L’UPAC s’invitera-t-elle dans la campagne ?

À quelques jours d’une campagne électorale, l’UPAC se remet curieusement à brasser la ruche du financement illégal des partis provinciaux.

Ils en ont mis du temps, mais les policiers de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont finalement trouvé le chemin vers la résidence de l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté.

Neuf mois après le témoignage accablant du voleur d’élections Gilles Cloutier, à la commission Charbonneau, l’UPAC a mené jeudi dernier une perquisition au domicile de M. Côté, à Baie-Saint-Paul.

Selon les informations rapportées par Le Soleil, M. Côté est un sujet d’intérêt en lien avec autre perquisition, menée cette fois en janvier dernier dans les bureaux de Québec de la firme de génie-conseil Roche.

Les policiers relient les points d’un dessin à numéro dont on devine facilement l’allure finale. Roche aurait été mise à contribution dans le cadre d’un système de fausse facturation afin d’obtenir de l’argent liquide pour vous-savez-quoi.

De 1994 à 2005, Marc Yvan Côté était vice-président au développement des affaires chez Roche. Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, Gilles Cloutier a admis qu’il truquait les élections depuis l’époque de Maurice Duplessis. Il a organisé une soixantaine d’élections clefs en main lors de son passage chez Roche, qui coïncide avec celui de Marc-Yvan Côté. Cloutier payait en argent liquide les faux bénévoles de campagne, sur les instructions de son patron, Marc-Yvan Côté. Le libéral a l’habitude des enveloppes brunes.

En 2005, M. Côté a fait son acte de contrition lors de commission Gomery, portant sur le scandale des commandites. En 1997, alors qu’il était l’organisateur en chef du Parti libéral du Canada pour l’est du Québec, il a accepté 120 000 $ en financement illégal pour organiser les campagnes dans 21 circonscriptions. De terribles erreurs de jugement, avait-il plaidé.  Le passage du temps ne semble pas avoir arrangé les choses.

Si j’étais Philippe Couillard, je claquerais des dents. À quelques jours du déclenchement probable de la campagne électorale, l’UPAC se remet curieusement à brasser la ruche du financement illégal des partis provinciaux.

M. Côté n’a plus aucun rôle officiel au sein de la famille libérale, mais il y possède encore des entrées. Ses déboires nous rappellent qu’il y a tant de squelettes qui grouillent dans le placard libéral.

L’UPAC a plus d’un dossier de financement illégal dans sa mire. L’automne dernier, des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias levaient partiellement le voile sur une vaste enquête. Au moins 11 personnes, non identifiées, auraient été impliquées dans un système de financement occulte en échange de contrats publics alors que le Parti libéral de Jean Charest était au pouvoir.

L’octroi des contrats est «le résultat […] d’un exercice d’influence», peut-on lire dans des documents. «Pour certains contrats, le processus d’octroi a été contrôlé». L’enjeu est de «plusieurs millions».

Les documents sont lourdement caviardés afin de ne pas compromettre les enquêtes toujours en cours. «[…] toute sorte de fuites dans ce dossier risqueraient de compromettre l’intégrité de l’enquête», écrit le policier responsable du dossier, dans sa demande pour garder les mandats sous scellés.

Toute fuite risquerait aussi de compromettre la campagne de Philippe Couillard…

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Il serait temps de s’occuper des partis politiques et d’approfondir les dessous de nos politiciens(nes) y compris.

Le BEUUUU de Matane a quand même eu 1 mois et quelques jour pour faire le grand ménage et changer ses ordinateurs…

Daniel Lavoie

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