Mourir dans la dignité : le grand virage. Et maintenant ?

Le projet de loi 52 sur les soins en fin de vie a été adopté par 94 voix contre 22 à l’Assemblée nationale. Voilà certainement l’un des plus beaux exemples de parlementarisme non partisan et de débat sain, dit Alec Castonguay.

La députée du Parti québécois, Véronique Hivon, qui a joué un rôle central dans l'adoption de ce projet de loi. (crédit photo: Jacques Boissinot / La Presse Canadienne)
Véronique Hivon, députée du Parti québécois, a joué un rôle central dans l’adoption de ce projet de loi. – Photo : Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

L’un des plus beaux exemples de parlementarisme non partisan, de débat sain, posé et éclairant vient de connaître son dénouement à Québec, avec l’adoption du projet de loi 52 sur les soins en fin de vie — communément appelé «mourir dans la dignité», en raison du rapport sur le sujet qui portait ce titre.

Il a été adopté par 94 voix contre 22 à l’Assemblée nationale.Politique

Un travail amorcé sous le gouvernement libéral de Jean Charest (la députée Maryse Gaudreault présidait la commission spéciale, qui a commencé ses travaux à la fin de 2009), puis poursuivi sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Finalement, le tout aura été adopté sous le gouvernement de Philippe Couillard, qui — faut-il y voir un symbole ? — est non seulement médecin, mais qui dirige l’un des gouvernements où l’on trouve le plus grand nombre de docteurs dans des postes clés (premier ministre, santé, éducation, secrétaire général du gouvernement…)

Le gouvernement a eu la sagesse de remettre le projet de loi à l’ordre du jour, à l’étape parlementaire où il était avant la dissolution de l’Assemblée pour les élections, en mars, et d’inscrire la députée péquiste Véronique Hivon comme marraine du projet de loi (avec l’actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette) — elle qui a été la colonne vertébrale du débat, la force tranquille derrière cette petite révolution.

Véronique Hivon s’impose comme l’une des députées les plus inspirantes de l’Assemblée nationale, respectée de tous les côtés de la Chambre. Alors qu’elle était ministre, elle a accepté de modifier et d’améliorer le projet de loi pour rallier plusieurs députés réticents. Ce fut notamment le cas de Philippe Couillard, qui a basculé dans le camp des élus favorables.

Il était aussi tout à fait approprié d’accorder un vote libre aux députés. La fin de vie, la mort, la souffrance… Ce sont des sujets qui touchent la conscience des parlementaires et, parfois, leurs croyances intimes. Les laisser voter librement allait donc de soi.

Petite parenthèse. Les votes libres devraient d’ailleurs être beaucoup plus nombreux, et ce, tant à Québec qu’à Ottawa. Sortir de la ligne de parti valorise le travail des députés, qui ne sont plus uniquement des pions au service d’une stratégie élaborée au bureau du chef. Cela permet de connecter les élus à leurs citoyens, qui sont davantage consultés. Et ça responsabilise les députés, qui enregistrent un vote qu’ils doivent justifier auprès de leurs électeurs.

J’ai sursauté en écoutant les arguments des Christine St-Pierre, Pierre Arcand et autres députés qui ont repris la litanie des raisons de ceux qui s’opposent à cette loi en disant qu’on allait «tuer» des citoyens, comme s’il s’agissait d’un homicide ou d’euthanasie, alors qu’il n’en est rien.

Les critères pour utiliser le droit à une mort plus rapide sont très stricts. La personne doit pouvoir donner librement son consentement ; elle doit souffrir d’une malade incurable, souffrante et dont la douleur est inapaisable. Deux médecins doivent donner le feu vert, qui sera révisé par un comité. Bref, n’entre pas qui veut dans cette définition.

Malgré les balises légales, il est concevable que certains députés s’y opposent par conviction. Ils ont pu voter librement et s’exprimer. Ils n’ont pas à être jugés pour cette position. Ce sont à leurs électeurs de les questionner et de demander des comptes s’ils estiment que leur député n’a pas correctement fait écho à leur souhait, tout en prenant en considération que l’unanimité dans ce type de débat est impossible à atteindre.

Le consensus était toutefois assez fort dans la société pour aller de l’avant. Le milieu médical — confronté à ce problème sans cadre légal depuis des années — et les associations de patients étaient favorables. Les sondages sont sans équivoque.

Cette loi marque un virage important pour la société québécoise. Une société qui vieillit et qui s’inquiète des soins en fin de vie. Une population qui estime que l’humain doit avoir le contrôle sur sa propre existence lorsqu’elle tire à sa fin. Le choix sur le moment et les moyens de partir dans des circonstances difficiles.

Les Québécois ont maintenant leur mot à dire sur leur qualité de vie, et le moment de leur mort lorsque la vie n’a plus de qualités.

Le Québec entre dans les rares juridictions du monde qui ont osé faire ce débat difficile et qui prennent les devants.

De plus, cette révolution doit s’accompagner d’une amélioration des soins palliatifs, notamment des soins à domicile ou dans les centres spécialisés. La loi en fait un droit.

Les expériences à l’étranger montrent qu’un faible pourcentage de gens admissibles au «cocktail» de fin de vie utilisent leur droit — entre 1,5 % et 3 %. Malgré la possibilité de mettre un terme aux souffrances, l’humain est plus souvent une bête qui se bat jusqu’au dernier instant. L’instinct de survie est puissant.

La plupart des malades veulent décéder à la maison, ne pas souffrir, et éviter d’être un poids pour leur famille. Ce volet ne doit pas être oublié au profit d’une aide médicale à mourir. La loi en tient compte, et il faudra maintenant que l’argent et les ressources suivent.

La loi ne prendra effet que dans 18 mois, le temps de bien transmettre les nouvelles normes sur le terrain et d’adapter les processus.

Deux réactions sont maintenant à surveiller.

Celles des opposants. Et celle d’Ottawa.

Y aura-t-il un recours devant les tribunaux pour bloquer l’application de la loi ? Certains groupes, parmi lesquels plusieurs dégagent une forte odeur religieuse derrière de beaux noms comme «justice sociale», n’ont rien ménagé pour s’opposer à cette initiative. Vont-ils tenter le coup devant la justice ?

À Ottawa, que fera le gouvernement Harper, qui regarde le débat au Québec sur les lignes de côté depuis 2009 ? Le Code criminel interdit à quiconque d’aider à donner la mort. Théoriquement, cela s’applique aussi aux médecins. Mais si le cadre juridique  — le Code criminel — est du ressort du fédéral, l’administration de la justice, elle, relève des provinces. C’est Québec qui dépose les accusations.

Québec a déjà annoncé son intention de ne pas poursuivre les médecins qui vont accepter (ils ne sont pas obligés) d’appliquer la loi et les désirs de la personne gravement malade.

Le gouvernement Harper affirme depuis des années qu’il attend l’adoption de la loi au Québec, question de voir les modalités, avant de décider ce qu’il fera. Va-t-il amener le Québec devant les tribunaux ? Respecter le statu quo et ne pas s’ingérer ? Modifier le Code criminel ?

Politiquement, c’est un dossier délicat pour les conservateurs. Leur base traditionnelle n’aime pas beaucoup ce type d’initiative.

Mais politiquement, le gouvernement doit aussi composer avec le consensus au Québec, et la volonté de l’Assemblée nationale. De plus, la Cour suprême vient d’accepter de se pencher de nouveau sur le suicide assisté. Ce sera fait au cours des prochains mois. La cause provient de la Colombie-Britannique. Il y a de l’ébullition dans d’autres provinces.

Le Québec n’est pas le seul endroit où les questions de vie, de mort, de souffrances, de maladie et de dignité se posent. Les autres provinces ont également suivi le débat au Québec de très près. Que feront-elles ?

Le grand virage du Québec n’a pas fini de faire des vagues.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

 

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17 commentaires
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Ça-y-est c’est fait, on peut maintenant euthanasier au Québec.

Quoi de mieux pour soulager du gouffre financier en santé?

Avant on pouvait amener toutou chez le vet pour sa picure, maintenant on va pouvoir faire pareil avec mami et papi

Ah le Québec, quelle belle terre progressiste…

Et si Papi ou Mamie le désirent en quoi ça vous regarde? Si l’idée de prolonger votre agonie pendant des jours et des semaines vous satisfait a-t-on le droit de faire un choix différent?

pbrasseur, puisque c’est ce que vous désirez, bonnes souffrances et soyez en paix à l’heure de votre mort et pour les grenouilles de bénitiers qui vous accompagnent, ainsi soit il.

Moi je n’ai pas peur d’aller en ENFER. Donc mon choix c’est de ne pas souffrir pour aller au ciel qui n’existe pas.

Et ça, ÇA NE VOUS REGARDE PAS.

Amen!

« La compassion est la praxis du nihilisme. Répétons-le : cet instinct dépressif et contagieux contrarie les instincts qui visent à conserver et à valoriser la vie : tant comme multiplicateur de la misère que comme conservateur de tout misérable, il est l’instrument principal de l’aggravation de la décadence. La compassion vous gagne à la cause du néant !… » — Friedrich Nietzsche (L’Antéchrist, 1888)

Dans certains types de débats comme celui-ci, on aime bien à jouer « sur » les mots et « avec » les mots. Quoiqu’il en soit, si vous injectez une dose de poison ou faites ingérer par toutes sortes de moyens un produit létal à une personne « réputée » avoir atteint la limite ultime de la souffrance. Vous procédez bel et bien à un homicide. Et en principe vous devriez aller tout droit en prison.

Lorsqu’on confie cet emploi à un professionnel de la santé dont la profession de foi est de protéger et de prolonger la vie, l’exercice consiste à mettre sciemment un ver dans le fruit. Vous faites alors le choix délibéré de détruire les professions de la santé directement de l’intérieur. On appelle cela dans un bon français : de la cruauté ; on réduit l’infirmière et le médecin au simple rôle d’auxiiaire de l’État. Peu importe que cet auxilliaire soit consentant ou pas.

— Vous écrivez ceci monsieur Castonguay : « Les critères pour utiliser le droit à une mort plus rapide sont très strictes. La personne doit pouvoir donner librement son consentement, elle doit souffrir d’une malade incurable, souffrante et dont la douleur est inapaisable. Deux médecins doivent donner le feu vert, qui sera révisé par un comité. Bref, n’entre pas qui veut dans cette définition. » — Voici l’exemple d’un ensemble de propos plutôt imprudents.

La vie comme telle est une sorte de paradoxe, la science jusqu’à ce jour n’est pas parvenue à expliquer ni les raisons de la vie, ni la raison précise de la mort qui résulte de la vie. En ce sens, la vie est une anormalité, une sorte de maladie incurable de tous les instants. Personnellement je ne reconnais à aucun médecin quel qu’il soit, ni quelque autorité ou comité que ce soit le droit de mettre sciemment et en conscience fin à la vie de qui que ce soit.

Seul un juge devrait bénéficier de cette prérogative. Ce qui signifie qu’il faut remettre au pouvoir judiciaire ce qui revient au pouvoir judiciaire. Dans ce cas, c’est la loi canadienne qu’il faudra réformer puisqu’il n’y a pas de définition judiciaire présentement, même à des fins médicales qui autorise à mettre fin à la vie. Ce qui consiste à remettre au goût du jour la peine de mort à des fins criminelles, pénales ou thérapeutiques, l’ensemble évidemment selon certaines conditions.

J’espère que cette loi québécoise, si elle devait être définitivement adoptée même avec certains amendements, qu’elle prendra tout droit le chemin de la Cour Suprême pour fin d’examiner si le Québec vit bien encore maintenant sous juridiction canadienne. Objectivement je ne vois aucune connotation religieuse ni quelque forme « d’odeur » (comme si les religions sentaient mauvais) quant au fait d’exprimer de très sérieuses réserves sur l’innocuité ou mieux la longanimité d’un tel projet.

M. Drouginsky, tout comme pbrasseur avant vous, ne faites que montrer votre flagrant manque d’empathie, de vision claire de la réalité et votre obscurantisme patent. Oui beaucoup de science, que vous ne voulez sûrement pas lire, explique l’évolution de la vie, dans ses moindres méandres, de la forme la plus primaire, l’amybe, à nos jours. Et non aucun petit dieu de pacotille créé par l’homme pour mieux manipuler ses fidèles « CROYANTS » n’a eu de rôle à jouer il y a 600 ans comme certains conservateurs du gouvernement Harper s’évertuent à dire.

Personne ne devrait avoir à souffrir, ni pour dieu ni pour l’homme, dans une société civilisé. Le premier droit humain, si la charte des droits de l’Homme était rédigée aujourd’hui serait le droit de choisir l’heure de son départ librement et en toute conscience. Le jour où une vie de plus de 200 ans approche, l’accélération de la science et de ses moyens amène des changements majeurs, incompréhensible pour toute personne fermée aux nouvelles technologies. Je vous entends déjà dire que si l’évolution mène à la consommation et a une société dépravée je préfère ne jamais la voir, et bien soit, attendez simplement la vieillesse et la maladie, que je ne vous souhaite pas, et vous serez exhaussé.

Mais si par malheur une maladie venait vous assaillir, j’espère que vous aurez la possibilité de choisir librement la non décrépitude qui a si longtemps été le lot des croyants. Si dieu t’envoie cette épreuve c’est pour que tu gagnes ton ciel, ou mieux c’est parce qu’il sait dans sa grande sagesse que tu peux la supporter. Juste d’écrire ces phrase me révolte à l’idée de toute cette cruauté auto infligée par l’homme sur l’homme.

Il est un fait indéniable aujourd’hui, plus l’homme s’instruit et s’ouvre aux idées les plus hors de sa compréhension, plus il gagne en empathie et mieux il tente de soigner son prochain.

Bernard Denis
Panama

@ Bernard Denis,

— Vous affirmez ceci : « tout comme pbrasseur avant vous, ne faites que montrer votre flagrant manque d’empathie »

Donc, si je comprends vos propos, non seulement je manque d’empathie, en d’autre termes, je manque de reconnaissance, d’amour, de gratitude envers autrui, mais en plus, cela relève de l’évidence. — Et peut-on savoir sur quelle science, vous fondez de telles assertions, s’il vous plait ?

Ou bien puis-je supposer que ceci est la seule expression de vos préjugés et de toute absence d’empathie de votre part à mon égard ?

— Comme si ce n’était pas assez, je souffre d’ « obscurantisme patent », en d’autres termes, mon obscurantisme est une autre évidence. — Et peut-on savoir encore sur quelle science, vous fondez de telles assertions, s’il vous plait ?

— De plus, en plus d’être « obscurantiste », il y a beaucoup de sciences (au pluriel s’il vous plait), que je ne veux « sûrement pas lire », nouvelle évidence. Et peut-on savoir dans la même veine sur quelle science, vous fondez de telles assertions, s’il vous plait ?

Vous parlez de beaucoup de sciences justement, mais quelles sont-elles ? La seule référence que vous fassiez est celle de la biologie et lorsque vous définissez l’amibe comme la forme la plus primaire de vie, vous démontrez de toute évidence dans ce cas, que votre connaissance en sciences naturelles est des plus élémentaires.

En plus d’être d’une ignorance « crasse » en matière de sciences naturelles. Vous êtes aussi parfaitement ignorant des sciences humaines, des sciences sociales, des sciences de l’homme, de la théologie qui est une science humaine et des sciences politiques.

— En plus vous faites une référence très maladroite avec le « créationnisme » supporté par une minuscule minorité de députés conservateurs que vous introduisez bêtement à il y a quelques 600 ans. N’importe quoi !

— Là encore vous faites une référence à la « Charte des droits de l’homme » que vous critiquez et de toute évidence, vous parlez de « liberté de conscience », sans respecter la liberté de conscience des autres. Elle est où ma liberté d’exprimer librement mon opinion lorsqu’on pratique comme vous faites la crucifixion ? Vous êtes en train de me clouer au cas où vous ne le verriez pas !

— Vous dites encore : « Le jour où une vie de plus de 200 ans approche (…) »

Monsieur, l’espérance de vie dans certaines régions de l’Afrique est encore de 35 ans en moyenne. À vous lire, grâce aux nouvelles technologies et l’accélération de la science, on va tous vivre 200 ans. Bin voyons donc ! Dans quel monde ultrasophistiqué vivez-vous ? Et dites-moi au passage quelle substance vous prenez pour voir tout si génial comme ça ? J’aimerais-ça moi aussi vivre dans un monde comme ça !

— « Mais si par malheur une maladie venait vous assaillir (…) » (sic)

Je vais vous répondre sur ce point monsieur Bernard Denis très clairement : au chapitre de l’évolution, je ne me considère rien de plus qu’un bête aux fonctions organiques (une sorte de singe relativement évolué) et j’entends mourir et pourrir comme un bête organique voilà tout. J’accepte la mort inconditionnellement car elle fait partie de la vie (hélas) et je n’emmerde personne avec cela. Surtout pas les médecins qui ont bien assez de travail à faire que de s’ennuyer avec ces histoires.

Une chose est évidente cher monsieur, c’est que vous ne m’appréciez pas pas, simplement par ce que je sais beaucoup plus de choses que vous n’en savez. Ne vous en déplaise, l’une de mes seules fierté c’est précisément d’être un homme très instruit. Et même cette modeste fierté vous cherchez à me la retirer.

Vous magnifiez la science lorsqu’elle peut vous servir pour assommer les autres avec votre ignorance. Estimez-vous heureux que j’aie pris le temps de vous répondre dans le détail. Car franchement vos commentaires sont maladroits et inconsistants. Techniquement parlant, je n’éprouve effectivement nulle compassion pour votre personne. Soyez plus aimable d’abord. Ça ne coûte pas cher !

Et soit dit en passant, puisque vous précisez que vous écrivez depuis le Panama. Sachez que je vous envie, car j’aimerais bien moi aussi avoir ma petite place au soleil surtout à l’abri de l’Impôt. — En somme, vous vous trouvez plutôt bien l’aise pour vous payer le luxe de me critiquer.

M. Drouginsky,

Je suis certaine que vous êtes un homme très intelligent.
Mais, à mon avis, je ne crois pas que cette situation: qui est de mourir dignement, puisse avoir un rapport avec l’intelligence, ou l’éducation.
Je crois que c’est plutôt une question qui concerne la personne elle-même, dans le plus profond de son Être.
J’ai perdue récemment une personne très proche de moi, que j’aimais et aime encore de tout mon cœur.
Je ne sais pas si vous avez déjà vécu cette situation?
Cette personne que vous aimez profondément et il n’y a plus d’espoir pour elle.
On ne peut lui donner plus de morphine pour calmer sa douleur.
Elle est là sous vos yeux à souffrir et attendre la mort.
Être des mois à le voir prier que Dieu vienne le chercher.
Et nous sommes là, impuissant à le regarder souffrir de plus en plus chaque jour.
C’est ce qui a le plus marqué notre famille. Le voir mourir dans des atroces douleurs.

Je crois simplement qu’il faut laisser le droit à chacun, le choix sur Sa vie, Sa mort.
Je crois que cela Nous appartient, chacun de nous.
Après avoir vu mon père mourir ainsi, tranquillement, à petit feu…..sur une période de 9 mois!
Je souhaite de tous cœur que je pourrai choisir de partir doucement, avec les miens près de moi, s’ils le désirent.
Il est aussi vraie que le désire de vivre, se fait sentir probablement beaucoup, même si l’on sait que nous sommes gravement malade.
Peut-être que si quelque chose m’arrivait, je voudrais quand même essayée de me guérir et survivre. C’est vraie.
Mais le moment venu, selon la situation, j’aimerais avoir Le choix.

Chacun a droit à ses idées, il ne s’agit pas de blesser qui que ce soit.
Ce n’est pas qui a tort, qui a raison!
Que ce soit bien fait? Oui, effectivement, nous sommes tous d’accord.

Face à la mort, nous sommes face à nous même.
C’est notre cœur, notre Âme qui s’exprime.
Est-ce que je désire continuer à me battre et souffrir?
Ou si j’aimerais partir doucement, maintenant?
À moi de choisir.

Merci

Diane Renaud

@ Diane Renaud,

Merci madame pour votre témoignage réel et vécu. Soyez assurée que je compatis à votre peine et à votre douleur. La perte de personnes importantes dans nos vies comme un papa ou encore une maman sont des épreuves dont nous ne sortons pas indemnes.

Il est pénible de partager une petite partie sa vie avec des êtres souffrants qui ont été un jour plein de vie, quelquefois plein d’amour et qui deviennent l’ombre de ce que nous avons apprécié le plus chez ces personnes. Mais c’est la vie et ressentir la peine nous maintient en vie.

Mourir est une expérience qui n’est pas identique pour tous, comme du reste est la vie. La vie est une expérience et le trépas aussi. Pour moi à ce titre, le respect importe plus que la dignité. Car la dignité relève plus de l’apparence, quand le respect relève du choix personnel.

En ce qui me concerne, je respecte la liberté de choix des gens. Je ne suis nullement tenu de l’approuver, ni de la réprouver. La liberté de choisir est aussi votre protection, nul n’est tenu d’accepter un traitement médical, comme nul n’est tenu d’exiger des soins parce que ceux-ci sont usuellement prodigués. C’est votre liberté de conscience, la relation que vous entretenez avec la vie et encore avec les gens. — Certaines personnes toutefois, se conduisent comme des inconscients.

La question qu’on devrait plutôt se poser, c’est de savoir si la solution actuellement proposée par l’État québécois n’est pas pire que la souffrance endurée comme telle. Accessoirement, on pourrait se demander si l’ensemble de nos soins de santé sont bien adéquats.

Comme je l’ai dit, j’estime que la mort est comme la vie, différente pour tous, dès lors que vous injectez un produit létal dans un corps, peu importe que ce corps soit souffrant ou ne le soit pas, vous modifiez automatiquement la trajectoire de la mort.

En ce sens, en tant qu’être vivant, il vous faudra assumer les conséquences de ce changement de direction. C’est pour cette raison que j’estime que d’abréger ou de ne pas abréger la souffrance d’une personne ne relève pas spécifiquement de l’éthique, ne relève pas spécifiquement de la médecine et la thérapeutique, ne relève surtout pas de l’avis des proches, lorsque la chose relève (faute de mieux) de la justice des hommes essentiellement.

Je vous souhaite bonne réflexion.

L’exemple serait plus édifiant si on avait le courage de nommer un chat un chat et dire:
– mourir dans la dignité grâce à l’euthanasie.
– euthanasier dans la dignité.
– accélérer la mort en toute dignité.
– Tuer tout en restant digne.

Les 4 phrases ci-haut décrivent le projet de loi. Elles ont en commun « digne » et « tuer » ou son synonyme.

En somme, on est assuré, grâce à ce projet de loi, que le patient sera tué de manière plus digne (et avec son consentement, bien sûr) que le sont les condamnés à mort dans certains états américains.

Je considère le député comme un mandataire et je vois mal celui-ci voté en fonction de sa conscience, au nom de ses concitoyens de son comté, alors qu’en donnant leur appui à celui-ci, les citoyens ont voté en considération du programme du parti et non par rapport à la morale du député. Dans ce cas-ci, « c’est le pouvoir d’imposer leur morale aux autres. » comme le soulignait si bien Manon Cornellier dans son article « Trudeau, l’avortement et la liberté de conscience », qu’on accorde au député.

« J’ai sursauté en écoutant les arguments des Christine St-Pierre, Pierre Arcand et autres députés qui ont repris la litanie des raisons de ceux qui s’opposent à cette loi en disant qu’on allait «tuer» des citoyens, comme s’il s’agissait d’un homicide ou d’euthanasie, alors qu’il n’en est rien. » On reconnait ici la grande « sagesse » de Christine Saint-Pierre qui n’en est pas à sa première ânerie.

La science et la médecine on poussé les limites de la vie humaine dans les derniers 100ans. Et on sais que l’avenir ne fait que promettre de les pousser davantage. Dire que cette loi est inhumaine et cruelle est hypocrite au fait que la poussée scientifique a dénaturé la vie. Dans certains cas c’est une bonne chose, mais pas toujours. Il faut vraiment etre insensible et déconnecté de la réalité dans laquelle vivent nos ainés qui vivent en résidence pour croire que toute les vies sont égales et on une valeure. Rester couché toute la journée dans un lit d’hopital incapable de bouger, de manger soit meme, qu’on ne reconnais plus personne, qu’on se fait changer de couche 10 fois par jour car on a plus aucun controle sur ses celles. Aller dire a cette personne que sa vie est sacrée et qu’elle doit tenir bon le combat; si elle en est encore la force, elle va vous envoyer promener.

La vie est sacrée, tant qu’elle a de la beauté, de la qualité, de l’espoir. La science peut garder notre sac d’os et d’organes vivant mais si on ne l’est plus dans notre tete et notre coeur, qu’il n’y a plus que de la souffrance de la confusion et du désespoir, la Vie avec un grand V est terminée.

Avant on Naissais, on vivait et puis vient la maladie ou un accident ou un organe qui lache et on mourrait. C’est la nature, simple 3 etapes

Asteure on nais, on vie, hop un infarctus on prends quek mois off et on renvient au boulot, une pillule de plus a prendre au matin et on repart travailler a 80% de ce qu’on était, oh le diabete qui embarque, on s’arrete de manger 50% des chose qu’on aimais manger et on multiplie les médicament, embarque l’arthrite -15%, les catarak- 15%, les pertes de mémoire qui deviennent dangeureuses tu peux pus rester dans ta maison mon vieux, on a peur que tu va mettre le feu en te cuisant des toast – 40%. On est rendu a 80 ans, on a perdu 90% de notre qualité de vie. Mais faut pas s’inquiéter, notre beau systeme de santé est tellement bon pour nous et respectueux qu’il vas nous parker dans un coin d’étage d’un CHSLD , nous attacher dans un fauteuil roulant parce que marcher c’est trop dangeureux, on pourrait tomber et se faire mal ou pire, réduire notre espérance de vie et faire attention pour pas qu’on meurt pour encore un autre 5-10-15 ans pendant qu’on perd les quelques % de vie qu’il nous reste.

Ya eue un faux pas quelque part. On a perdu vu de ce qui est important. Mourrir dans la dignité? yétai a peu pres tant que ca redevienne une option.

Madame Hivon a amené le débat d’un problème personnel sur la place publique. Elle a utilisé la plateforme de l’Assemblée nationale pour régler son problème.

Heureusement que nous sommes encore dans le Canada et que nous sommes encore protégés par le Code criminel. Je ne comprends que notre premier ministre, un médecin ait embarqué dans un tel projet. Le Québec invoque que la santé relève du Québec. Allo la santé pour participer à l’euthanasie.

J’ose croire que ceux qui participeront à l’euthanasie seront poursuivis.

La question n’est pas de mourir ou non, mais quand.

Quand la vie est difficile, pénible, triste , monotone, etc il faut simplement patienter, dans la plupart des cas les choses s’arrangent.

Par contre lorsqu’il est évident que la situation ne peut qu’empirer et cela semble être le cas dans le grand âge, pourquoi s’infliger une torture inutile?…

Je suis agé de plus de 75 ans, donc j’ai vu plusieurs décès dans ma vie, la grande majorité ont été gardés en vie avec différente sorte de drogues dont la morphine. Pour ceux qui ne savent pas, ces drogues bloquent complètement vos intestins ce qui cause des douleurs extrêmes au bas du dos et du ventre. L’unique maladie mortelle que je connaisse qui ne cause pas trop de douleur est l’infection complète des reins qui vous empoisonne lentement, vous vous endormez et après quelque temps plus où moins long vous ne vous réveillez plus. La dernière personne que j’ai vue au soins palliatif suite à un cancer est restée 9 jours sans boire une seule goutte d’eau avant de mourir.
On ne ferait pas subir ça à aucun animal domestique sans subir de sanctions. J’ai gardé des chiens et des chats toute ma vie et quand ils étaient trop malade je les faisaient euthanasier. J’allais voir mon vétérinaire pour terminer leur douleurs, j’avais un berger allemand qui nous avait sauvé la vie à toute notre famille en me réveillant une nuit où une fumée venant d’un système de chauffage. Quand il est devenu malade, aveugle, sourd et une infection des intestins le vétérinaire lui a donné une injection et il est décédé en 15 secondes, on a eu beaucoup de peine mais il n’a pas souffert pendant des semaines, on l’a fait par amour.
C’est pour ces raisons que j’appuie le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie. J’espère qu’elle me sera utile le jour où ce sera mon tour et que je ne poireauterai pas dans une chambre d’hôpital pendant des semaines.

Je recevrai mon chèque de vieux bientôt et je suis parfaitement de votre avis.

Pourquoi devrais-je souffrir de douleur plus qu’un chien?

Certains ministres ont voté contre la loi par peur des dérives. Laissez-moi rire. Ayant assisté ces dernières années à la fin de vie de plusieurs proches, j’ai réalisé à quel point les dérives étaient la norme dans notre système de santé. Deux exemples : ma belle-mère de 86 ans, en phase terminale d’un cancer généralisé, criait à tue-tête ses souffrances, et l’infirmière a répondu à notre demande d’un ajout de morphine » le médecin ne peut être rejoint et nous n’avons pas le droit de modifier la prescription » (en 1996). Et l’an dernier, une tante de 78 ans, en CHSLD depuis un an, inconsciente depuis une semaine, où tous attendaient le dernier souffle, semblait souffrir. Sa soeur religieuse plus âgée qui la veillait a demandé un soulagement à l’infirmier qui lui a répondu » Je ne suis pas là pour donner la mort « . Heureusement, il a changé d’avis, a administré un peu plus de sédatif et ma tante s’est éteinte aussitôt. Les dérives passées et actuelles sont les souffrances inutiles et elles se comptent par milliers.

quand on traite ce sujet sur un plan conceptuel, juste avec le mots « tuer, faire mourir », on ramène le débat à autre chose que ce qu’il est, c’est facile et ça donne un air bienpensant.

quand quelqu’un est en fin de vie, qu’il souffre sans possibilité de cesser de souffrir, quand la qualité de vie n’est plus là, qu’il ne reste plus rien d’intéressant sauf rêver à son départ, tous les bienpensants du monde peuvent bien penser qu’eux ont le droit de décider pour les autres, qu’ils ont le droit de dire à la personne qui souffre: « JE ne te donne pas le droit de t’en aller, continue à souffrir! » . c’est le propre des bienpensants de penser pour les autres et de décider pour les autres dans leur confort douillet. La religion est beaucoup comme ça, mais on peut se donner de droit de décider pour les autres même en dehors de la religion.
c’est la vieille question de l’intolérance, accrochée à l’âme qu’ont proposée les religions.
En fait, peu de gens utilisent ce droit, parce qu’il est difficile, ceux qui le font n’ont généralement pas beaucoup de choix et il faut avoir souffert pour comprendre ceux qui souffrent. Pour prendre une position d’intolérance, on n’a qu’à se déconnecter de la souffrance et se connecter aux concepts. bravo pour la compassion!