Marijuana: le joint d’Ottawa, la boucane de Québec

Pendant qu’Ottawa s’allume un joint, c’est Québec et les provinces qui inhalent la fumée secondaire et négocient avec les conséquences.

(Photo: La Presse Canadienne/Mark Blinch)

C’est un euphémisme de dire que Québec ne s’allumera pas un joint et ne se lancera pas dans un trip de bouffe aux petites heures pour célébrer le dépôt du projet de loi fédéral qui légalisera la marijuana au Canada. Le gouvernement Couillard appréhende ce changement de société majeur. Il est loin d’être prêt au virage en U qui approche. Au point où il a fait un peu d’aveuglement volontaire dans les derniers mois. Mais Ottawa doit aussi assumer une part du blâme pour le manque de préparation des provinces.

La volonté du gouvernement Trudeau n’est pas une surprise. Les troupes libérales fédérales ont fait les choses dans l’ordre. Elles ont adopté l’idée de légaliser la marijuana lors d’un congrès des membres il y a cinq ans, alors que le PLC était dans l’opposition. Puis, une fois chef, Justin Trudeau a inscrit cette promesse dans sa plateforme électorale lors du scrutin de 2015. Il a obtenu un mandat majoritaire qui lui permet d’aller de l’avant. Il a ensuite mandaté un comité d’experts dirigé par l’ancienne ministre libérale de la Santé et de la Justice sous Jean Chrétien, Anne McLellan — qui n’est pas une pro-légalisation — pour lui faire des recommandations. Le rapport, bien fait, a été rendu public en novembre dernier.

Pourtant, à Québec, on n’est pas prêt à faire face à ce changement de cap majeur, pour deux raisons: Ottawa n’a pas impliqué les provinces dans son processus de décision, même si elles sont directement touchées par la légalisation du cannabis, et le gouvernement Couillard n’a pas de réel intérêt pour ce sujet. Le comité interministériel, qui regroupe pas moins de 13 ministres, s’est réuni pour la première fois mercredi, la veille du dépôt du projet de loi à Ottawa.

Les médecins qui dirigent le gouvernement du Québec n’aiment pas particulièrement l’idée d’Ottawa. Philippe Couillard, Gaétan Barrette et Roberto Iglesias (le plus haut fonctionnaire de l’État) craignent les répercussions de la légalisation sur la santé publique, mais aussi sur la sécurité publique, notamment la conduite avec des facultés affaiblies par la drogue. L’effet sur le développement du cerveau des jeunes, jusqu’à l’âge de 21 ans, voire 25 ans, préoccupe les docteurs. «Quand on légalise quelque chose, on peut s’attendre à ce que la consommation augmente», dit Gaétan Barrette.

Pendant qu’Ottawa s’allume un joint, c’est Québec et les provinces qui inhalent la fumée secondaire et ses conséquences. (C’est de la poésie de marijuana, autant commencer à s’y habituer!)

Le gouvernement Couillard aimerait bien que le fédéral compense financièrement les provinces pour les frais supplémentaires occasionnés par la légalisation sur les systèmes de santé et de sécurité de la province. La demande officielle n’a pas été formulée, contrairement à l’Alberta, au Manitoba et à la Saskatchewan, mais pourrait venir. Ottawa répond que la substance légalisée sera taxée par les provinces, comme l’alcool et la cigarette, et que cette source de revenus — 675 millions de dollars la première année pour les gouvernements du Canada et des provinces, selon l’Institut C.D. Howe — pourra être utilisée à cette fin.

Pour d’autres ministres du gouvernement, c’est davantage une question de valeurs. Le ministre des Finances, Carlos Leitao, qui doit réfléchir au mode de distribution de la substance — société d’État ou pas? — n’est pas un partisan de la légalisation. En février 2016, il a clairement laissé transparaître son opinion lors d’un point de presse tranchant. «Moi, je n’ai aucun plan, idée ou intention de commercialiser ça», a-t-il lancé, avant de dire que le fédéral devrait se débrouiller seul. «Qu’il s’arrange!» a-t-il ajouté. Quelques heures plus tard, le ministre s’était calmé. Le bureau du premier ministre lui a aussi rappelé que ce n’est pas aussi simple. Non, Ottawa n’allait pas s’arranger tout seul. Québec veut avoir son mot à dire sur son territoire. En après-midi, le même jour, Carlos Leitao y allait d’une mise au point sur sa page Facebook:

Le gouvernement fédéral devra légiférer. C’est un dossier complexe et un processus qui pourrait prendre un certain temps. Nous verrons, une fois ces étapes franchies, comment le Québec choisira d’encadrer le commerce et la distribution.

Le premier ministre Philippe Couillard est un homme rationnel. Il a beau ne pas être un grand amateur de la légalisation, il sait que cette proposition a aussi des mérites. Le crime organisé profite grandement de ce lucratif marché noir évalué à 7 milliards de dollars par année, selon le rapport des experts mandatés par Ottawa. La moitié des 657 groupes criminels recensés au pays seraient actifs dans la culture ou la vente de cannabis. La légalisation va «sortir le crime organisé de ce marché noir», a dit Philippe Couillard.

C’est d’ailleurs l’un des arguments importants du gouvernement Trudeau. Le pot est déjà largement disponible. Le Canada trône en tête des pays de la planète pour la consommation de cannabis chez les jeunes. Il est parfois plus facile pour un mineur de se procurer un joint qu’une cigarette. En ce sens, l’approche actuelle est un échec. Pourquoi ne pas tenter de mieux contrôler la substance, désengorger les tribunaux et couper cette source de financement au crime organisé? Le Code criminel sera d’ailleurs ajusté pour inclure des peines plus sévères pour trafic de marijuana aux mineurs: la peine maximale sera de 14 ans de prison.

L’ancien policier et député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, n’est pas convaincu. «Le crime organisé, c’est comme de la mauvaise herbe, a-t-il dit. Vous pouvez l’arracher, ça va repousser. Ils vont trouver une autre façon d’être sur le marché, peut-être à un prix différent.» Peut-être. Mais l’expérience avec l’alcool et le jeu montre qu’il est possible de faire largement disparaître le marché noir à la suite d’une légalisation. Qui achète encore du rhum ou de la vodka sous le manteau? Qui va dans un sous-sol glauque pour jouer aux cartes? Sans dire que ça n’existe plus, ces vices ne profitent plus à grande échelle au crime organisé.

D’ailleurs, le prix de la marijuana légale sera crucial. Trop élevé, le marché noir restera attractif. Trop bas, la consommation sera attirante. Il faudra trouver un équilibre, comme avec la cigarette. À 9 dollars le gramme, comme dans l’État de Washington, aux États-Unis, l’Institut C.D. Howe estime que 90 % du marché noir disparaîtrait.

Un autre argument qui pourrait réconcilier les docteurs du gouvernement avec la légalisation, c’est le contrôle de la qualité du produit. Le pot qui se vend sur la rue n’est plus le joint inoffensif des années 60. Il est parfois fort, très fort, avec les dommages que cela peut causer. Réglementer la vente pourrait permettre de contrôler plus facilement les taux de THC, mieux éduquer les consommateurs et leur offrir un choix, en sachant les conséquences de ceux-ci. Le tout, sans banaliser la substance. L’objectif n’est pas d’encourager sa consommation.

C’est à tout ça qu’Ottawa et les provinces sont appelés à réfléchir dans les prochains mois. Un vrai beau débat de société.

Malheureusement, on ne sent pas de grande volonté de collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Le niveau de confiance est bas, et pas seulement entre Québec et Ottawa. Les griefs s’empilent dans les capitales: retards dans la nomination des juges, imposition d’une entente sur les transferts en matière de santé, manque de clarté dans les projets d’infrastructure de transports en commun (pour Québec)… Les provinces reprochent à Trudeau de faire sa petite affaire, sans toujours mesurer les répercussions chez ses partenaires. La marijuana s’ajoute aux récriminations des derniers mois.

Dans les cabinets des premiers ministres provinciaux, on se plaint de ne pas avoir accès aux conseillers les plus influents de Trudeau, Katie Telford et Gerald Butts, et de devoir sans cesse passer par des conseillers moins proches du premier ministre canadien. Trudeau lui-même parle rarement au téléphone avec les premiers ministres provinciaux sur des enjeux délicats, comme la marijuana, alors que Stephen Harper le faisait régulièrement, même s’il détestait les rencontres de groupe.

À Québec, la décision de Justin Trudeau de ne pas nommer de lieutenant politique au cabinet continue de susciter du mécontentement. En l’absence d’un ministre fort pour faciliter les échanges entre les deux capitales, il y a de la friture sur la ligne — à la défense de Trudeau, ce ministre fort n’est pas facile à trouver dans son caucus du Québec.

Le malaise descend jusqu’en bas, avec les simples députés. «Les députés libéraux fédéraux du Québec passent plus de temps à défendre le fédéral au Québec qu’à aider le Québec à Ottawa», m’a confié une source haut placée au gouvernement Couillard. Dans les circonscriptions, les députés libéraux fédéraux annoncent souvent des subventions ou des projets sans prévenir leurs collègues du Québec, qui sont mis devant le fait accompli et ainsi privés d’une bonne nouvelle dans les médias locaux, même lorsque les deux ordres de gouvernements participent au financement.

C’est dans ce climat tendu que le projet de légalisation de la marijuana a mijoté dans les six derniers mois. Inutile de dire que les échanges n’ont pas été nombreux entre les deux capitales. À défaut de collaborer avec Ottawa, Québec se tourne vers l’Ontario, avec qui il travaillera pour défricher ce terrain et adapter sa réglementation, afin d’assurer une cohérence avec son principal voisin. Une bonne idée.

Lorsque la date envisagée pour légaliser la marijuana a fait l’objet d’une fuite dans les médias, il y a trois semaines, la surprise a été de taille à Québec. Le 1er juillet 2018, c’est demain pour un chantier aussi complexe! Les capitales avaient encore l’impression que le gouvernement Trudeau visait le 1er juillet 2019. Rapprocher d’un an l’entrée en vigueur ne fait pas l’affaire des provinces. Ottawa a d’ailleurs prévu une clause dans son projet de loi pour les provinces qui n’auraient pas le temps de mettre en place leur réseau de distribution: les citoyens pourraient alors acheter du cannabis par la poste, comme ça se fait déjà pour l’herbe version médicale.

N’empêche, il serait avantageux, sur le plan de la prévention, que les provinces soient prêtes lors de la légalisation. Le fédéral pourrait faire preuve de souplesse et repousser l’échéance de quelques mois si les provinces en font la demande. Trudeau jouit d’un appui populaire sur cette question de la marijuana, selon les sondages. Mais cela ne l’autorise pas à agir avec précipitation simplement pour remplir sa promesse électorale.

Un changement aussi majeur n’a jamais été tenté à l’échelle d’un pays développé comme le Canada. Le monde entier sera attentif. Les répercussions seront importantes. Mieux vaut bien faire les choses.

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On veut interdire les pitbulls et en même temps légaliser le cannabis. À mon avis, le cannabis a déjà tué et tuera plus que tous les pitbulls de la terre réunis. Légal ou bien pas.

En cette matière, le plus compétant est sans aucun doute Robert Poëti. Si on s’imagine qu’on va tasser le crime organisé du commerce de la marie et des stups en général, eh bien on se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

L’un des problèmes majeurs qui souffle actuellement sur l’occident, c’est la poly-toxicomanie. La légalisation de la marie ne permettra pas d’endiguer ce problème-là. Le simple fait de pouvoir mélanger alcool et marie amplifie considérablement les effets de ces stupéfiants. Que va-t-il se passer si on vendait ces « végétaux » à la LCBO, comme c’est envisagé en Ontario ou à la SAQ ?

Que se passera-t-il dans les immeubles locatifs ou des copropriétés, quand les gens pourront en toute légalité fumer dans leurs appartements ou sur leur balcon en été ?

En 2015, j’ai été obligé de déménager à cause de nouveaux locataires « poteux » qui fumaient dans l’appartement sous le mien, de 12 heures à 5 heures du matin, presque tous les jours. Pendant les quelques mois que j’ai enduré cela, j’étais défoncé du matin au soir, j’avais peur de rouler en auto parce que mes facultés étaient affaiblies. Je souffrais d’anxiété. Je suis certain qu’il y avait au cours de cette période dans mes urines et dans mon sang un taux de THC élevé. Si j’avais dû subir un contrôle routier, j’aurais certainement dû payer pour de l’herbe que j’avais inhalée de force et sans jamais mon consentement.

Si encore la consommation de marijuana était permise seulement dans des endroits bien précis, comme des « coffee-shop » cela serait un moindre mal. Mais la loi ne s’oriente pas le moins du monde dans cette direction, ni dans aucune mesure d’atténuation et de mitigation.

Que se passera-t-il pour les familles qui ont de petits enfants ? Déjà qu’il y a une augmentation constante des cas de psychoses et de schizophrénie, il ne fait pas le moindre de doute que cette situation va s’accroitre exponentiellement. Penser que la prévention va régler le problème est complètement irresponsable.

On n’empêchera jamais les enfants de moins de 18 ans de fumer également. Un jeune de 18 ans qui offre un joint à un ou une teenager, c’est déjà courant. Si en plus on peut faire pousser du pot à la maison, c’est de la drogue pour tous sans la moindre restriction de 0 à 177 ans.

Les gens ont le droit de vivre sainement et non de se faire imposer un style de vie qu’ils n’ont pas choisi. Tout le monde sait parfaitement que par ce genre de loi, ce sont les quartiers les moins favorisé du Canada qui devront les premiers endurer tous ces désagréments. Les classes les plus pauvres et les amérindiens seront les premières nations à devoir toujours plus souffrir de ces ennuis.

Le gouvernement de monsieur Trudeau démontre que c’est un gouvernement dilettante, formé de dilettantes essentiellement, qui par son dilettantisme prouve une fois de plus son incapacité de gouverner convenablement le Canada. Il en paiera probablement en grande partie le prix lors des prochaines élections.

Si la tendance se maintient… avant 25 ans, le Canada pourrait bien devenir le plus gros dépotoir humain de tout l’occident.

— Pour conclure voici une question posée dans cet article par Alec Castonguay, je cite : « Qui va dans un sous-sol glauque pour jouer aux cartes? » — Eh bien pour cette question, la réponse est très simple : les gens vont désormais jouer dans leur sous-sol en ligne sur de sites de jeu contrôlés — le plus souvent le plus légalement du monde –, par… des prête-noms à la solde d’organisations criminelles. Et le plus merveilleux dans tout cela, c’est que ces sites peuvent tout aussi bien être incorporés dans des paradis fiscaux tant et si bien qu’ils seront en grande partie à l’abri de l’impôt. C’est pas beau tout ça ?

Très récemment, Radio-Canada nous apprenait que des producteurs autorisés de cannabis médicinal au Canada — disposant d’une licence en bonne et due forme — étaient à toutes fins pratiques contrôlés en sous-main par des Hells Angels. Le rêve de toute organisation criminelle, c’est de pouvoir vivre et s’enrichir toujours plus légalement. La libéralisation à outrance de la société est en train de faire de ce rêve impensable : une réalité.

Bonne réflexion…
C’est un grand danger et je ne comprends pas Trudeau d’être si rapide à agir …
Il faut aimer la jeune génération plus que ça…
A t’il si hâte de voir ses enfants avec un joint et fumer avec lui?

N’y avait-il pas d’autres dossiers plus urgents à s’occuper à Ottawa???

Trudeau a tellement renié de promesses jusqu’à maintenant qu’il n’avait pas beaucoup d’autres choix que d’en remplir au mons une…

Personnellement, ça m’inquiète au plus haut point car on fait tout ça juste au moment où l’on se bat avec énergie pour contrer et même éliminer la cigarette qui est, au final, drôlement moins toxique que le pot.

Acheter un bon vin à la SAQ, pour le déguster seul ou entre amis, c’est très bien et bien vu. Acheter du cannabis à la SAQ, ce sera moins bien vu, socialement parlant… Il sera facile de voir qui se drogue, qui a ses petites dépendances et les effets sur son comportement. Donc l’achalandage à la SAQ risque de ne pas être celui attendu, le marché noir continuera de permettre de cacher ces dépendances…

Je ne fume pas et je veux encore moins respirer la boucane des potteux dans les endroits publics, et je déplore les enfants qui seront aux prises avec des parents sans cervelle qui n’y verront que leur « droit légal » de faire ce qu’ils veulent chez eux sans que jamais l’idée ne les effleure que c’est la société au complet qui procurera les soins de santé à leur progéniture le moment venu.
Par contre, un aspect peu discuté sur ce propos est l’utilisation de « l’huile de cannabis » comme médicament efficace. Des centaines de témoignages démontrent l’efficacité de ce produit si on se fie à internet, mais je connais personnellement un ami qui l’a utilisé avec succès comme traitement cutané sur un cancer de la peau de son visage. Bien d’autres cancers seraient combattus assez efficacement avec cette huile, mais on n’en connais pas encore suffisamment pour que ce soit reconnu par l’Association Médicale du Canada.
Je souhaite profondément que les gouvernements provinciaux sauront légiférer très sévèrement l’utilisation de cette matière, mais de gros doutes subsistent. De PET en fils, les choses ne s’améliorent pas…

L’huile de Saint-Joseph aussi.
Ainsi que l’huile du frère d’André. Surtout celle qui est pressée à frette.
De nombreux témoignages sur internet le démontre. Plusieurs recettes sont offertes aussi.

Cela a pris combien de décennies pour se débarrasser de la fumée de cigarette dans les endroits publics? Pour protéger les enfants de la fumée secondaire? J’espère qu’au moins on sera aussi sévère pour la fumée de pot que pour celle de la cigarette!

Si nous constatons ce qui est fait en Europe dont la Hollande qui fut la première à décriminaliser la marijuana, l’expérience n’a pas beaucoup de tort, bien au contraire.

La décriminalisation de la mari a permi au pays de transféré plus de 1.3$ milliard d’Euro du système judiciaire vers le système de santé. Plusieurs pays ont suivis l’exemple de la Hollande notammment les pays Scandinave, la Suisse, l’Autriche et l’Espagne.

Le nombre d’utilisateur demeura stable et pour cause, une personne ne sera pas tenté de boire parce que la brou se vend sur tous coins de rues, il en sera de même pour la mari. Un poteu c’est un poteu, que la mari soit légalisé ou non, il en trouvera facilement.

En Hollande, il est interdit de fumer sur la rue ou tout autre espace publique.
La petite criminalité (vol à l’étalage, vols par effrations etc) a diminué de façon substantielle dès la première année, il y a maintenant plus de 20 ans.

L’erreur que fait le Canada, c’est de croire faire la même chose en diminuant le taux de THC. Grave erreur car il perdra les consommateurs très rapidement, les poteux veulent un « high » pour leur prix. Si le Canada vend le même produit disponible sur le marché noir, comme c’est le cas en Hollande et baisse le prix, ce sera gagnant, gagnant.

Plusieurs provinces ont teinté le Code criminel en cessant d’amener les personnes qui lorsque arrêté, possèdent moins de 10g de mari sur eux, pour la Colombie Britannique c’est 30g. Les policiers ne font que saisir la mari et transmettent un avis à la personne impliquée.

Les tribunaux de la Colombie Britannique et tout particulièrement leur Cour d’Appel a cessé d’entendre des causes impliquant des petites quantités de mari. La province d’Ontario en fit de même l’année suivante, je crois qu’il s’agit de la fin des années 90.

Il faut cesser de jouer à l’autruche parce que le pourcentage de jeunes qui boivent au point d’en gacher leur vie, augmente d’année en année. C’était d’ailleurs le fait en Hollande il y a vingt ans. Hors l’expérience Hollandaise démontre que cette courbe à diminué après que la mari soit décriminalisé.

Les ressources policières pourraient mieux travailler sur les réseaux de drogues fortes (synthétiques) au lieu de perdre leur temps sur la mari.

Cette hystérie voulant croire que les fumeurs de mari se dirigeront vers des drogues plus forte est ridicule. Il est vrai que les personnes s’adonnant aux drogues dure étaient des fumeurs, cela ne veut pas dire que tous les fumeurs font le pas d’une drogue à une autre.

En ce qui a trait aux recherches pour un bidule qui détecte la mari pour les gens aux volant, il existe depuis plus de 10 ans en Europe. Ce détecteur fait le travail pour tous les types de drogues et non seulement la mari. Encore de l’argent dépensé inutilement.

Selon le pays, un conducteur en état perd son permi durant 3 à 5 années selon le pays. Son automobile est saisie, même s’il appartient à une tierce personne qui devra payer une forte amende pour l’obtenir. Toutes les personnes qui se sont retrouvées avec une drogue durant la conduite d’un véhicule est fiché par l’Europol qui pourvoie l’information aux locateur d’auto.

La mari devrait être dispensée par les pharmacies et non la SAQ.

La tolérance en termes de consommation du cannabis aux Pays-Bas ne remonte pas à une vingtaine d’années comme on peut le lire dans un commentaire précédent du mien. Cela est en place depuis 1976. Une chose que je peux confirmer puisque je suis allé passer quelques plaisants week-ends à Amsterdam à cette époque-là.

Il y a une distinction importante à faire entre la décriminalisation et la légalisation. La drogue à ce titre est, reste et demeure illégale aux Pays-Bas, on ne fait pas de distinction entre drogues douces et drogues dures. La vente de cette herbe et sa consommation à des fins strictement récréatives est simplement tolérée dans les coffee-shops autorisés (ayant un permis), elle n’est donc pas cannibalisée par l’État. La seule quantité autorisée est de 5 grammes et non comme dans le futur de 30 grammes au Canada.

Les citoyens hollandais doivent impérativement respecter l’ordre public dans tous les cas. Les pouvoirs publics mettent les ressources nécessaires pour s’assurer que les mineurs ne consomment pas. Hors la loi canadienne ne prévoit que des « peanuts » pour régler cette problématique.

Les municipalités disposent d’un vaste pouvoir de légiférer sur leurs territoires. Ce qui est loin d’être le cas pour les municipalités du Canada.

S’il est vrai que le taux de criminalité a baissé aux Pays-Bas. Qui soit dit en passant à l’un des plus bas taux d’incarcérations de toute l’Europe actuellement. Il est complètement faux de dire que cela est attribuable à la légalisation (tolérance) de la marijuana. C’est essentiellement résultant des politiques carcérales initiées depuis 2009 dans ce cas pays. Lesquelles visent à réduire les dépenses en fermant des prisons.

En d’autres termes, certains crimes sont jugés moins graves qu’auparavant et on privilégie à chaque fois que c’est possible des peines de substitution et la réhabilitation.

C’est une approche qui selon moi est positive puisque cela permet de faire évoluer le système judiciaire et carcéral. Tout le monde sait pertinemment que la prison, c’est l’école du crime.

— Mais cela n’a strictement aucun lien avec une quelconque décriminalisation du port en très petite quantité et de la consommation du chanvre récréatif.

Le gouvernement du Québec travaille fort afin de dissuader les fumeurs dans leur habitude nocive à grands coups de publicités percutantes.Je crains que l’arrivée de la mari dans le paysage vienne abolir le bilan des efforts en vue de persuader les gens à arrêter de fumer car s’ils ne peuvent plus fumer la cigarette,ils vont bien se rebattre sur la mari. Au même moment où le gouvernement Trudeau coupe de moitié les paiements de transfert aux provinces en matière de santé, il décide de légaliser la marijuana! Est-ce lui qui va payer un jour pour réparer les pots cassés? Nul ne le sait,mais un jour ou l’autre il faudra bien que quelqu’un paie. Et la fumée secondaire engendrée par le fumage du pot. J’ai supporté assez longtemps la fumée de cigarette des autres ,faut-il maintenant que je supporte celle des poteux? Mes problèmes pulmonaires, je sais d’où ça vient;je ne les ai volés et pourtant,je n’ai jamais fumé de ma vie. Faut-il y ajouter une autre source de pollution de l’air que nous respirons à l’heure où nous parlons de protection de l’environnement?