10 questions: Marcel Côté

«Montréal a tout pour devenir une métropole mondiale»

Marcel Côté

Marcel-Côté-DRParti : Coalition Montréal
Slogan : Le temps d’agir
Site Web : coalitionmtl.com
Âge : 71 ans
Statut civil : Célibataire, mais avec une conjointe depuis 1972
Enfants : Aucun
Animaux : Aucun
Lieu de résidence : Ghetto McGill, Montréal
Taxe foncière : 6 000 $
Lieu préféré à Montréal : Centre-ville
Voiture personnelle : Acura LT 2005
Dernier emploi : Associé à Secor
Langues parlées : Français et anglais
Membre de quel autre parti : Aucun

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1. La corruption à Montréal peut-elle être éliminée dans un premier mandat ?

Oui. Elle peut disparaître en quelques mois, par quelques changements dans les systèmes de gestion.

D’une part, toute décision financière doit relever de deux directions indépendantes l’une de l’autre. D’autre part, la Ville doit promouvoir un code de déontologie explicite, accompagné d’une politique de conformité tout aussi publicisée, qui souligne le devoir de tous les employés de ne pas tolérer les manquements au code et de dénoncer (anonymement si souhaité) toute malversation observée. Enfin, la Ville doit poursuivre une politique de transparence absolue, rendant impossible le non-dévoilement d’ententes et de contrats.

2. Y a-t-il trop d’élus à Montréal ?

La question est mal posée. Le nombre d’élus dans chaque arrondissement, entre cinq et sept, est normal. La véritable question doit porter sur le nombre d’arrondissements, 19 actuellement, avec des populations variant entre 25 000 et 150 000 personnes. Cette question se divise d’ailleurs en deux.

Premièrement, devrions-nous fusionner les petits arrondissements ? Cela pourrait porter leur nombre de 19 à 12 ou 13, et le nombre d’élus au conseil municipal de 63 à 50 ou même 40. Faire disparaître Outremont, l’Île Bizard–Sainte-Geneviève ou autres petits arrondissements ne changerait que très peu les coûts et la dynamique du conseil. Mais cela exigerait beaucoup de capital politique et ce serait une distraction majeure pour le nouveau maire, avec peu de résultats.

Deuxièmement, devrions-nous changer la distribution des pouvoirs entre la ville centre et les arrondissements, et centraliser plus de pouvoir à la ville centre ? Les mêmes remarques s’appliquent : beaucoup d’efforts pour peu de résultats.

À ces deux questions, je réponds donc non pour les quatre prochaines années. La Ville a d’autres priorités. Il faut d’abord faire marcher le système actuel et bâtir un sentiment de confiance entre la ville centre et les arrondissements.

3. Avez-vous voté lors des dernières élections municipales à Montréal ? Si oui, pour qui ?

J’ai voté pour Gérald Tremblay en 2009, sur la base des informations que je connaissais à l’époque. Sur la base de ce que je sais aujourd’hui, j’aurais voté pour Louise Harel.

4. Montréal peut-elle redevenir la métropole économique du Canada ?

La réponse est non. Ce rôle appartient désormais à Toronto. Mais la notion de métropole économique d’un pays perd de plus en plus de son sens et de son importance à l’ère de la mondialisation. Montréal a tout pour devenir une métropole mondiale de savoir et de créativité, transcendant les frontières nationales. C’est ainsi que Montréal pourra rattraper, voire doubler Toronto, une métropole financière avec beaucoup moins d’avantages comparatifs distinctifs.

5. Le climat entrepreneurial est-il suffisamment accueillant à Montréal ?

Non. Les statistiques de la Fondation québécoise de l’entrepreneuriat indiquent non seulement des carences importantes face à Toronto et Vancouver, mais aussi des tendances défavorables à Montréal. Le problème semble se situer chez les communautés culturelles, qui représentent le tiers de la population de la région métropolitaine. Elles sont moins intégrées qu’ailleurs et moins dynamiques que dans d’autres grandes villes d’Amérique du Nord.

6. Le français est-il menacé à Montréal ?

Il y aura toujours des menaces qui pèsent sur la langue française en Amérique du Nord, mais le français au Québec se défend très bien : contrairement à la croyance populaire, le français gagne du terrain. En 40 ans, nous avons francisé toutes les grandes institutions montréalaises. Notre défi collectif consiste à devenir à l’aise dans un monde où l’anglais est la langue de la mondialisation.

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7. La qualité de vie pour les familles est-elle aussi bonne à Montréal qu’en banlieue ?

Elle est différente, mais se compare très favorablement à certains égards. Les maisons coûtent plus cher à Montréal qu’en banlieue. Mais lorsqu’on habite sur l’île, le transport vers le centre-ville coûte beaucoup moins cher et cela permet d’éviter la congestion des ponts. Il y a donc des choix de style de vie, influencés par ailleurs par les revenus familiaux. Toutefois, Montréal a baissé les bras et n’a pas cherché à développer une politique familiale attractive visant à conserver à Montréal les jeunes ménages qui préfèrent un milieu urbain à la vie de banlieue. Coalition Montréal entend changer cette situation.

8. Malgré les scandales, les Montréalais ont-ils toujours raison d’être fiers de leur ville ?

« Malgré les scandales » est une hypothèse très forte. Ces scandales sont intolérables et humiliants. Tant que nous ne serons pas confiants qu’ils appartiennent au passé, les Montréalais se sentiront humiliés. Mais avec leur disparition, les Montréalais retrouveront leur fierté, qui émane du caractère distinctif de leur ville, de sa civilité, de sa tolérance, de son ouverture sur les cultures d’ailleurs et de la grande créativité qui découle de la rencontre quotidienne d’idées venant de partout dans le monde.

9. Les nouvelles constructions à Montréal sont-elles assez audacieuses ?

De façon globale, l’architecture récente à Montréal est plutôt moche. Comme maire, j’entends promouvoir une architecture d’une qualité nettement supérieure. Montréal a mieux réussi du côté des places publiques, en particulier avec le Quartier des spectacles, le Quartier international et le Parc des Faubourgs à l’entrée du pont Jacques-Cartier.

10. Montréal est-elle un modèle d’intégration ?

Oui et non. Non quant aux résultats globaux, et en particulier quand on considère le taux de chômage chez les nouveaux immigrants, un indicateur qui ne ment pas. Oui si l’on tient compte du fait que plus de 80 % des immigrants s’installent sur le territoire montréalais. Il faut non seulement s’améliorer en matière d’intégration et élargir le cercle des villes hôtes, mais aussi développer des modèles de succès au sein de chaque communauté culturelle.

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