Matricule 728 : une retraite bien méritée

L’ex-policière Stéfanie Trudeau en veut à son syndicat, aux médias. Elle en veut à tout le monde, sauf à la principale responsable de son malheur : elle-même.

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«La police, c’est terminé», affirme Stéfanie Trudeau dans une entrevue savoureuse qu’elle a donnée, mardi, à Paul Arcand. Les Montréalais peuvent pousser un grand soupir de soulagement.
Politique

Au cours des dernières semaines, «Matricule 728» a procédé à une petite campagne pour rétablir son image, durement malmenée en 2012 en raison de son comportement lors du conflit étudiant et de l’arrestation brutale et injustifiée des «gratteux de guitare» de la Casa Obscura, sur le Plateau-Mont-Royal.

En collaboration avec l’auteur et criminologue Bernard Tétrault, elle a publié un livre (Matricule 728 : Servir et se faire salir. Mon histoire) et elle a fait le tour des plateaux pour jouer à la victime.

C’est le monde à l’envers. L’ex-policière Trudeau n’a tiré aucune leçon valable des faits qui ont précipité la fin de sa carrière. Si c’était à refaire, elle aspergerait encore de poivre de Cayenne des manifestants qui criaient «libérez les chevaux» lors d’une manifestation étudiante, en mai 2012. «J’étais dans une situation dangereuse, en pleine émeute, a-t-elle expliqué au 98,5. J’avais des ordres de dispersion.»

Pour la petite histoire, personne n’avait touché la policière, ses collègues ne se sentaient pas menacés (ils tournaient le dos aux manifestants), et la direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait désavoué le geste de la policière.

Stéfanie Trudeau refuse d’admettre qu’elle a «pété sa coche» alors qu’elle était débordée par l’ampleur de la tâche. Soir après soir, les policiers et les manifestants ont joué dans le même mauvais film à l’occasion du conflit de 2012. «C’était invivable. C’était le chaos, l’anarchie qui a gagné sur le droit», soutient-elle.

Ses remarques en disent long sur son état d’esprit et son ras-le-bol. La policière Trudeau, comme d’autres de ses collègues, a subi une indigestion de crise sociale. On peut les comprendre, tellement le conflit a été long et éprouvant. Cela ne justifie en rien son comportement. Est-ce trop difficile pour elle d’avouer ces «crimes» de fatigue extrême et de manque de jugement ?

C’est donc une policière au bout du rouleau, mais incapable de le reconnaître, qui a été réaffectée sur le Plateau-Mont-Royal durant l’été 2012. Elle n’a pas mis de temps à rencontrer des «gratteux de guitare, des carrés rouges et des mangeux de marde» qu’il fallait mettre au pas.

En octobre 2012, l’antistar du SPVM a livré sa pire performance en carrière : elle a procédé à l’arrestation de Rudi Ochietti, Serge Lavoie, Simon Pagé et Karen Molina (une simple passante qui a eu l’audace de filmer son intervention arbitraire). Le motif initial de l’arrestation ? Ochietti ouvrait la porte du local de l’avenue Papineau à des comparses. Il se trouvait, bière à la main, à la limite entre le domaine privé et public. Une infraction aux règlements municipaux.

«Avez-vous pété votre coche ? Le gars, y prend une bière. Il n’est pas en train de commettre un crime. Il n’est pas en train de virer la ville à l’envers», lui demande Paul Arcand.

Bien sûr que non ! Voyez-vous, Stéfanie Trudeau n’a jamais «pété sa coche» dans toute sa carrière. «J’ai toujours été patiente et tolérante», dit-elle. Heureusement. De quoi aurait l’air Serge Lavoie aujourd’hui si elle avait «pété sa coche» ? Que resterait-il de ses grosses lunettes noires ? Combien d’insultes et d’injures faut-il compter avant de statuer que Stéfanie Trudeau a bel et bien disjoncté, ce soir-là ?

L’intervention a dégénéré et profondément offensé les policiers. Marc Parent, ex-directeur du SPVM, a même présenté ses excuses pour les propos inacceptables tenus par Stéfanie Trudeau. Aucune accusation n’a été portée contre les quatre résidants, qui poursuivent aujourd’hui le SPVM. La policière Trudeau a été accusée de voies de fait simples.

Stéfanie Trudeau continue de prétendre qu’elle a été encerclée et agressée physiquement. Aucune preuve ni aucun témoignage n’appuient ses déclarations. Elle a d’ailleurs confié à sa conjointe, à chaud, qu’on ne lui avait pas «sauté dessus», à la Casa Obscura.

Elle en veut à l’ancien chef Parent de l’avoir laissée tomber. Elle en veut à son syndicat, aux médias. Elle en veut à tout le monde, sauf à la principale responsable de son malheur : elle-même.

 

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24 commentaires
Les commentaires sont fermés.

OUF! Elle est partie… Le peu que j’ai vu de son entrevue m’a convaincue rien qu’à voir son visage, on savait déjà. Pourquoi en a-elle remis une couche avec ce livre et ces entrevues? Espérons qu’elle ne fera pas une carrière auprès… des personnes âgées!!!!! dans un établissement de soins de longue durée. OUF OUF OUF et oui, j’ose le dire et l’écrire.

C’est drôle j’y vois le symptôme d’une dérive plus large. Est-ce que les étudiants qui ont saccagé l’UQAM, l’hiver dernier ont été accusé, reconnu coupable, condamné? Est-ce que je me trompe ou les accusations ont été laissées tomber? La fille d’Amir Khadir a-t-elle reçu une sentance pour avoir vandaliser l’UdeM? Je prends ces exemples, mais on a des dizaines d’exemples d’une culture générale de l’impunité alors de demander à une policière de reconnaître ses fautes…

La policière n’a pas été supporté par l’état major de la police, ni par le syndicat. Elle était en effet dans un état de burnout professionnel pour avoir agit ainsi. Mais, elle se devait d’être supportée et non calé et abandonné par la police elle même. Elle a parfaitement raison de se plaindre aujourd’hui. Tous les »gratteux de gitare » et »mangeux de marde », auront gagné contre cette policière. Mais, cette victoire est au au grand détriment de la police elle même et de l’ordre civil. Tous les civils au Québec auront maintenant encore moins compris que quand la police te demande de circuler ou de t’identifier, tu ferme ta gueule et t’obtempère.

La police a pas tous les droits. elle doit respecter la constitution, les chartes , les lois et les réglements.

Ainsi, « l’ordre civil » exigerait que l’on ferme les yeux sur les abus policiers et que l’on obtempère aux demandes de ceux-ci, peu importe qu’ils soient ou non dans leur droit? Car peut-être ne le savez vous pas, mais tout citoyen a le droit de refuser de s’identifier à moins d’être en état d’arrestation. Et oui, encore ces saprés droits individuels qui menacent de nous faire sombrer dans l’anarchie (imaginez si les gens pouvaient boire une bière sur leur perron!) C’est avec de bons petits moutons dans votre genre que prospère les dictatures…

«Tous les »gratteux de gitare » et »mangeux de marde », auront gagné contre cette policière.»

Oh oui, ça fait mal quand les fous furieux perdent devant les corrés rouges. Qui est «mangeux de marde» ici?

Un mot :

Larbin!

Quand la police me demande d’obtempérer à un ordre, à titre de citoyen qui paie leur salaire avec mes taxes. Donc, leur boss, je suis en droit de poser la question qui tue : Pourquoi ? Surtout si la situation en requiert en rien que j’obéisse! Lorsqu’un flic me demande de m’identifier, mon devoir de citoyen est de m’enquérir du motif des motifs qui sous-tendent cette demande… Sans motif point d’identification!!

Si la police fait pas sa job,on chiâle, si la police fait sa job on chiâle encore,Tant qu’ à moi, il pourrait y en avoir plus des matricule 728.

Stéphanie Trudeau a bien raison d’en vouloir à tous les collègues avec lesquels elle a travaillé et parmi lesquels aucun n’a eu le courage de rapporter à leurs patrons ou à leur syndicat les signes avant-coureurs des dérapages qui se préparaient. Plusieurs de ses partenaires de travail ont certainement eu l’occasion d’observer des incidents au cours desquels le bouillant tempérament de la policière est apparu mais ils semblent qu’aucun d’entre eux n’ait cru bon d’intervenir. Solidarité ou manque de courage? Quand on fait partie d’une fraternité il faut savoir se soutenir les uns les autres et savoir mettre l’intérêt de la Fraternité avant celui d’un de ses membres.

Ah, ce chef de la police ose venir nous dire « qu’ils » n’ont reçu aucune plainte, au sujet des agissements ahurissants d’une des leurs? Faut qu’ils soient tous sourds et aveugles ! La population entière leur a dit, et amplement, que de tels comportements étaient intolérables, dans une société civilisée : que leur faut-il de plus? Un minimum de « jarnigoine », peut-être? Non mais…

Tout bonnement incroyable, cette capacités de certaines personnes de ne jamais se remettre en question. Je crois que c’est à classer dans les déficiences mentales.

Un syndicat par principe va défendre son membre même dans l indéfendable.Mais encore là, y a des limites.728est le cas typique de la limite atteinte.Les policiers que je connais ont eux mêmes fait des pressions pour « ne vous en mêlez surtout pas ». C est tout dire.

Le travail policier est un métier très difficile, tu laisse démolir la ville t’es coupable, tu empêche de faire démolir la ville t’es encore coupable!

Informez-vous donc avant de tirer des conclusions basées sur les micro-partie d’un long événements relaté par un seul des deux camps . Je vous suggère tous d’écouter son témoignage. Matricule 728 n’a fait que son travail selon moi. C’est notre système entier qui est peu être le problème.

Quel manque d’objectivisme dans cet article ! Ce n’est pas un article de journalisme mais plutôt les pensées d’un blogiste en besoin de défoulement.
Et que dire des commentaires…Des chèvres qui suivent un berger. Des idéologies biaisées par les médias. Des sources peu fiables. Un cruel manque de réflexion mélangé à une capacité intellectuelle limitée. Et dire que vous avez le droit de vote. Aie Aïe.

Malgré la violence présentée dans les gestes de Stéfanie Trudeau, ces derniers ont été justifiés. Afin de gagner des voix en période d’élections, le gouvernement et le SPVM ne pouvait protéger cette policière. Hors, elle a été blanchi pour une des 2 causes. Elle sera sûrement blanchie pour la prochaine. Boire de la bière dans la rue ce n’est pas permis ! Tenter d’arrêter un policier en intervention par en arrière, ça ne l’est pas aussi!

S’il vous plaît, je vous en prie….réfléchissez avant d’écrire et utilisez plusieurs ressources avant de vous borner à une opinion.

Merci.

beaucoup trop long pour mettre en prison une criminel comme ça , en plus est dans police wow , c’est qui qui embauche ça , je le mettrai dehors aussi.