Mulcair plonge

Ça y est. Thomas Mulcair est maintenant candidat à la succession de Jack Layton. Après avoir laissé son principal opposant, l’ancien président du parti Brian Topp, prendre les devants au chapitre des appuis, le député d’Outremont s’est présenté devant la presse armé du soutien de 33 députés, dont quatre de l’Ontario, ce qui est plus que tous ses adversaires réunis. Il a aussi reçu la bénédiction de Dominic Cardy, le chef du NPD du Nouveau-Brunswick et de l’ancien député saskatchewanais Lorne Nystrom, une éminence grise du parti.

Les cartes de visite qu’utiliseront les deux hommes se démarquent déjà clairement. M. Topp joue depuis le début celle de l’attachement aux «valeurs, traditions et objectifs» du NPD. Il revient toujours à l’héritage de Jack Layton. Il se présente comme le néo-démocrate pure laine dans lequel les partisans de toujours peuvent se reconnaître.

Avec son passé libéral et son adhésion relativement récente au parti, M. Mulcair insiste sur son expérience parlementaire et électorale, qui fait défaut à M. Topp, et sur la nécessité pour le parti de sortir de ses ornières. Son objectif est le pouvoir et il mise sur son charisme et sa combativité pour prétendre être le mieux placé pour faire face à Stephen Harper.

Les deux hommes, et leurs supporteurs, ont déjà montré qu’ils n’hésiteraient pas à souligner ce qu’ils considèrent être la faiblesse de leur principal adversaire. M. Topp a pour l’instant laissé ses partisans tirer les flèches les plus acérées et affirmer que M. Mulcair n’est pas l’homme de la situation pour assurer une percée du NPD dans le reste du pays. M. Mulcair a été plus direct, rappelant sans détour que M. Topp n’avait jamais affronté l’électorat et affirmant ne l’avoir jamais vu au Québec au cours des cinq dernières années.

Le NPD n’est pas abonné aux campagnes menées les coudes hauts. On y préfère depuis longtemps la bonne entente et les consensus. Mais le parti n’a jamais eu à choisir un chef destiné à se battre pour le pouvoir contre un adversaire aussi impitoyable que Stephen Harper. L’enjeu a changé, le ton et les méthodes aussi.

M. Mulcair aura fort à faire pour l’emporter. Et pour diverses raisons. D’abord parce qu’il dépend beaucoup de l’appui des Québécois qui forment la portion congrue du membership du NPD. Il est moins connu dans le reste du pays où M. Topp, en revanche, a ses antennes, en particulier dans l’Ouest où le parti compte le gros de ses membres.

Thomas Mulcair fait aussi face à un ralliement d’une bonne portion de l’establishment du parti derrière Brian Topp, Ed Broadbent et Roy Romanow en tête. De plus, les vieux alliés syndicaux du NPD au Canada anglais ont un faible pour M. Topp, comme on l’a vu mercredi quand le Syndicat des métallos lui a accordé son appui.

Même au Québec, M. Mulcair ne fait pas l’unanimité. Deux des députés les plus en vue, Françoise Boivin et Alexandre Boulerice, ont préféré se ranger derrière M. Topp, tout comme l’organisateur du parti au Québec, Raymond Guardia. Et les raisons données par ce dernier sont révélatrices de l’état d’esprit des néo-démocrates de souche.

«Cette fois, nous avons une chance de gagner, a-t-il confié au National Post.  Nous avons une chance de former le gouvernement. La question n’est pas tant de savoir qui est le meilleur pour ceci ou pour cela ou encore qui peut porter le ballon jusqu’au bout La question est de savoir qui peut gagner et le faire d’une manière qui soit fidèle à nos valeurs et notre histoire.»

Malgré tout le boulot abattu au Québec et la percée qui a suivi, Thomas Mulcair est encore perçu par les néo-démocrates de longue date comme un «outsider». On est reconnaissant de ses efforts, mais on se méfie de la direction qu’il pourrait prendre. Fait intéressant, il semble avoir décidé de ne pas nier sa volonté de brasser un peu la cage pour pousser le parti plus près du pouvoir. Deux entrevues toutes fraîches, l’une accordée à iPolitics et l’autre au Globe and Mail, en témoignent. Il y insiste sur la nécessité pour le parti de se présenter comme un gestionnaire prudent au service de l’intérêt public, comme l’ont fait les néo-démocrates du Manitoba, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique. Il se permet aussi quelques pointes contre la vieille garde du parti qu’il accuse de vouloir maintenir le statu quo.

Vouloir prendre la tête du parti avec un tel discours représente un pari audacieux, difficile à remporter sans le recrutement d’un grand nombre de nouveaux membres. M. Mulcair a cinq mois pour y parvenir.

Laisser un commentaire

Thomas Mulcair, c’est un libéral déçu, et un ancien procureur d’Alliance Qwebec point final.

Si l’objectif du NPD est de former le prochain gouvernement, ce parti n’a pas d’autre choix que de se positionner et d’occuper le centre. Être au centre ne signifie pas renoncer à ses valeurs cela signifie qu’on est en position de s’adresser à toute la nation.

Qui de Topp, de Mulcair, de Dewar ou de Saganash serait le plus en position de tenir ce centre et d’y demeurer ? Lorsqu’on y regarde de plus près… peut-être aucun des quatre !

Pour moi, l’avantage de Thomas Mulcair est que c’est un homme assez intelligent pour tenir sa place dans les débats, il use des deux langues officielles avec talent (ce qui est rare) et toujours avec un certain esprit. Au niveau du langage il est assez « florentin » pour tenir tête efficacement à Stephen Harper et même le mettre dans l’embarras.

On peut ajouter que la dernière réussite électorale au Québec lui est en grande partie attribuable. Son challenge et aussi sa raison d’être – s’il devait devenir chef du parti – sera de porter une poussée du NPD égale à celle du Québec sur l’ensemble du Canada. Ce qui donnera le caucus nécessaire et la balance du pouvoir pour former le prochain gouvernement.

Reste à savoir si l’ambition, l’intelligence politique, un bon talent d’orateur sont suffisants pour déjà prendre la tête du NPD et seront suffisants plus encore pour séduire et conquérir le cœur de tous les canadiens lors d’une prochaine consultation.

– Mon tout sera : que pour parvenir à cela, monsieur Mulcair devra effectivement brasser la cage de l’exécutif de se parti et fouetter l’esprit des ses militants qui restent par les temps qui courent engoncés dans un carcan idéologique « gauchisant » qui n’a rien à voir avec les fondements d’une direction opérationnelle à l’échelle pan canadienne susceptible d’embrasser les réels enjeux d’une société évoluée dans le cadre du 21ième siècle.

Analyse très fine, Madame Cornellier. Conjuguée au commentaire pertinent de Monsieur Drouginsky, je ne vois vraiment pas ce que je pourrais dire de plus, sinon merci de m’avoir aidée à y voir plus clair.

Mulcair est marié et père de deux enfants3. Il est l’arrière-arrière-petit-fils d’Honoré Mercier.

L’honorable Honoré Mercier (15 octobre 1840 – 30 octobre 1894) était un avocat, un journaliste et un politicien du Québec, au Canada1. Il fut premier ministre du Québec du 27 janvier 1887 au 21 décembre 1891, étant le chef du Parti libéral.

Mulcair étudie les sciences sociales au collège Vanier puis entre à la faculté de droit de l’université McGill, où il obtient un B.C.L. et un LL.B.1.

Il exerce d’abord sa profession, puis participe à de la traduction juridique. Il enseigne au campus de Québec du Collège régional Champlain, ainsi qu’à l’Université du Québec à Trois-Rivières2.

Expert en causes linguistiques, il est notamment sollicité par le Conseil de la langue française et l’organisation Alliance Québec.

Je persiste monsieur Bousquet :

Thomas Mulcair, c’est un libéral déçu, et un ancien procureur d’Alliance Qwebec point final.

M. Mulcair est un politicien aussi traditionnel qu’on peut en faire et il use souvent de démagogie en disant des choses qui démontrent un certain manque de jugement. C’est vrai qu’il peut brasser la cage de qui que ce soit mais ce n’est pas nécessairement ce que les électeurs voulaient quand ils ont voté pour le NPD.

Le soit-disant gauchisme du NPD est un peu un mythe car il a été au pouvoir dans plusieurs provinces et n’a pas été très à gauche. Le dernier gouvernement NPD en Colombie-Britannique a même été secoué par un scandale de corruption à cause des liens de Glen Clarke avec certains individus… Ils ont saccagé plusieurs parcs provinciaux et ont fait de la forêt un véritable « free for all » pour le bonheur des grandes compagnies forestières et des syndicats. Leurs rapports avec les autochtones étaient très tendus et il faut le faire quand un libéral (Gordon Campbell) devient le héros qui prêche la réconciliation et le droit à leurs terres…

Tout ça pour dire que Mulcair n’est pas plus au centre que le parti lui-même et c’est surtout son style combattif qui va soit l’aider, soit lui nuire, dépendant que les membres veulent un autre chef du genre Layton, du genre positif et rassembleur, ou un combattif qui va rendre la monnaie de sa pièce à Harper…

Un scoop Mme Cornellier: le Thomas de Laval est français. Français commme citoyen français. Le ROC va capoter lorsqu’il va l’apprendre (souvenez-vous de la GG française)

Un effet Mulcair au Québec qui gagnera le ROC pour le NPD? Pas sûr mais ça peut s’inscrire dans la mouvance qui se dessine.
Une chose que le ROC devrait remarquer s’ils ne l’ont déjà fait, le NPD vient de rapprocher le Québec du Canada. Le Québec a rappelé son contingent de Bloc en envoyant 59 députés à Ottawa.
La population du Québec menace aussi maintenant la pérennité du PQ en accordant, dans les sondages, sa faveur à un « futur » parti qui n’a pas d’objectifs souverainistes au détriment des 3 autres.
L’avenir s’annonce intéressant

Mulcair à l’ancienne à cette bataille de rue jamais terminée ou Topp et du NPD qui veut semer des idées neuves sans agressivité… en s’adressant à l’intelligence, les NPD auront un choix à faire.
Je ne suis pas membre du NPD et je n’ai pas voté NPD à la dernière élection, et je les regarde aller!

@ rod (# 7):

Souvenez-vous bien, rod, ce sont plutôt les séparatistes qui ont « flippé » lorsque Michaëlle Jean a été nommée Gouverneur Général…

Ils n’ont pas arrêté de l’insulter durant tout son mandat.

@francois 1
Il t’en manque un bout. Le ROC avait exigé que Michaelle Jean (qui collectionnait les nationalités comme c’est souvent le cas chez ceux qui n’en ont pas une vraie) abandonne sa nationalité française.
Le ROC va capoter lorsqu’ils vont découvrir que Mulcair est citoyen de la république de France. Je suis étonné d’ailleurs que la nouvelle ne soit pas encore sortie.

@ rod (# 11):

J’imagine que vous allez nous donner despreuves de la double nationalité de Mulcair n’est-ce pas?

Pour ce qui est de Michaëlle Jean, elle a placé les gauchisto-nationalo-séparatistes devant leur propre inconséquence et ces derniers n’ont jamais cessé de tenter de miner sa crédibilité.

Sans succès, bien sûr.

C’est une femme qui a de la classe et qui est raffinée en plus d’être d’une intelligence supérieure; peut-être trop pour les énergumènes ci-haut mentionné.