Libye: Mais où est donc la « responsabilité de protéger »?

Dans un monde idéal, lorsqu’un dictateur utilise son aviation pour attaquer son propre peuple, il devrait exister une force ayant le devoir de protéger les citoyens contre leur bourreau.

Clouer au sol son aviation? Seulement s'il s'attaque massivement à citoyens désarmés !
Clouer au sol son aviation? Seulement s'il agresse massivement des citoyens désarmés !

Cette doctrine de la « liberté de protéger » existe. Elle a été promue par le gouvernement canadien, à l’ONU, il y a quelques années. Pourtant, aujourd’hui, ni le gouvernement Harper, ni le chef du parti qui a conçu cette doctrine, Michael Ignatieff du PLC, ne proposent de l’utiliser pour protéger le peuple libyen contre le tyran qui promet « des rivières de sang ».

Heureusement, il s’est produit ce samedi un événement étonnant. Une organisation internationale à laquelle le Canada ne participe pas a eu la décence « d’assurer un soutien immédiat et continu au peuple libyen (…) face aux dangereuses violations et aux crimes des autorités libyennes, lui faisant perdre leur légitimité ». Cette organisation de démocrates conséquents a réclamé, sans la nommer, l’application du principe de « responsabilité de protéger » en réclamant du Conseil de sécurité de l’ONU l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne sur la Libye — donc d’intervenir militairement pour clouer l’aviation libyenne au sol.

De quelle organisation s’agit-il ? De la Ligue arabe, ex-ligue des dictateurs arabes, aujourd’hui entrainée dans le tourbillon démocratique qui traverse la région. Oui, nous rapporte Le Monde, les représentants algériens et syriens n’étaient pas chauds à l’adoption de cette résolution, on comprend pourquoi. Ce précédent pourrait demain avoir des airs de boomerang. Mais ils furent mis en minorité, ce qui constitue une décision démocratique majeure dans la région.

Samedi, l’aviation libyenne a une nouvelle fois attaqué les rebelles. Les grandes puissances, parfaitement capables d’enlever à Khadafi ce moyen d’imposer sa loi, tergiversent. Le secrétaire américain à la défense, Bob Gates, pense qu’une telle mesure ne serait pas « sage » !!!

Le président français Nicolas Sarkozy, le plus audacieux de tous les leaders occidentaux, affirme qu’il ne soutiendrait la mesure que si Khadafi se rendait coupable  « d’agressions massives par des moyens militaires sur des populations civiles, désarmées et non violentes ».

On croit rêver! La rébellion a débuté il y a près d’un mois, l’aviation a tiré plusieurs fois sur la foule, et on demanderait maintenant aux rebelles de jouer les Ghandi devant l’armée de l’air avant de daigner intervenir ?

Si l’Occident, aujourd’hui, refuse de mettre son arsenal militaire au service de la demande combinée des rebelles libyens et de la Ligue arabe, la « responsabilité de protéger », comme l’affirme avec raison le caustique commentateur de la CBC, Rex Murphyh, « n’aura été qu’une phrase parfumée » . La doctrine canadienne, ajoute-t-il, n’aura « rien changé, après avoir soulevé des espoirs qu’on aurait du laisser dormir et n’aura existé que pour donner aux internationalistes impotents l’occasion de pratiquer la grandiloquence. »

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Ce n’est pas bien grave, on n’aura qu’à réhabiliter Khadafi (encore une fois). On aura le pétrole pour faire diminuer les prix à la pompe (et enrichir l’appareil de répression du dictateur) et SNC-Lavalin pourra retouner là-bas pour terminer la prison pour enfermer et torturer les rebelles. La sauvegarde de vies humaines, le respect des droits humains, la démocratie… ça passe au second rang.

Dans quel monde de lâches vivons nous? Moi quand j’étais tout jeune mon père m’a enseigné de toujours défendre les plus faibles, et j’ai toujours appliqué ce principe même si j’en ai des coups des lâches qui n’osaient s’en prendre à ceux d’égal force.

Et le Canada est un pays de lâches, et combien d’autres d’ailleurs, pensez seulement à nos envahisseurs qui violaient les femmes et incendiaient nos villages.

Si même Nicolas Sarkozy met la condition « d’agression massives par des moyens militaires sur des populations civiles, désarmées et non violentes » c’est donc que l’armée libyenne s’en est plutôt prise à des forces armées, qu’au peuple désarmé lui-même. Ce ne sont pas des forces armées qui ont fait tombé Ben Ali et Moubarak… Pourquoi donc soudain faudrait-il des forces armées pour faire tomber Khadafi ? Qui arme ? Le Régime Khadafi n’était-il pas assez honorable pour être du G8 en 2009 ? « Sa visite avait donné lieu à une poignée de main qui aurait été inimaginable il y a encore un an, entre l’ex-sponsor du terrorisme et le président américain. » Bien sûr qu’il est gênant… « Mais le leader libyen a également proposé à la France de suivre l’exempe de l’Italie, qui l’an dernier a présenté ses excuses et proposé une indemnisation à son ancienne colonie la Libye (de 5 milliards de dollars). Khadafi a invité le chef de l’État français à accorder des réparations à l’Algérie : « Cela ferait de vous un grand président », a-t-il lancé. »

Pourquoi soudain faudrait-il qu’il soit le diable en personne ? Parce que le peuple libyen n’est pas si hostile à un Chef de gouvernement qui ne s’en laisse pas imposer par le néo-colonialisme et ses Rois-nègres que les peuples de Tunisie et d’Égypte ont voulu abattre… avec raison !? Avec succès !? Cela reste à voir…

Voilà pourquoi on en est réduit à provoquer une guerre civile, parce que le peuple de Libye ne range pas Khadafi au rang des Rois-nègres à la Ben Ali et Moubarak. Pas étonnant qu’il faille armer des milices dans ce cas Libyen. Et il faudrait que les Libyens se couchent… ? Vraiment !?

Comme si l’armée Libyenne n’était pas constituée de Libyens ? Comme si toute cette armée n’avait d’autre choix ou de plaisir que de tirer sur son propre peuple désarmé !? Vraiment !? Un seul homme pourrait corrompre ainsi toute une armée !? Et le peuple Libyen tout entier serait sous la coupe d’un seul homme ? Comme s’il n’en était pas de même Régime en Arabie et autres royaumes arabes… La seule différence c’est que les uns sont corvéables, l’autre pas.

Mais je peux comprendre qu’on n’ait de cesse de le faire tomber… au moment où les peuples de Tunisie et d’Égypte espèrent encore renverser les Régimes « démocratiques » à la botte du néo-colonialisme occidental, c’est obligé… c’est donner de bien mauvaises idées et appuis aux démocraties naissantes en Tunisie et en Égypte éventuellement capables de se sortir des Régimes à la botte de l’hégémonie occidentale.

Va-t-on devoir encore une fois demander aux Américains de faire la « job de bras » pour nous pour ensuite mieux les condamner comme le fait les américanophobes gauchistes depuis des lustres???

Es-ce cynique de le dire comme ça : La communauté internationale préfère compter les morts après, que les empêcher de mourir avant.

Faites le compte des conflits régionaux, regardez-ça par en avant, par en arrière, par dessus et de côté, regardez-ça comme vous voulez vous verrez toujours la même image.

Des femmes et des enfants qui fuient, des gens qui pleurent, des gens affamés, des gens qui saignent, des gens qui gisent sur le sol inanimés… Comme au Darfour, comme au Rwanda, et comme on ne le voit pas, au Tibet…

Pendant ce temps, les chancelleries bourdonnent de palabres, et les petits fours ne manquent pas sur la table des puissants.

Il est vrai que nous vivons en oligarchie, ce que pensent les peuples ne pèse pas lourd dans les décisins prises. Comme celle de ne rien faire en est une…

Je pense que les événements en Liby sont différents qu’en Egypte , en Tunis et les autres pays arabes. Il me semble que’en Liby ça resemble d’un coup d’état raté soutenu par les états colonials. Il faut trouver un bon terrain d’entente.

Il n’est un secret pour personne qu’en matière de défense militaire, le canada n’a pas les moyens de ses ambitions, si ambition il a. Il fallait voir cet espèce de rafiot sur lequel ce sont embarqués des dizaines de militaires il y a quelques semaines. Il avait l’air de tenir que par les nombreuses couches de peintures. Le seul gros appareil sur ce navire doit être le « frigidaire à bières »

Il est incompréhensible et déplorable que les démocraties, occidentales et autres,demeurent insensibles à ce qui se passe maintenant en Libye: les hordes barbares de Kadhafi foncent, depuis ce matin, à toute vitesse vers Bengazy. Attendons-nous que le carnage soit total et définitif pour réagir? On peut présumer alors les commentaires éventuels de tous ceux et celles qui ont la responsabilité de protéger: si… j’aurais…su!!!

On revient toujours à la bonne vieille question d’enquête pour obtenir une réponse qui a du sens. À qui le crime profite-t-il? Quels intérêts occultes une intervention honnête ferait ressortir? Qui tient les ficelles des marionnettes qu’on voit? Tout est là!

Il y a surement une raison qu’ils ne veulent pas nous dire pour ne pas intervenir. Argent? Coût politique? Économie? Comme dans plusieurs cas de génocides les pays interviennent quand ils ont une motivation. Le principe du « Tu es méchant, on va t’arrêter » est bien bien loin dans l’échelle de priorité. La ligue arabe, se sent peut-être plus interpellée, vu ça proximité?

Les conditions gagnantes sont pourtant réunies pour mettre en pratique cette doctrine humaniste: un dictateur erratique et sanguinaire, une ligue arabe qui appuie une intervention, plusieurs pays (démocratiques) possédant la puissance militaire requise pour intervenir. Alors, c’est quoi le problème? La Lybie serait en effet un bon point de départ pour mettre en pratique notre responsabilité de protéger . Mais, d’autres pays sont potentiellement sur la liste (Côte d’Ivoire, Birmanie,Soudan, pour ne nommer que ceux-là et ceux qui pourraient le devenir et qui détruisent et éliminent plus subtilement: ex; le peuple palestinien, les tchéchènes, etc. Alors quels seront les prochains peuples opprimés, décimés,qui mettront leurs espoirs dans cette nouvelle doctrine? A vous M. Lisée.

Bravo pour cet article. Je partage votre opinion toutefois gardons en tête que la Libye reste une poudrière. En outre, il y a des centaine de points dont l’ONU devra tenir compte. Par exemple, si Khadafi se retire le pays se retrouve sans gouvernance pouvant compromettre l’approvionnement des réserves de pétrole de l’Occident. De plus, je ne crois pas que l’Occident souhaite entrer en conflit avec le monde arabe. En fait, je pense que l’analyse de la situation est peut-être plus complexe que l’on peut le croire. Mes pensées vont avec le peuple Lybien qui tente de progresser vers des concepts d’égalité, de liberté, de fraternité.

Cher M. Lisée,

Le problème avec le droit international, c’est que le principe qui sous-tend tout ce droit est la sacro-sainte souveraineté des États, et, qu’il s’agit d’un droit avec un pouvoir de coercition ou de sanction très limité.

Il y a bien des règles de droit qui peuvent être considérées comme étant impératives « Jus Cogens », mais la plupart de ces règles se retrouvent dans le droit maritime, dont les origines datent de l’antiquité, pour des situations qui se produisent généralement dans les eaux internationales.

Aucun membre du Conseil de sécurité de l’ONU, plus particulièrement la Chine, la Russie et les États-Unis, n’adopterons aucune procédure qui pourrait constituer un précédent international, et qui, par la suite, dans quelque éventualité que ce soit, pourrait affecter leur propre souveraineté étatique.

Au cours des deux dernières décennies il y a eu des exactions dans les pays ayant formé jadis la Yougoslavie (ce n’est pas l’ONU qui est intervenu, mais l’OTAN car la situation avait un potentiel de déstabilisation en Europe), il y a eu les exactions au Timor-Oriental (rien ne fut fait, mais ils ont fini par acquérir leur indépendance) et le génocide Rwandais (pour ne nommer que ceux là). Encore là, la communauté internationale ont déplié leur chaises longues et ont regardé le spectacle de feu et de sang se dérouler impassiblement sous leurs yeux.

Tout ça me fait dire que votre demande est vaine, que votre appel restera lettre morte et que la situation en Libye ne sera pas traitée de manière différente.

Bonne chance dans votre requête…

Connaissant l’histoire des peuples arabes, une intervention pour démettre Khadafi occasionnerait encore plus de pertes humaines, alors qu’il serait encore remplacé par un autre dictateur. L’ONU doit évaluer les risques avant d’intervenir.

« Paroles, paroles,et paroles » (Dalida)de la part des ONG/OGI*(organismes gouvernementaux internationaux) … mais peu de gestes et d’actions concrètes dans cette « RESPONSABILITÉ de protéger » des populations vulnérables à la merci des « fous de ce monde » perturbé. Sortons de notre individualisme maladif… car nous sommes TOUS et TOUTES dans le même bateau, la même Planète, le même Univers. La SOLIDARITÉ et la COOPÉRATION nous sauveront tous !

Une intervention est plus que justifiée du point de vue humanitaire. Mais quant est-il du point de vue stratégique? Qui assumera, qui colmatera et surtout qui en tirera profit au détriment d’alliances existantes ou en devenir? Du point de vue géopolitique, une telle intrevention est hautement risquée.

Je suis d’accord avec votre point de vue. Au fond, cette responsabilité de protéger, diplomatie oblige, les pays concernés ne la sortent que quand c’est le temps pour eux de parader leur grandiloquence. C’est un peu leur façon bien à eux de faire du social.

Très bonne nouvelle que cette prise de position de la Ligue arabe! À mon avis une intervention de leur part est la SEULE solution positive à long terme.

Les États-Unis et l’OTAN n’ont EN SOI rien à voir en Lybie, car aucun pays membre de l’OTAN n’est attaqué ou menacé par la Lybie. Leur intervention unilatérale serait très mal vue par une fraction importante des populations arabes et musulmanes de la région et d’ailleurs.

Il appartient à l’ONU et à TOUTE la communauté internationale d’intervenir en Lybie pour mettre un terme à la tuerie orchestrée par Ghadafi contre son propre peuple, mais d’une façon appropriée.

Un fort contingent de MILITAIRES DE PAYS ARABES, soutenus financièrement et en armements par l’ensemble des pays de l’ONU, devrait être mis sur pied pour remettre le pouvoir au peuple en Lybie.

Le fait de ne pas protéger les révolutionnaires libyens témoignent de deux éléments: 1) les coûts incroyables, monétaires et humains, associés à une intervention militaire; 2) le fait que cette crise est apparue sans avertissement (on savait que Khaddafi est une dictateur de la pire espèce, mais il y en a tellement…); 3) le fait que plusieurs pays n’hésiterait pas à utiliser la même approche (Russie, Chine, Syrie, Algérie, etc) et, par conséquent, ne peuvent entériner une action militaire. On est face à un problème moral du premier ordre, sans la force morale, économique et politique pour la confronter.

Ceux qui ont combattu durant la deuxième guerre mondiale doivent être en train de se retourner dans leurs tombes…

Pourquoi pas demander aux Israéliens d’aller
asseoir Khadafi? Ils en rêvent depuis longtemps.
Ils sont dans le voisinage après tout.
Les arabes sont sans doute trop gènés pour le leur demander.

M. Lisée, vous qui analysez beaucoup les questions politiques en fonction des sondages d’opinion, avez-vous au moins une idée de la proportion des Lybiens qui seraient favorables à une intervention étrangère en Lybie? Ou agitez-vous l’image du dictateur sanguinaire sans vous préoccuper de ce «détail« et simplement parce que l’effet en est garanti?

Avant de se prononcer il faudrait savoir avec quelle monnaie se transige le pétrole libyen.

C’est certainement là qu’est la réponse des évènements à venir..

Peut-on demander a un pyromane de l’aide pour éteindre un feu?
Peut-on élargir le chef des nomades Maurice boucher et le nommer Commissaire a l’éthique du gouvernement du Québec?
Tout ça pour dire qu’il faut sortir de cette logique qui consiste a penser que des Pays comme les USA, la France, la Grande Bretagne, la Russie et la Chine puissent avoir le privilège ou la légitimité de faire valoir leurs morale, qui je dois le dire, est tellement éclabousse qu’il faudrait des générations pour enlever toute cette crasse qui s’agglutine sur leurs dos.Allons donc,
tout le monde connaissait la mégalomanie du despote libyen, mais ça n’a nullement empêché ces pays de faire des affaires juteuses avec lui. Ce n’est que mensonge de prétendre qu’un Sarkozy puisse défendre ne serait-ce qu’un temps les droits de ces peuples de vivre dans la dignité. Ces pays représentent plus un problème qu’une solution. Le jour ou ils seront convaincus que l’éthique ne doit plus être secondaire, mais l’élément centrale de toute construction de relation entre les pays, ce jour la, on pourrait parler de droit d’ingérence humanitaire. D’ici la, faisons en sorte que les voix des citoyens occidentaux puissent être entendues par ces politiciens qui ont oublies leurs missions premières, qui est de servir en premier lieu leurs populations respectives, alors, ce jour la, tout le monde va s’affranchir de cette DÉMOCRATIE STANDARD,… PUIS VA TE COUCHER.

Bachir Djouadou.

On a intérêt à commencer de s’occuper de nos affaires.

Personne, à part quelques ignorants et mal informés, n’est intéressé à une autre guerre dans cette partie du monde.

C’est pas jolie ce qui se passe mais de là à croire qu’il faut intervenir partout.

Si les rebels ont ce qu’il faut pour renverser le gouvernement, il sera renversé sinon ce sera parti remise.

« Si l’Occident, aujourd’hui, refuse de mettre son arsenal militaire au service de la demande combinée des rebelles libyens et de la Ligue arabe, la “responsabilité de protéger”

Bouillie pour les chats. Depuis quand la Ligue Arabe devient un interlocuteur qui a les intérêt des occidentaux à coeur.

L’Occident n’a plus d’arsenal militaire à mettre au service de conflits locaux. L’Iraq vous vous souvenez???

Arrêter de rêver en couleur.

Le moins que l’on puisse espérer, c’est que la crise libyenne ramène la responsabilité de protégé dans le débat public. Ça semble être le cas…

Ce problème est toutefois complexe. D’abord, il est contraire aux fondements mêmes du droit onusien (non-ingérence et souveraineté des États), mais, en plus, il est difficilement dissociable du dossier de la réforme de l’ONU à cause du rôle prépondérant du Conseil de Sécurité dans les questions sécuritaires. Bref, une belle vision idéaliste du monde !

Une chose pourrait toutefois être envisageable dans le contexte actuel, c’est-à-dire sans réforme en profondeur du système onusien. Il s’agit simplement de permettre aux ONG ayant vocation à assurer une aide d’urgence (comme la Croix-Rouge; en opposition aux ONG d’aide au développement) à intervenir sans accord préalable de l’État. En effet, leurs actions sont présentement conditionnelles à l’accord de l’État, donc de l’agresseur dans certains cas (comme la Libye). Ainsi, l’on pourrait, par un simple traité international, leur reconnaître un statut juridique particulier faisant d’eux des « citoyens internationaux », basés sur le même principe que les sociétés européennes qui peuvent s’établir partout en UE sans autre contrainte que le respect du droit communautaire et national dans la mesure où il leur est applicable. Ainsi, lorsqu’une catastrophe survient elle pourrait intervenir dans le plus bref délai au profit des victimes en faisant fi de l’État dans lequel ils se trouvent.

Voyez-vous les nombreux avantages ? Japon, Libye, Darfour, Afghanistan, etc. Ils pourraient intervenir partout, pour peu que l’État ait ratifié le traité leur accordant le statut spécial.

Le seul problème envisageable avec cela est d’assurer la sécurité des travailleurs de ces ONG. En effet, intervenant dans des zones de guerres ou de catastrophes naturelles où les conditions sanitaires sont plus que précaires, il faudrait trouver un moyen pour assurer la sécurité de ces travailleurs humanitaires sans léser les droits souverains des États. Une force de police internationale spéciale pourrait-elle être suffisante ? Dans un contexte de catastrophe naturelle, surement. Dans un contexte de guerre ? Pas mal moins. Que choisir alors ? Une force armée humanitaire ? Les possibilités sont grandes…

Reste aussi à savoir qui pourrait décréter qu’une situation est suffisamment urgente ou dangereuse pour les populations civiles pour justifier une intervention humanitaire. Ce rôle pourrait très facilement être dévolu au Comité des droits de l’homme de l’ONU, voir même au secrétaire général de l’ONU directement. Il ne faut, au fond, qu’une personne neutre pour empêcher que ces nouvelles interventions ne servent d’ingérence cachée de la part des États.

Bref, sans être impossible à réaliser dans le contexte actuel, cela permettrait tout de même de réaliser de grande avancée dans le domaine de la protection des droits de l’Homme et dans le développement du droit humanitaire. On doterait aussi la notion de « responsabilité de protéger » de la substance concrète dont elle est dépourvue présentement.

Bonjour monsieur Lisée,

La réponse à votre question pourrait bien être: la responsabilité de protéger est enfouie sous les intérêts géopolitiques des protagonistes mondiaux du drame qui se joue actuellement en Lybie.
En effet, un succès éventuel des opposants à Khadafi ne pourrait qu’alimenter le vent de révolte populaire qui souffle actuellement sur la région, ajoutant ainsi à l’incertitude politique et aux effets à la hausse sur les cours mondiaux du pétrole. À l’inverse, une reprise de contrôle du colonel sur le pays conforterait ceux qui utilisent déjà les armes pour mater les opposants à leur régime, qui se soit à Bahrein, au Yémen,en Arabie saoudite, en Algérie ou ailleurs. Ce retour, même temporaire, à un forme de statu quo, servirait mieux les intérêts à court terme des grands consommateurs de pétrole que nous sommes, avec nos voisins États-Uniens, la Grande-Bretagne,et quelques autres qui contrôlent les destinées des grands forums internationaux, dont l’ONU et l’OTAN.
Alors, pourquoi ne pas se hâter lentement de venir au secours des victimes de ce conflit, le temps que le colonel reprenne les choses en main?
Machiavélisme ou réalité, je vous laisse le soin d’en juger. Malheureusement, on est porté à croire que la vie des malheureux civils en Lybie ou dans les autres pays arabes ne pèsent pas bien lourd dans les calculs politiques de nos dirigeants.Ce ne serait pas la première fois, ni sans doute la dernière, que nos gouvernements et les institutions internationales manqueraient à leurs responsabilités de protéger les populations contre les excès de leurs dirigeants.

Une immense Wofgang, (meutes de loups) affamés et près de cette rage que parfois génère le resentiment deviennent soudainement des chevaux sauvages, vigoureux, puissants, capable de renverser et de détruire tout sur leur passage et qui se voit orienté par des Cowboys vers des contrées d’affrontement. Les félins surpris de tant d’ardeur, de regroupement, de puissance et d’astuces battirent en retraite afin de se métamorphosé est lions du désert. Et voici ces lions rugissants qui traquent cheveaux et loups sansaucune pitié ni discernement.

Les éleveurs et dompteurs voient leurs créatures tombés en lambeaux. Ils se retirent et contemple l’envoi des charognards aviaires gargentuesques pour mater les fauves trop agiles, rusés et nombreux..

Qui initie, qui réagit, qui saura mettre un terme au carnage …sûrement pas les charognards aviaires, nous savons que seul la sécheresse et la désolation demeure une fois leurs gargantuesques festins terminés.

Alors, collègues Humanitaires des forces créatrices, nous devons, par respect de la Vie en Soi, intervenir, non pas en Cowboys ou en Diplomates car c’est une terre de Babel… comment..

Je me retire pour réfléchir et je reviendrai, et vous ?

Dans l’univers de « l’économie d’abord » les vies humaines passent par-dessus bord.

On s’en fout des martyrs, silence, on calcule.

Bienvenus dans le « nouvel ordre mondial » où les forces économiques s’emparent de la planète et son bétail. Des milliers de morts, un détail.

C’est l’Apocalypse! (Mesage d’espoir).

c’était un des bon cotés de George W. Bush et son père… ils auraient probablement déjà intervenu en profitant de l’occasion de se débarasser de khadafi qui avait échappé a un bmbardement américain il y a 20 ans !!!!

L’OTAN a été créé pour intervenir dans de telles circonstances. Alors où est le résultat de la non intervention actuelle, sinon dans le maintien d’un ordre qui en filigranne nous montre les intérêts des uns et des autres.

@François premier : manichéisme 101 ne convainct personne ! Sinon votre propension à adorer les dominants ?

Les occidentaux (comme tous les autres d’ailleurs) ne se préoccupent que de leurs intérêts stratégiques et n’auraient jamais condamné Khahafi et son régime s’ils avaient pu prévoir que ce dictateur avait de bonnes chances de mâter la révolte de son peuple. Tout n’est que calcul politique et croire que les puissances occidentales souhaitent l’avènement d’une démocratie en Lybie serait bien naïf.

Il ne faut jamais sauter trop vite aux conclusions. Le Canada a accepté de participer avec ses vieux CF18 à la surveillance du ciel lybien immédiatement après l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 1973 autorisant les manoeuvres utiles. Cette décision canadienne implique aussi que nos pilotes de guerre devront agir et réagir pour protéger les vies des civils lybiens au sol. Cela veut dire que ces mêmes pilotes seront peut-être forcés de larguer des bombes et lancer des missiles. Soyons honnêtes. Il ne faudrait pas qu’on vienne par la suite accuser le gouvernement Harper d’avoir poser des gestes de guerre. Il faut être conséquent avec nos engagements. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. Si on perd des équipements et des soldat en Lybie, il faudra malheureusement admettre que cela fait partie intrinsèque de notre décision d’y aller et de participer à l’opération.