Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est un calendrier

Depuis 15 ans, le PQ a plus parlé de calendrier qu’une troupe scoute faisant du porte-à-porte.

Photo: Tom Hanson/La Presse Canadienne
Photo: Tom Hanson/La Presse Canadienne

Et c’est parti pour une nouvelle course à la chefferie au PQ.

Véronique Hivon a annoncé qu’elle en était.

Alexandre Cloutier a annoncé qu’il allait annoncer qu’une annonce était imminente. Le suspense est intenable.

Martine Ouellet va également annoncer ses couleurs dans quelques jours, sitôt qu’elle aura terminé de se distancier des positions du PQ sur Anticosti pour se faire remarquer. Là encore, le suspense provoque des crises de cœur à travers la province.

Avec Hivon, Cloutier et Ouellet sur la ligne de départ, plusieurs parlent d’un vent de jeunesse au PQ. Ouin. Bon. Une jeunesse de 46, 38 et 47 ans, alors c’est relatif.


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Quand tu te souviens du monde avant Internet, tu perds ta carte de membre du club des jeunes. Cela dit, c’est quand même agréable de finalement voir des chefs potentiels qui ont l’âge de mes cousins et cousines, plutôt que celui de mes parents.

François Legault affirme qu’il n’a pas peur que la CAQ soit encore éclipsée par la course péquiste, parce que la souveraineté n’intéresse plus les Québécois. Histoire de ne pas trop le déprimer, on l’invite à ne pas aller voir le dernier sondage Léger, où la souveraineté a l’appui de 41 % des répondants, dont 33 % de ceux qui votent pour lui…

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… soit plus que l’appui général à la CAQ.

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En fait, aucun des principaux partis n’arrive à obtenir autant d’appuis que l’indépendance. Si l’idée est aussi morte que ses opposants le prétendent, l’Assemblée nationale est remplie de zombies qui s’ignorent.

Reste qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, et encore plus loin du sondage à 41 % au siège à l’ONU. Ça n’empêchera pas certains, au PQ comme au gouvernement, d’insister pour que chaque candidat à la chefferie donne une date précise de son référendum.

En ce qui concerne le référendum, Véronique Hivon a été très claire: elle n’a pas l’intention d’être claire à ce sujet. Si vous lui parlez de référendum, elle va vous parler du projet de souveraineté lui-même.

Comme son plan est d’abord de créer une convergence des forces souverainistes, c’est une position sensée. Or, ce ne serait pas une course politique si le bon sens et la raison primaient. C’est pourquoi…

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En lisant ce titre, les gens du PLQ se sont dit: «Chouette! On n’aura pas à s’en occuper.»

Chaque fois, c’est la même chose. Le Québec se transforme en belle-mère insupportable qui demande tout le temps: «Piiiiiis? C’est pour quand les petits-enfants?» Et la réponse réaliste, «on habite présentement dans un un et demi, on devrait d’abord se trouver une maison», elle ne passe pas. Belle-maman veut savoir QUAND.

La vérité, c’est qu’il n’y a pas de bonne réponse.


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PKPapa


Avec un plan précis, vos opposants vont dire: «Ne votez pas pour eux, ils vont faire un référendum!» Avec un plan plus souple, ce sera: «Ne votez pas pour eux, on ne sait pas s’ils vont faire un référendum!»

Ce qu’il faudrait au PQ, c’est un genre de référendum de Schrödinger. Une promesse quantique où le référendum serait simultanément tenu dans un premier mandat et remis au jour des mythiques conditions gagnantes. Ou alors, il faudrait un électorat mature capable de comprendre les nuances. (Ha ha ha ha ha! Je me fais rire des fois…)

«Je pense qu’il est temps que l’on parle du projet et non pas de la mécanique et de date», a déclaré Véronique Hivon. Elle a bien raison. Depuis 15 ans, le PQ a plus parlé de calendrier qu’une troupe scoute faisant du porte-à-porte.

Pendant ce temps-là, le camp fédéraliste n’a pas à expliquer ce que nous rapporte l’appartenance au Canada, à part un pipeline tout neuf, des railleries autour de la péréquation et Justin Trudeau.

Alors, aspirants chefs… un pays? Oui? Pourquoi? Pour quelles raisons? Pour en faire quoi? Parlez-nous de ça, je vous en supplie. Parce que si j’entends un autre débat de mécanique et de calendrier, je déclare que mon appartement est un pays indépendant et je vous laisse vous arranger avec le reste de la province.

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16 commentaires
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Le PQ a tenté depuis cinquante ans toutes les approches: question alambiquée, stratégie de la cage à homard, pétitions citoyennes, peurs identitaires, bon gouvernement, valeurs paroissiales déguisées en valeurs universelles, financement des carrés rouges, coalitions politico-syndicales, libéralisme de gauche, conservatisme de gauche, populisme de droite, corruption appréhendée, l’immigration comme cinquième colonne, régions abandonnées, péril anglo-saxon, Amazon.com, le vent libérateur des éoliennes et j’en passe.
Il faudrait peut-être essayer la clarté, même si l’on a jamais pardonné à Stéphane Dion d’avoir évoqué un concept aussi tordu.

L’institution des collaborateurs au service du colonisateur anglais ne date pas d’aujourd’hui.

Pour gagner les élections, les fédéralistes ne sont pas en reste. Ils prêchent tantôt le fédéralisme coopératif, le fédéralisme asymétrique, le fédéralisme d’ouverture, le fédéralisme rentable, la souveraineté culturelle, le statut particulier et tantôt 22 pouvoirs, la fin du pouvoir de dépenser fédéral et tantôt une société distincte accouplée à un droit de veto. La quadrature du cercle. Une situation kafkaïenne.

À la clarté les fédéralistes optent pour le statu quo en misant sur la Peur du référendum.

41% après répartition bof ! Et pis après , ça ne me fait pas un pli sur ma po…. Ne nous énervons pas ! D’ abord qu’ ils le disent carrément les péquistes que s’ ils sont élus , ils vont faire un référendum et passer à l’ indépendance et les gens voteront c’ est tout! Qu’ ils cessent donc ce niaisage politique et qu’ ils ( les candidats ) fassent tous congrès à la chefferie sur ce sujet et c’ est tout ! Pour le reste c’ est du pareil au même pour tous les autres partis ( that it’s ,that all ! ) Il devrait même promettre aux membres du parti que s’ ils ne font pas de référendum dans leur premier mandat ( s’ ils sont élus bien sûr ) , ils vont démissionner et laisser un autre soi disant leader le faire à leur place !! Il est grand temps que ce parti accouche de leur projet ou qu’ il se saborde une fois pour tout !!!

Mais c’est quoi, au juste, ton projet à toi? Y as-tu jamais pensé? On aimerait bien savoir, nous aussi… Comme ça, si ça en vaut vraiment la peine, on pourra toujours discuter…

Mon projet à moi est qu’ on cesse de se décrotter le nez au Québec ! Qu’ on cesse de brailler continuellement et qu’ on développe notre économie !!! C’ est tout, c’ est simple ! Je n’ ai pas besoin d’ un pays ; j’ en ai un pays le Canada ! Avec toutes nos ressources naturelles et notre expertise , on est capable de faire de notre province une des plus prospère au Canada !

Bien dit.

Ça fait plus de 50 ans que ces énergumènes essaient de faire dire « oui » à un peuple qui veut dire « non » et leurs deux cuisantes défaites référendaires ne semblent pas leur avoir ouvert les yeux. Ils continuent à marteler que les Québécois n’ont pas compris leur approche et qu’ils vont (encore et encore…) nous expliquer leur démarche. Comme si nous étions tous des débiles légers en attente de la lumière.

Ils sont les seuls à na pas avoir compris que leur option séparatiste n’intéresse plus qu’une poignée de misérables passéistes qui vivent les pieds solidement accrochés dans les Plaines d’Abraham.

Pourquoi ne réussissent-ils pas à soulever quelqu’intérêt que ce soit? Simple…parce qu’on est en 2016 et non plus en septembre 1759…

41% pour le OUI dans un sondage en 2016, c’est exactement le même résultat que lors du référendum du 20 mai 1980. 36 ans de «pédagogie péquiste» n’ont donc eu aucun effet sur les Québécois. Quant à l’amalgame avec la CAQ, un hypothétique référendum n’est pas une élection générale, évidemment.

Mme Hivon a parfaitement raison de ne pas parler d’échéance référendaire. On ne fait pas un référendum pour demander aux Québécois s’ils veulent que le Québec devienne un pays. On fait un référendum pour CONFIRMER que les Québécois veulent que le Québec devienne un pays.

Pourquoi est-ce que les Québécois se donneraient un pays? C’est simple: pour préserver leur identité sur ce continent pour un autre 400 ans. Un peuple qui perd son identité et son caractère propre glisse vers l’insignifiance et lentement s’évanouit de l’histoire des peuples.

Est-ce si difficile à comprendre et à accepter pour les fédéralistes?

Je suplie Alexandre Cloutier de metre de cote un referendum de facon claire,pour son premier mandat s’il gagne la course.La priorite est de sauver les quebecois de l’hanvahissement de collusion illegale que le PLQ nous fait vivre depuit 2003,nomination des juge, directeur de dpcp,directeur de la S.Q.directeur upac,les presidents de toute leur organismes et j’en passe.M. Cloutier est avocat et comprend la situation.On legisferes des lois qui deroge les charte sur la liberte d’expression et de presse en les judiciarisants.(on veut nous reduire au silence)Fesons trembler l’equipe Couillard pour la delivrance des quebecois,nous n’avons plus de temp a perdre,a l’aide… je suis concerne de pres avec se qui se passe.Johanne et sa famille.

On est d’accord M. Charlebois. C’est clair comme l’eau de roche qu’il faut expliquer l’projet… Mais ma perception et celle de nombreux autres québécois, le P.Q. a par le passé, alors qu’il était au pouvoir, pris de mauvaises décisions, endetté le Québec, tenté de niveler par bas, engendrer des dépenses des fonds publiques exagérées et farfelues, s’est moqué de la population et j’en passe (les commentaires suivants me complète)! Voilà pourquoi plusieurs en ont marre et ne veulent plus rien à voir avec ce parti. Le PQ n’a pas le monopole de l’idée de la souveraineté. Et malgré ce que Legault dit, cette idée de faire un pays est toujours d’actualité.

Alors péquistes, passez le flambeau. Vous avez échoué. Vous échouerez à nouveau. Bonsoir, le dernier qui quitte ferme la lumière et barre la porte.

La souveraineté ou le pays, pour quoi faire?

Je me souviens d’un parti où l’on ne faisait pas qu’évoquer le pays mais dans lequel on travaillait très fort à définir dans quel genre de société on voulait vivre; il devenait alors beaucoup évident que la souveraineté constituait le moyen le plus efficace pour réaliser ce projet de société.

Je suis déçu de ce que ce parti ne soit devenu qu’un parti de gouvernement qui, lorsqu’il est au pouvoir, applique le même type de politiques que les libéraux, les mêmes modèles de développement économique selon lesquels créer de la richesse signifie aider les riches à devenir plus riches, où l’on diminue le fardeau fiscal des entreprises pour augmenter celui de la classe moyenne, où la possibilité d’exploiter du pétrole est la recette de la prospérité, où le seul moyen de diminuer la dette publique consiste à couper dans les programmes sociaux et l’éducation, à réduire le rôle de l’état, le nombre d’infirmières, d’enseignants et de fonctionnaires pour confier la mission de l’état au privé, etc. etc.

Les pays scandinaves démontrent de façon éclatante que l’on peut avoir des politiques sociales parmi les plus généreuses et en même temps, avoir les dettes publiques parmi les plus basses au monde. Comment des pays dont le territoire est aussi nordique que le Québec, avec une population en nombre comparable, avec une langue parlée à peu près exclusivement à l’intérieur de leurs frontières, avec un territoire où l’on retrouve moins de richesses naturelles que le Québec peuvent-ils offrir à leur population un filet de sécurité sociale et des politiques familliales qui font l’envie de la très grande majorité des pays?

C’est peut-être qu’ils ont su s’entendre sur des valeurs et un projet de société clair qui a recueilli l’adhésion de la population et un modèle où l’entreprise privée participe à ces valeurs et se sent une responsabilité envers la société et non seulement face aux actionnaires. Patronat, syndicats et gouvernement travaillent en partenaires alors qu’au Québec et presque partout dans le monde, gouvernements et patronat s’entendent pour amoindrir l’influence des syndicats, alors qu’ils sont souvent plus près des préoccupations des citoyens. La différence tient donc au contrat social, au projet de société que ces pays ont su construire.

Dommage que Véronique Hivon soit la seule des candidats déclarés à privilégier le développement d’une substance au projet de souveraineté. N’y a-t’il qu’elle pour comprendre que la souveraineté n’est qu’un moyen et non une fin en soi? Quand on comprend cela, la question n’est plus la souveraineté lors d’un prochain mandat où lors d’un second mais de définir de la manière la plus démocratique et la plus ouverte possible le projet de société. Il faut du temps, et peut-être plusieurs mandats pour développer ce projet, pour le propager, en faire un programme de gouvernement inspirant et qui donne le goût de prendre des risques par rapport au statu quo. L’important ce n’est pas « quand le référendum » mais « pourquoi le référendum ». Quand le projet est bien défini et connu, la question peut être claire. Voilà la meilleure « condition gagnante ».

Pour paraphraser un humoriste : La souveraineté : quosse ça donne???

Donc, si je vous ai bien compris, si le programme du Parti Québécois propose la recette scandinave, vous allez voter pour ce parti en 2018! Bravo. Mais la raison d’être du PQ restant probablement la même, vous voterez sûrement non à un éventuel référendum si le PQ reste au pouvoir. Cul-de-sac en perspective?

Pas de problème pour vous car le vrai Québécois sait ce qu’il veut: «…le vrai Québécois sait qu’est-ce qu’y veut. Pis qu’est-ce qu’y veut, c’t’un Québec indépendant, dans un Canada fort. » À moins que ce soit l’inverse pour les fédéralistes. Bonne chance avec le PLQ!

Écoutez les candidats et vous apprendrez ce que signifie prendre ses affaires en mains tout en cessant d’agir en colonisés.

Malheureusement, souverainistes et fédéralistes n’ont pas la même signification de ce que sont les vrais affaires, d’où le discours de sourds, ou comme dans:

«C’est l’aveugle fédéraliste qui rencontre un souverainiste, amputé d’une jambe. Le fédéraliste demande: »Salut, comment ça marche? » Le souverainiste répond: »Comme tu vois, comme tu vois. »»

Vous oubliez un point. Le mouvement indépendantiste peut parler de calendrier ET d’indépendance. L’un n’empêche pas l’autre et c’est une avenue très gagnante pour dire où on s’en va et pourquoi. Je veux un enfant, je compte l’avoir dans 5 ans et pour y arriver, je compte travailler fort sur X, Y et Z.