Meech 11 : La triche

Montréal n’est guère habituée aux convois officiels de limousines noires qui narguent le trafic et intimident les piétons de leurs escortes policières, toutes sirènes hurlantes. Quelques jours après la mort de Meech pourtant, le spectacle se déploie, entre Dorval et le centre-ville, à la demande expresse du premier ministre Bourassa.

L'Ontarien David Peterson. Le premier à savoir la vérité.
L'Ontarien David Peterson. Le premier à savoir la vérité.

Dans la limousine, son copain ontarien, David Peterson. Les deux hommes se sont parlé le jour de la mort de l’entente et ont résolu de se voir dès que possible. « Il y a un temps pour l’action, explique l’alors premier ministre de l‘Ontario, et il  a un temps pour la symbolique. Ce jour-là, il fallait montrer que le pays n‘allait pas se fractionner que et nous allions faire en sorte qu’il ne le soit pas. »

Pour souligner les 20 ans de la mort de l’accord du lac Meech, il me fait plaisir de vous présenter, en feuilleton, des extraits de mon livre Le tricheur, qui relate comment les acteurs politiques québécois ont vécu la mort de l’accord.

Bourassa vient de proclamer « quoi qu’on dise… », vient de jurer « plus jamais à 11… », déclare que « tout est ouvert » et précise qu’il n’écarte pour l’avenir du Québec aucun scénario, « sauf le statu quo et l’annexion aux États-Unis ». Quelques centaines de milliers de Québécois sont descendus dans la rue.

David Peterson, premier ministre de la plus canadienne des provinces, est-il inquiet de cette dérive ? Croit-il que Bourassa est en train de se muer en un René Lévesque modéré et non-fumeur ? Nullement. Parlant de cette rencontre en tête-à-tête de plus de deux heures, Peterson dit : « il n’y a aucun doute dans mon esprit et je me sens absolument solide sur ce point : il n’a jamais cessé d’être fédéraliste. Des gens disent parfois que Bourassa est un crypto-séparatiste. C’est faux. Il en est venu à la conclusion bien avant l’affaire de Meech, qu’il était toujours préférable que le Québec reste dans le Canada. »

« Oui mais, insiste l‘auteur, si ça devenait inévitable, il pouvait penser qu’il était préférable que lui la fasse [la souveraineté] plutôt que Parizeau. »

« Jamais, répond Peterson. Au pied du mur, s’il avait à choisir son camp, il choisissait le Canada. C’est le cœur du personnage. »

Mais, les discours ? Mais, la future commission ? Peterson et Bourassa en parlent, bien sûr, à quelques jours du choc. Et Bourassa annonce déjà ses couleurs : «  à l’évidence, il devait stabiliser la situation, résume Peterson. La réaction des Québécois était prévisible, l’échec de Meech était considéré comme une énorme humiliation, les séparatistes étaient à 70% dans les sondages. Robert a vécu plusieurs de ces moments difficiles auparavant et il devait gérer le problème. C’est ce qu’il avait fait à l’Assemblée nationale avec son discours et ce qu’il s’apprêtait à faire dans les semaines qui venait. »

N’avait-il pas peur d’être dépassé par son propre peuple, son propre parti et contraint de les suivre ?

« Non. Mais il disait : « Écoute, ces forces sont très difficiles à gérer et je dois les gérer avec beaucoup de soin. » »

« Robert est un des politiciens les plus habiles au pays », dit encore Peterson, un de ses plus grands admirateurs, qui aborde ici un point essentiel : «  I l en a vu beaucoup et il est astucieux et intelligent. Il comprend qu’il faut gérer ce genre de chose en utilisant le temps qui passe. Et il est patient. »

En juin 1990, Bourassa se sait maître du temps. Son mandat ne se termine qu’en septembre 1994. C’est la donnée la plus importante du jeu.

UN PACTE AVEC LES QUÉBÉCOIS

Robert Bourassa est « une devinette enveloppée dans un mystère à l’intérieur d’une énigme » pour reprendre le mot de Churchill. Peterson en est-il le bon décodeur ? Se peut-il qu’il soit désinformé par le Québécois, en ce lendemain de Meech ? Son récit, en tout cas, recèle un précieux indice : aux premiers jours de l‘après-Meech, Bourassa ne prépare nullement son principal partenaire canadien à l’éventualité d’un départ du Québec. Devant lui, il claque au contraire cette porte.

Il n’y a aucun doute que le maintien du lien fédéral est de loin – de très loin – le premier choix du premier ministre. Mais au cours des mois il convaincra 80% des Québécois, y compris son conseiller constitutionnel qu’il sera prêt à faire la souveraineté si « le premier choix » ne se concrétise pas, si aucune réforme en profondeur ne se profile à l’horizon. C’est le pacte. Une dernière chance, sinon, on part !

Quand Peterson parle du « cœur du personnage », il laisse entendre qu’en dernière analyse, Bourassa préférerait le statu quo à la souveraineté. Qu’il n’y a pas de pacte qui tienne.

C’est précisément le témoignage que fait Mario Bertrand, un des amis les plus proches de Bourassa à ce moment.

Mario Bertrand, ici avec Mme Andrée Bourassa
Mario Bertrand, ici avec Mme Andrée Bourassa

L’auteur : Il n’y a jamais un moment, même après Meech, même dans les mois qui ont suivi, avec les sondages qui se tenaient à 65% pour la souveraineté, où il a dit : « Ben, peut-être que je vais la faire »?

Bertrand : Non, moi, je ne crois pas ça.

L’auteur : À aucun moment ?

Bertrand : Je ne crois pas ça. Je ne crois pas ça. […] Il aimait mieux le Canada à tout prix.

Mario Betrand explique que jamais, en deux ans de conversations téléphoniques presque quotidiennes – au cours desquelles Bourassa teste sur lui des idées, lui raconte ses malheurs, l’engueule, même – jamais, donc, Bourassa n’a donné le moindre indice qu’il puisse, dans quelques lointains replis de se circonvolutions stratégiques, envisager de préparer l’avènement de la souveraineté. Jamais. « C’est pas son expression, dit Betrand, mais moi, je dis « Canada à tout prix » pour résumer la pensée du chef.

Bourassa, disent-ils, était un inconditionnel du fédéralisme avant, pendant et après la crise. Eux le savaient, alors même que se déroulait le drame, alors même que se multipliaient les mensonges. D’autres l’ont réalisé plus tard. C’est le cas de Jean-Claude Rivest. Très longtemps, Rivest a cru à la souveraineté comme « position de repli », et l’on verra, dans la suite du récit, comment il perdra cette illusion. Plus tard, dans une entrevue accordée à l’auteur en juin 1993, Rivest tirera au sujet de Bourassa cette conclusion un tout petit peu amère :

«Lui, son adhésion au Canada est stable. Malgré l’échec de Meech, malgré la déclaration de juin, dans sa tête, ça ne s’est jamais modifié.»

CEUX QUI SAVENT… DANS LE ROC

Peterson a raison, lui qui détient une carte de membre du club des gens qui savent, Robert ne remettra jamais en cause le lien fédéral. Et Robert le dit, en privé, à la plupart de ses partenaires canadiens. À ceux, donc, auxquels il est censé faire peur.

L'albertain Don Getty en sait plus que les ministres de Bourassa
L'albertain Don Getty en sait plus que les ministres de Bourassa

Peu après la mort de Meech, et souvent par la suite, il parle au premier ministre albertain Don Getty. C’est un vétéran, comme lui, du combat constitutionnel de Meech. Après la mort de l’accord, Getty craignait que le pays ne soit sur le bord de l’éclatement. Il s’en est ouvert à Bourassa et raconte la teneur de leurs propos :

Getty : Mes conversations avec lui m’ont complètement convaincu que c’était un fédéraliste solide, un Canadien, qui se préoccupait de l’option canadienne. Mais il n’était certainement pas en position de dicter une ligne de conduite à son caucus et à son cabinet et à sa province. […] À ce moment-là, il était particulièrement inquiet de l‘aile jeunesse de son parti; il la jugeait instable et il pensait qu’elle lui donnerait des maux de tête.

L’auteur : C’est ce qu’il vous a dit à l’époque ?

Getty : Oui, il disait : « Après tout, c’est mon parti et je ne peux pas lui dicter son option. »

Bourassa donne les mêmes explications au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, qui résume ainsi leurs conversations :

McKenna : Il devait tenir deux facteurs en équilibre. Premièrement, il devait garder sa crédibilité au Canada anglais, s’il voulait attendre ses objectifs de réforme pour le Québec. Deuxièmement, il devait apaiser les forces les plus nationalistes au Québec. Et je pense que l’histoire soulignera que sa réaction fut extrêmement habile. Comme il me l’a dit un jour : one has to permit a period to allow the blood to boil. [Il faut laisser au sang le temps de bouillir.]

Le successeur de Peterson à la tête de l’Ontario, Bob Rae, recueille le même type de confidences.

Bob Rae: grâce à Bourassa, le Canada ne pouvait pas perdre !
Bob Rae: grâce à Bourassa, le Canada ne pouvait pas perdre !

Rae : C’est allé beaucoup plus loin qu’il ne le voulait, pour parler franchement. Pendant plusieurs de nos discussions, j’essayais de lui dire : « Robert, si tu crois à une solution fédérale – et je sais qu’il y croit – et que tu préfères une solution fédérale, la stratégie que tu as de créer une position de négociation plus forte [pour le Québec] ne marchera pas au Canada anglais. Il faut en trouver une autre. » […]

Mais il fallait qu’il laisse la vague souverainiste aller et venir, presque comme une marée. M. Bourassa sentait par exemple qu’il ne pouvait revenir à la table de négociation tout de suite, car il se ferait démolir par ses critiques.[…]

L’auteur : Est-ce qu’il utilisait des phrases comme « il faut attendre le retour du balancier » ou « il faut laisser au sang le temps de bouillir » ou « la situation intérieure doit se calmer d’abord »?

Rae : Oui, il voulait attendre que l’opinion, qui était assez extrême, finisse par se pacifier. […] Il ne m’a jamais donné une indication que sa préférence, à quelque moment que ce soit, était autre chose qu’une solution canadienne.

L’auteur : Même si la nouvelle tentative de réforme constitutionnelle ne marchait pas ?

Rae : Tout à fait. Il était d’ailleurs très sceptique quant aux chances de succès des nouvelles négociations. […]

L’auteur : Mais, si vous saviez que Bourassa n’allait pas mettre sa menace [de référendum sur la souveraineté selon la li 150] à exécution, comment sa stratégie pouvait-elle être efficace ?

Rae : Bien, je pense que c’est justement [Ici, Rae s’interrompt pour rire un peu]. Je ne sais pas. J’essaie d’être aussi franc que possible… [nouveau rire]. Au risque de dire quelque chose d’imprudent, je dois admettre que le problème central de la stratégie de négociation du Québec était que nous [du Canada anglais] étions en présence d’un mécanisme dans lequel nous ne pouvions pas perdre.

Le premier ministre canadien, Brian Mulroney, est membre d’honneur du club de ceux qui savent – la tumultueuse relation Mulroney-Bourassa sera traitée en détail dans la suite du récit. On verra comme Bourassa trahira les rêves de réforme des fédéralistes qu’il prétend représenter.

Les proches de Bourassa ne ménagent aucun effort pour répandre la bonne nouvelle autour de Mulroney et tuer ainsi dans l’œuf toute crainte que le Québec puisse fausser compagnie à la fédération canadienne. Ainsi, dès le début de janvier 1991, Jean-Claude Rivest va à Ottawa présenter un brouillon du rapport Allaire au chef de cabinet de Mulroney, Norman Spector, en lui expliquant qu’il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. De même, dans les 24 heures qui suivent la publication du rapport Bélanger-Campeau, Rivest explique à Spector qu’il n’y a rien de contraignant dans la résolution, et que l’engagement de tenir un référendum sur la souveraineté au plus tard en octobre 1992 est bidon. « Je leur ai dit de ne pas s’énerver avec ça », rapporte Rivest.

UN MACHIAVEL COMME LES AUTRES ?

Le triomphe de Bourassa, c’est la construction d’un efficace trompe-l’œil. Il feint d’être le roi de l’ambiguïté québécoise, d’incarner le Normand qui dort en chaque Québécois moyen, ce qui lui permet de raviver à son profit l’indécision populaire remplacée, après Meech, par une détermination nouvelle, par un rare esprit collectif de décision. Inquiet de cette bouffée de volontarisme, Bourassa appelle les Québécois à calquer leur comportement sur le sien : restez ambigus, soyez prudents, gardez ceinture et bretelles.

Mais sous le masque, Bourassa est le moins ambigu des Québécois. Il est le roi des décidés. Au sommet de l’appareil libéral, il est un des seuls détenteurs d’une foi inébranlable : il faut que le Québec reste, à tout prix, dans le cadre canadien. Il le croit plus encore que Claude Ryan. Il le croit, et il le cache, Ce camouflage est son arme principale, son discours permanent.

Bourassa ôte son masque lorsqu’il s’adresse à ses alliés, les fédéralistes inconditionnels du Rest of Canada (ROC) et du Québec. L’observation de ses actions des premiers mois de 1991 et de l’année encore à venir prouve qu’il disait le vrai lorsqu’il parlait aux fédéralistes en privé, qu’il disait le faux lorsqu’il s’adressait aux Québécois en public, ou aux souverainistes libéraux à huis clos.

Tout politicien est un peu comédien. Tout négociateur compétent maîtrise l’art de la feinte. Et Bourassa n’est pas le premier à avoir lu, et à prétendre appliquer, les préceptes de Machiavel. Il n’a pas inventé le double langage. Des tas d’hommes politiques trompent leur électorat sur des tas de dossiers, intérieurs et extérieurs.

Cependant on ne trouve pas trace, en démocratie moderne, d’un autre politicien qui trompe ainsi son propre peuple sur le sujet central de son avenir politique.

Dans les entrevues de premiers ministres anglophones qu’on vient de citer, réside l’information suivante : le Québécois chargé de renégocier, pour son État et son peuple, un nouveau contrat avec son voisin, a informé secrètement dès le départ les négociateurs adverse qu’il n’allait en aucun cas user du rapport de force dont il était investi. Pas étonnant que Bob Rae trouve la chose comique.

Chacun chez soi, Rae, McKenna, Getty et compagnie pensent qu’eux-mêmes n’auraient jamais pu réussir un tel coup. « To some extent, he is held in some awe », dit Bob Rae (awe : une crainte révérencielle, le plus grand respect). Ils sont les spectateurs privilégiés du drame.

Comme tous les autres spectateurs, ils ont leur ticket, car c’est le seul cirque en ville. Mais contrairement à tous les autres, ils ont le programme en main.

Et c’est bouche bée qu’ils observent le funambule dans son numéro jusqu’ici le plus difficile, le plus périlleux. Pantois, admiratifs mais dubitatifs, ils s’interrogent : Arrivera-t-il à tromper suffisamment de Québécois suffisamment longtemps ? Est-il assez crédible, sont-ils assez crédules, pour que le mensonge tienne le coup ?

C’est ce qu’on va voir…

(La suite dans Le tricheur et Le naufrageur)

Demain, Le tricheur : le film !

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Wow. Incroyable. Simplement incroyable. Quel tricheur. C’est à se demander si les canadians n’ont pas eu vent de cette affaire avant la mort de Meech, et ont décidés de le tuer à cause de ça !!

Trudeau, Chrétien, etc., étaient surement au courant des pensés de Bourassa, et ont donc dit à Wells de tuer cette affaire de Meech, parce qu’il n’avait pas de danger …

Mulroney lui ?

JL

Vu ce que vous dites vous-même monsieur Lisée : »Tout politicien est un peu comédien. Tout négociateur compétent maîtrise l’art de la feinte. Et Bourassa n’est pas le premier à avoir lu, et à prétendre appliquer, les préceptes de Machiavel. Il n’a pas inventé le double langage. Des tas d’hommes politiques trompent leur électorat sur des tas de dossiers, intérieurs et extérieurs. »,

il n’est pas surprenant qu’une majorité de québécois, j’ose avancer, soient devenus CYNIQUES.

Prenons ça comme faisant partie du processus de maturation des québécois, qui ne seront sûrement plus crédules dorénavant face à leurs politiciens de toutes dénominations.

CYNIQUES :

cynique
(adjectif et nom commun)
Nom d’une école de philosophes grecs qui rejetaient les conventions sociales, les principes moraux, et vivaient selon les préceptes de la nature

Très intéressant de se remémorer ces évènements dramatiques. Bourassa, pour être tricheur, menteur, etc, il l’était, c’est certain. Habile en plus. Mais je crois que ce qu’il affectionnait le plus, c’était le pouvoir. Il était prêt à tout pour le garder, même faire la souveraineté). Et il a trompé tout le monde en se contentant de suivre le vent. Lorsque la tempête s’est résorbée (il y a contribué en faisant en sorte que la pression diminue), il a pu conserver la voie qu’il avait déjà choisi, plusieurs années auparavant (du temps ou Lévesque claquait la porte du PLQ). Nous sommes encore canadiens » parce que les dirigeants souverainistes, bien que très idéalistes, sont naïfs, vraiment très naïfs. Les fédéralistes eux, sont vraiment de meilleurs stratèges (Trudeau, Bourassa, Chrétien … et actuellement Harper). Bonne Saint-Jean-Batiste.

À l’époque je n’ai jamais cru que Bourassa aurait penché du côté de l’indépendance. Au contraire, ça n’était pas logique car il défendait le fédéralisme depuis des décennies et l’échec de Meech n’était qu’une défaite pour ceux qui préconisaient l’amélioration du fédéralisme mais ça ne voulait pas dire que le fédéralisme n’était plus valide seulement parce qu’on ne pouvait pas l’améliorer. Il y a peut-être des gens qui ont cru que Bourassa se résoudrait à aller du côté de l’indépendance si les négociations ne marchaient pas mais ils étaient très naïfs, je crois, et n’avaient pas bien saisi le personnage.

Ce texte ne me surprend pas du tout mais ce qui me surprend c’est que lui et sa clique aient cru qu’ils pouvaient tromper tout le monde… tout le temps!

Jamais un premier ministre québécois n’a eu dans son jeu des cartes aussi impressionnantes. Lui, il a volontairement tout bousillé parce qu’il était viscéralement incapable d’opter pour l’indépendance. Pour reprendre l’expression de Bourgault, il était profondément provincial. Il nous vantait le modèle d’intégration à l’européenne comme argument contre la séparation. Pourtant, il s’agissait bien évidemment de pays souverains qui optaient pour ce modèle. Il a pratiqué la désinformation pour tromper son peuple pendant qu’il nous cocufiait avec les autres provinces. La langue française regorge de mots pour un pareil comportement.

Quand je vois à quel point les être humains qui ont de très grandes influences sur l’avenir de plusieurs générations comprenant des millions de personnes réussissent à nous tromper de la sorte, c’est non seulement triste mais aussi tellement dégueulasse d,étouffer ce qui est nature à devenir pour simplement assouvir ses besoins et pulsions personnels. De découvrir ça aujourd’hui, à quel point le peuple Qcois se fait rouler dans la farine par ses propres pairs ici et à Ottawa, je ne rêve d’une chose. Qu’un nouveau leader de la trempe de René Lévesque qui fut un extraordinaire rassembleur sorte du peloton et brandisse le flambeau haut et fort pour qu’enfin nous nous libérions une fois pour toute de toutes ces magouilles et répressions qui nous assaillent continuellement d’ici et d’ailleurs.

Je crois en ma langue, en notre pouvoir de liberté, d’autonomie politique et économique. Et je demande à tous aujourd’hui, en ce jour de Fête, que veux dire pour vous cette Fête, que signifie t’elle tout en vous demandant en votre fort intérieur, quel leg voulez-vous laisser à ceux qui vous suivent dans l’avenir?

Je suis en affaires internationales. Je parle anglais tout le temps dans mon travail. Ça ne m’enpêche pas d’adorer ma langue maternelle, de l’utiliser à bon escient, de l’améliorer à chaque jour, de la dorloter, de la respecter et de m’en servir comme outil majeur de ma vie. Elle est si belle et si complexe à la fois qu’elle me force à me dépasser pour réussir à exprimer clairement qui je suis, ce que je suis et où je vais dans la vie.

Bonne Fête à tous! Et que votre réflexion vous porte vers de nouvelles volontés d’agir pour notre propre liberté et avenir pour nos générations en devenir!

Tricheur ? Honteusement tricheur. Le mot TRAÎTRE pourrait aussi s’appliquer. Un homme qui triche son peuple n’est autre qu’un traître.
Malheureusement, le peuple du Québec, la nation québécoise, les Québécois et Québécoises n’auront toujours pas assez de courage et de détermination pour aller déposer un OUI ferme et décisif lors du référendum.
Un chef TRAÎTRE engendre un peuple LÂCHE.
Où est le chef capable d’allumer la flamme indépendantiste des Québécois ?

C’est d’une tristesse!!! Y a vraiment pas de quoi fêter mais chose certaine, il ne faut surtout pas oublier.

Dire qu’on a les gouvernements qu’on mérite… Faudra s’en rappeler

Si le vent vire Nord aujourd’hui Mr.Lisée c’est que nous les souverainiste de L’Abitibi du même souffle nous vous disons bravo ,car des fois les cicatices nous demangent et nous sommes en manques de totems ,vos livres pour moi en sont merci.

Bourassa à toujours travaillé contre tous les intérêts de la Nation Québecoise au service des Canadians il fut le roi nègre par excellence et à la moindre révolte contre ses trahisons il fit déclarer des mesures de guerres ( 1970 et 1990) pour menacer de mort et de guerres civiles la Nation Québecoise . Il ne fut pas seulement un Naufrageur et un Tricheur mais aussi en permanence dans toutes ses décisions un Traître comme les 74 libéraux de 1982 qui signèrent la Constitution Canadian de Trudeau diminuant les pouvoir du Québec .
En agissant ainsi les fédéralistes se discréditent pour toujours.
Vive le Québec libre et représenté dans le monde entier, et ça presse .

« Bourassa est le moins ambigu des Québécois. »

Un vrai faux. Alors que son successeur actuel est un faux vrai.

M. Bourassa était marié à une fille de la très fédéraliste et riche famille Simard de Sorel qui, par ses compagnies, s’enrichissait avec des contrats du fédéral.

En virant souverainiste, M. Bourassa aurait trahi les Simard, risqué le divorce et une partie de la fortune familiale Simard pour sa descendance, en plus. Il pouvait avoir le cœur à la souveraineté mais certainement pas la poche.

Je me souviens d’avoir lu votre livre comme un roman. C’était difficile de s’arrêter et de dormir.
Je me souviens aussi de mes premières réactions après le fameux et fumiste discours qu’il a livré à l’Assemblée Nationale. Vraiment, l’homme de Vancouver serait prêt à réaliser l’indépendance du Québec. Et pourtant, Vancouver, ce n’était pas grand chose. Nenni, me suis-je dit. Impossible. Impensable. Et tout ce monde qui gravitait autour de moi me disait, mais Sandra, monsieur Parizeau y croit lui. C’est vrai, son attitude m’interpellait.
Et le rapport Allaire a été la première réponse à ma certitude que Robert Bourassa n’allait pas faire l’indépendance telle que la propose le Parti Québécois. Il aurait fallu que le Parti Québécois se saborde. Remarquez, j’ai prêché dans le vide. Je leur disais calmez-vous!
Une question me hante encore: pourquoi les fédéralistes québécois croient toujours possible un renouvellement de la constitution canadienne? Alors qu’on sait que les Canadiens-anglais n’en veulent pas d’une constitution renouvellée. Et dire que Jean Charest, celui qui est le premier responsable de la mort de Meech, gouverne le Québec en 2010 et qu’il envoie son ministre proposé une nouvelle ronde constitutionnelle. Quelqu’un peut-il rappeler à Jean Charest que les cinq conditions de Meech demeurent toujours la première marche. On verra le cirque constitutionnel reprendre, mais sans aucun résultat tangible.

Je n’avais pas lu vos livres et franchement je suis sidéré. Mais qui était donc ce sphinx qui n’avait aucune réticence à berner ainsi son peuple et à renoncer à son propre rapport de force pour les négociations à venir?

Si ma mémoire est fidèle, A. Dubuc (ou était-ce le petit Pratte?) vous avait dénoncé vertement quelques temps après la parution de ces deux livres. Je comprends maintenant beaucoup mieux pourquoi.

@ Sandra Lefebvre

« Une question me hante encore: pourquoi les fédéralistes québécois croient toujours possible un renouvellement de la constitution canadienne? Alors qu’on sait que les Canadiens-anglais n’en veulent pas d’une constitution renouvellée. »

Il y a une raison.

Les victimes finissent toujours par avoir de l’empathie pour leur tortionnaire ou leur bourreau et même de l’admiration.

Pour les Québécois, peuple astreint à la soumission, on peut parler du dominateur impérial comme bourreau, celui qui s’impose auprès de ce peuple et qui lui a fait subir bien des sévices.

Alors plusieurs se sont rangés du côté du tortionnaire, le dominant, dans le dessein de s’épargner les sévices tant physiques que psychologiques de ce dernier.

Aujourd’hui ce sont leurs descendants qui sont des pires ennemis du Québec, bien plus que les Canadiens.

Rien de scandaleux là-dedans: Robert Bourassa était convaincu que le bien du Québec passait pas le maintien du lien fédéral, et il a manoeuvré en conséquence. Pour vous, bien sûr, c’est une occasion en or qui a été manquée, mais pour lui et pour tous ceux qui croyaient comme lui, c’est un péril qu’il a réussi à nous éviter.

Si le peuple québécois avait vraiment été convaincu qu’il fallait faire l’indépendance, il aurait pu la faire avec Jacques Parizeau. Il n’est pas trop tard pour la faire encore aujourd’hui, mais voilà: depuis ce temps, la fièvre a tombé, et le peuple a compris les risques que lui faisait courir cette fierté mal placée.

Cette vieille chimère nationaliste s’étiolera peu à peu, avec le départ des vieilles générations revanchardes.

« Cette vieille chimère nationaliste s’étiolera peu à peu, avec le départ des vieilles générations revanchardes. » (Richard Sauvé)

M. Richard Sauvé,

Mon père disait avec joie il y a 30 ans que le chien de René Lévesque était mort.

Quinze ans plus tard, 50% de la population a voté oui, une nette augmentation.

Aujourd’hui mon fils est après avoir eu des tendances fédéralistes un très fervent souverainiste ou séparatiste si vous voulez. De plus une grande partie de son entourage de moins de la trentaine sont aussi de fervent séparatistes.

Le problème pour les fédéralistes est qu’ils sont silencieux ou latent. Ici je parles de ceux qui ont un minimum d’instruction ou de culture.

Évidemment les fédéralistes comptent sur les moins instruits pour faire leur propagande.

JAMAIS depuis trente ans un fédéraliste n’a pu m’expliquer les avantages d’être fédéraliste, jamais.

Ce commentaire n’enrichira pas le débat… Dire que l’homme qui aurait pu faire du Qc un pays n’y a jamais cru. En quelle sorte de Canada croyait-il? Je n’en ai pas la moindre idée. Et encore moins aujourd’hui alors qu’on assiste depuis l’arrivée de Harper au pouvoir d’un Canada building qui s’éloinge tellement de mes valeurs! Grande, grande lassitude. Vraiment…