre capacité de paralyser l’entreprise en question est limitée, de là une loi spéciale.
Les grèves tournantes sont un moyen économique pour les syndiqués de perturber le service, le lock-out était de bonne guerre.
Quoi qu’on dise des »nouvelles » technologies, la poste demeure un service essentiel pour beaucoup et particulièrement pour les moins bien nantis de la société.
Je ne crois pas non plus que les employés des postes soient si misérables, si c’était le cas, un certain nombre quitterait pour de meilleurs emplois avsnt la retraite.
Combien de départs volontaires par année chez Poste Canada ?

Je suis tout à fait incapable de m’apitoyer sur le sort de ces pauvres employés des Postes qui sont trop bête pour se rendre compte qu’ils sont en train de jouer avec les poignées de leur tombe. Savez-vous ce que je fais depuis un bon moment déjà pour payer mes comptes et pour communiquer avec le monde? J’utilise Internet et, croyez-moi, tous mes voisins ont profité de ce conflit pour se tourner vers le merveilleux monde cybernétique.

@senscommunrugueux

C’est tellement convaincant ton affaire, on va faire la souveraineté pour vivre dans un pays qui va tolérer les grèves de la poste, et pour avoir un gouvernement québécois souverain qui ne va jamais contrôler ses dépenses et augmenter les taxes et la dette chaque année (comme actuellement quoi, mais dans le cadre d’un pays). Ça donne tellement le goût!

Notre société en est une de droit et d’équilibre des pouvoirs. La démocratie est peut-être un idéal mais ce n’est pas à coup de lois spéciales qu’un employeur-législateur, peut considérer respecter ses employés et l’équilibre des pouvoirs.
Si les syndicats ne sont plus des organes de représentation appropriés des travailleurs alors il faut changer les règles du jeu mais pour lesquelles? À moins qu’on ne se formalise pas de tels concepts et que l’employeur ne décrète toujours unilatéralement toutes les conditions de travail de ses employés. Mais sur quelles bases le ferait-il? La formation, l’efficacité, le contexte économique, politique etc…
Certains applaudiraient probablement si le gouvernement abolissait le droit de vote car il est censé savoir ce qui est bien pour le peuple, les employés et surtout les employeurs…

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