Montréal : bienvenue à Dollars-des-Ornières

Tous ces politiciens occupés à réclamer la démission de Michael Applebaum en rivalisant de haut-le-coeur gaspillent leur salive. Gouverner une ville les menottes aux mains, qu’elles soient réelles ou virtuelles, est mission impossible. 

«Il s’agit d’être droit, et non pas redressé.»

Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même.

Photo: Ville de Montréal.
Photo: Ville de Montréal.

Même le maire sortant – et sorti par l’UPAC -, le sait.

Si, par malheur et contre toute logique, il devait malgré tout s’accrocher, même les pensées du stoïcien Marc-Aurèle ne lui seraient d’aucun secours…

La réalité est simple: quand un élu est arrêté à l’aube par l’Unité permanente anticorruption et accusé entre autres de complot, fraude, corruption et abus de confiance, sa carrière politique est terminée. Point. Présomption d’innocence ou pas, l’UPAC n’aurait jamais mis la main au collet du maire de la métropole du Québec sans une besace pleine de preuves.

Un autre grand classique de cupidité et d’avidité, cette dernière histoire nous vient de l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, dont M. Applebaum était maire de 2001 à novembre 2012, et se serait déroulée entre 2006 et 2011.

Encore ce même refrain de pots-de-vin, projets immobiliers, firmes d’ingénieurs, mafia, corruption, collusion et trafic d’influence. À Montréal, l’argent du béton aime les élus et les hauts-fonctionnaires. Et force est de constater que certains d’entre eux – et non les moindres – aiment l’argent plus que d’autres.

Deux autres accusés furent arrêtés:

1) L’ineffable Saulie Zajdel, ex-conseiller municipal du même arrondissement, ex-candidat du Parti conservateur de Stephen Harper dans Mont-Royal aux méthodes, là aussi, plutôt douteuses, et ex-conseiller au ministère du Patrimoine. 2) Jean-Yves Bisson, ex-haut fonctionnaire du même arrondissement, dont la marque de commerce est d’y avoir précédé Robert Rousseau – ce directeur des permis qui s’est suicidé il y a quelques mois à peine après avoir «rencontré» les policiers. Bref, dans cette histoire, il y a eu mort d’homme.

Une belle, grosse flaque de boue municipale, quoi. Le genre à éclabousser pas mal de monde.

***

L’imposteur

Après la démission du maire Gérald Tremblay au début novembre et après avoir été coopté par des élus municipaux pour lui succéder, Michael Applebaum a pris goût à jouer au preux chevalier monté sur son beau cheval blanc nommé «intégrité».

L’homme, jurait-il la main sur le cœur, ferait le ménage, le vrai, dans cet hôtel de ville corrompu. Comme si lui-même, n’était pas un produit direct de cette même lignée…

À chaque fois qu’une nouvelle histoire de corruption faisait surface, le nouveau maire jouait aussi merveilleusement bien son numéro de vierge offensée.

Qui plus est, il était jeune. Et comme si cela avait la moindre importance, il avait aussi un chouette accent et était le premier anglophone à diriger Montréal depuis des lustres. Bref, rares furent ceux à douter de l’authenticité de ce nouveau Monsieur Net. J’y reviendrai plus loin.

De Montréal à l’Assemblée nationale, soulagé de voir partir Gérald Tremblay, le faux naïf, les élus se précipitaient devant les micros pour dire et redire à Michael Applebaum toute leur confiance. Bien sûr, sans trop se poser de questions.

Étonnamment, il n’y avait rien d’incongru ou d’inquiétant à voir le dauphin d’un maire déchu lui succéder par simple cooptation. La belle affaire.

Et depuis, sans surprise – le rôle appelant la chose -, Michael Applebaum n’a eu cesse non plus de répéter qu’il n’avait personnellement aucun squelette dans le placard. Rien. Nada. Niente. Nothing. Immaculé, le nouveau maire. Sept mois plus tard, son arrestation et les lourdes accusations dont il est l’objet montrent à quel point il aura pris tout le monde pour des valises. Incluant chez ceux et celles qui, au pouvoir, préféraient ne rien voir.

Il faut croire que les Montréalais étaient présumés «innocents» par leur maire, mais que pour lui, le mot «innocents» était synonyme de «épais».

Vous me direz que depuis que le monde est monde, le mensonge est à la politique ce que la roue est à la bicyclette. Sans lui, ça ne bouge pas. Peut-être. De Sun Tzu à Machiavel, la chose est d’ailleurs constatée depuis longtemps. «La guerre est fondée sur la tromperie», dixit Sun Tzu, il y a de cela plus de vingt-cinq siècles déjà.

Tromper l’adversaire par la stratégie et les tactiques est une chose – ce sur quoi discouraient les deux grands penseurs de la politique et de la guerre. Mais tromper ses propres citoyens quant à son propre caractère et ses propres actions sous prétexte qu’elles ne sont pas connues ou ne sont que l’objet de rumeurs, en est une autre.

Jurer ad nauseam, la main sur le cœur, que son sens de l’éthique est intact alors que les squelettes dansent la rumba dans le placard, c’est de l’imposture. Point.

Accusé, mais non encore condamné, M. Applebaum devait pourtant se douter qu’un jour, la police pourrait venir frapper à sa porte. Pour cette raison, s’il lui était resté ne serait-ce qu’une once de jugement, il n’aurait jamais même tenté de succéder à M. Tremblay.

Cette forme plus pécuniaire de trahison des clercs, on la voit renaître de plus en plus, ici et ailleurs. Lorsque certains de ces clercs se servent à pleines mains dans la jarre à biscuits des fonds publics tout en se drapant d’une vertu imaginaire, ils trahissent autant le bien commun que les institutions publiques et la confiance des citoyens en celles-ci.

De passage à Montréal au début juin, face à cette trahison du bien commun qui vient sous plusieurs formes, voici ce qu’en constatait sans la moindre complaisance, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría:

«Nous avons perdu confiance dans les gouvernements, dans les partis politiques, dans les organisations internationales, dans le système bancaire, dans les multinationales et dans tout ce que nous avons bâti, comme sociétés, depuis cent ans. On se retrouve avec un énorme niveau de cynisme parce que nous ne donnons pas les résultats espérés. Et les gens votent pour les options les plus étranges simplement parce qu’elles leur promettent du changement, n’importe quoi qui serait différent de ce qu’ils connaissent. »

À méditer…

***

La crédulité

Les politiciens qui, ce lundi, se lançaient en choeur pour exiger la démission de Michael Applebaum, lui promettaient pourtant leur confiance absolue depuis novembre.

Le 16 novembre dernier, j’avançais dans ce billet une analyse nettement plus critique devant ce mauvais spectacle :

«Malgré la démission in extremis de leur maire et les révélations spectaculaires à la commission Charbonneau qui entachent autant l’administration Tremblay que son parti Union Montréal, les Montréalais se retrouvent en bout de piste avec le dauphin de Gérald Tremblay comme leur maire par intérim. Michael Applebaum? Tout ça pour ça?

Tout ça pour se retrouver avec le «numéro deux» d’un maire déchu? Tout ça pour se retrouver avec le même homme qui, avant la démission du maire Tremblay, approuvait le même budget municipal qu’il condamnerait pourtant dès après sa démission?

Tout ça pour se retrouver avec la même personne qui, après la démission du maire, le défendait encore et toujours bec et ongles? Tout ça pour se retrouver avec un autre haut-placé d’Union Montréal qui n’aurait rien vu, rien entendu?

Tout ça pour se retrouver avec celui qui, seulement une fois qu’Union Montréal ne l’ait pas choisi comme son candidat à la marie par intérim, sortait pour brandir un «rapport» de 2004 sur le gonflement des prix à Montréal.

Un rapport, disait Michael Applebaum que son ancien patron Gérald Tremblay n’aurait supposément jamais vu.

Tout ça pour se retrouver avec celui qui, seulement une fois qu’Union Montréal ne l’ait pas choisi comme son candidat à la marie par intérim, se présentait tout à coup comme étant le candidat «indépendant» et un homme de «coalition»? (…)

Tout ça pour se retrouver avec l’homme de confiance de Gérald Tremblay et son président chouchou du comité exécutif de la Ville de Montréal?

Tout ça pour se retrouver avec un des principaux piliers d’Union Montréal? Attendez… Richard Deschamps? Mmmm… Non, pas bon. Michael Applebaum? Mmmmm. Ok. Pourquoi pas? C’est un peu court, non?

Tout ça pour être replongés dans les tractations de coulisses, les négociations discrètes derrière les portes closes dans chacun des clans adverses (…)

Eh oui. Tout ça pour se retrouver avec un maire choisi par cooptation, et non par la voie d’une élection démocratique par les citoyens.

Bref, bienvenue au prochain épisode de «Montréal aux pays des merveilles»…»

***

Et le principe de précaution dans tout ça?

Or, à l’imposture s’est plutôt ajoutée la crédulité généralisée – la seconde facilitant la première.

Même en rejetant les rumeurs troublantes qui circulaient pourtant déjà à propos de la gouverne de M. Applebaum à la tête de l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce – ce qu’il ne fallait pourtant pas faire -, le simple fait qu’il avait remplacé Frank Zampino dans le rôle d’homme de confiance de Gérald Tremblay et qu’il ait été,, tout comme lui, un des piliers d’Union Montréal, aurait pourtant dû suffire à ne pas le considérer pour la mairie.

La première ministre a beau répéter que nous vivons «dans une société de droit» basée sur la «présomption d’innocence» – et c’est tout à fait vrai -, il reste que face à autant d’indices, le principe de précaution aurait dû tout de même prévaloir.

La commission Charbonneau en  a pourtant fait la démonstration: il existe à Montréal – et pas seulement à Montréal -, un SYSTÈME de collusion et de corruption dans l’octroi des contrats publics. Qui dit système, dit problème systémique. Qui dit problème systémique, dit culture de corruption et complicité jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir et de la fonction publique. Bref, qui dit système dit que le problème ne se limite pas à la présence proverbiale de «quelques pommes pourries».

C’est pourquoi nommer comme maire le «numéro deux» d’un ex-maire qui a présidé à un tel système – même si l’ex-maire n’en aura vraisemblablement pas profité personnellement et directement lui-même -, n’était PAS une bonne idée. Vraiment pas.

Pendant des années, Michael Applebaum aura trempé jusqu’au cou dans la «culture» d’Union Montréal. Comment les partis d’opposition et le gouvernement Marois ont-ils pu faire autant semblant de l’avoir oublié?

***

Chronique d’un désastre annoncé

C’est aussi pourquoi le «choc» de ce lundi était en fait la chronique d’un désastre annoncé.

En soutenant Michael Applebaum, les partis d’opposition à l’hôtel de Ville ont également contribué à alimenter le désastre à venir.

Le concept de «coalition» est toujours séduisant, c’est sûr, mais le prix à payer pour celle-ci risquait dès le début de s’avérer élevé. Il arrive que l’enfer, comme on dit, soit pavé de bonnes intentions.

Cette coalition, ils l’ont aussi souhaitée pour des raisons partisanes, question de se positionner en vue de la prochaine élection en se joignant à l’exercice direct du pouvoir.

Lorsque le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, écrivait le 13 mars avoir appelé les élus à opérer une «transition tranquille» vers la prochaine élection en composant un «comité exécutif où tous les partis seraient représentés», la première erreur était commise. La deuxième viendrait de l’appui de la chef de Vision Montréal, Louise Harel.

Pourquoi? Ironiquement, à cause de ce qu’en écrivait M. Bergeron lui-même: «l’engagement à constituer une administration de coalition a été déterminant à l’élection de Michael Applebaum par ses pairs le 16 novembre dernier». «La chute d’Applebaum serait un constat d’échec de cette stratégie», ajoutait-il. Eh bien, maintenant, la chute est officielle.

Et M. Bergeron de conclure dans cette même lettre:  «Michael Applebaum n’est pas parfait, pas plus que l’administration de coalition ne l’est. L’objectif était d’installer une administration municipale qui serait en mesure de rassurer les Montréalais et d’opérer une transition tranquille vers l’élection du 3 novembre prochain. En date d’aujourd’hui, c’est mission accomplie.»

Trois mois plus tard, l’arrestation du maire de la métropole du Québec signifie plutôt que cette mission n’est pas accomplie. En fait, cette arrestation est le prix à payer pour cette coalition.

Quant au gouvernement Marois, il aura conservé sa «confiance» en M. Applebaum jusqu’à son arrestation. Et ce, même après que ce dernier ait été rencontré par la commission Charbonneau plus tôt cette année. Voici ce qu’en disait le ministre Jean-François Lisée:

«Je pense que la situation à Montréal, avec un maire qui dirige un gouvernement de coalition, donne la stabilité et la crédibilité dont on a besoin pour se rendre à la prochaine élection. Il ne faut pas surréagir /sic/ au fait qu’il soit vu par la commission. Tant qu’il ne fait pas l’objet d’une enquête ou n’est pas sous accusationet ça n’arrivera probablement pas -, c’est le maire choisi par le conseil municipal pour nous amener vers l’élection

De toute évidence, la boule de cristal du ministre était passablement embrouillée.

Même en février, après les perquisitions de l’UPAC à l’hôtel de ville, le ministre lui gardait encore sa confiance «pour l’instant».

Faisant confiance au nouveau maire coopté malgré la démission de Gérald Tremblay et le rôle de premier plan que M. Applebaum avait joué dans son administration et son parti, le gouvernement n’a donc rien fait. Rien. Nada. Niente. Nothing. Faisons aussi confiance au processus et à la coalition, qu’ils disaient.

Résultat: maintenant que le maire est arrêté et accusé de fraude, c’est sept mois de perdus pour Montréal. Sept mois pendant lesquels Montréal aurait pu être mise sous tutelle ou, tout au moins, aurait pu être nettement plus «encadrée» et «accompagnée» qu’elle ne le fut. Sept mois perdus alors que la gouvernance hautement dysfonctionnelle de Montréal aurait pu commencer à recevoir quelques traitements aussi urgents qu’essentiels.

En ayant trop attendu et trop fait «confiance», le résultat est qu’aujourd’hui, à moins de cinq mois du soir de la prochaine élection – incluant la période des vacances d’été -, il est probablement trop tard pour qu’une tutelle soit le moindrement efficace dans ce département. Quoique, l’option mérite tout de même mieux que d’être platement balayée à nouveau du revers de la main comme si rien n’était.

D’autant plus qu’en lieu et place, malgré le fil surréaliste des événements des derniers mois à Montréal, la première ministre Marois répète encore et toujours sur toutes les tribunes que les citoyens doivent «faire confiance». Or, le problème, il est justement là. Si autant de citoyens ont perdu confiance, c’est parce que la classe politique lui en a donné toutes les raisons.

«Tout ce qui participe d’une communauté recherche son semblable», disait pourtant avec justesse l’empereur-philosophe Marc-Aurèle. Il eût été nettement plus sage que le gouvernement Marois et les partis d’opposition à l’hôtel de Ville s’en souviennent au lieu d’avoir applaudi à la cooptation du bras droit de Gérald Tremblay. Ça aiderait pas mal plus à «faire confiance» pour la suite des choses…

***

Changer la loi

L’autre raison pour laquelle les Montréalais se sont retrouvés avec Michael Applebaum s’appelle Gérald Tremblay. Eh oui.

En choisissant de démissionner moins d’un an avant la prochaine élection municipale, l’ex-maire s’assurait que son successeur serait coopté et non pas choisi démocratiquement par les Montréalais. (Rappelons ici que contrairement aux premiers ministres, les maires sont élus directement au suffrage universel.)

Comme je le notais également en novembre, c’est en effet ce que prévoit la Loi provinciale sur les élections et les référendums dans les municipalités sous une section intitulée «Élection partielle et cooptation» :

336. Lorsque la vacance du poste de maire est constatée dans les 12 mois qui précèdent le jour fixé pour le scrutin de la prochaine élection générale et que le conseil n’a pas décrété qu’elle doit être comblée par une élection partielle, les conseillers doivent, dans les 30 jours de l’avis de la vacance, élire l’un d’entre eux à ce poste.

Cette élection se fait au scrutin secret lors d’une séance du conseil.

***

Par conséquent, je notais aussi que les prochaines élections municipales au Québec ayant lieu le 3 novembre 2013, Gérald Tremblay savait fort bien que s’il démissionnait avant le 3 novembre 2012, par loi, le poste de maire devait être comblé par une élection partielle. Donc, par le vote des Montréalais.

Ce qui, j’ajoutais, aurait fait perdre cette élection à Union Montréal, c’est certain.

C’est la seule raison pour laquelle Gérald Tremblay a décidé, volontairement, de démissionner après le 3 novembre. Même chose, d’ailleurs, pour Gilles Vaillancourt à Laval, lequel s’est prévalu de la même méthode pour éviter une élection partielle. Le résultat fut le même qu’à Montréal avec son dauphin se retrouvant coopté comme successeur au poste de maire.

En démissionnant après le 3 novembre, même si la loi permet aux conseils de ville qui ont perdu leur maire de décréter tout de même une élection partielle, elle leur donne néanmoins le pouvoir de ne PAS le faire.

Et combien on parie que Gérald Tremblay se doutait fort bien que les partis d’opposition n’étaient pas trop pressés d’aller en élection partielle eux-mêmes et de risquer ainsi une défaite de Mme Harel pour Vision Montréal ou de M. Bergeron pour Projet Montréal?

Ce qui nous ramène à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.

Ces douze mois pendant lesquels de simples conseillers d’une ville héritent tout à coup du pouvoir de choisir un maire au lieu de tenir une élection partielle, c’est tout simplement trop long. Un an, c’est un quart du mandat d’un maire. C’est beaucoup et c’est nettement trop long pour imposer aux citoyens d’une ville un maire coopté par des conseillers, et non pas élu par eux.

Un délai aussi long qu’un an pour être gouverné par un maire non élu, c’est un détournement de démocratie. C’est pourquoi, je persiste et signe ce que j’en disais après le départ de M. Tremblay: cet article de la loi doit  être amendé.

***

En attendant…

Les scandales nous pleuvent dessus au point où on ne se fait plus trop s’il faut les cataloguer par ordre thématique ou chronologique.

Or, de la politique municipale au monde de la construction – en passant par le CUSM et la gestion problématique du CHUM –, le détail le plus troublant, je le réitère aussi, est que sans le journalisme d’enquête, voire même dans certains cas la commission Charbonneau et l’UPAC, la culture du secret, l’impunité et le déni des gouvernements poursuivraient leur règne en toute tranquillité.

Que la commission Charbonneau et l’UPAC aient été mis sur pied in extremis par le gouvernement Charest sous grande pression est certes une excellente chose. De plus en plus, par ailleurs… Mais ça ne saurait faire oublier pour autant qu’ils furent créés, dans les faits, pour enquêter sur la propre turpitude du pouvoir politique – sûrement l’ironie suprême de toute cette histoire.

Lundi matin, le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, leur lançait cet avertissement bien senti :

«On ne peut tolérer que des actes répréhensibles soient commis dans la gestion de nos institutions publiques. Les valeurs d’éthique et d’intégrité doivent demeurer au cœur des actions de nos élus et de tous les employés de la fonction publique québécoise. Mais également, le principe d’intégrité vaut aussi pour les founisseurs de biens et services qui font des affaires avec l’État. (…) Personne n’est au-dessus de lois et personne n’est à l’abri.»

C’est noté.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.

« Le pouvoir corrompt ; le pouvoir absolu corrompt absolument. » Machiavel, Le Prince. Attendons d’arriver au niveau provincial. Même chose au niveau fédéral.

Je m’incline devant une telle profondeur d’analyse. Vous rassemblez les éléments du casse-tête et faites de façon remarquablement claire les liens entre eux pour donner un sens à l’ensemble. Je m’en délecte.

Le seul endroit qui m’a fait sursauter est lorsque vous dites ceci: « En fait, cette arrestation est le prix à payer pour cette coalition. » Mais je me demande si ma « divergence » est davantage une question de formulation (ou de compréhension de ma part). Il est certain que la coalition est disloquée du fait de cette arrestation (pour cette raison, elle en paie effectivement le prix), mais coalition ou pas, l’arrestation aurait eu lieu.

Continuez votre excellent travail, Madame Legault, vos lumières nous sont nécessaires!

Et bien sûr les maires démissonnaires sont tous de bons fédéralistes de la famillle libérale . L’ UPAC semble beaucoup moins timide de pêcher de gros poissons depuis que le PLQ n’est plus au gouvernement . Espérons que l’ UPAC sera aussi efficace dans l’environnement des politiciens provinciaux . Me semble que ça prend pas mal de temps !!!!

Petit rappel: ce sont les LIBÉRAUX de Jean Charest qui ont créé l’escouade Marteau, l’UPAC et la Commission Charbonneau!

Les péquistes n’y sont pour RIEN! Ils ne font que surfer sur la vague…pour l’instant.

On a tous hâte de voir la Commission Charbonneau s’attaquer à la mafia syndicale, alliée naturelle du Parti québécois.

Les libéraux ET Charest ont créé l’ UPAC a cause de la majorité de citoyens qui réclamaient une Commisson d’enquête sur la corruption . Ainsi ils espéraient gagner du temps et se rendre aux élections sans trop de problèmes . L’ UPAC et Marteau ont fait du surplace pendant quelques années avant de donner des résultats concrets , surtout depuis l’arrivé d’un autre gouvernement au Québec .

Même la création de la Commission Charbonneau a donnée lieu a des » sparages » a la Charest quand celui-ci voulait contrôler le mandat de cette Commission .

Bien sûr , nos bons fédéralistes espèrent de tout coeur que des méchants syndicaleux et le PQ se fassent ramasser avant la fin de cette Commisson mais a venir jusqu’ ici nous avons du 10 contre 1 en faveur du PLQ concernant les acteurs et actrices principaux de cette corruption endémique .

Personnellement j’espère que les coupables , nonobstant leur allégeance politique , soient condamnés. Par contre essayer de nous faire passer l’ex-gouvernement Charest pour ce qui n’ était pas , intègre , relève de la petite partisanerie très ordinaire .

Pendant la prochaine campagne électorale montréalaise, il faudrait interdire le mensonge des candidats. Discours avec détecteur de mensonges connecté directement sur sur le candidat…obligatoirement. Quand la cloche sonne…le candidat est disqualifié..au suivant !.

Pour une fois, je suis d’accord avec vous, Monsieur Bousquet. Après tout, une fois n’est pas coutume!

Le mensonge fait avec aplomb semble être l’élément-clé qui explique en grande partie pourquoi tous ces personnages ont pu se maintenir si longtemps au pouvoir tout en camouflant leurs activités criminelles. Donc, mentons avec aplomb, attaquons ceux qui osent mettre en doute notre intégrité et jouons avec véhémence à la vierge offensée. Voilà l’ingrédient principal pour se maintenir en poste. Même de grands sportifs l’ont expérimenté avec succès.

Il y en a un autre, et Madame Legault l’a mis dans son titre: des « ornières ». Ainsi, regardons sans voir. Surtout ignorons ce que nous ne devons pas voir. Si par malheur nos yeux tombent par mégarde sur ce que nous devons ignorer, fermons les yeux ou dirigeons notre regard ailleurs.

J’en ajouterais un troisième, qui me frappe depuis que nous voyons défiler le système de Laval sous nos yeux à la CEIC: le silence. Ne parlons jamais de ce que nous faisons, même lorsque nous sommes en train de le faire. Ainsi, si je suis en train de vous donner de l’argent, je n’en parle pas, mais je vous demande si vous avez regardé la partie de hockey hier soir. L’Omerta complet.

Comme cela, en respectant ces règles, si nous nous faisons prendre, nous en aurons le moins possible à dire. Extrêmement pratique, et sûr.

Pour l’instant, j’en suis là de mes constats. Mais peut-être que les futures arrestations et comparutions à la CEIC m’en apprendront davantage.

Le changement de gouvernement au provincial était essentiel. Je suis content de voir qu’il y a une volonté de faire le ménage et de faire payer les criminels. Le Québec s’en portera mieux!

Toute cette saleté est malheureusement véridique, mais comme le dit Seb, au moins ici, on fait le ménage, pas comme dans le reste du Canada.

Rappelons qu’en Ontario 19 criminels notoires de la mafia italienne, recherchés par la justice italienne, réclamés par la justice italienne y vivent en toute impunité, tranquilles, car au Canada on trouve les lois italiennes antigang trop cruelles envers les criminels. Ici, on les dorlote nos criminels. Après tout, on ne sait jamais quand on aura besoin d’eux pour un coup de main en campagne électorale…

On a jamais trop d’amis.

« Rappelons qu’en Ontario 19 criminels notoires de la mafia italienne, recherchés par la justice italienne, réclamés par la justice italienne y vivent en toute impunité, tranquilles, car au Canada on trouve les lois italiennes antigang trop cruelles envers les criminels. » (sic)

J’imagine que vous avez des références crédibles?

« …ici, on fait le ménage, pas comme dans le reste du Canada. » (sic)

Et grâce à qui? Eh oui: Monsieur Jean Charest!

Ce sont des sondages répétés aux six mois pendant trois ans démontrant que 80% des Québécois exigeaient la création d’une commission d’enquête publique sur l’industrie liberull de la collusion et la corruption au Québec, la pression publique et une pétition de plus de 250,000 signatures demandant la démission du parrain John James qui ont finalement eu raison du refus de ce dernier pendant tout ce temps de faire le ménage dans ses écuries. Par vos répliques vous réussissez à berner que des imbéciles.

Je vous ferai humblement remarquer qu’on ne lance pas une enquête publique comme ça, au p’tit bonheur.

Ça prend du temps à préparer et Jean Charest a été d’une prudence de sioux, chose qu’on lui reproche maintenant?

Souvenez-vous combien le Parti québécois a pris de temps avant d’acquiescer à la Commission Charbonneau (attendez voir que l’on fasse comparaître les grosses centrales syndicales, alliées naturelles de ce parti et vous verrez pourquoi!!!) et à quel point Pauline Marois a tenté de s’immiscer dans son fonctionnement et de la gêne qu’a créé son intrusion suite au dévoilement du maquignonnage de Chevrette. Venant d’un parti qui a utilisé les prête-noms à outrance et dont la cheffe a accepté une contribution de $2,500.00 de la part d’une mineure, c’est plutôt fort en café non?

Souvenez-vous également de la prestation de Lisée (séparatiste reconnu à l’époque!!!) à TLMEP où il repoussait allègrement les affirmations pourtant structurées du journaliste de McClean qui nous qualifiait, et l’avenir lui a clairement donné raison, de l’endroit le plus corrompu au Canada.

De plus, les filous qui comparaissent à la Commission Charbonneau s’en tirent à très bon compte vu les règles de ce genre d’organisation et nous devons aux groupes de pression aveuglés par leur partisannerie de les voir ainsi, quitter le banc des accusés sans coup férir.

Monsieur François Premier est un des derniers fédéralistes québécois a prendre la défense de Charest a la façon d’un admirateur invétéré . Même Couillard et sa bande essaient de se distancer de l’odeur nauséabonde laissé par le Parrain Charest .

Depuis maintenant plus de cinquante ans, allant à contre-courant de l’essor politique, économique, social et culturel du peuple québécois malgré l’hostilité rocanadian, des princes du « fédéralisme » sont sans cesse démasqués. Ces illusionnistes moralistes font sans cesse très « nettement » la démonstration de l’élevage d’une culture machiavélique chez leurs troupes liberull, d’une culture politique astucieuse imprégnée dans les institutions archaïques de leur pays imaginaire érigé sur les fondations de l’impérialisme britannique i.e. la culture du « colonialisme bienveillant » fricotée dans le « British Indirect Rull »; bref, une culture de l’imposture érigée en système.

Évidemment que la coalition a permis de faire de M. Applebaum un maire qui s’est servi de la coalition pour se faire élire maire. Machiavélisme qui se sert de l’union des partis pour se voir accompli,souvent se servir des bons principes, de ce qui parait bien pour se faire valoir selon son intérêt propre d’après Machiavel.

Si dans le cadre d’une guerre et de sa menace exemple Churchill, ce type de manoeuvre d’union nationale peut se légitimer avec le choix comme p.m d’un chef de parti non élu dans une démocratie de façon exceptionnelle. Dans un cadre municipal, c’est problématique y compris dans une crise de confiance. Et comme on s’en tient en politique y compris municipal au dirigeant du pouvoir exécutif, le premier ministre, le maire. Le gouvernement Marois s’en est tenu au départ des Tremblay et Vaillancourt avec quelques mesures de correction ou d’accompagnement pour Montréal et Laval sans appliquer de tutelle comme si nous ne savions pas que G.Vaillancourt ne tenterait pas par exemple par voie du téléphone de -gouverner- Laval sous A.Duplessis entre janvier et mai.

Si la coalition à Montréal a pu sur papier faire croire presque que l’on pouvait faire du passé table rase dans un contexte aussi d’un nouveau gouvernement à Québec capable de voir clair à Montréal. Des illusions de fin d’année ont prévalues y compris chez des citoyens intéressés aussi par l’observation d’ensemble de la Commission Charbonneau. Probable également que l’approche doucereuse accentuée du ministre Lisée auprès de la communauté anglophone a contribué à ce qu’il donne un chèque en blanc de confiance envers le premier maire anglophone depuis longtemps à Montréal. Le -bon jugement- s’applique toujours mieux dans un blogue pourvu de sens critique évidemment que lorsque parfois l’on devient ministre d’un nouveau gouvernement. La capacité de jugement d’un ministre n’est pas une garantie hélas. Bref, nous voyons trop le chef de gouvernement, de municipalité sans considérer l’ensemble de l’équipe. Comme par exemple, verrons nous à part la pâleur charismatique des prétendants Harel et Bergeron, comment l’équipe de candidats du candidat Coderre provient un peu trop du parti de G.Tremblay ce qui fait mauvaise augure comme diraient les Romains.

Le plus bête dans toute cette affaire c’est que Mme Harel et M.Bergeron ont joués leur va tout pour une coalition en oubliant que seul la fusion des deux partis donnerait une chance auprès de l’électorat montréalais à l’un des deux comme maire pendant que D.Coderre dans l’orbite libérale connaît ses chances d’importance de procurer un autre maire disons conventionnel aux montréalais à moins d’une surprise peu probable de la part de ce candidat si élu.

Merci madame Legault.
Encore une autre fois vous exposez de façon claire tout ce qui entoure les scandales et les ratés à répétition au niveau municipal.
Il est sûrement souhaitable que maintenant l’UPAC et la commission Charbonneau « arrivent » aux niveaux provincial et fédéral car à mon avis la SOURCE est là.
Des noms ont commencé à circuler mais la bombe, la vraie, est à retardement.
C’est très difficile de ne pas être partisan dans les circonstances mais il faut admettre que plusieurs des personnes arrêtées sont issues du parti libéral du Québec bien que des noms du PQ ont aussi circulé. Par exemple l’ex ministre Chevrette.
Le danger qui nous guette c’est que le gouvernement minoritaire de madame Marois tombe et que le PLQ soit élu (j’allais dire réélu). Je suis loin d’être persuadé que P. Couillard voudrait continuer le nettoyage national de la politique québécoise. Il a lui-même des squelettes dans le placard, entre autres son départ accéléré du gouvernement Charest et sa proximité avec un certain monsieur Arthur Porter.
Donc l’objectif immédiat du PLQ c’est de faire tomber le gouvernement pour freiner toutes ces enquêtes de l’UPAC et la commission Charbonneau.
La CAQ de messieurs Legault et Sirois vont-ils s’allier au PLQ pour faire tomber le PQ, (rappelons-nous que Charles Sirois est un ami de J.Charest) ou vont-ils soutenir le gouvernement en place pour que ce nettoyage fasse en sorte que la politique québécoise aux niveaux municipal, provincial et aussi scolaire, redevienne honnête vraiment honnête…
Enfin, tous ces beaux souhaits ne pourront s’accomplir à moins que toute la population du Québec voit à SES AFFAIRES. La démocratie chez-nous est « dans le trouble » et c’est sérieux.
Il faut, pour une fois, que le danger de perdre les acquis de la vie démécratique passe avant le hockey et star académie.
Dommage mais c’est ça.

Je crois que Montréal, comme Laval d’ailleurs, vit un très triste phénomène particulier : l’imprégnation très importante d’une culture de la corruption et de la collusion.

Depuis des années, cette culture s’est installée, s’est répandue et s’est enracinée. En conséquence de quoi son éradication sera longue et laborieuse. Nous ne devons pas nous attendre à ce que le ménage complet se fasse en un seul coup de balais. Il reste encore plusieurs placards à nettoyer.

Les témoignages que nous entendons ces jours-ci à la commission Charbonneau nous montrent à quel point cette culture criminelle était devenue usuelle tant à Laval qu’à Montréal. Ce n’est pas l’absence de lois qui a favorisé l’émergence de cette triste situation. C’est le laxisme et l’aveuglement dans l’application des lois existantes.

Des questions demeurent encore sans réponses. Par exemple pourquoi l’ex-gouvernement libéral de Jean Charest a-t-il tant résisté à mettre en place les outils nécessaires ? Pourquoi semblait-on savoir depuis plusieurs années que de graves anomalies existaient dans des administrations publiques mais qu’aucune mesure ne fut prise ?

Évidemment certaines lois pourraient être renforcées et de nouvelles sans doute être adoptées. Mais le point le plus nécessaire sera la détermination et la patience.

En terminant, une question me turlupine. Comment en arrivent toutes ces compagnies et ces firmes à pouvoir mettre la main sur des dizaines de milliers de dollars en argent comptant ? Je veux bien croire qu’une machine à café puisse aider mais il doit bien exister d’autres sources.

«Fonds secrets. – Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences.»
[Gustave Flaubert]

@ M. François I, M. Charest endurait, avec enthousiasme, des amis de la mafia dans son parti. Il a attendu d’être placé au pied du mur par l’opposition, avant de réagir avec Marteau et la Commission..

Z’avez des preuves? Parce que jusqu’à maintenant, ce sont surtout les municipaux qui sont accusés non?

Savez-vous des choses que la Commission Charbonneau ignore?

Il a été mis en preuve à la commission Charbonneau que Tony Tomassi et Line (la pantoite) Beauchamp ont fréquenté un maffioso reconnu, Frank Catania.

« M. Tomassi se serait rendu deux fois au club à l’invitation de Paolo Catania, de Frank Catania et associés, une entreprise de construction liée au clan mafieux Rizzuto.[…] Il a par ailleurs été établi plus tôt par la commission que Frank Catania, qui a fondé la compagnie du même nom, est lié au clan mafieux Rizzuto. […] Sa présence aux côtés de ministres du gouvernement du Québec soulève sans contredit des questions de sécurité. »
source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/11/28/001-charbonneau-ministres-rencontre.shtml

Bonjour,

N’en déplaise à toutes nos alouettes en colère, nous devons explorer les chemins « les moins fréquentés » afin de comprendre cette pathétique situation qui semble donner raison à cette UNE du MaClean’s de l’an dernier avec le symbole québécois par excellence avec sa ceinture fléchée qu’est le Bonhomme Carnaval. Pourquoi toute cette corruption dans cette province ? Encore une fois, afin de ne pas trop heurter le nationalisme de nos alouettes en colère, serait ce parce qu’il y a beaucoup trop de québécois qui regardent la TIVI en y perdant énergies et temps ? Serait ce parce que les québécois reçoivent quatre fois plus d’informations concernant les sports que tous les pays industrialisés ? Et quatre fois moins d’informations utiles concernant l’International que tous les pays industrialisés ?

En conclusion, une chose est toute à fait certaine. Une telle corruption endémique, ordonnée et très bien organisée ne trouve son pendant que dans les vraies « républiques de bananes ». Et bien OUI, nous trouvons de tels exemples de corruption et de malversations que dans les républiques de bananes comme Haïti qui est le seul pays francophone dans les Amériques. Et pourquoi ? Tout simplement que dans ces républiques de bananes, la population est souvent peu scolarisé et la plupart du temps analphabète tout comme plus de 50 % des québécois qui ne s’intéressent que « PEU à ces choses » en préférant parler de hockey 13 mois par année et se gaver des Amateurs Sportifs Bonjour ainsi que de Salut les sportifs. Bien évidemment, une telle chose ne pourrait se produire sur le Vieux Continent dans cette Europe de Maastricht ainsi que dans le reste du Canada dont les citoyens sont infiniment plus politisés que les citoyens Pure Laine. Au plaisir, John Bull.