Montréal, vitrine touristique de la corruption

Le collègue Gary Lawrence m’a piqué au vif avec sa récente entrée sur les tours de ville pour les touristes axés sur la corruption à Prague, en République tchèque. Y a-t-il un entrepreneur propre pour un éventuel partenariat à Montréal, lançait-il?

Ah! Quel potentiel dort dans notre métropole minée par la corruption. J’ai eu du mal à trouver le sommeil tellement les idées se bousculaient dans ma tête. On a de quoi faire un tour de deux jours. Que dis-je. Un «Disneyland» de la corruption. On pourrait amarrer dans le Vieux Port une réplique du Touch, le fameux bateau de Tony Accurso sur lequel ont séjourné Frank Zampino (témoin du jour à la commission Charbonneau), le collecteur de fonds Bernard Trépanier et d’autres personnalités publiques.

À l’heure où la Régie des installations olympiques (RIO) cherche à dynamiser le site du Stade et à prolonger la durée du séjour touristique, voilà une thématique prometteuse.

Après tout, le stade est un monolithe à la gloire de la corruption. L’ouvrage n’était pas complété à temps pour la cérémonie d’ouverture des Jeux de 1976. Le chantier s’est étiré sur une douzaine d’années, avec des dépassements de coûts astronomiques. Les bétonnières entraient et ressortaient pleines du chantier. Combien de piscines et fondations de maisons ont été coulées avec le béton du Stade? Il y a de quoi faire une autre thématique.

Bien sûr, un tour de ville de la corruption serait incomplet sans un arrêt à l’hôtel de ville, palais de marbre rempli de politiciens de pacotille qui n’ont rien vu, rien su quand ils n’étaient tout simplement pas complices des entrepreneurs et ingénieurs faisant main basse sur les contrats publics. On pourrait proposer une visite des obscurs locaux ont été retrouvés les études secrètes sur la collusion, apparemment perdues pendant des années, ou encore  une visite de l’ancien bureau de Frank Zampino, considéré comme le plus haut responsable politique des stratagèmes de collusion.

Parmi les arrêts possibles, il y a aussi:

— Le 357C. C’est dans ce club privé du Vieux Montréal que les protagonistes de la vente à rabais des terrains du Faubourg Contrecœur ont élaboré leur projet criminel;
— Les locaux d’Union Montréal. Toujours dans le Vieux Montréal, les bureaux servaient de repaire au collecteur de fonds Bernard Trépanier. Avec la collaboration du parti, il serait possible de se faire prendre en photo devant le désormais célèbre coffre-fort de la formation tombée en disgrâce.
— La résidence du Frank Zampino, dans Saint-Léonard. On raconte que l’entrepreneur Paolo Catania, coaccusé de fraude avec M. Zampino dans l’affaire du Faubourg Contrecœur, a rénové la cuisine pour 250 000 $.
— Les bureaux de Mivela et Génius, dans Pointe-aux-Trembles. L’intermédiaire de la mafia auprès des entrepreneurs, Nicolo Milioto, et le coordonateur de la collusion pour les firmes de génie conseil, Michel Lalonde, sont des voisins de bureau. Il y a de ces hasards dans la vie.
— Cartographier les nids-de-poule. Ce serait un défi lancé aux touristes au début du tour de ville. À l’aide de leurs téléphones intelligents, ils seraient invités à photographier les nids-de-poule, symboles par excellence des travaux routiers bâclés. Les clichés alimenteraient une application de type «Plans», avec des trous en lieu et place des attraits touristiques.

La liste n’est pas exhaustive. CUSM, îlot Voyageur, 1 de la Commune. À Montréal, il ne manque pas de projets immobiliers dont la gestion a été marquée par des irrégularités. Vous avez des idées? Je parie au collègue Lawrence qu’il n’aura pas assez de jours dans une semaine pour faire le tour de notre jardin nauséabond.

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