Michael Applebaum démissionne

Pressé à démissionner par la population et le gouvernement provincial, le maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum, a cédé. Sa situation était devenue intenable depuis que 14 chefs d’accusation ont été déposés contre lui, lundi.

Photo : Ryan Remiorz / La Presse Canadienne
Photo : Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

« Je démissionne à titre de maire de Montréal. C’est le geste responsable à faire », a-t-il dit sous quelques applaudissements discrets, dans un point de presse qui s’est déroulé en bas des escaliers menant à son bureau de l’hôtel de ville. Il sera resté moins de sept mois en poste.

Les candidats au poste de maire intérimaire ont maintenant trois jours pour déclarer leur intérêt. L’identité du nouvel occupant du bureau du maire sera connue d’ici 30 jours, après une séance spéciale du conseil municipal.

Michael Applebaum fait face à 14 chefs d’accusation pour complot, fraude, abus de confiance et actes de corruption liés à des projets immobiliers à Montréal. Il a expliqué ne pouvoir commenter ce qui lui reproché, mais a clamé son innocence et a assuré vouloir se battre pour laver son honneur.

« Je vais tout mettre en œuvre pour rétablir les faits et votre confiance. J’ai la profonde conviction d’avoir toujours agi dans le meilleur intérêt des Montréalais », a-t-il dit.

« Je n’ai jamais pris aucun sou de personne », a-t-il ajouté, justifiant sa décision de démissionner par son incapacité à mener de front son rôle de maire et son combat en justice.

« Ceux qui croient pouvoir faire carrière avec des squelettes dans le placard ont tort », a réagi le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée. Michael Applebaum a fait la « chose honorable » en démissionnant, selon lui.

Visiblement touché, Michael Applebaum s’est adressé directement aux Montréalais et a dit comprendre le ras-le-bol de la population vis-à-vis de la classe politique.

« Je veux dire aux Montréalais que je les aime. Je comprends leur frustration, leur déception et leur cynisme face au climat politique des dernières années. »

La nouvelle de sa démission a été bien reçue par les candidats à l’élection de novembre. « C’était la seule chose à faire », a expliqué Louise Harel, de Vision Montréal, qui a évoqué « la dignité » du maire sortant. Quant à Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, il y voit un « autre épisode d’horreur d’Union Montréal ».