Mulcair s’engage à discuter avec les provinces pour abolir le Sénat

OTTAWA – Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, s’engage à discuter avec les provinces pour abolir le Sénat, si jamais il prend le pouvoir.

Vendredi, la Cour suprême a rappelé qu’Ottawa ne peut réformer ni abolir le Sénat sans consulter les provinces. Pour l’abolition, il faudrait l’accord unanime du Parlement et de toutes les assemblées législatives.

Interrogé lundi sur ses intentions, M. Mulcair a rappelé que son parti a toujours prôné l’abolition du Sénat. Il a également rappelé que le premier ministre Stephen Harper a aussi pris un engagement.

«M. Harper a dit, texto, que s’il ne pouvait pas réformer le Sénat, il allait l’abolir. Vous avez vu comme moi qu’il se dégonfle complètement», a lancé M. Mulcair à sa sortie des Communes.

Vendredi, une fois la décision de la Cour suprême connue, le premier ministre a dit qu’il abandonnait son plan de réforme du Sénat.

«On sait très bien qu’il n’y a pas de consensus parmi les provinces. Il n’y a pas de désir de rouvrir la constitution canadienne», a dit M. Harper, expliquant ainsi pourquoi il fallait vivre avec le statu quo.

«Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas essayer», estime quant à lui M. Mulcair.

Depuis les débuts du scandale des dépenses au Sénat, le NPD fait une campagne active pour l’abolition de l’institution.

«Je vais continuer de parler avec les premiers ministres des provinces, essayer de bâtir ce consensus pour enfin nous débarrasser de cette institution vétuste et antidémocratique», a promis M. Mulcair.

Celui-ci reproche à M. Harper de refuser de discuter avec ses homologues des provinces. Il promet, s’il est élu, de tenir deux rencontres fédérales-provinciales par année.

Pour leur part, les libéraux croient qu’il est possible de réformer le Sénat sans passer par des amendements constitutionnels.

«Va-t-il imiter le chef libéral et couper les liens entre les sénateurs et le caucus conservateur, le bureau du premier ministre et le premier ministre lui-même, afin que les Canadiens aient un Sénat moins partisan et plus indépendant?», a proposé le député Stéphane Dion au ministre d’État à la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, lors de la période des questions quotidienne.

Ce dernier a rejeté le conseil. Il a dit plutôt qu’il est prêt à «travailler pour minimiser les coûts associés au Sénat en même temps qu’on maximise l’imputabilité et la responsabilité», sans expliquer comment il s’y prendra.

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