Non, Justin Trudeau n’a pas rendu la vaccination contre la COVID-19 obligatoire

Et non, ne pas prescrire d’hydroxychloroquine aux personnes malades n’est pas un « crime contre l’humanité ».

Photo : L'actualité

Une pétition adressée au premier ministre Justin Trudeau ayant accumulé près de 20 000 signatures en quelques jours demande l’éradication d’une loi rendant obligatoire la vaccination contre la COVID-19. Toutefois, une telle loi n’a jamais été annoncée. Et les fausses informations véhiculées dans le document peuvent être dangereuses.

Capture d’écran – avaaz.org

« Suite à la présente pandémie de coronavirus, notre premier ministre M. Justin Trudeau a annoncé un retour à la normal qui pouvait aller dans 12 à 18 mois. De plus, il désire émettre une loi sur la vaccination obligatoire », peut-on lire dans une pétition d’abord publiée sur le site Web Avaaz et archivée ici. [NDLR : Le texte de la pétition est reproduit tel quel, sauf pour certains passages qui ont été omis.]

« Sachez que nous REFUSERONS la vaccination OBLIGATOIRE […] Nous espérons une réponse positive d’éradication de votre nouvelle loi de vaccination obligatoire », poursuit-on, à la fin de la lettre.

Le document laisse croire qu’un tel projet de loi est déjà enclenché. Ce qui est faux.

La veille de la mise en ligne de la pétition, le premier ministre a bel et bien déclaré que la vie normale ne reprendra pas « avant qu’on trouve un vaccin », ce qui pourrait prendre jusqu’à 18 mois. Toutefois, il n’a pas fait mention d’une obligation de se faire vacciner.

« Le premier ministre n’a jamais annoncé une vaccination obligatoire une fois le vaccin trouvé », a confirmé à L’actualité l’attachée de presse du cabinet de Justin Trudeau, Ann-Clara Vaillancourt.

À l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), aucune directive ni indication en ce sens n’a été envoyée. « Rien ne nous indique que ce vaccin-là sera obligatoire », précise le DrNicholas Brousseau, médecin-conseil à l’INSPQ et président du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ).

D’ailleurs, il en revient généralement aux provinces d’établir des stratégies d’immunisation précises une fois un vaccin approuvé par Santé Canada.

« Avant qu’un vaccin puisse être utilisé, on doit faire des études précliniques, puis une longue série d’études cliniques, explique le Dr Brousseau. Il y a ensuite le processus d’homologation [de Santé Canada] pour que le produit soit approuvé. Puis, chaque province, en collaboration avec le fédéral qui émet des recommandations générales, doit établir une stratégie plus précise sur l’utilisation du vaccin. »

Ces stratégies ont notamment pour but de déterminer quelles seront les personnes prioritaires, puisque les quantités de vaccins disponibles sont limitées. Ces méthodes ont par exemple été adoptées lors de la pandémie de grippe H1N1, en 2009.

Au Canada, aucun vaccin n’est obligatoire. Certaines provinces, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, exigent toutefois une preuve de vaccination des enfants qui vont à l’école.

Chloroquine et faux arguments du mouvement antivaccin

« Nous somme CONTRE LA VACCINATION OBLIGATOIRE en raison de la charte des droits et  libertés et sachant également que l’hydrochloriquine est un médicament qui a fait ses preuves pour éradiquer le virus […] Ne pas prescrire cette médication pour les personnes atteintes du covid 19 est un crime contre l’humanité qui ne restera pas en suspend », prétend aussi l’auteure de la pétition.

Cette information est également fausse : il est trop tôt pour confirmer l’efficacité des médicaments qui sont présentement testés. Prétendre le contraire est dangereux.

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) met régulièrement à jour ses recommandations à propos de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, des médicaments déjà utilisés pour traiter la malaria.

Pour l’instant, en date du 15 avril 2020, le verdict est clair : aucune donnée ne permet de recommander — en dehors d’un protocole de recherche — l’usage de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine pour prévenir la maladie ou pour traiter les cas confirmés, qu’ils soient non hospitalisés, hospitalisés ou aux soins intensifs.

L’INESSS base notamment sa décision sur le niveau de preuve scientifique faible ou insuffisant des études publiées à ce sujet.

« D’autres essais cliniques sont toujours en cours de réalisation au Canada et à l’international ; ils permettront de mieux apprécier les effets de ces molécules […] et d’augmenter le niveau de preuve scientifique », peut-on lire sur le site Web de l’INESSS.

Alors, non, l’hydroxychloroquine n’a pas fait ses preuves, du moins pas encore. Ne pas la prescrire aux personnes malades n’est donc pas un « crime contre l’humanité ».

Depuis le début de la pandémie, des adeptes du mouvement antivaccination (anti-vaxxers) partagent sur les réseaux sociaux une quantité impressionnante de fausses nouvelles sur la COVID-19 et sur son éventuel vaccin. Contrôle de la population, micropuces, enfants morts… aucun sujet n’est épargné. Soyez vigilants.

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Vous avez des questions sur la COVID-19 ? Consultez ce site Web du gouvernement du Québec consacré au coronavirus.

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L’hydroxychloroquine (médicament contre la malaria) n’est pas efficace pour traité ce virus selon les plusieurs organisme canadien. Pourquoi les pays qui ont un problème sérieux de malaria et souvent un système de santé qui n’est pas comparable d’un pays riche possèdent un très bas tôt de mort rélié a ce virus ?

L’hydroxychloroquine fonctionne très bien selon les médecins l’ayant utilisé à temps. Ceux qui sont contre , leur seule argument c’est que son efficacité n’a pas été prouvé dans les règles.

La pandémie va continuer jusqu’à ce qu’environ 70% de la population est immunisée contre le virus. On est immunisé soit parce qu’on guérit de la maladie (probablement mais pas encore certain avec ce virus), soit par un vaccin. En boudant le vaccin, si on est pas déjà immunisé, on s’expose à un risque très grand d’attraper la maladie avec les conséquences qui en découlent. Ça fait probablement partie des processus d’autodestruction si on refuse le vaccin…

Sommes-nous en guerre contre un ennemi invisible, oui ou non ??? Si la réponse est oui, alors IL FAUT AGIR maintenant. Est-ce qu’on sauve des vies ou bien on fait des méthodes ? C’est ce que disent le Pr Didier Raoult et de nombreux autres scientifiques et médecins. Pendant que des recherches et des processus et des méthodes s’élaborent, ne pourrait-on pas, au lieu de regarder les patients tomber comme des mouche, se servir des armes disponibles et d’une certaine efficacité prouvée ???
Quand on n’a pas la bombe nucléaire pour tuer l’ennemi, on se sert des fusils et des canons qu’on a en main. Et si on perd, au moins, on aura donné tout ce qu’on pouvait.
Douze mois, dix-huit ou vingt quatre mois en attente d’un vaccin, si on en découvre un un jour, c’est très long quand notre vie est sur le fil. Les méthodes d’analyse et comparaison, d’essais aléatoires et vérifications par des pairs sont des procédés pharmaceutiques en temps de paix, quand on a tout notre temps, pas en temps de guerre où chaque minute compte.
Qu’y a-t-il derrière cette inaction ?

Entre choisir un medicament vieux de 70ans et un vaccin fait a la vas vite. Lequel croyez vous le plus sécuritaire?

Il aurait plus sage de traiter la pétition de préventive plutôt que de dire qu’elle est basé sur de fausses nouvelles. Une vaccination obligatoire est probable étant données que certaine provinces le font déjà pour les enfants. La loi Québécoise sur les mesures d’urgence laisse le champs libre à la vaccination aussi. Le puissant Bill Gates qui parle de micro puce et de vaccins pour toute la planète….Cette petition est bien fondé et veux tout simplement préparer le terrain pour ce qui s’envient. La chloroquine est endossé par de nombreux médecins et spécialistes.Admettons qu’elle ne fonctionne pas, peut elle faire pire que de ne rien faire du tout?

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