Madame la présidente

Alors que la campagne de Donald Trump s’essouffle, l’issue des élections présidentielles américaines semble de plus en plus certaine.

Hillary Clinton et Donald Trump à la fin du dernier débat présidentiel à Las Vegas, au Nevada, le 19 octobre 2016. (Photo: Gary He/EPA/La Presse Canadienne)
Hillary Clinton et Donald Trump à la fin du dernier débat présidentiel à Las Vegas, au Nevada, le 19 octobre 2016. (Photo: Gary He/EPA/La Presse Canadienne)

Alea jacta est, le sort en est jeté. Ou pour, reprendre une métaphore qui cadre mieux avec Las Vegas, où avait lieu le troisième et dernier débat présidentiel, mercredi soir, les jeux sont faits.

À moins qu’un attentat terroriste déstabilise le pays (et encore), les États-Unis éliront, pour la première fois de leur histoire, une femme à leur tête, le 8 novembre.

Pour espérer renverser la tendance des sondages, qui l’éloignent de plus en plus de la Maison Blanche, Donald Trump avait besoin d’un véritable knock-out. Il l’a obtenu. «Malheureusement, il s’agissait d’un puissant uppercut contre sa propre mâchoire», écrit Drew Westen, professeur de psychologie à l’Université Emory et auteur d’un livre à succès sur le «cerveau politique» des Américains (The Political Brain: The Role of Emotion in Deciding The Fate of the Nation).

Selon lui, le candidat républicain devrait être «disqualifié» pour avoir laissé entendre qu’il ne respecterait peut-être pas le résultat des élections, une déclaration «empoisonnée, à la limite de la trahison», pour une démocratie.

À voir les manchettes dans tous les grands médias américains — incluant Fox News, proche du parti républicain — Trump s’est lui-même disqualifié avec cette déclaration.


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Plutôt que de parler de la prestation du candidat républicain, la plus solide à ce jour selon un sondage mené pour CNN (qui donne tout de même la victoire à Hillary Clinton), les analystes s’attardent sur la déclaration fracassante de Trump. Cette fois, le milliardaire peut difficilement blâmer les médias: c’est la toute première fois de l’histoire du pays qu’un candidat à la présidence refuse de s’engager à reconnaître les résultats de l’élection. C’est ce qu’on appelle une bombe. Et ça en dit long sur le désarroi du candidat Trump. Hésiterait-il à s’engager à respecter les résultats s’il était confiant de l’emporter?

Lors du débat, Donald Trump a mentionné avoir visité récemment l’Ohio, la Floride et la Pennsylvanie. Ce n’est pas un hasard. Le candidat le sait: il doit absolument remporter ces trois États pivots, tous remportés par Obama lors des dernières élections, pour atteindre le chiffre magique de 270 votes au collège électoral, qui lui donnerait les clés de la Maison Blanche.

L’Ohio semble encore à sa portée mais il a pris du retard en Floride et accuse un déficit de 6 points en Pennsylvanie. Une analyse des sondages menée par le réputé site Fiverthirtyeight.com ne lui donne que 10% de chances de remporter cet État.

Une chance sur 10: c’est, grosso modo, la probabilité qu’il succède à Barack Obama, désormais.

Le dernier débat présidentiel n’y changera sans doute rien.

«Je ne sais pas si j’ai besoin de vous le dire, mais Hillary Clinton sera probablement la prochaine présidente», écrit Nate Silver, le statisticien vedette qui pilote Fiverthirtyeight.com.

Il reste presque trois semaines avant les élections, mais Hillary Clinton peut presque célébrer: on l’appellera bientôt Madame la présidente.

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10 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Tout au long de cette campagne je me suis posé la question: est-ce que Trump veut réellement être élu, veut-il réellement assumer cette responsabilité. J’ai cru qu’il s’amusait à essayer de voir jusqu’à quel point il pouvait dire n’importe quoi et continuer d’avoir des supporteurs. Le pire c’est que s’il n’y avait pas eu ces « scandales » d’attouchements sexuels le vote aurait pu tourner en sa faveur. C’est très inquiétant que cette super puissance militaire puisse un jour être gouvernée par un démagogue populiste prêt à faire n’importe quoi dans « l’intérêt supérieur des USA » ou contre les « ennemis menaçant sa sécurité ».

C,est dommage qu’il y ait seulement ces deux candidats ds la course,,,,mais probablement que Mme Clinton seras élue,,,et cela évitera la catastrophe,,,le plus étonnant c’est qu’un nombre quand meme assez élevé d’américains vont voter pour un pareil individu,,,comme quoi la politique d’un des plus grands pays du monde n’est meme pas prise au sérieux,,,,en somme Hillary le moindre mal,,,,,,,,,,,,,,,,

Tant mieux. L’ALENA a plus de chance de survivre et par le fait même notre économie se portera mieux qu’avec M. Trump qui veut annuler les ententes et recommencer les négociations avec le Canada et le Mexique.

C’est comme vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… On a vu dans le passé ce que les sondages donnant un gagnant ont créé: les gens se sont dits que ce n’était pas nécessaire d’aller voter car l’affaire était dans le sac et la partie adverse l’a emporté… Trump est consistent: il prétend que les élections sont « arrangées » contre lui alors il va accepter les résultats seulement s’il gagne et garde ses options pour contester l’élection s’il perd… Peut-être que selon lui les ÉU sont devenus un genre de république bananière où les élections sont « arrangées » et un terreau fertile pour les dictateurs!

Mon commentaire ne traitera ni de l’un ou l’autre des deux candidats, mais plutôt de la photo que L’Actualité du 1er novembre 2016 présentait en page couverture de la candidate Hillary Clinton.Je me questionne et vous questionne sur le choix de cette photo que je considère irrespectueuse. Publierez-vous également une photo du même type d’une qualité douteuse de l’autre candidat ???
Je suis une abonnée de l’Actualité depuis ses premières parutions, et c’est la première fois que je déplore ce manque de jugement. Que visiez-vous exactement en choisissant cette photo ???

Super votre commentaire Joannne Sarrasin, un gros manque de jugement de la part de Actualité, photo préjudiciable pour Hilary Clinton qui ne représente qu’une partie de son visage, de plus ce photographe c’est pas fort, c’est comme si on regardait la personne au microscope.

Cette photo de Madame Clinton est au contraire exceptionnelle… elle est le fait d’un grand photographe qui a fait ressortir la grande détermination de la candidate, loin des frivolités du « paraître » au détriment de « l’être »…