Mulcair, pitbull pour la cause : la mauvaise, puis la bonne  ?

Le "pire cauchemar de Stephen Harper" ? Peut-être.

Je tiens à confier au lecteur que je ne suis pas prédisposé à dire du bien de Thomas Mulcair. Comme conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard, je l’ai vu mener la charge, chaque jour à la période de questions, avec une agressivité et une mauvaise foi hors normes. « À la Chambre, confirme un de ses collègues libéraux plus modéré, il était terrible ! C’était sans foi ni loi ! »  Idem au sujet des votes référendaires annulés dans sa circonscription, où il a fait preuve d’une extraordinaire malhonnêteté intellectuelle.

Mais, c’est souvent le cas, les pires bagarreurs dans l’opposition peuvent se révéler efficaces  au pouvoir. Et si on mesure la droite, du moins une certaine droite, à son à-plat-ventrisme envers le privé, alors Thomas Mulcair fut, au ministère de l’Environnement, le Che Guevara québécois.

« C’est un bagarreur, note le journaliste du Devoir Louis-Gilles Francoeur, qui a assuré la couverture de chacune de ses croisades. S’il pogne un pollueur, c’est un pitbull. Il va revenir avec son fond de culotte dans la gueule et il va s’en réjouir.»

C’est précisément sa volonté de résister aux intérêts privés particuliers qui lui ont valu son expulsion du ministère de l’Environnement, en 2006. D’abord, dans le dossier de la privatisation partielle du parc du Mont Orford — dossier personnel du premier ministre –, il a soulevé objection sur objection, refusant de signer l’autorisation administrative requise, voulant préserver le domaine public contre les promoteurs.

Sa réforme du ministère de l’Environnement avait également augmenté, comme on l’a noté hier, l’efficacité et le nombre d’interventions de ses inspecteurs, au grand dam des constructeurs de petites dams [barrages], entre autres. S’il avait gagné toutes ses batailles administratives, dont le rapatriement des biologistes du ministère de la Faune, ses services auraient été encore davantage des empêcheurs de polluer en rond.

Sa décision fatale fut celle d’appliquer désormais la loi et de protéger tous les milieux humides du Québec, y compris ceux sis en terrains privés, y compris ceux situés sur la belle île de Laval, joyaux des entrepreneurs, des contracteurs, des remblayeurs, sous la royauté du maire Gilles Vaillancourt, que Mulcair n’a jamais porté dans son cœur.

Mais qui dit entrepreneur en construction dit contributeur à la caisse du PLQ et, parfois, organisateur libéral. Comment Mulcair pensait-il l’emporter et faire plier la colonne vertébrale financière du parti ?

« Mulcair pensait qu’il était indispensable, note un témoin. Il pensait qu’avec sa réputation et l’appui du public, il allait gagner. » Il comptait aussi, ajoute Francoeur, sur ses appuis au Conseil des ministres.

Mais les entrepreneurs ont eu sa peau. Jean Charest lui a montré la porte, en lui offrant une rétrogradation aux Services gouvernementaux. Mulcair a compris et est parti. Les milieux humides ont été les victimes collatérales de cette opération.

Alors, de gauche ou de droite, Thomas Mulcair ?

« Thomas travaille pour Thomas, résume Liza Frulla, qui a siégé avec lui. Mais de dire que c’est un gars de droite, je ne suis pas prête à dire ça. Peut-être plus à droite que le NPD en général, mais je le mets dans la même ligne que Jack Layton. »

Un autre ex-ministre le dit « pragmatique avant tout ». Un troisième : « J’étais loin de penser qu’il était de centre droit. Il avait des préoccupations sociales, sur les garderies et la politique familiale, par exemple. »

Mais rien n’est plus parlant que son attitude à la barre du ministère de l’Environnement. Avocat de formation, Mulcair tient à un principe d’équité : l’égalité devant la loi. Il appliquait et faisait appliquer la loi avec force et rigueur, quelles que soient les affiliations politiques ou le compte en banque des pollueurs. Il avançait, contre les avis contraires des ministères des Ressources naturelles et de l’Agriculture.

« Ce n’est pas un militant de gauche, résume Louis-Gilles Francoeur, du Devoir. Mais il pouvait aller loin sur le plan de l’éthique et de l’égalité devant la loi. » Mulcair au pouvoir avait, ajoute-t-il, « une grande rectitude à cause de ses valeurs sur l’équité ».

Aux militants du NPD de décider si ça leur suffit…

Pour la série Topp et Mulcair.

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Je me souviens de Mulcair à la télévision expliquant qu’un entrepreneur de Laval devait non seulement débâtir les maisons qu’il était en train de construire mais également que le Ministère de l’environnement ferait restaurer l’aire humide protégée et lui enverrait la facture par après.

Ma femme et moi s’étions dit qu’il ne « tofferait » pas au Parti Liberal.

Mulclair partisan de l’égalité devant la loi?

C’est un principe correct éthique qui toutefois chez un politicien de formation libérale comme Mulclair se traduit par la prédominance des droits individuels sur les droits collectifs qui sont souvent réduits à des abattoirs des droits individuels.
La preuve, Mulclair a commencé sa carrière en combattant la loi 101 qui dans le contexte du français minoritaire en Amérique et au Canada, il fallait par cette loi péquiste de rendre réel le droit collectif de la nation québécoise de protéger sa langue au détriment de droits individuels synonyme d’assimilation à l’anglais.
L’égalité devant la loi optimale c’est aussi le droit de choisir la langue d’enseignement de ses enfants dans un Québec provincial inféodé au Canada bilingue officiellement mais dont l’anglais pour 80% de la population est la langue d’usage à part pour le Québec.

L’égalité devant la loi est une notion libérale propre au libéralisme philosophique intégral et à la culture de droit anglosaxon typique de McGill où T.Mulclair a étudié selon un article de l’Actualité ici même du printemps 2011.

L’égalité devant la loi c’est le droit de l’individu en société de se défendre en justice de défendre ses intérêts, ceux de sa famille. Cette notion est libérale et si finie ne connaît que limites. Cette notion n’a rien de social démocrate quant à son ouverture à un système de protection sociale comme l’ont élaboré les pionniers canadiens du NPD. L’égalité devant la loi ça ne s’occupe pas en soi du droit des nations et à fortiori minoritaires (certes davantage depuis l’après guerre mondiale de 1939-45 par l’ONU) mais dans la pratique pas chez les anglophones britanniques, américains ou canadiens qui ont fait un dogme des stricts droits individuels par peur du communisme jusqu’à piétiner la laicité républicaine en inventant le multiculturalisme qui a prouvé depuis que la tour de Babel culturelle ne fait qu’ajouter à l’individualisme en freinant l’assimilation culturelle des immigrants dans leurs nouveaux pays!!

T.Mulclair est toujours un libéral et nulle doute que sa hargne envers la souveraineté du Québec ne fait aucun doute puisqu’elle s’inscrit dans un libéralisme anglophone fortement idéologique tout comme son -socialisme- est purement anecdotique étant donné que le droit collectif n’est pas sa tasse de thé.

Le NPD peut bien vouloir se transformer en néo Parti Libéral du Canada et se préparer à une fusion avec celui de S.Dion et B.Rea. Grand bien lui fasse au NPD de se dénaturer, il n’est pas vrai toutefois que tous les néodémocrates canadiens accepterons la trahison de l’intérieur des idéaux égalitaires sociaux propre au parti socialiste canadien qu’est le NPD.

Mulclair c’est un cheval de Troie libéral qui essai d’envahir de l’intérieur le NPD c’est rien d’autre.

T.Mulclair est un libéral adepte dur du multiculturalisme canadien, il est dans la ligne de Pierre Trudeau. Rien de nouveau sous le soleil donc quoi qu’il fasse pour se présenter comme un pragmatique c’est par ses traits dominants que nous connaissons l’homme politique qui d’ailleurs par son caractère manifeste des traits autoritaires.

Cela dit je n’ai pas moi non plus davantage envie de dire de belles choses sur Thomas Mulcair.

Les cimetières débordent de gens irremplacables.Y compris les cimetières politiques.

Regardez, ça va relativement bien les affaires de Mulcair au NPD, quand sa carrière va plafonner il va trouver un autre parti. Il n’est ni de gauche ni de droite. D’ailleurs on s’en fout, il va rester dans l’opposition.

Mulcair peut bullshitter les Québécois; hors Québec il peut oublier ça. Donc nouveau changement de partie à l’horizon.

M. Lisée

Demandez à Stephen Guilbeault ce qu’il en pense (de M. Mulcair).

nommer che guevarra et thomas mulcair dans le même article est une hérésie que je vous pardonne volontier ,mais le che lui-même ne vous le pardonnerais jamais.la différence fondamantale entre le che et tout les politicailleux nord américain de l’histoire est simple et constitu un des éléments essentiels a la reproduction chez l’homme,ça s’appele des couilles.

L’expression « Pit-bull » s’applique parfaitement bien à Mulcair. Souvenons-nous que les pit-bulls sont interdits presque partout au Québec!

c’est du sang d’irlandais! J’aimerais bien qu’il soit souverainiste. Bref, vaut mieux l’avoir dans notre camps.

Et si ses croisades environnementales n’étaient qu’une façon de se faire du capital politique? Il pouvait véritablement avoir ces convictions (malgré mon antipathie envers lui, il semblait sincèrement environnementaliste), mais on reconnaîtra qu’il s’est servi de son poste de Ministre à des fins surtout personnelles. Une image publique de saint patron de l’environnement qui quitte le méchant PLQ ami du milieu des affaires, ça vaut quelque chose… Il n’aurait pas été élu avec le NPD dans Outremont autrement.

J’espère qu’il aura une façon plus pragmatique de voir les terres humides. Il y a moyen de faire du développement en protégeant la biodiversité et les milieux naturels. Pas juste les protéger pour rien en faire mais bien les valoriser et faire de l,écho développement en les intégrant dans le plan d’aménagement et permettre au gens d’en profiter et à la biodiversité d’y être préservée. Il n’y a rien qui empêche les grenouilles et les fougères de cohabiter dans un éco-quartier.

Je trouve ça amplement suffisant.

Les dogmatiques de gauche ou de droite sont le problème de toutes les démocraties.

C’est bien d’avoir des principes fondamentaux, comme la justice et l’équité. C’est pas mal plus important que la gauche et la droite à mon avis.

Si j’étais membre du NPD, je serais bien embêtée pour choisir mon futur chef: Ni M. Topp ni M. Mulcair ne seront jamais premier ministre du Canada. Le premier parce qu’il est trop mou et le second parce qu’il est trop dur…

Pourquoi ne pas concentrer l’essentiel de nos efforts au Québec? Faire le ménage dans l’industrie de la construction, empêcher les opportunistes de toutes espèces de livrer les richesses du Nord aux minières, instruire nos jeunes, prendre soin de nos vieux… Il me semble qu’il y a bien assez de travail à abattre ici.
Pourquoi disperser nos énergies?

@Crahenlas:

Peut-être, mais quitter un poste de ministre pour le NPD, ce n’est pas un changement évident. Autre hypothèse: c’est un accroc de la politique. Il perd son poste de ministre mais il doit continuer et la seule option est la scène fédérale. Pas au PLQ, alors reste le PC auquel il dira finalement non (où il aurait vraisemblablement connu le même sort qu’au PLQ de toute façon…) et le NPD. Mais ce qui l’a fait hésiter avec le PC est son « addiction » à la politique qui, je pense, surpasse ses convictions. Ce qui le passionne, ce sont les combats comme un coureur automobile vit pour l’adrénaline de la course. Alors s’il est de votre côté, je ne pense pas qu’il sera seulement opportuniste mais qu’il s’investira totalement parce qu’il « veut gagner ».
Ça demeure une hypothèse mais ça explique sa combative mauvaise foi dans l’opposition comme son abnégation au pouvoir. Ça explique son apparente tentation de girouette au PC et ça explique son envie de devenir chef même si l’establishment privilégiait Brian Topp.
Un combat, toujours un plus gros combat. Et s’il en gagne un, il en veut un autre.

A M. Pierre Bouchard,
Votre analyse du style Mulcair me plait assez. Néo-Parti Libéral du Canada pourquoi pas! Ce sont les Libéraux fédéraux qui vont bientôt le supplier de sauver leur parti. Quel farce cette damnée politique!!
J’ai souvent appuyé le NPD aux élections, mais pas depuis quelques années et jamais sous le le règne de Mulcair je ne le ferais. Il n’y a plus de racine NPD dans ce parti, du moins au fédéral.

Moi aussi Mulcair me laisse plutôt indifférent malgré son côté vernis de son passage au ministère de l’environnment.
Ce qui transpire et me reste le plus en mémoire c’est son attitude foncièrement de mauvaise foi que l’on a pu constater régulièrement en chambre à Québec.
Du même acabit que Fournier et l’ex Dupuis

Je suis consciente de tout cela. Je pense qu’il va gagner (je l’ai mis au 6e rang de mes choix sur 8. M. Saganash est encore sur le bulletin de vote). Mais j’avoue franchement avoir très très hâte de le voir remettre à leur place les grossiers et hypocrites personnages de la junte Harper qui ont eu la partie trop belle pendant que plusieurs candidats NPD étaient en campagne. Je pense que M. Mulcair va être une épine au flac de Peter Kent. Je préfère 100 fois M. Mulcair à ce gouvernement voleur, fraudeur et antidémocratique 1000 fois pire que les commandites (je n’aurais jamais cru écrire cela un jour).

Mme Turmel a fait ce qu’elle pouvait. Je m’attendais à ce qu’elle soit plus combative mais de source bien renseignée j’ai entendu dire qu’elle était montée dans l’AFPC grâce à sa scrupuleuse absence d’opinion personnelle. On a vu qu’elle a des opinions de virevent d’ailleurs (elle aussi). Au moins Mulcair va faire un travail utile et comme il connaît la procédure sur le bout des doigts Harper and gang sont mieux de bien se tenir.

Son dossier environnemental est peut-être impeccable, mais rien pour nous faire oublier son opposition farouche aux aspirations des francophones québécois qui veulent leur propre pays. Que penser de ceux qui s’acharnent depuis des lustres contre ce qu’il reste de la loi 101 ? Poser la question équivaut à une réponse, non ?

Vous avez raison je pense Pierre Schneider. La réponse à la question est non.

Comme c’est devenu non aussi pour QS dans mon esprit, depuis que son leader Amir s’est prononcé pour le NDP.

L’hybridation ça se voit. Mais ça a aussi ses limites. Surtout en politique.

@ Aline Binette

« Au moins Mulcair va faire un travail utile et comme il connaît la procédure sur le bout des doigts Harper and gang sont mieux de bien se tenir. »

Harper a le moyen de se foutre du NPD et de Muclair et même de le rouler dans la farine surtout que ce dernier devra se faire un nid au NPD, soit dans le ROC ou au soit Québec, mais surtout pas les deux.

On est pris encore pour 8 ans avec ce gouvernement.

Mulcair, qui a déjà travaillé à enlever du mordant à la loi 101 avec Alliance Québec est le choix rêvé pour la popularité du NPD : les colonisés du Québec vont voter pour lui en s’enorgueuillant d’avoir un Québécois à la P.E.T. et à la Stéphane Dion à la tête d’un parti, tandis que les anglos vont devenir fous d’amour pour lui lorsqu’ils vont le voir durcir le ton contre le Québec pour aller chercher des votes.

J’ai personnellement l’intention d’appeler le NPD pour savoir si l’achat d’une carte de membre me permettrait de pouvoir voter contre Mulcair.

Pour ce qui est du pitbull, faut quand même lui donner ça comme qualité. Malheureusement, ça peut donner lieu à des dérapages, comme lorsqu’il a été condamné à verser 95 000$ à Yves Duhaime.

Faites Ctl+ F et recherchez l’expression « vieille p », c’est pas très édifiant!
http://marcelavaldivia.com/pdf/jugement.pdf

J’espère fortement qu’il n’aura pas d’ennuis de santé, contrairement à Lucien Bouchard et à Jack Layton par le passé, car sinon, c’est sûr et certain que les « intellectuels » québécois vont l’élire.

Espérons que les électeurs seront épargnés. Il y a surement qqu’un de plus compétent à la tête du NPD.

N’oublions pas que le nouveau pont de la 25 a été appuyé par lui le ministre. Il devrait porter son nom : Pont Mulcair