McGuinty au Parti libéral du Canada? Je n’y crois pas

Le premier ministre de l’Ontario, le libéral Dalton McGuinty, a surpris tout le monde lundi en annonçant sa démission. Aussitôt, les conjectures sur son avenir se sont multipliés, plusieurs se demandant s’il ne plongerait pas dans la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC). Des libéraux fédéraux et ontariens sont déjà prêts à travailler pour lui et font pression sur lui.

Mais tout ce beau monde semble avoir omis quelques petites choses, dont celles-ci.

M. McGuinty a dit qu’il restera premier ministre jusqu’au choix de son successeur à la tête du Parti libéral ontarien. Cela veut dire qu’il ne pourrait pas faire campagne avant quelques mois.

M. McGuinty a, tout en annonçant son départ, prorogé l’assemblée législative pour protéger un de ses ministres accusé d’outrage au Parlement par l’opposition. Cela a provoqué l’indignation. De plus, le PLC est le parti qui a dénoncé avec le plus de férocité les prorogations du gouvernement Harper.

En septembre, M. McGuinty a perdu une élection partielle cruciale.  La victoire lui aurait donné une majorité. Mais après avoir pris de front les enseignants, ses alliés de longue date, il s’est mis à dos les syndicats qui se sont mobilisés en faveur du NPD, l’aidant ainsi à ravir  pour la première fois de son histoire la circoncription de Kitchener-Waterloo. Or, c’est contre le NPD que le PLC bataille au fédéral pour occuper le centre-gauche de l’échiquier.

Finalement, et plus important encore, M. McGuinty quitte alors qu’il est plus impopulaire que jamais. À la fin septembre, un sondage Forum Research le plaçait derrière ses adversaires progressistes-conservateurs ET néo-démocrates. Or, l’Ontario est le joyau à conquérir lors des prochaines élections fédérales. Avec ses 15 sièges de plus, la province détiendra plus du tiers des sièges aux Communes. Aucun parti ne peut espérer prendre le pouvoir sans elle et les libéraux fédéraux ne peuvent reprendre du poil de la bête sans y faire des gains. Et pour ça, ils ont besoin d’un chef populaire.

Pour ces quelques raisons, et quelques autres, j’hésiterait àaccorder trop de crédit aux scénarios d’une candidature de Dalton McGuinty à la direction du PLC.

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Je partage votre avis. J’avais lu quelque part que dans le garage de la famille McGuinty il y a des pancartes rouges avec le mot Libéral et le nom McGuinty, que les membres de la familles partagent au besoin. Sait-on, un autre McGuinty songe peut-être à la chefferie.