Michel Arsenault : le Gérald Tremblay du monde syndical

Le président de la FTQ et du conseil du Fonds de solidarité a ménagé «la chèvre et le chou», comme il le dit lui-même, lorsqu’il a été mis au courant de l’infiltration du crime organisé.

Clac ! Clac ! Clac ! L’encyclopédie des effets de toge vient de s’enrichir d’une nouvelle entrée grâce à la fougue de Sonia LeBel. La procureure en chef de la commission Charbonneau s’est permise de claquer des doigts pour rappeler Michel Arsenault à l’ordre, comme un animal, quelques minutes après le début de son témoignage lundi.

L’exercice de dressage a échoué parce que M. Arsenault n’est pas un «animal syndical» comme les autres. Il peut se montrer fougueux, défiant, arrogant même.

Mais il est assez futé, après une quarantaine d’années de syndicalisme, pour reconnaître une situation où le rapport de force tourne à son avantage. Il n’avait pas besoin de riposter ou de hausser le ton avec Me LeBel. Il lui a juste rappelé qu’il la traitait avec politesse et qu’il s’attendait à la même attitude de sa part.

Conclusion ? Il en faudra beaucoup plus pour ébranler Michel Arsenault.

On peut comprendre Me LeBel de vouloir frapper M. Arsenault dans le gras du mou. Après tout, il a bien failli compromettre les travaux de la commission avec ses requêtes jusqu’en Cour d’appel pour empêcher l’utilisation des écoutes de électroniques de l’opération Diligence.

Ces écoutes sont offensantes par le ton, le langage et la désinvolture de M. Arsenault. Le président de la FTQ et du conseil du Fonds de solidarité a ménagé «la chèvre et le chou», comme il le dit lui-même, lorsqu’il a été mis au courant de l’infiltration du crime organisé à la FTQ-Construction et de certains dossiers toxiques au Fonds de solidarité.

M. Arsenault a choisi de banaliser l’importance des dossiers toxiques: il y en avait 5 sur 5000, dit-il. Et il exclut du lot ceux de Ron Beaulieu, une relation des Hells Angels condamné pour prêt usuraire. M. Arsenault se range dans le camp des syndicalistes crédules qui voulaient donner une chance à la réhabilitation.

Jusqu’à présent, M. Arsenault se présente comme un président qui a fait ce qu’il pouvait pour fermer la porte du crime organisé au Fonds et ramener la discipline à la FTQ-C. Une sorte de Gérald Tremblay du monde syndical, quoi. Il a agi «en son âme et conscience» pour préserver les deux institutions, sans disposer de pouvoirs coercitifs nécessaires pour le faire.

Il y a encore des zones d’ombres dans ses explications. Mais il faudra plus que des claquements de doigts pour lui tirer les vers du nez.

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