L’unique objectif de «Mad doc» Barrette

Illustration d'André Dubois qui accompagnait mon portrait de Gaétan Barrette paru dans L'actualité en 2010

Ce vendredi matin, le candidat Gaétan Barrette participait au genre d’annonce qu’il affectionne: spectaculaire, punchée, sans grandes nuances. Il maîtrise ses dossiers, aucun doute, mais il préfère les «prises de lutte» contre ses adversaires.

Ainsi, il a dévoilé son plan de match en santé. La CAQ promet un médecin de famille par Québécois en moins d’un mandat.

Un engagement important, surtout quand la santé arrive en tête des priorités aux yeux des Québécois. Et risqué. On se rappellera de la promesse de Jean Charest en 2003, qui s’engageait à éliminer le temps d’attente dans les urgences.

Les omnipraticiens (qui représentent les médecins de famille) ont bien reçu la nouvelle, contrairement au ministre de la Santé actuelle, Yves Bolduc.

Le flamboyant docteur Barrette aura beaucoup de visibilité durant cette campagne électorale. Qui est-il? Voici quelques clés pour comprendre.

En 2010, j’ai passé plusieurs heures avec lui afin d’en faire un portrait complet dans le magazine.

Il avait abordé tous les sujets avec franchise, de son enfance dans la pauvreté jusqu’à son intérêt pour la politique, en passant par son rôle de médecin.

L’homme n’a pas la langue dans sa poche. Un électron libre, difficile à contrôler. Une authenticité qui peut l’aider à combattre le cynisme en politique, mais qui donnera des cheveux blancs à son chef!

Voici quelques extraits triés sur le volet qui peuvent vous donner une idée du type de candidat (et de député?) qu’il sera.

À la fin d’une longue entrevue de près de quatre heures, il m’avait dit que s’il devenait ministre de la Santé un jour, ses collègues docteurs n’allaient pas apprécier l’avoir comme patron. «Je suis très exigeant», avait-il dit.

En fait, il n’avait qu’un objectif: devenir ministre de la Santé. Voici sa réponse à la question sur son avenir politique, en 2010.

Fera-t-il de la politique active un jour ? Gaétan Barrette n’écarte pas l’idée. Il avoue avoir été pressenti par différents partis ces dernières années. Il glisse dans la conversation qu’en 2013, presque au moment des prochaines élections provinciales, il ne pourra plus se présenter à la tête de la FMSQ, qui limite à six ans la présidence. « On verra à ce moment-là, dit-il. Mais si je plonge, ce sera pour être ministre de la Santé. La personne qui va en politique doit avoir une compétence dans ce qu’elle fait. Une personne qui s’y lance ne doit pas le faire pour ses intérêts personnels, mais pour la société.»

Avec quel parti aurait-il le plus d’affinités ? « J’irais dans n’importe quel parti où je serais en position de faire fonctionner le système », dit-il. « Mad Doc » Barrette pourrait alors continuer à « brasser » ses médecins, mais de l’autre côté du ring.

Il avouait lui-même adorer la bagarre par médias interposés, lui qui a souvent croisé le fer avec des ministres de la Santé.

Comment un homme dont le métier demande autant de calme peut-il mettre le feu au débat public aussi souvent ? « Je pourrais faire partie de l’Union des artistes ! » répond-il du tac au tac, avant d’éclater d’un grand rire qui fait tressauter ses larges épaules pendant plusieurs secondes. « Il y a un rôle à jouer dans chacune des circon­stances. Mes sorties sont plus réfléchies que ce que les gens pensent. »

Comme Maurice « Mad Dog » Vachon, qui a régné sur la lutte dans les années 1960 et 1970, Barrette est un habile combattant, qui donne un bon spectacle pour attirer l’attention. Mais alors que Vachon jouait au méchant sur les rings pour soulever l’ire des foules, Barrette, lui, se bat dans l’arène médiatique pour faire pencher l’opinion publique en sa faveur. Et comme « Mad Dog » Vachon, il est prêt à tout pour envoyer son adversaire au tapis. «Gaétan frappe pour faire mal», affirme Yves Lamontagne, qui le connaît depuis plus de 15 ans. « Ce n’est pas un bulldozer, c’est un char d’assaut. Quand il a un objectif, rien ne peut le faire dévier de sa route.»

 

Au moment d’écrire ce grand portrait, il se préparait à une lutte féroce avec le gouvernement lors des négociations de renouvellement de la convention collective de la FMSQ  — Eh oui, la Fédération des médecins spécialistes est un syndicat qui défend ses membres, même si François Legault aime décrier le «corporatisme» et les «mains liés» de ses adversaires avec les syndicats.

Voici, ci-bas, ce qu’il disait de ces négociations avec le gouvernement et de la rémunération des médecins spécialistes, qui touchent en moyenne 250 000 $ annuellement.

Malgré le déficit qui se creuse dans les finances publiques, le Québec doit encore faire un effort pour ses médecins, dit-il. « Ce n’est pas vrai que l’État ne peut pas nous payer. C’est une insulte, une énormité, un mensonge, un scandale intellectuel. Le politicien qui veut se faire élire va jouer la carte de la baisse d’impôts. Il sait que pour y arriver, il doit sous-payer les gens qui offrent les services. On ne va pas se sacrifier pour que le gouvernement se paie des bébelles électorales. » Dans cette catégorie, le Dr Barrette met les coûts d’électricité trop bas (qu’il propose de rajuster en fonction des revenus) et les garderies à sept dollars (qui devraient profiter avant tout aux moins nantis, selon lui).

Gaétan Barrette voit les médecins spécialistes comme les Wayne Gretzky du réseau de la santé. Des vedettes que l’on doit payer à la valeur du marché. Et tant pis si cela draine les ressources d’autres secteurs de la société. Et si ça empêche le gouvernement de baisser les impôts. « C’est au gouvernement de faire les bons choix », affirme le médecin.

Son argumentaire ne fait pas l’unanimité chez ses membres. « Je ne suis pas capable d’aller dans les médias et de dire qu’on n’est pas bien payés », dit le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, psychiatre et donc membre de la FMSQ. « Comme médecin, au Québec, on n’a pas à se plaindre. »

Le gouvernement offre aux employés du secteur public 7 % d’augmentation sur cinq ans. « S’il nous arrive avec des propositions comme ça, on descend dans la rue, c’est garanti, dit le Dr Barrette. Ça voudrait dire recreuser l’écart avec les médecins des autres provinces, et il n’en est pas question. »

L’homme est un farouche défenseur d’un système de santé public, qu’il estime mal administré à l’heure actuelle.

Voici ce que j’écrivais sur son rôle dans les négociations de fusion entre la CAQ et l’ADQ, dans mon grand portrait de la CAQ publié en avril dernier dans le magazine ( «Dans le ventre de la CAQ», chapitre 2, encore disponible en version e-book sur Itunes, dans l’application de L’actualité).

Le 27 octobre, la CAQ envoie le docteur Gaétan Barrette en mission. L’objectif : faire plier l’ADQ sur le privé en santé. Lors d’un souper au restaurant de l’hôtel Le Dauphin, à Drummondville, le président de la Fédération des médecins spécialistes explique avec sa verve habituelle aux députés de l’ADQ et à Éric Vachon que le système public peut être amélioré sans ouvrir toutes grandes les portes au privé.

Les adéquistes sont impressionnés par le discours structuré et passionné de Gaétan Barrette, mais reste sur leurs positions. Ils font cependant un compromis majeur : un projet-pilote permettant aux médecins de pratiquer à la fois au public et au privé sera suffisant. Martin Koskinen accepte, sachant que cette position est dans l’ADN de l’ADQ. Mais il sert un avertissement : «Ce projet devra remplir les conditions de la Loi canadienne sur la santé. Pas question de demander à Harper de la modifier», dit-il.

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S’il est élu je ne lui donne pas un mois. Il va se faire jeter dehors de son parti et/ou il va se mettre les pieds dans les plats. Il est incohérent. Il a obtenu plus d’argent pour les médecins en menaçant le gouvernement tout en prônant la ligne dure avec les étudiants (plateforme de la CAQ). Je me souvent de la manière dont il avait décrit Legault!

Décidément ça caquette beaucoup dans ce parti. Beaucoup de coqs. Et beaucoup de flip-flops et de raccourcis.

Aucune envie d’être gouvernée par un comptable dont l’entreprise a fait faillite, dont le copain a fait faillite aussi en prônant leurs paradis fiscaux. Le bien commun? N’en ont rien à cirer. Barrette s’il est sincère ne fitte pas du tout.

Et moi je dis: ENFIN et BRAVO!!!

Un candidat éduqué, intelligent, qui s’affirme avec force et qui ne semble pas affectionner la langue de bois. Et son chef a les couilles pour le mettre en évidence. Imaginez Madame Marois et son proverbial manque de leadership avec un tel candidat… Ce serait la catastrophe assurée.

De toute façon, une campagne électorale n’est pas l’endroit pour donner dans la dentelle.

BRAVO à Monsieur Barette (et à Monsieur Duchesneau en passant…) et je souhaite le voir comme Ministre de la Santé.

De toute façon, et les Libéraux, et les péquistes (souvenez-vous de Madame Marois qui a mis à la retraite des centaines de médecins et d’infirmières!!!) ont depuis longtemps prouvé leur incompétence en la matière non?

Le docteur Barrette, c’est une vraie bombe à retardement, il ne fait pas la dentelle ni dans la langue de bois.
Les médecins vont être » poignés avec », oups!

Enfin, quelqu’un qui dit les vraies affaires. Il ne « s’enfarge » pas dans les fleurs du tapis et je lui souhaites d’atteindre ses buts si jamais il devient ministre de la santé. Après tant d’années à faire du sur place dans ce ministère, un changement d’air et de gouvernance s’impose.

Ho A.BINETTE pour une fois que l’on a un vrai de vrai , qui veut vraiment agir , faut pas rester partisanne comme ca . Il faut donner la chance au courreur , en plus , il est nouveau en politique .
Pensez-vous que le ministre actuel , fait son travail , moi , pense pas . Juste a l’écouter discourir , vous et nous, avons tout comprit . Même les autres ministres , quant ce ministre de la santé parle aux citoyens ou aux médias , ils ce croisent les doigts .

@ Aline Binette (# 1):

Parlant de faillite, je voudrais vous souligner que SANS les Barette, Legault et al, le Québec a réussi le tour de force d’être le cinquième état le plus endetté de la planète et que si ce n’était de la générosité des autres provinces canadiennes (un GROS MERCI à la péréquation!) qui nous tient debout, la province de Québec aurait rejoint depuis longtemps rejoint les états en disgrâce comme la Grèce, l’Islande, l’Espagne et autres.

On a « réussi » ça tout seuls!

SANS Barette, Legault et al.

« BRAVO à Monsieur Barette (et à Monsieur Duchesneau en passant…) et je souhaite le voir comme Ministre de la Santé. » (François 1)

Sa commence bien imaginez la tricherie une fois au pouvoir.

« Un procès s’ouvrira au mois de septembre contre deux ténors de la santé représentant les médecins spécialistes au Québec. Le Dr Gaétan Barrette, radiologue et président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), ainsi que le Dr Frédéric Desjardins, président de l’Association des radiologistes du Québec (ARQ), sont accusés d’avoir fait du lobbyisme illégal auprès du gouvernement… »

On reconnais bien nos ultra conservateurs soi-disant libertariens. Ils aiment la magouille.

@ François 1

Dernièrement, c’est un conservateur qui à le plus endetté le Québec. Il s’agit de celui que vous affectionnez particulièrement, votre très honorable premier ministre John James Charrest.

Il est prouvé que ce sont presque exclusivement les conservateurs qui ont endetté leur état en Amérique et ce même ou surtout dans les meilleurs années économiques.

Je serais pas surpris de voir bientôt François Legault se laisser pousser une moustache et se promener avec une canne…

Bonjour,

La fantastique Dame de Béton, cette honnête fille de garagiste qui hérita de la pogne et du torque dans les bras de son père Grégoire, vieux garagiste de métier, en a fait passer des vertes et des pas mûres à toute la gang des Purs et des Durs il y a de cela six mois. Et même à toute la trâlée des belles mères péquistes dont Monsieur Jacques Parizeau.

Tout comme disait un vieux péquiste ce matin, un des rares péquistes avec la foi du charbonnier qui reste un péquiste de bonne volonté : C’ta craire qui faut qu’elle montre sa paire de bras en parlant de sa Dame de Béton qui, au garage du paternel en a changé des flats sur les tailleurs de chars pis su ceuzes des trucks disait ce vieux péquiste défenseur de la langue française au Canada…… Est ce que la Dame de Béton possède dans les bras assez de torque pour tasser Mad Doc Barrette….. ? That’s the question ! Avec plaisir, John Bull.

A lire un certain bulldozer, il est clair qu’il a des gros problèmes avec son gros « redémix » Mad doc avec le ciment est pris ben dur dedans pendant qu’il réparait son flat.

Un choc d’élection pré-partum.

Monsieur Barrette présente une image d’un homme qui a un problème de santé. Comme ministre de la santé, ce n’est pas approprié. Je le dis en connaissance de cause car j’ai moi-même un problème de sur-poids. Un ministre de la santé ne peut pas être un fumeur ou un obèse.

Bruno Dussault

Proposer un changement est la chose la plus facile. Réaliser celui-ci est tout un défi.Souhaitons que les bottines suivent les babines