Maxime Bernier, le défonceur de portes ouvertes

Dans ses temps libres, qui sont nombreux étant donné la modestie de ses responsabilités de ministre d’État à la Petite Entreprise, Maxime Bernier se plaît parfois à jouer l’électron libre.

Photo © Adrian Wyld / La Presse Canadienne
Photo © Adrian Wyld / La Presse Canadienne

Dans ses temps libres, qui sont nombreux étant donné la modestie de ses responsabilités de ministre d’État à la Petite Entreprise, Maxime Bernier se plaît parfois à jouer l’électron libre.

Une fois tous les cinq ou six mois, le député conservateur de la Beauce allume un feu de paille, histoire peut-être de combattre l’obscurité dans laquelle il évolue au quotidien sur la colline du Parlement.

Le ministre n’est pas toujours facile à suivre. Il y a des jours où il diagnostique des bobos à son propre gouvernement, et d’autres où il joue les docteurs auprès de la province où il a été élu député fédéral.

Plus personne ne croit qu’un missile aussi imprévisible est télécommandé par le premier ministre. Et à l’usure, les préfets de discipline conservateurs ont pu constater que le député ne joignait pas nécessairement le geste de défiance à la parole.

Il y a quelques années, Maxime Bernier s’était insurgé publiquement contre le projet d’une commission fédérale des valeurs mobilières… pour laquelle il avait néanmoins voté chaque fois que l’opposition avait présenté des motions réclamant son abandon.

Plus récemment, il plaidait pour l’élimination de la loi 101. Selon lui, la classe politique québécoise nage à contre-courant d’un consensus en faveur de l’abandon de mesures contraignantes pour assurer la pérennité du français comme langue commune.

Du même souffle, cependant, le ministre se défendait de vouloir s’ingérer dans un dossier de compétence exclusivement québécoise. Il y a des pavés dans la mare dont l’effet équivaut à un coup d’épée dans l’eau !

Le mois dernier, c’est le scrutin du 7 avril qui l’a inspiré à proposer un mode d’emploi pour guérir le Québec des maux qui l’empêcheraient de donner sa pleine mesure.

Selon lui, la société québécoise doit se réconcilier avec son identité pluraliste ; prendre acte de son appartenance au Canada ; mettre fin à sa dépendance au Trésor fédéral et à l’interventionnisme étatique ; et porter le flambeau de la décentralisation de la fédération.

Le fait de réussir à défoncer autant de portes ouvertes d’un seul coup de pied constitue, en soi, un exploit.

• Les commentaires du ministre Bernier sur le caractère pluraliste de la nation québécoise auraient été plus pertinents s’ils avaient été collés à l’actualité du débat qui a fait rage jusqu’au vote du 7 avril à propos du projet péquiste de charte de la laïcité.

• L’électorat québécois, en l’espace de moins de cinq années, a envoyé à la trappe le Bloc québécois et le gouvernement souverainiste de Pauline Marois. Faudrait-il que les députés fédéraux du Québec soient conservateurs plutôt que néo-démocrates ou libéraux pour être suffisamment représentatifs d’un Québec déterminé à prendre sa place dans la gestion des affaires de la fédération ?

• Maxime Bernier affirme que le Québec doit quémander moins et contribuer davantage à la fédération canadienne en s’affranchissant d’un modèle étatique qu’il juge trop lourd. Dans l’ambiance austère qui règne à Québec aux premiers jours d’un nouveau gouvernement libéral, ce sont des suggestions qui arrivent comme un cheveu sur la soupe.

• Quant à l’invitation à militer pour une fédération moins centralisée, le ministre Bernier fait partie d’une équipe dont le chef avait promis, il y a presque 10 ans, d’abroger en tout ou en partie le pouvoir fédéral de dépenser, en fonction duquel Ottawa, au fil des années, a régulièrement ouvert des chantiers dans les champs de compétences de ses partenaires provinciaux.

De mémoire de correspondante parlementaire, il y a des lunes que cette promesse a disparu du radar. Maxime Bernier ferait œuvre utile en lançant un avis de recherche.

La classe politique à Ottawa se prépare à une bataille électorale fédérale l’an prochain au Québec, qui, pour la première fois depuis 20 ans, se jouera surtout entre partis fédéralistes.

On assiste actuellement à une période de rodage, mais aussi d’adaptation du message des uns et des autres à un contexte québécois bien différent de celui qu’imaginaient, il y a encore trois mois, la plupart des stratèges des partis. Le ministre Bernier ne le voit peut-être pas, mais depuis le 7 avril, la balle est également dans son camp.

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Pour moi, le problème est que monsieur Bernier est un élu québécois, qu’il est ministre du gouvernement, lequel par le fait-même, de par sa position, est qu’il nous représente implicitement partout dans le Canada et aussi un peu ailleurs à l’étranger.

En sorte que mon questionnement est plutôt de savoir si monsieur Bernier est emblématique de la représentation des québécois ou bien pas ? Si la réponse est « oui » ; dans ce cas-là tout va bien. S’il appert que la réponse soit : « pas vraiment » ; dans ce cas, il conviendrait d’avoir d’autres québécois dans un futur proche gouvernement qui soient plus représentatifs et plus réactifs quant à ce que nous sommes.

En sorte qu’il soit mis de l’avant une image plus juste de ce qu’est le Québec d’aujourd’hui dans le Canada. De telle sorte que le modèle coopératif, serve les intérêts communs et réciproques de toutes les provinces, en sorte que l’apport de toutes les provinces serve précisément à supporter l’investissement dans tout le pays au même titre que la fluidité de la circulation des capitaux.

Cette image que diffuse monsieur Bernier, d’un Québec quémandeur dans le Canada, contribue essentiellement à diffuser une image négative des québécois dans le pays. C’est contre-productif évidemment.

De plus, une fin ou une réduction éventuelle de la péréquation, ne signifie en rien la fin des transferts fédéraux. Au contraire, advenant une trésorerie excédentaire, les transferts pourraient s’accroître dans toutes les provinces, incluant bien sûr le Québec. Ce qui signifie que moins de péréquation signifie en toute fin, plus de transferts sur les autres postes.

Je suis pantois de distinguer, qu’aussi éminent ministre pourtant portant si bellement l’étendard de l’État, qu’il ignorât ou feint d’ignorer de si élémentaires circonvolutions.

Madame Hébert, je lis vos chroniques avec grand intérêt. Cette dernière concernant Maxime Bernier est criante de vérité.
Je ne vois pas de compétences chez cet homme en tant que député, encore moins en tant que ministre.
Je n’ai jamais compris les gens de la Beauce qui lui accordent sa confiance.

Francine Petit,
Montréal,

Nouvelle maxime : Être épais dans plus mince et en fournir la preuve régulièrement… ET être rémunéré!

“Effectively, he wants a squabble but we want constitutional peace and respect of the constitution.” — Maxime Bernier

Mme Hébert,

À la lumière des récentes décisions de la cour suprême sur la constitutionalité de certains projets des Conservateurs, j’aimerais vous lire au sujet de cette déclaration de M. Bernier concernant l’élection de Mario Beaulieu à la tête du Bloc, telle que rapporté par votre collègue Elizabeth Thompson dans iPolitics.

Merci

S. Le lostec

La connerie ne connaît pas de limite.

Évidemment le passé de M.Bernier parle par lui-même, il ne faut pas s’étonner des paroles de celui-ci, relégué a un rôle inférieur, celui-ci se débat pour attiré l’attention, pour montrer qu’il existe. Je me questionnerais plutôt sur l’intellect des électeurs de la Beauce qui ont réélu cet énergumène. Heureux les creux car le royaume des cieux leur appartient .

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