Mahomet au Canada anglais : victoire de la rectitude politique

Quand la CBC dit qu’il ne faut pas choquer, en réalité, elle veut dire qu’il ne faut pas choquer les adeptes de religions minoritaires.

Photo: Joel Saget/AFP/Getty Images
Photo: Joel Saget/AFP/Getty Images

Politique

L’attentat contre Charlie Hebdo en France aura été révélateur sur la société canadienne, et plus particulièrement sur la classe médiatique.

Au lendemain de l’attaque, tous les grands quotidiens québécois ont décidé de reproduire les fameuses caricatures de Mahomet. Tous, sauf The Gazette, qui a imité la plupart des médias du Canada anglais (sauf le National Post) et ceux du monde anglo-saxon qui, tout en se proclamant solidaires de leurs confrères assassinés, n’ont pas voulu montrer le prophète, ce qui est considéré comme un sacrilège par bon nombre de musulmans.

Les raisons invoquées par la presse anglophone pour se justifier sont révélatrices des ravages causés par le multiculturalisme.

Commençons par Radio-Canada anglais. Selon David Studer, responsable des pratiques et des standards journalistiques, «une partie de [notre] travail comme diffuseur national consiste à faire la promotion de la tolérance et du respect… L’un des fondements de l’islam est que le prophète ne doit pas être représenté avec des illustrations ou des caricatures.»

En somme, le mandat du service des nouvelles de la CBC n’est pas tant d’informer les Canadiens en leur donnant accès à tous les éléments pour le faire. Il s’agit plutôt de rendre les bulletins de nouvelles politiquement corrects, de façon à ce que personne ne soit froissé.

Il y a quelque chose de soviétique dans cette façon de traiter l’information, ou plutôt de la détourner. Cela est très préoccupant, surtout que la CBC est financée avec nos impôts.

Mais la réalité est encore plus troublante. Quand David Studer dit qu’il ne faut pas choquer, en réalité, il veut dire qu’il ne faut pas choquer les adeptes de religions minoritaires. Sa règle ne s’applique nullement aux chrétiens, qui constituent l’immense majorité de la population canadienne.

En 2010, la CBC a montré une prétendue œuvre d’art d’Andres Serrano, dans laquelle on voyait un crucifix dans un bocal d’urine. La colère que celle-ci aurait pu provoquer n’a pas empêché le diffuseur national d’aller de l’avant.

La plus grande hypocrisie s’est toutefois produite dans un reportage diffusé le 8 janvier, qui portait précisément sur la décision du réseau anglais de Radio-Canada de ne pas montrer les images du prophète.

Pour illustrer l’histoire, la chaîne s’est rabattue sur d’autres caricatures de Charlie Hebdo : l’une montrant le pape brandissant un condom au lieu d’une hostie et l’autre, le dernier repas de Jésus avec les apôtres, intitulée «Le dîner de cons».

Voilà le résultat de notre religion d’État qu’est devenu le multiculturalisme. Au Canada, il est désormais permis de cracher tout le fiel que l’on veut sur notre héritage chrétien. Cela est parfaitement légal et légitime et doit le rester.

Il est toutefois devenu presque impossible d’offrir la moindre critique des religions minoritaires sous peine de se faire accuser d’être antisémite, raciste ou islamophobe.

Ces préceptes ont été largement intégrés par la classe médiatique. Celle-ci se targue d’être ouverte au pluralisme, mais c’est totalement faux. En réalité, la plupart des médias et des journalistes pratiquent la pensée unique diversitaire. Au prix de l’autocensure, et en accusant d’intolérance ceux qui osent penser différemment.

Venons-en maintenant à un autre argument, utilisé notamment par le Globe and Mail, pour justifier leur refus de publier les caricatures de Mahomet. Suivant ce journal, qui se veut le quotidien national du Canada, on peut parler de l’attentat contre Charlie Hebdo sans dévoiler les controversés dessins.

Au niveau journalistique, cela est une aberration. Les caricatures sont au centre de l’histoire, et tout le monde veut les voir.

Ajoutons à cela que cet art est une forme très particulière d’expression. À l’aide d’une simple illustration et d’une phrase ou deux que l’on peut lire en quelques secondes, la caricature peut déboulonner des politiciens de leur piédestal et désacraliser les dogmes, tout cela grâce au rire, au ridicule et à l’ironie.

Un livre récent, intitulé The Art of Controversy et écrit par l’historien Victor Navasky, jette un éclairage intéressant sur l’importance de cette approche.

L’auteur raconte notamment l’histoire de David Low, un caricaturiste qui travaillait pour le quotidien britannique Evening Standard. Celui-ci a dessiné plusieurs caricatures mordantes d’Adolf Hitler avant la Deuxième Guerre mondiale. Ce dernier en était très frustré et s’en plaignait aux Anglais, ce qui compliquait les relations entre les deux pays — à tel point que le gouvernement de Sa Majesté a demandé au journal de s’autocensurer. Le Standard a accepté.

Évidemment, Hitler ne s’est jamais montré plus raisonnable suite à cette concession, bien au contraire. Une fois la guerre commencée, si son plan d’invasion de la Grande-Bretagne avait réussi, David Low faisait partie d’une liste prioritaire de personnes qui devaient être éliminées.

Cette histoire montre bien que les caricatures sont efficaces et dérangent même les dictateurs les plus puissants. Cela illustre également que l’autocensure, pour des raisons politiques ou des considérations prétendument éthiques (comme le propose Jocelyn Maclure, mon collègue blogueur) n’apaisent nullement les fanatiques. Elle ne fait que les encourager.

On me permettra de terminer en citant Philippe Couillard, qui a livré un plaidoyer pour la liberté d’expression à la suite de cette sombre histoire, et qui a tenu à saluer la décision des médias d’ici de publier les caricatures de Mahomet. «C’est un geste important à poser et, comme Québécois, je suis fier que nos journaux l’aient posé.»

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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33 commentaires
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J’entendais un expert hier dire qu’il n’y a rien dans Le Coran qui dit qu’on ne peut illustrer Mahomet. C’est une autre lubie de nos islamistes comme le voile

Allez lire les commentaires des forums anglophones sur la mort de Francis Simard ce matin. Vous allez voir que la liberté d’expression est illimitée lorsque vient le temps de manger du séparatistes.

Les Islamistes non, les séparatissss yesssssss.

La liberté d’expression est aussi illimité pour les indépendantristes quand vient le temps de vomir sur le Canada et sur le PLQ, allez voir sur les forums francophones. 😉

Personne ne remet ça en question ici, Jack illustrait le double standard des médias du Canada anglais.

Un beau résumé, mais on oublie qu’en 2006, la seule publication au Canada qui a diffusé les caricatures controversées n’a pas été le Devoir, ni La Presse, ni le Journal de Montréal, ni le Soleil, mais le Western Standard, un magazine de Calgary. Le magzine a été traduit devant des tribunaux administratifs. À ce moment, y a-t-il eu des journaux pour défendre cette publication. AUCUN! Et aujourd’hui, on adopte une position morale surpérieure. On peut juste dire que le Canada anglais est constant alors qu’au québécois on réagit à nouveau avec émotion.

« On peut juste dire que le Canada anglais est constant alors qu’au québécois on réagit à nouveau avec émotion. »

Vous avez bien raison.

Deux Turpitudes, la suite.

Bastien: «Au Canada, il est désormais permis de cracher tout le fiel que l’on veut sur notre héritage chrétien.»

Ces trémolos identitaires au sujet de « notre héritage chrétien » sur lequel on crache (y compris à Charlie Hebdo, dans Le Canard enchâiné !) suggère plutôt que Frédéric Bastien réclame la même censure pour la religion majoritaire (mais l’est-elle vraiment, d’ailleurs?) que les zélateurs de l’imprégnation politically correct pratiquent déjà pour les religions minoritaires au Canada anglophone.

Cet article autocontradictoire de Frédéric Bastien offre une parfaite symétrie dans la turpitude avec celui publié aujourd’hui dans The Gazette par Andrew Coyne. Ce dernier tient toute observation sur le fait que les caricatures de Charlie Hebdo sont nettement plus volontiers publiées en français qu’en anglais pour une évidente manifestation de racisme French.

« The Charlie Hebdo dead, it seems, did not die in vain: they served up an opportunity to rehearse, yet again, the theme of apologetic, uptight squareheads versus the fearleess, freethinking French. »

C’est lui’, Coyne, qui introduit « squareheads », qui fait croire aux unilingues parmi ses lecteurs – pour des raisons stratégiques évidentes – que la French press déborde (à nouveau!) d’attaques haineuses contre eux. Rien de tel que la peur de l’inconnu (voire de l’inconnaissable, du moins pour ceux qui croient à « descent », « ancestry », « bloodlines ») pour garder ses troupes bien exaltées.

Et refrain, je ressors ma citation préférée de Carlo Sforza, fameux antifasciste libéral de la première heure ! (Je dois bien la placer dans un message sur trois que j’envoie à L’Actualité).

« La guerre de 1939 aura montré même aux plus aveugles que rien n’est plus insensé et dangereux que de substituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale. »

Que ce soit à l’échelle du Canada ou à celle du Québec qu’on prétend substituer l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale, peu importe. Zélateur ahuri de la « One Nation » à l’échelle du Canada (lequel est une fédération, soit dit en passant) tout comme Bastien est un zélateur ahuri de la Nation à l’échelle du Québec, Coyne croit tellement à cette abstraction d’une seule « national identity » uniforme dans laquelle il veut fondre tous les Canadiens, qu’il appelle cette diffraction quant aux caricatures de Charlie Hebdo « an APPARENT linguistic divide ». Notez bien: « apparent ». En réalité, cette différence culturelle, au fond, n’existe pas, nous avons tous rêvé ça, lesw médias anglophones ne se sont pas montrés plus frileux (sur ce coup-là) que les médias francophones (sur ce coup-là). Car si c’était vrai, des idéologues French/separatists pourraient s’en servir ; donc c’est faux.

D’après moi, Bastien comme Conlogue ont en commun leur incapacité à comprendre une autre culture, un manque flagrant d’insight. Essayons d’aider les malheureux.

Aldo Moro : «Toute culture doit être comprise dans ses propres limites.»

Carlo Levi : «Ici [dans le Mezzogiorno] les plus grands voyageurs n’aient jamais franchi les limites de leur propre monde.»

Comte Sforza : «Comprendre un autre peuple, une nation étrangère: voilà une réalisation où intelligence et culture ne sont guère utiles si elles ne sont irriguées par la sympathie humaine.»

Pourquoi trois Italiens, me demanderez-vous? Pourquoi un démocrate-chrétien, un socialiste, un libéral ? Oh, comme ça, pour rien.

« Ces trémolos identitaires au sujet de « notre héritage chrétien » sur lequel on crache […] suggère plutôt que Frédéric Bastien ***réclame la même censure*** pour la religion majoritaire »

Si c’est la conclusion à laquelle vous en arriver quand Bastien écrit « Cela est parfaitement légal et légitime et doit le rester », votre logique est particulièrement défaillante.

Au plaisir.

Les anglo-saxons pratiquent l’intégration « soft » des immigrants, en comptant sur le temps, et les seconde ou troisième générations suivantes pour obtenir une adhésion pleine et entière des nouveaux arrivants. Ils réussissent de manière éclatante, autant pour les juifs, les italiens, les irlandais de jadis, que pour les hispanophones, les asiatiques, ou les musulmans d’aujourd’hui (malgré le 11 septembre). Les républicains laïcs à la française tiennent à ce qu’on exige dès maintenant, de tous les immigrants, adhésion pleine et entière, et maîtrise complète des codes culturels d’un pays centralisateur et bureaucratique. Ces codes sont complexes à maîtriser. Mais pour réussir une telle intégration on doit nécessairement passer par l’école ou l’emploi. Tassés dans des banlieues négligées, les musulmans, puisqu’il s’agit toujours des mêmes, et de ceux-là seulement, allez savoir pourquoi, se retrouvent entre eux, dans une école gérés par des équipes de seconde zone. Ils se fanatisent dans la frustration et l’humiliation une fois sortis de l’école, parce que la France échoue lamentablement à offrir des emplois aux plus jeunes de ces « zones urbaines sensibles ». Le chômage y est endémique alors que la discrimination à l’emploi est évidente.
La République française vit d’espérance et d’eau fraîche (la laïcité de papa), de même que dans le déni à propos de la diversité.
Le Québec réussit mieux que la France, grâce aux écoles primaires et secondaires de Montréal et leurs enseignants polyglottes, à une meilleure offre d’emploi, et des structures d’accueil plus efficaces. Mais il reste beaucoup à faire. Concentrons-nous là-dessus plutôt que sur les signes ostentatoires de Bernard Drainville, un . sujet d’une insignifiance gênante en regard de nos besoins démographiques.

@ Jacques Saint-Cyr,

Tandis que je vous lis, j’éprouve ce sentiment étrange et pénétrant de voir une version extrêmement expurgée de ces œuvres appartenant à cette tradition française du « roman populiste » dont les personnages centraux sont usuellement de pauvres gens.

Ainsi, en vous parcourant, on éprouve l’impression que ces immigrants et autres descendants d’immigrants sont dans cette France des « inégalités » tous biens mal traités, presque littéralement ostracisés. Que ce sont d’entre tous et de loin les musulmans qui sont de la population le groupe le plus touché.

Contraints, littéralement forcés de vivre dans des cités HLM, parqués tels des bêtes, rejetés de la société dans ces sortes de camps de concentration seulement destinés à ces pauvres maghrébins. Loin de toutes choses, même des écoles publiques (pourtant obligatoires jusqu’à 16 ans) et de tous les emplois.

Si c’était vraiment comme ça. Mon idée, c’est que cela ferait longtemps que ça se saurait.

Bref, la France, ne serait ni plus ni moins que l’Enfer pour les musulmans. Alors, ce que je ne comprends pas. Si nous considérons que ces musulmans qui ne sont pas tous pratiquants représentent quand même bon an mal an une population de près de dix millions d’habitants. Si on considère tout pareillement que c’est en Europe, le pays qui compte le plus grand nombre de musulmans et globalement tout comme d’ailleurs le pays qui compte la plus grande proportion de population issue de l’immigration.

Il faudrait conclure alors, soit que tous ces gens sont des masochistes qui adorent et réclament toutes ces souffrances ignobles qui leurs sont infligées par ces « M…ts » Français…. Ou bien encore que tout compte fait, cet Enfer…. quand on y regarde de plus près, cela a quand même du bon !

Comment expliquer alors, puisque la plupart de ces gens-là jouissent de la nationalité française et de programmes sociaux en grand nombre plus spécifiquement destinés aux populations les plus défavorisées ; que ces gens-là, victimes de ces horribles conditions que vous décrivez, que tous ne fuient pas ce pays en très grand nombre, puisque leur nationalité française leur confère le droit de vivre et de travailler dans n’importe quel pays de l’Union-Européenne où certainement, ils ne peuvent être selon vos standards que bien mieux traités ?

— Auriez-vous quelques pensées de plus à nous soumettre pour expliquer malgré tout, en tous états cette grande sédentarité qui de toute évidence et en dépit de tout, manifestement les anime ? J’ai ma « petite » idée sur cette question et je vous laisse l’entièreté du soin de la deviner.

Allez vous promener dans Seine-Saint-Denis, vous m’en direz des nouvelles. Mais allez un peu plus loin que la Cathédrale.

Jacques Saint-Cyr,

À toutes fins pratiques, vous ne trouvez pas à Saint-Denis une cathédrale mais une basilique. C’est tout de même drôle que j’ai pu un temps travailler en Seine-Saint-Denis notamment et j’ai pas vraiment vu tout ça ! Faut croire — si on vous croit — que tout aura complètement changé dans ce pays en un rien de temps !

Faudra que vous me disiez où vous avez acheté votre paire de lunettes roses. Elles vous vont à ravir !

Les données statistiques relevées par l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) dans son rapport 2013, confirment encore une fois que l’écart de revenus entre les quartiers classés en ZUS (Zones urbaines sensibles) et les autres territoires urbains « continue à se creuser », et que cette dégradation s’opère alors que le revenu moyen est reparti à la hausse dans les villes voisines comme dans l’ensemble du territoire. La courbe du chômage montre les mêmes inflexions ».

« En clair, contrairement à l’assertion courante qui prétend que, depuis le déclenchement de la crise de 2008, la situation s’est dégradée partout, cela va encore plus mal dans les quartiers populaires alors que cela ne va pas si mal ailleurs. Et même s’il existe des disparités entre les quartiers prioritaires, les banlieues dévissent alors que le reste du pays s’en sort. Le rapport de l’Onzus met en lumière le caractère exceptionnel de la situation sociale en banlieue. Et vient opportunément rappeler cette spécificité de relégation territoriale et de stigmatisation qui plombe ces quartiers dits sensibles ».

Relégation territoriale, en bon français, cela s’appelle ghettoïsation. Stigmatisation signifie racisme. En bon entendeur salut.

@ monsieur Jacques Saint-Cyr,

Le problème de la pauvreté est une triste réalité qui touche de très nombreuses nations dans le monde et cette problématique est d’autant plus terrible lorsqu’elle affecte des pays estimés ou considérés comme riches. Hélas à ce chapitre le Canada fait aussi piètre figure puisque selon le rapport 2014 de l’Unicef, ce sont plus d’un enfant sur cinq qui vivent ici sous le seuil de la pauvreté. Ce qui signifie évidemment que ce sont aussi les parents qui vivent sous ce seuil.

Si la France établit une carte comprenant quelques 751 quartiers prioritaires répartis sur tout le pays pour un grand total de quelques 3,9 millions d’habitants (population actuelle d’un peu plus de 66 millions d’âmes) et qu’elle s’est doté d’une structure pour rendre des comptes sur ses actions concrètes menées sur le terrain.

C’est précisément parce que les autorités prennent ces questions au sérieux. Autrement on ne ferait absolument rien ! De plus, vos propos visent à établir que cette situation sociale toucherait toutes les banlieues et qu’elle ne toucherait qu’une population migrante d’origine arabe. Sur ce point, je ne sais pas sur la base de quelles données vous vous fondez pour étayer de semblables affirmations.

J’aimerais également vous signaler que le revenu moyen en 2013 par habitant dans ces ZUS est tout de même de 12 542 Euros (soit 17 300 $) par an, exempté pour le plus grand nombre d’impôts, lorsque les frais de loyers sont pratiquement inexistants, compte tenu des allocations de logements.

Hormis le fait que les travailleurs qui gagnent moins de 18 000 $ au Canada sont soumis à l’impôt, le revenu familial moyen en 2011 ajusté après impôt se situait ici à la hauteur de 16 000 dollars pour le quintile inférieur de la population (données de Statistique Canada). Ce qui signifie en termes simples et clairs qu’il y a plus de canadiens qui vivent avec des revenus au Canada inférieurs à ceux des habitants des ZUS que vous affectionnez, et ce malgré notre population deux fois moindre.

— Alors pour l’excellence de nos capacités d’intégration sociale de notre concitoyens (migrants, de naissance ou de souche), bin j’crois bin qu’on en reparlera tôt ou tard, vous et moi. Je pense qu’il y a certains quartiers du Grand Montréal que vous ne devez manifestement jamais visiter. Vous préférez sans doute à cela cet exotisme oriental qui sied tant et tout naturellement aux couleurs des banlieues parisiennes.

Au chapitre de l’exotisme je ne saurais d’ailleurs que trop vous recommander certaines réserves indiennes sises notamment dans le nord de l’Ontario ou si vous ne voulez pas trop vous éloigner des centres urbains, je ne saurais alors que trop vous préconiser le « Downtown Eastside Vancouver » : exotisme, drogue et prostitution à tous les étages garantis.

Ce que vous décrivez dans votre premier paragraphe ressemble tellement à la situation des Noirs aux USA. Noirs présents dans le pays depuis 10 générations!

Vous avez tout compris. Je suis un immigrant musulman de première génération, et j’ai réussi à m’intégrer exactement pour les raisons que vous avez énumérées. J’ai passé beaucoup de temps à réfléchir sur les mêmes questions et j’arrive exactement à la même conclusion que vous. Quand je vois des Québécois « pure laine » réussir eux aussi à se remettre un peu en question, je me sens encore mieux dans mon nouveau pays.
Pour ce qui est de la charte de Drainville et la manière que le PQ (pourtant j’avais voté pour eux, pour sortir Charest) l’avait utilisé pour séparer les gens, c’est le seul moment depuis 15 ans où je me suis sentie moins bienvenue et où j’ai réfléchi à l’idée de partir pour l’Ontario. Mais bon, tout ça est du passé et je me sens de nouveau chez moi et surtout pas indésirable.

Entièrement d’accord avec vous .
Il faut donner le temps aux immigrés de tous les pays de s’adapter a ce que nous sommes.
Çelà demande beaucoup de patience et de temps avant qu’une personne qui a tout quitté mais qui vient avec des dizaine d’années de culture et de tradition d’oublier tout ce qu’elle est .
Il suffit de voir comment chaque personne qui vient vivre au canada cherche tout de suite une sorte de continuité en s’intégrant d’abord aux gens de sa communauté ( continuer a parler la même langue,manger les mêmes mets , vivre un peu la même vie que celle qu’ils ont quitté…..)
Si on se penche sur le pourquoi de l’émigration ,on constate que ces gens ont tous fui quelque chose et non un pays et une culture.
nous devrions d’abord essayer de les comprendre puis leur montrer que nous ne sommes pas l’ennemi
et ca demande parfois l’effort d’accepter l’autre, avec ses qualités et ses défauts …et cela demande des générations et non quelques mois ou quelques années

J’ajouterais aussi, qu’à travers cette intégration soft, les québécois de souche changent aussi, se trouve transformés par votre présence. Nous sommes une société où la diversité existe, mais où les idées, les moeurs, les pratiques, les coutumes se mêlent et débouchent sur quelque chose de nouveau, qui demeure québécois, mais veut dire autre chose. L’histoire, c’est le changement, pas l’idée d’un nation statufiée et figée dans le temps. D’ailleurs, je déteste le qualificatif « de souche », il ne veut rien dire.

«Les anglo-saxons pratiquent l’intégration « soft » des immigrants, en comptant sur le temps, et les seconde ou troisième générations suivantes pour obtenir une adhésion pleine et entière des nouveaux arrivants.»

« Adhésion » me semble un choix de terme assez malheureux. Cela traduit-il vraiment ce que vous vouliez dire? On « adhère », il me semble, à un parti politique, à une idéologie, à une organisation, un club. Tandis que le fait pour quelqu’un de devenir, par exemple, surtout canadien-anglais ou surtout canadien-français alors que ses parents – ou ses grands-parents? – immigrants étaient surtout chinois ou surtout italiens ou surtout algériens, ce n’est pas, heureusement, une affaire d’adhésion.

Vous allez dire que je picosse, et c’est bien possible, pourtant je dis qu’il ne faut surtout pas confondre nationalité et nationalisme, ne pas prendre pour une sorte de militantisme politique le fait d’être de telle ou telle culture. Contrairement à ce que croient les différents corporatismes identitaires – nationalisme québécois, multiculturalisme – la culture n’est pas la hampe d’un drapeau ou une carte d’adhérent. mais quelque chose que l’on devient au gré des influences, le plus souvent sans trop s’en apercevoir, en raison d’un million et demi de facteurs (au bas mot!) y compris la contingence et le hasard les plus grands.

Comme l’écrivait si justement Hannah Arendt. « C’est un monde qui commence à nouveau à l’arrivée de chaque nouvelle vie dans le monde. » Parce que la culture étant acquise par chaque individu de son vivant, elle recommence da capo avec chaque nouvel individu : le contraire exact du concept biologique d’hérédité. Et c’est pourquoi, toujours dans les mots de Hannah Arendt, « il y a autant de façons d’être juif qu’il y a de Juifs. »

Or justement, pour ma part, je crois déceler que le gentil Canada croit à des théories de l’hérédité collective et non à la culture, quand bien même se gargarise-t-il du mot « culture » à la journée longue via l’isme trompeur « multiculturalisme ». Autrement dit, huit générations plus tard, si vous vous appelez Rossi ou Cefalù, vous êtes tenu pour italien, QUE VOUS SOYEZ ITALIEN OU NON – c’est-à-dire: que vous soyez ou non de CULTURE italienne. Car le vrai critère de base de ces braves gens, hélas, c’est une théorie de l’hérédité collective (via toute une brochette d’euphémismes de RACE que sont « descent », « ancestry », « bloodlines », « lineage », « ethnic stock »). De la même façon, « French-Canadian » en anglais désigne et a toujours désigné ceux qui sont de prétendue « French ancestry », de soi-disant « French descent », qu’ils soient canadiens-français ou non. De même, la notion de « visible minority » classe dans l’Asian community, par exemple, des gens qui peuvent fort bien ne pas être asiatiques le moins du monde, parce que le critère est la « visibilité » : un fait physique, une lubie biomorphique fondée sur la « complexion » et les « features », sur les traits du visage et pas du tout sur la culture ou civilisation Aussi vague cela soit-il de dire de quelqu’un qu’il est asiatique, le fait d’être asiatique est un fait de civilisation et non un fait racial, ça n’est pas transmis par le sang mais par la culture, donc c’est quelque chose d’immatériel qui ne saurait être déterminé biologiquement. La diversité humaine est bel et bien culturelle, pas naturelle-biologique.

Tout le contentieux, si on peut l’appeler ainsi, ou disons une part non négligeable du contentieux, entre le gentil et vertueux Canada anglophone et son versant francophone, réside là. Le sempiternel refrain « notre culture n’est pas reconnue » a beau être sempiternel et même me tomber sur les nerfs vu qu’il souvent entonné par des nationalistes, ça reste malheureusement exact. En effet, « notre » culture – comme tant d’autres cultures – n’est pas reconnue parce qu’elle est prise pour une race. (« French descent », « French ancestry », et autres sornettes).

Aussi, quand vous écrivez «Les anglo-saxons pratiquent l’intégration « soft » des immigrants, en comptant sur le temps», d’une part, moi, je compte sur le temps en effet, et je tiens compte – en complément de programme – que personne ne devient d’une culture ou d’une autre au même rythme, ce qui rend vaine, périlleuse même, toute tentative d’aligner les identités culturelles depuis les hauteurs de l’État (de l’État québécois mais aussi canadien, qu’il s’agisse de « culture publique commune » ou de « multiculturalisme »).

Mais d’autre part, si comme vous l’écrivez «Les anglo-saxons pratiquent l’intégration « soft »», alors ils ne s’en rendent absolument pas compte. Car les malheureux, pour une bonne brochette en tout cas, sont persuadés de vivre dans une diversité extrême que rien ne saurait entamer. Car tout en se prenant pour le phare de l’antiracisme guidant le monde, nos amis sont nombreux a être absolument persuadés que l’on est canadien-anglais PAR LA NAISSANCE (par l’hérédité), et donc qu’on ne saurait le DEVENIR, qu’on est Italien PAR LA NAISSANCE, et qu’on ne saurait le DEVENIR, qu’on est Zoulou par la naissance et qu’on ne saurait le DEVENIR, et ainsi de suite. Étant donné qu’ils prennent la diversité humaine pour transmise par le sang et non par la culture, ils ne se rendent pas compte qu’un monsieur s’appelant Rossi ou N’Guyen peut être tout simplement canadien-anglais – et dans plusieurs cas, selon le devenir de chacun, peut-être même ni italien ni vietnamien – car nos braves antiracistes autoproclamés ne comprennent pas que le fait d’être d’un peuple – vietnamien, italien, canadien-anglais ou les trois – est quelque chose que l’on devient (CULTURE, lanternes), et non pas quelque chose qu’on était déjà à la naissance (NATURE, vessies).

On parle souvent de la mosaïque canadienne. On oublie de mentionner que dans une mosaïque les jolis morceaux de verre coloré sont séparés par d’épaisses lisières de plomb: les prétendus « liens du sang ». En prenant les peuples pour des races, en les prenant pour un fait de la nature et non de la culture, on instaure entre eux des parois physiques infranchissables.

Le politicien et penseur libéral Pierre-Elliott Trudeau, fondateur du prétendu « multiculturalisme », déclare en entrevue à Cité Libre, février-mars 1997:

«Pour moi, la langue est un instrument de communication que l’on peut acquérir avec un certain entraînement. Par contre, les liens du sang, ou la « culture ancestrale » ne peuvent pas s’apprendre.»

Des liens DU SANG ?? Qui ne peuvent pas s’apprendre ?? Voici plutôt la position d’un autre politicien et penseur libéral, Benedetto Croce, en 1938 dans son ouvrage majeur ‘L’histoire comme pensée et comme action’: «Benedetto Croce (antifasciste seulement à partir de 1925 mais antiraciste de toujours):

«La division en races de l’humanité, sitôt qu’elle cesse d’être une simple classification et devient une réalité, est une cause de troubles pour cette humanité et, si elle en avait le pouvoir, elle la détruirait, en raison de la scission inguérissable qu’elle produit entre les peuples, qu’elle rend étrangers les uns aux autres.»

Oui vous picossez. Mais vous m’inquiétez aussi, en retournant vers le XIXe siècle… la « terre et les morts » (France), ou le « sang et de la terre – Blut und Boden » (Allemagne)… Lisez Marcel Detienne, qui parle de l’identité, vous verrez les raisons de mon inquiétude.

Les morts qui précèdent le québécois, quant à moi, sont autochtones, picards, angevins, normands, écossais, anglais, prussiens, irlandais, français, allemands, juifs d’Europe ou d’Afrique du nord, loyalistes américains, noirs… Je sais, c’est très gênant, cette litanie, et vous n’aimerez pas. Mais quoi…

Vous ne m’avez pas lu, monsieur ! Vous me faites dire le contraire exact de ce que dis, c’est inqualifiable.

Je fais un long laïus pour vous expliquer l’inanité des théories du sang, et à quel point ce sont des sornettes, et que Trudeau et le Canada anglais n’ont jamais cessé d’y croire (« french descent » « british ancestry » et le blabla ahurissant de Trudeau sur les prétendus « liens du sang ») et vous me répondez que c’est moi qui croit aux théories du sang ?? Je vous explique que la diversité humaine est CULTURELLE (i.e. immatérielle et ne pouvant donc pas être déterminée biologiquement) et vous dites que c’est moi qui suis NATURALISTE ?? Soit vous êtes de mauvaise foi, ou alors vous ne comprenez rien à rien.

Le Canada anglais a beau se prendre pour la statue de la vertu antiraciste guidant le monde, même après 1945 il n’a jamais cessé de prendre le fait d’être canadien-français pour un fait racial, pour quelque chose d’héréditaire ; il n’a jamais cessé de croire à la billevesée d’un prétendu « sang anglais », d’un prétendu « sang français » qui, bien entendu, n’ont jamais existé. C’est précisément cette croyance insane, négatrice du genre humain, que l’antifasciste libéral Giuseppe Antonio Borgese appelait fort justement dans son Goliath « les superstitions biologiques ». Et c’est ce que je vous explique tout au long de mon message précédent. Et ça remonte en effet au 19ème siècle (fin 18ème en fait) par exemple au délire cinglé de Disraeli : « Race is everything and there is no other truth », à la même époque où par exemple une revue de relations internationales britannique titrait tout tranquillement « A biological view of our foreign policy » (exemple cité par Hannah Arendt dans ‘Race thinking before racism’), à la même époque où le gentil Canada pondait l’immonde Indian Act de 1876, entièrement fondé sur la croyance délirante en l’existence d’un prétendu « sang indien », alors que le fait d’être d’une Première Nation, comme de tout autre peuple, est évidemment un fait de civilisation (culturel, spirituel, historique) et non un fait racial (superstitions biologiques). Le monde, alors, était infesté de polygénisme.

Et tiens, à part la remarque délirante de Trudeau sur les prétendus « liens du sang » qui s’ils existaient, en effet, « ne pourraient pas s’apprendre ». en voici une autre, bien gratinée aussi, de Sheila Copps dans un article de 2007 intitulé ‘La Saint-Patrick’:

« De fait, du sang irlandais (sic) coule dans les veines de plusieurs Canadiens. Pour ma part, la famille de mon père est venue d’Irlande au XIXe siècle et j’ai hérité de sang (sic) acadien et anglais du côté maternel. »

La malheureuse se prend pour la statue de l’antiracisme guidant le monde alors même qu’elle croit dur comme fer que l’irishness est transmise par le sang, que le fait d’être acadien ou anglais est transmis par le sang !!

Ce qui me rappelle aussi une blague en yiddish dont on m’a charitablement fourni la traduction en français:

— Wi iz dos Yidn-blut ?
— Royt mit a Magen Dovid !

— C’est comment, du sang juif ?
— Rouge avec des étoiles de David !

Autrement dit, ça n’existe pas.

— Bien que monsieur Studer soit un journaliste reconnu et accompli, lorsqu’il déclare : « L’un des fondements de l’islam est que le prophète ne doit pas être représenté avec des illustrations ou des caricatures », il se trouve aux antipodes des fondements de l’Islam, il occupe en revanche la position des pratiquants de l’« à-plat-ventre-isme » ; une position qui n’est pas du seul apanage des anglo-canadiens. Telles sortes de génuflexions qui à toutes fins pratiques dénotent plutôt d’une sorte de phobie panique au seul prononcé du mot : Islam.

Probablement d’ailleurs parce qu’ils ne connaissent pas l’Islam.

— J’ajouterai qu’il faut être de bien « mauvaise foi » pour voir dans le personnage de Charlie Hebdo une quelconque caricature du prophète Mahomet. C’est dans le meilleur des cas, une caricature emblématique de ces musulmans intégristes qui prétendent incarner une forme d’Islam pur, qui n’a jamais existé. Ou plutôt, le seul Islam empreint de pureté, c’est l’Islam des lumières qui introduit l’homme dans la dimension de la science pure.

Pas même du temps de Mahomet, l’Islam n’existait dans sa forme originelle puisque pour y parvenir, il faudrait consacrer toute sa vie à l’étude. Ce n’est pas pour rien si le prophète met en garde continuellement tant dans le Coran que dans ses hadiths ses disciples contre leurs propres préjugés et leur conceptions erronées qui corrompent la volonté ou le dessein éternel.

Pas plus, ce n’est pour rien si Mahomet sentant sa mort prochaine organisât très soigneusement sa succession, comme il savait les défauts de tous ses adeptes. Qui d’ailleurs n’ont pas manqué de commencer à s’entre-déchirer dès le lendemain de son inhumation.

— Alors comme vous l’écrivez justement, le mandat de CBC consiste à : « rendre les bulletins de nouvelles politiquement corrects, de façon à ce que personne ne soit froissé. »

Je ne blâme d’ailleurs pas CBC pour cela. La Société Radio-Canada connait son public et beaucoup de canadiens ne veulent pas de polémiques ni d’histoires.

— Là où cependant selon moi vous dérivez, c’est lorsque vous écrivez : « Il y a quelque chose de soviétique dans cette façon de traiter l’information, ou plutôt de la détourner. »

Ici on entre dans un autre concept qui est celui de la propagande. Y-a-t-il une manière plus spécifiquement canadienne de traiter l’information (en général) et cette information est-elle adaptée voire calibrée en fonction de paramètres linguistiques et culturels ?

Tous les médias internationaux sont à divers degrés des propagandistes ; ils ont à divers niveaux pour fin de convaincre et de conforter les populations. D’une certaine manière, le rôle des médias est substitutif à celui des religions.

Aussi la stylistique médiatique fait-elle référence à une forme paradigmatique dans laquelle se retrouvent la plupart des canadiennes et des canadiens. Hors dans ce cas, la religion n’est pas le centre du message, c’est plutôt l’idée que le Canada serait un modèle d’intégration et d’égalité identique pour tout le monde.

Ce qui implique quelques concessions.

— Là où toujours selon moi, vous dérivez plus encore, c’est lorsque vous écrivez ceci : « (…) il est désormais permis de cracher tout le fiel que l’on veut sur notre héritage chrétien. Cela est parfaitement légal et légitime et doit le rester. »

Ceux qui crachent le plus sur leur héritage chrétien, ce sont les québécois. Il n’y a aucune légitimité à cracher sur une religion quelle qu’elle soit et c’est parfaitement illégal. Puisque ceci peut être assimilé dans plusieurs cas à du libelle diffamatoire notamment ce qui s’assimile aussi au blasphème, autant d’offenses qui sont passibles d’emprisonnement.

— Lorsque vous écrivez encore : « Les caricatures sont au centre de l’histoire, et tout le monde veut les voir. » C’est malheureusement vous qui vous adonnez désormais à la propagande. Vous voulez convaincre tous vos lecteurs qu’au Canada on veut voir les caricatures et que tout peut être montré.

À ce titre on voudrait alors tous voir la vidéo du crime de Luka Rocco Magnotta, on voudrait voir encore toutes les décapitations perpétrées par les brigades terroristes armées de l’EI. Tout doit-il être vu et être montré ? Bin heureusement non ! Et il n’existe aucune loi, ni aucune règle déontologique à forcer quel qu’informateur que ce soit de tout dévoiler sauf si c’est une question de sécurité nationale.

— Finalement si ces caricatures de Charlie Hebdo étaient si importantes à monter que cela. Comment expliquer alors que ce journal était encore voici une semaine à l’agonie (faute de lecteurs) et que sa survie était menacée à très court terme faute de financement et d’un lectorat consolidé ? Si sincèrement, ces caricatures revêtent autant d’importance pour vous. Alors abonnez-vous à Charlie Hebdo, faites en la promotion et ne laissez plus jamais tomber cette forme d’expression !

Le martyre, c’est la seule façon de devenir célèbre quand on n’a pas de talent – Pierre Desproges.
Il faut dire que le talent de potaches et d’adolescents attardés de mai ’68 des Charlie assassinés avait quelque chose de limité au pipi-caca et de suranné au plan politique. Mais la cause était belle, en autant qu’on reste dans les hautes sphères de la laïcité républicaine du petit père Combes d’avant 1905, en ignorant les héritages de Georges Clemenceau ou de Jules Ferry, qui appelaient à la tolérance et à la pondération.

Victoire de la « rectitude politique »? Pas du tout! Victoire de trois abrutis ignorants convaincus de l’obligation de faire taire ceux qui ne pensent pas comme eux et ce, à n’importe quel prix. C’est la presse française qu’ils voulaient forcer au silence mais c’est en Amérique du Nord qu’ils ont le mieux réussi à le faire.

La seule solution… c’est l’indépendance du Québec et Radio-Québec !

Radio-Canada… 657 postes supprimés au cours des deux prochaines années, dont 230 postes coupés immédiatement du côté des services français.

Dans le Canada anglais, cela sera applaudit!!! Ils écoutent les postes américains ! Pour eux, CBC… c’est du gaspillage!! Cote d’écoute Radio-Canada= 15%, CBC= 8%

Peut être qu’ils vont devenir de vrais journalistes, au lieu d’être des propagnatistes d’Ottawa !
Il nous faut Radio Québec et vite ! La dernière élection devrait nous convaincre !

Les Orangistes n’attendent que la fin du mouvement souverainiste pour mettre la clef dans cette institution de propagande fédéraliste et multiculturelle !

La SRC paie pour la CBC, 14 avril 2014
http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201404/14/01-4757580-la-src-paie-pour-la-cbc.php
Pourtant Radio-Canada, encore une fois, présente un meilleur bilan financier que la CBC. Mais, qu’à cela ne tienne, un couperet musclé passera au service français avec la même sévérité. Il y a distorsion dans la logique, ici.

Harper représente très bien ce beau Canada…
Moi, je suis tanné du Canada! C’est un pays que je veux!!!!
Harper ? Cons., PLC, NDP, c’est du pareil au même! Sortons-en du Canada et au plus vite!

Ainsi, j’ai appris de l’exemple de Dieu même que le sacrilège est une bonne chose, et pour de simples raisons aussi théologiques que délicieuses :

1. Dieu lui-même a été sacrilège envers lui-même quand il a admis avoir été stupide d’avoir créé l’humanité à qui il envoya le déluge.

2. Dieu a été sacrilège envers lui-même en envoyant à la mort son propre fils Jésus, geste qui est, en droit canadien, un crime d’honneur interdit par la loi.

3. Dieu, tout-puissant puisque créateur de toute chose, a été sacrilège envers lui-même puisqu’il a créé un être, Satan, qui le vomit du fond de l’enfer.

Ainsi donc, si Dieu est sacrilège envers lui-même, le sacrilège est un commandement de Dieu puisqu’il faut être vertueux en imitant Dieu dans ses actions divines.

Résumons:

Dieu a-t-il un pénis ou un clito ?
Ni l’un ni l’autre, il n’a que des pinces.
Vous insultez les crabes, monsieur !
Oh ! pardon, Dieu est une ordure.

Pourquoi insultez-vous Dieu ?
Parce qu’il est l’envers de la grandeur de l’homme, parce qu’il déchire de 1000 coups de fouet un jeune humaniste Raif Badawi.

Jacques Légaré,
professeur d’Éthique, et ph.d. en Philosophie politique

Hummm peut-être qu’un Chrétien forcené prenant d’assaut un des journaux anglophone se comportant en sépulcre blanchi, leur permettrait de prendre conscience de leur poutre dans leur oeil… hahaha ! vive la culture religieuse qui nous a rendu si con !

Mensonge: La CBC se moque bien de RAEL et des raeliens et c’est une »religion » minoritaire.

En fait, la CBC dit qu’il ne faut pas se moquer de l’islam car elle a peur pour sa vie et/ou peur de perdre du financement (arabie saoudite).

Sortez la religion de la sphère de l’activité humaine! Nous sommes en 2015 . Ces croyances moyennageuses (pensons vraiment à ce que ces gens croient pour un instant et quelles sont leurs sources) sont encore en train de nous empoisonner la vie, dans ce siecle de la modernité qui pourrait être un point tournant dans notre évolution si la civilisation avançait et n’avait pas à tirer ce boulet qu’est la religion. Comme le disait John Lennon « Imagine there’s no religion… » VIolence, intolérance, scandales, pédophilie, fraudes, assassinats, massacres, croyances inimaginables à notre époque. Maintenant, c’est rendu au point où la presse canadienne anglaise a peur « d’offenser » les adeptes d’ une religion, pas en les traitant de cons mais en publiant une caricature. Honte à vous, la presse canadienne!

Selon M. Bastien, il est permis au Canada de « cracher tout le fiel que l’on veut » sur « notre héritage chrétien », alors qu’il est « presque impossible d’offrir la moindre critique des religions minoritaires ». Constatons l’énormité de l’affirmation. Il suffit d’ouvrir les journaux, d’allumer la télé, de se brancher aux médias sociaux pour être submergé par un déferlement de critiques contre l’Islam. Rien de tel à l’égard du christianisme. Mais les apôtres de « notre héritage chrétien » ont tendance à jeter un regard sélectif sur la réalité.

Remarquons aussi le choix des mots : attaquer le christianisme c’est « cracher du fiel »; attaquer l’Islam c’est « offrir la moindre critique ». Notons au passage que les religions minoritaires ne semblent pas faire partie de « notre héritage » aux yeux de M. Bastien.

Certains médias ne publient pas les caricatures par respect pour les musulmans qui les ressentent comme blasphématoires et pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. C’est une position cohérente et respectable. L’approche consistant, au contraire, à publier les caricatures pour informer et pour ne pas se laisser intimider est elle aussi tout à fait respectable et cohérente. Tant mieux si les médias adoptent des approches variées. C’est signe d’une presse libre et pluraliste et d’un environnement démocratique. Et tant mieux si on a des sensibilités différentes au Québec et au Canada anglais.

M. Bastien, quant à lui, condamne et ridiculise les médias qui ne font pas les « bons choix ». Il préfèrerait sans doute vivre dans une société « tricotée serrée », monoculturelle, où tous pensent de la même façon, éclairés par les lumières de « notre héritage chrétien ». Tiens, ça me rappelle quelque chose…

Cette position des journaux anglophones et de la CBC m’apparaît d’autant plus absurde qu’il n’y a aucun écrit dans le Coran qui interdisent la représentation d’illustrations du prophète. Il faudrait un historien pour nous dire à partir de quand et par qui une telle interdiction a été promulguée. On pourrait alors mieux comprendre les intérêts de la personne ou du groupe qui a promulgué cet interdit. Ce qu’on constate aisément, c’est que les milieux islamiques ne disent rien quand les critiques s’adressent à d’autres religions que la leur; mais dès qu’il s’agit de la leur, ils sont intouchables, ils sont au-dessus de tout soupçon, au-dessus de la masse. Seraient-ils infaillibles ? Le summum en cela revient à l’Arabie saoudite qui fait donner 1 000 de fouets comme sentence à un journaliste qui ose critiquer la religion de l’état. Et dire que notre ministre des Affaires étrangères s’est tenu presque muet face à cet état de choses. Il a fallu que des journalistes le poussent au pied du mur pour qu’il se prononce sur le sujet. CBC les a-t-elle accusés d’être politiquement incorrects ? La tiédeur de CBC n’a d’égal que l’ardeur de Stephen Harper à défendre les « droits » des Israéliens au détriment des Palestiniens !…