Monarchie vs présidentielles: le Super Bowl politique

Plusieurs d’entre vous ont trouvé l’auteur de la citation monarchiste d’hier — et merci à ceux qui ont pratiqué la transparence totale en avouant avoir simplement placé la phrase dans Google.

C’est donc George-Étienne Cartier qui disait ceci, en 1865, lors du débat parlementaire sur la Confédération. Écoutez bien Stephen Harper pendant le Jubilée de la Reine cette année, il pourrait bien en citer une partie:

Comment le chef du gouvernement des États-Unis est-il choisi ? Des candidats se mettent sur les rangs, et chacun d’eux est vilipendé, conspué par le parti opposé. L’un d’eux triomphe et arrive au fauteuil présidentiel ; mais même alors, il n’est pas respecté par ceux qui ont combattu son élection et qui ont essayé de le faire passer pour l’homme le plus corrompu et le plus méprisable qui existe au monde.

Sous le système anglais, les ministres peuvent être censurés et insultés, mais les insultes n’atteignent jamais la souveraine.

La citation est tirée du livre Les 50 discours qui ont marqué le Québec, des historiens Charles-Philippe Courtois et Danic Parenteau. J’y signe une brève préface.

 

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J’oubliais,

C’est bien vrai que la souveraine Reine du Canada et ses représentants canadians se foutent complètement des ministres de notre PM tant chéri quelque part hors Québec.

Est-ce que ce discours de Sir G-E Cartier survenait dans la foulée de l’assassinat de Lincoln en avril 1865? Ça pourrait expliquer, en partie, le biais pro-monarchiste.

Pour Jean-Lou Hamelin – ce débat date d’un peu avant la mort de Lincoln, mais se tint dans l’atmosphère de la guerre civile américaine qui elle fut déclarée immédiatement après l’élection de Lincoln, un opposant à l’esclavage. Quelques semaines après l’assermentation de Lincoln, 11 des états fédérés du sud décident de se retirer de l’union et de former la Confederate States of America; s’ensuit la guerre civile. Au Canada, tous les débats parlementaires qui précèdent l’Acte constitutionnel de 1867 sont teintés par cette guerre meurtrière chez nos voisins. On voulait à tout prix éviter telle guerre civile au Canada.

L’ouvrage que propose M. Lisée semble intéressant; on retrouve aussi certains des ces débats gratuitement sur le site des archives du Canada.

http://www.archive.org/details/dbatsparlement00cana

M. Harper et certains de ses prédécesseurs se comportent trop souvent comme des présidents, en effet.

Une autre différence qui explique la différence soulignée par Georges-Étienne Cartier: la reine dans une monarchie parlementaire est une potiche, une décoration, elle ne prend aucune décision, donc aucune décision pouvant être impopulaire. Contrairement au président d’une république. On peut détester un président qui prend des décisions allant à l’encontre de nos valeurs ou de nos préjugés, mais comment en vouloir à une potiche décorative.
(Je ne vise pas l’individu qu’est la souveraine, mais je cherche à décrire le rôle que les institutions vont jouer à son poste).
On peut critiquer le capitaine d’un navire, mais qui s’en prendrait à la figure de proue du dit navire ?

Une belle illustration de cela est de lire ce qui s’écrivait sur les souverains (et surtout souveraines) dans les monarchies absolues. Aucune différence sur le fond de ce qui se dit d’un président.

Des médailles de notre adorée reine Élisabeth II? Waouh! Waouh! Et reWaouh! Plus besoin de percer mes cennes pour me faire des médailles que je peux porter fièrement à mon cou. Et puis j’imagine que cette médaille sera d’une beauté supérieure. Supérieure à la beauté de la reine elle-même puisqu’il est certain que sur cette médaille notre majesté bien aimée apparaîtra sans aucune ride. Voulez-vous parier? Elle sera moins ridée que Kate Middleton.

J’écris immédiatement à mon député Christian Paradis pour réserver ma précieuse médaille de notre majesté. Le fait que son portrait apparaisse sur mes billets de 20$ et sur toutes mes pièces de monnaie ne me suffit pas. Il m’en faut plus. Il me faut cette médaille à tout prix pour assurer mon bonheur. Mon député va sûrement me donner une de ces précieuses médailles car c’est un homme immensément généreux. Environ aux trois semaines il fait distribuer dans environ 20,000 foyers une belle publicité partisane sur une feuille de 8.5 pouces par 11, recto-verso (SVP), le genre de publicité que même les grands magasins locaux ne peuvent pas se payer. Comment Monsieur Paradis peut-il payer toute cette publicité clairement partisane sans faire appel aux fonds publics accordés aux partis politiques par le gouvernement fédéral? C’est un bien grand mystère. Ça doit coûter une fortune. Sur une période de 12 mois ça doit même être plus coûteux que le salaire annuel de l’ancien directeur général du Bloc Québécois. Peut-être que Christian Paradis paie le tout de sa propre poche. En tout cas il est tellement généreux qu’il va sûrement me donner la médaille que j’attends avec impatience.

Si je ne reçois pas ma médaille je vais suggérer au PQ de lancer sa propre médaille à l’effigie de Pauline 1. Même si cette médaille est en carton ou en plastique je la porterai fièrement.

Il n’y a rien de mal dans une saine compétition de médailles. Et puis Popo on la voit tellement moins que la reine Élisabeth II qui tapisse le pays en entier depuis que Stephen Harper est majoritaire.

Parlant du SuperBowl, non seulement ils ont joué le Star Spangel Banner, comme d’habitude, mais ils ont ajouté un hymne patriotique! Imaginez ça au Forum: Gens du Pays, précédé par Les Gens de mon pays.

La Gazette saute un plomb!

Depuis 1952, Sa Majesté reçoit le Premier ministre du Royaume une fois la semaine. Elle en est à son douzième Mr Premier. Imaginez la somme de connaissances qu’elle a accumulée depuis soixante ans. David Cameron dispose d’une d’une formidable conseillère. Savoir c’est pouvoir.

Il est étonnant de constater à quel point sa description du processus de sélection du président américain s’appliquerais encore aujourd’hui.
On a tendance à idéaliser le passé, mais la présidentielle américaine semblait être un panier de crabes tout comme aujourd’hui. Intéressant!

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