Loi spéciale : Rousseau, Tocqueville et Socrate s’en mêlent

JJ n'aurait pas approuvé JC.

Les internautes ne sont pas des incultes et ils citent les grands penseurs au soutien de leur critique de la loi spéciale.
Ainsi, Marc Fournier appelle Jean-Jacques Rousseau, dans Du contrat social :

« Il y aura toujours une grande différence entre soumettre une multitude et régir une société. »

 

Philippe L.B. invoque Alexis de Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique :
Tocqueville. Il était venu au Québec, ici pas sur la carte.
« Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir […].
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte.

« Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comme la liberté sert à se le procurer […]

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ;  mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie.

« Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur. »

Louis-Philippe Blanchette, doctorant en philo, sort son Socrate, dans La République de Platon :

Socrate : à lire jusqu'à la dernière phrase !

« Socrate : Pourrais-tu trouver meilleur indice d’une éducation médiocre et déshonorante dans une cité que le besoin de médecins et de juges, à qui on fait honneur non seulement chez les gens ordinaires et  les travailleurs manuels, mais aussi chez ceux qui se vantent d’avoir été formés dans un esprit libéral ?

Ne trouves-tu pas que c’est une honte et l’indice sérieux d’un manque d’éducation que de se trouver contraint de recourir à une justice empruntée à d’autres, qu’on regarde comme des maîtres et des arbitres, en raison de l’impossibilité d’en trouver chez soi?

Glaucon : C’est la chose la plus honteuse de toutes.

Socrate : Ne crois-tu pas, repris-je, qu’il est plus honteux encore, non seulement de passer la majeure partie de sa vie dans des tribunaux, engagé dans des procès à la défense ou à la poursuite, mais encore, par manque de conviction morale, de se laisser persuader de faire bonne figure pour cette seule raison qu’on se croit habile à être injuste et capable de tous les subterfuges, de s’échapper par mille ruses et détours et de se tirer d’affaire au prix de contorsions?

À quelle fin? Pour éviter la justice et ce, au sujet de questions insignifiantes et dépourvues de valeur, parce qu’on ne sait pas combien il est plus beau et plus noble d’ordonner sa vie de manière à ne pas avoir besoin d’un juge qui dort sous votre nez. »

Ajoutez vos citations de sages. Qu’auraient-ils à dire sur la Loi Charest ?

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N’oublions pas Périclès, dans l’oeuvre de Thucydide, au cours d’une « AG » athénienne :

« N’acceptez pas de vivre en tremblant pour vos possessions. Quand des gens dont nous sommes les égaux viennent, avant tout arbitrage, nous sommer de faire droit à leurs revendications, alors, quelle que soit leur importance, cela revient toujours à exiger de nous une soumission d’esclave. »

Je précise toutefois que le contexte diffère du nôtre : Périclès incite alors les Athéniens à ne pas céder aux revendications lacédémoniennes et à leur résister avec les armes s’il le faut : ils le feront, la guerre du Péloponnèse éclatant peu après.

Espérons que les attaques peut-être légales (mais définitivement injustes) du Pisistratide Charest ne créeront pas un sort semblable au Québec…

Comme quoi les sciences molles et les lettres ça contribue à faire évoluer l’humanité, ça a du bon dans une société et dans la vie des gens.

« Something is rotten in the state of Denmark » Shakespeare – Hamlet

Je crois qu’on peut changer Denmark part Québec…

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

benjamin franklin

« Those who make peaceful revolution impossible will make violent revolution inevitable.. »

-John Fitzgerald Kennedy

«Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.»

– Montesquieu

Mathieu Bock-Côté, dans sa chronique récente «Le désir de censure», rappelait de bien sages paroles de Voltaire:
«Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez l’exprimer publiquement.»
Cette citation fait référence à l’habitude maintenant répandue, d’un côté comme de l’autre du débat, de vouloir museler son adversaire en attaquant la légitimité de ses positions. Au diable le débat et la confrontation des idées… au diable les fondements du politique, quoi.

Ce matin, sur Facebook, je citais aussi Rousseau:

« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir. […] La force est une puissance physique; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. En quel sens pourra-ce être un devoir?

Sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause: toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément, on le peut légitimement; et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or, qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse?

Convenons donc que la force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes. »

Rousseau, « Du Contrat social » – Du droit du plus fort –

Disons qu’en parcourant la loi 78, c’est plutôt à Machiavel que j’ai pensé, lorsqu’il dit que » le Prince doit savoir pratiquer la bête et l’homme ». Ça me semble très actuel…

« Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer ; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir. Ce sont ceux qui ayant d’eux-mêmes l’esprit droit, l’ont encore rectifié par l’étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’y ramèneraient ; car la sentant vivement, l’ayant savourée et conservant son germe en leur esprit, la servitude ne pourrait jamais les séduire, pour si bien qu’on l’accoutrât ». – Etienne de La Boétie

Bonjour la police ! L’État policier s’installe lentement mais sûrement, les masques tombent, le tyran John James et ses tyranneaux se révèlent au grand jour.

La crise actuelle est-elle le présage à une révolte chez le peuple en général ? Lorsque la commission Charbonneau dévoilera l’identité des élus à l’Assemblée nationale ayant trempé dans la collusion et la corruption, comment la population en général réagira-t-elle ? Connaîtrons-nous jamais l’identité des malfrats de l’intendance coloniale de la poubelle province ? J’en doute fortement. Suite à des accusations que portées contre de présumés magouilleurs à l’intendance municipale de quelques poubelles villes du Québec, je crains que malheureusement la juge « post-it » Charbonneau protégera la main qui la nourrit.

Il me reste quelques minutes pour soumettre quelque chose qui pourrait devenir illégal. Voici.

«L’autorité du gouvernement, même de celui auquel je veux bien me soumettre — car j’obéirai de
bon coeur à ceux qui ont des connaissances et des capacités supérieures aux miennes et, sur bien des
points, même à ceux qui n’ont ni ces connaissances ni ces capacités—cette autorité est toujours impure. En toute justice, elle doit recevoir la sanction et l’assentiment des gouvernés. Elle ne peut avoir sur ma personne et sur mes biens d’autre vrai droit que celui que je lui concède. L’évolution de la monarchie absolue à la monarchie parlementaire, et de la monarchie parlementaire à la démocratie, montre une évolution vers un respect véritable de l’individu.» — Henry David Thoreau

La politique est la science de la liberté.

Proudhon

À force d’être juste, on est souvent coupable.

Pierre Corneille

Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force.

Pascal

Les balances de la justice trébuchent; et pourtant l’on dit : raide comme la justice. La justice serait-elle îvre ?

Alfred Jarry

Nous plumons une coquette; la coquette mange un homme d’affaires; l’homme d’affaires en pille d’autres : cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde.

Lesage… Fourberie.

De mauvaises lois sont la pire sorte de tyrannie.

(Bad laws are the worst sort of tyranny.)

Burke (Edmund), Speech in Bristol, 1780.

Allons directement à la logique de tout cela. La stratégie gouvernementale vient d’atteindre son stade ultime : le dépôt d’une loi spéciale, prête depuis longtemps, cela va de soi.

Il s’est agi de manipuler l’opinion publique par une suite de mensonges qu’il devrait avoir été facile de démonter, mais l’angoisse de l’insécurité d’un peuple, majoritairement composé de vieux maintenant, sert de terreau fertile: il fut facile de dresser la population contre notre jeunesse grâce à une habile propagande mensongère mur à mur. Pour ne donner que cet exemple, manifeste depuis le début pour qui sait voir, le gouvernement n’a jamais voulu négocier avec les étudiants, malgré ses assurances du contraire, le cœur sur la main. Jamais! Cela sautait aux yeux, et mensonges sur mensonges à l’effet contraire.

Dresser, patiemment, petit à petit, la population contre les étudiants avec des mensonges et demi-vérités, une propagande habile (examinons le détail des publicités dans les journaux ce jeudi) pour finalement tenter de se faire réélire à la suite d’une loi fasciste qui vienne la réconforter, la soulager… Redorer son image de corruption.

«Nous sommes les sauveurs du Québec», voilà la tentative d’un véritable coup d’état pour échapper à l’odieux de son incurie crasse. «Enfin», crie la population de toutes parts! Comme si cela allait fonctionner. Un certain temps peut-être…

On assiste en ce moment aux plus grandes souillures possibles de notre démocratie, bien pires que les crise d’Oka, des négos ratées du passé. À l’image de la loi des mesures de guerre en octobre 1970. Il est temps que la population se dessille les yeux.

Hélas, à en suivre l’opinion cela ne se produira pas. La population mange maintenant dans la main de ces crapules. Il faudra beaucoup de temps.

Car sans cette crise construite (planifiée) de toutes pièces le gouvernement est perdu. Il se doit d’être le sauveur… mais il passera à l’histoire comme le pire gouvernement de notre histoire. Des souillons.

«Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.» (A. Camus)

En ces temps de Zampino, Acurso et autres Marteau, Honoré de Balzac, contemplant cette loi matraque, aurait répété au profit de ce blogue:
« Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites. »

Un petit ajout à la magnifique citation de Platon que nous rapporte Monsieur Blanchette.

Rappelons que Socrate fut condamné à mort, à boire la ciguë, sous des accusations d’avoir corrompu la jeunesse…

Combien de commentaires fumeux sur la loi et l’ordre, sur la démocratie des élus… et autres éléments fort mal compris. Des mots galvaudés.

Ne dirait-on pas que l’éducation, celle que nous avons reçue depuis quarante ans n’a servi de rien?

«Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?»

Maurice Druon et Joseph Kessel – 1943

Le poème dont cette citation est extraite a été mis en musique et interprété comme un hymne à la Liberté !

Yves Claudé

Socrate n’a pas voulu faire de désobéissance civile lorsqu’on lui a dit de prendre le poison…

Heu. Cette fois-ci, je tiens à ce qu’il soit clair que mon commentaire précédent était pour rire.

On doit juger la qualité de votre blogue non seulement par la qualité de vos billets, mais aussi par la qualité de vos lecteurs. Bravo et hommage à tous.

Je voudrais souligner ici ce qui à mon avis est l’essentiel du tournant que vient de prendre la relation entre le gouvernement et les associations d’étudiants, avec l’doption de la loi 78..

Ce qui vient de changer: Jusqu’à maintenant, les associations étudiantes et les étudiants qui voulaient boycotter leurs cours ou « faire la grève », arrivaient à prendre en otage les étudiants qui désiraient poursuivre leurs cours, en bloquant l’accès aux établissements. Les « grévistes » avaient donc un pouvoir de pression et de négociation énorme avec l’opinion publique et le gouvernement. Ils pouvaient soutenir que si la « grève » se poursuivait, tous les étudiants risquaient de perdre leur session d’étude. La pression reposait sur le gouvernement qui était appelé à régler la crise, donc de céder à leurs demandes.
Or maintenant, avec cette loi 78, il n’y aura plus que les étudiants « grévistes » qui décideraient de ne pas assister à leurs cours qui risqueront de perdre leur session d’étude.

L’essentiel reste donc: Les « grévistes » doivent prendre leur propres responsabilités et ils n’ont plus le même moyen de pression, en prenant leurs collègues en otage. Chaque étudiant est donc revenu libre de ses choix. Il n’est pas un enfant, mais un adulte.

Voilà ce qui a changé. Les lignes de piquetages n’existent plus. Les leaders étudiants redeviennent des leaders étudiants. Pas des leaders politiques. S’ils veulent faire de la politique active, ils devront se soumettre à l’obligation de se présenter à une élection générale ou partielle.

Georges Paquet

Georges Paquet

« Sous des lois injustes la place de l’homme juste est en prison »

in La désobéissance civile
Henry Thoreau

C’est la simple logique; Les leaders étudiants ont perdu leurs moyens de pression parce qu’ils en ont abusé. Ils devront mettre chacun de leurs mmbres devant leurs responsabilités personnelles.
Vous avez le droit de boycotter vos cours, mais vous ne pouvez pas forcer les autres à vous imiter.

À l’heure des choix face à la désobéissance civile, en voici une de Ghandi : « Dès que quelqu’un comprend qu’il est contraire à sa dignité d’homme d’obéir à des lois injustes, aucune tyrannie ne peut l’asservir. »

Personnellement, j’ai un faible pour John Locke, l’un des pères du libéralisme anglais que Jean Charest aurait avantage à visiter:

« Là où le droit finit, la tyrannie commence, dès que la loi est enfreinte au préjudice de quelqu’un. Toute personne investie d’une autorité qui excède le pouvoir que la loi lui donne et qui se sert de la force soumise à son commandement pour accomplir, aux dépens des sujets, des actes illégaux, cesse par là même d’être un magistrat et, comme elle agit sans pouvoir, on a le droit de lui résister, comme à n’importe quel homme qui porte atteinte aux droits d’un autre par la force »

LOCKE, Deuxième traité du gouvernement civil.

« Le socialisme, c’est une attaque tantôt directe, tantôt indirecte mais toujours continue aux principes mêmes de la propriété individuelle ; c’est une défiance profonde de la liberté, de la raison humaine ; c’est un profond mépris pour l’individu pris en lui-même, à l’état d’homme ; ce qui caractérise les systèmes socialiste, c’est une tentative continue, variée, incessante, pour mutiler, pour écourter, pour gêner la liberté humaine de toutes les manières ; c’est l’idée que l’État ne doit pas seulement être le directeur de la société, mais doit être, pour ainsi dire, le maître de chaque homme – que dis-je ! son maître, son précepteur, son pédagogue ; que de peur de le laisser faillir, il doit se placer sans cesse à côté de lui, au-dessus de lui, autour de lui, pour le guider, le garantir, le retenir, le maintenir ; en un mot, c’est la confiscation de la liberté humaine. À ce point que si en définitive j’avais à trouver une formule générale pour exprimer ce que m’apparaît être le socialisme dans son ensemble, je dirais que c’est une nouvelle formule de la servitude. » -Discours d’Alexis de Tocqueville devant l’Assemblé Nationale française (1848)

Le grand ami de La Boétie- Montaigne
» Nos meurs sont extremement corrompuës, et panchent d’une merveilleuse inclination vers l’empirement; de nos lois et usances, il y en a plusieurs barbares et monstrueuses; toutefois… si je pouvoy planter une cheville à notre rouë et l’arrester en ce point, je la ferois de bon coeur. » Michel de Montaigne, livre II, chapitre XVII
À la suite de ce texte, Montaigne cite Juvénal: « Il n’est pas d’exemples si dégoûtants et si honteux qu’on n’en puisse citer d’encore pires. » Pensons seulement à la loi des mesures de guerre (1970) puis, de cette loi 78 (2012).

Il est bien difficile de parler après tant de beaux textes et d’érudition, de sagesse, de réflexion profonde, d’art de la parole, de rappel à l’essentiel. Merci! et j’en veux encore, s.v.p.

Mais puisqu’il faut bien casser la glace avec nos peut-être banalités, j’ose lancer, sans prétention, une de mes propres réflexions, aucunement savante mais qui me parle aussi du paradoxe actuel:

« La guerre n’aura pas de fin tant que la faim n’aura pas sa guerre »
(auto-citation ,1997)( s.v.p. lire quelque fois à tête reposée avant d’en condamner l’aspect paradoxal, volontaire 😉

Sans sous-estimer la faim réelle, dans le corps, journalière et révoltante, dénoncée hier par l’ONU ( http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2012-05-16/insecurite-alimentaire-au-canada-onu )
il m’apparait impératif que la faim de démocratie à laquelle le peuple québécois aspire en ce moment, par privation créée artificiellement par Charest et tous les partis de la droite charitable, puisse trouver réponse satisfaisante rapidement et répondre aussi en même temps, et non pas en opposition, au besoin normal de sécurité des gens ébranlés par les sophismes de Charest qui lui garantissent plus de 60 % des appuis de l’électorat actuel.

La loi 178 arrive, machiavéliquement, à créer un besoin de démocratie qui ne pourra pas trouver satisfaction en raison même de l’application de cette loi supposée démocratique sauf en créant artificiellement des bandits hors-la-loi chez les défenseurs acharnés de la démocratie.

Du même coup, la faim de sécurité à tout prix chez les gens apeurés artificiellement, trouvera satisfaction si la loi contre les bandits démocrates arrive à emprisonner ces bandits. Et c’est là que se joue le pari de la réélection d’un parti à qui on peut tout pardonner au nom de la sécurité retrouvée.

Le dénouement de cette crise devra tenir compte de ces deux besoins , démocratie et sécurité, montés artificiellement l’un contre l’autre alors qu’ils devraient ensemble tous les deux trouver satisfaction en condamnant tout simplement le Prince.

La guerre entre ce gouvernement et le peuple n’aura pas de fin tant que la faim de démocratie et de sécurité, ensembles, n’aura pas sa guerre, et donc sa satisfaction.

On pourrait paraphraser Diderot
« La liberté //de manifester// et de parler impunément marque ou l’extrême bonté du prince ou l’esclavage du peuple, on ne permet de dire qu’à celui qui ne peut rien. »

Ce qui commence dans le mal s’affermit par le mal.

C’est un malheur du temps que les fous guident les aveugles.

Bien qu’elle fût en sommeil, la loi n’était pas morte.

-William Shakespeare. Les deux premières dans Hamlet, la dernière dans Macbett.

« Those who would give up essential liberty to gain a little security will deserve neither and lose both. » Benjamin Franklin; même les américains l’ont oubliée celle-là… traduction: « Ceux qui voudrait se départir de leur liberté fondamentale pour acquérir un peu de sécurité ne mérite ni l’un, ni l’autre, et perdront les deux. »

Ma citation préférée fidèlement traduite:
« J’aime mieux mourir DEBOUT que de passer le reste de ma vie À GENOUX »
« Prefiero morir de pie que pasar el resto de mi vida de rodillas » (Emiliano Zapata)
« Better to die on your feet than to spend the rest of your life on your knees »

« Des mesures sévères doivent être envisagées en ce qui concerne les perturbateurs de l’ordre public »
Philippe Pétain, Maréchal
28 janvier 1943

Arrêtez de paraphraser vos auteurs sans connaître la réelle signification de leur propos. Merci David, de rappeler au gens que Tocqueville était un libéral conservateur issu de la tradition française, tout comme Rousseau, et fondamentalement opposé aux idéaux des ‘carrés rouges’.

Selon Tocqueville, ce que les associations étudiantes ont fait en empêchant les étudiants d’accéder à leurs cours et en bloquant l’accessibilité au campus par voie de vote en assemblée générale est une abomination de la démocratie directe qu’il qualifie explicitement de tyrannie de la majorité. Selon son anthropologie politique, ceci constitute l’une des choses les plus abjectes que l’on puisse faire en société (voir Democracy in America). Son discours se porte bien à la loi spéciale lorsqu’il est question de contester le gouvernement, mais tout aussi bien aux associations étudiantes qui briment les étudiants de leurs droits. Encore une fois, les ‘rouges’ évoquent les ‘grands auteurs’ en n’utilisant que ce qui semble compatible avec leurs idéaux. Oh, et Rousseau était absolument contre la notion qu’un système démocratique en société.

Oui, la loi spéciale est rigide. Elle est légale, i.e. elle ne brime fondamentalement pas de droits individuels (le droit de manifester reste présent, faudrait que ça arrête le scepticisme aigu des Québecois, le système juridique existe…). Mais j’en convient qu’elle est dure à avaler. Du côté du gouvernement comme de celui des associations étudiantes, le dialogue qui devrait exister dans une société démocratique n’a pas lieu, et c’est ce que je déplore. Sur papier, il n’y a que les associations étudiantes qui violent réellement les droits humains en bloquant celui de l’accessibilité… mais bon, c’est un « mouvement social », toutes vos belles quotes vont vous dire que c’est acceptable de le faire s’il s’agit de « la volonté du peuple ». Les prémisses sur lesquelles se base ce mouvement, en général, sont mal fondées. Oui, la loi spéciale est une encontre à la pleine jouissance de certains droits (sans toutefois les nullifier). Mais les associations étudiantes ne sont pas pour autant immaculées.

Ça devient lassant de suivre ce débat; du côté étudiant, on s’auto-martyrise en se basant sur des principes dogmatiques dont on ne connaît pas la réelle portée sans tenter d’apporter un peu de neutralité, et du côté du gouvernement… et bien on ne fait que se rendre compte de l’étendue des pouvoirs prodigués pas notre système de démocratie parlementaire à la Westminster.

Un roi n’est roi qu’en autant que les autres se considèrent ses sujets.

Claude Lévis-Strauss

Autrement dit l’autorité n’existe (vraiment) qu’en autant qu’elle est reconnue. Sinon elle est ressentie comme injuste, illégitime…

Je viens de lire et commenter un autre article sur ce même sujet et sur ce même blog. Je me citerai donc moi même citant ce que j’imagine un très grand homme politique Québécois nous déclarer:

Je suis inquiet, très inquiet. J’aime mon pays en devenir, le Québec, j’aime notre peuple fier et résistant, mais je commence à avoir peur de nos dirigeants.
Si je n’étais pas si fier, j’affirmerais sans hésitation que je n’ai jamais eu aussi honte d’être Québécois!

@François St-Hilaire – excellent texte, mais comme je suis tannée de lire cette erreur un peu partout…

Le ‘droit de manifester’ n’existe pas.

Au Canada nous avons, selon l’article 2. c)de la Charte, la liberté de réunion pacifique.

@ Loraine King #40
Qui est dans l’erreur pensez-vous?
«Le droit de manifester de façon paisible fait l’objet de garanties constitutionnelles liées aux
libertés fondamentales que sont la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique.

L’effet conjugué de la liberté d’expression et de la liberté de réunion pacifique fait en sorte que
le contenu (ou la teneur) du message est protégé par la liberté d’expression, alors que le mode
(ou la forme) d’expression, en l’occurrence une manifestation collective dans les rues, acquiert
une protection additionnelle puisqu’il se trouve protégé non seulement par la liberté
d’expression, mais aussi par la liberté de réunion pacifique. »

Barreau du Québec

Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.

Lorsqu’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois.

Montesquieu, De l’esprit des lois.

Il (Zadig) croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens autant que pour les intimider

Voltaire, Zadig ou la Destinée

Ce n’est jamais dans l’anarchie que les tyrans naissent, vous ne les voyez s’élever qu’à l’ombre des lois ou s’autoriser d’elles.

Sade (Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le Marquis de), Juliette