Non, la Commission des débats n’a pas fait volte-face en invitant Bernier

«On n’a pas besoin de cette commission-là». Le porte-parole du Parti conservateur du Canada, Rudy Husny, n’en démord pas : la Commission des débats est bien l’alliée des libéraux. 

Photo originale : La Presse canadienne

Ce qu’il faut savoir avant de lire cet article

  1. En août, le commissaire aux débats David Johnston a annoncé la décision préliminaire d’exclure Maxime Bernier des débats des chefs, jugeant nulles les chances de son parti de récolter plus d’un siège à Ottawa.
  2. La Commission des débats des chefs a finalement mandaté la société Ekos pour sonder quatre circonscriptions pour évaluer les intentions de votes pour le Parti populaire et, ainsi, évaluer son admissibilité au débat.
  3. Au moins 25 % des électeurs de chaque circonscription sondée ont répondu qu’ils considéraient voter pour le PPC.
  4. Après analyse des résultats, le commissaire aux débats a affirmé avoir la « conviction que plus d’un candidat soutenu par le parti a une véritable possibilité d’être élu ».

Sans surprise, l’annonce de la Commission des débats des chefs d’inviter le chef du Parti populaire (PPC) Maxime Bernier aux débats s’est attirée de vives critiques dans les derniers jours. À commencer par le Parti conservateur du Canada (PCC) qui n’a pas hésité à alléguer dès lundi que les libéraux étaient derrière cette décision.

Au milieu de la clameur, une déclaration de l’attaché de presse d’Andrew Scheer, Daniel Schow, s’est démarquée.

« Il n’est pas surprenant que [la Commission des débats des chefs], soigneusement choisie par Justin Trudeau, a choisi une firme de sondage favorable aux libéraux, et qui attaque Andrew Scheer, pour finalement justifier la présence de M. Bernier au débat », a-t-il indiqué lundi.

« Trudeau pipe les dés (stacking the deck) depuis des mois », a-t-il ajouté.

La déclaration, qui a toutes les apparences d’un appel au complot et d’accusations assez graves, a trouvé écho chez les partisans du PCC. Sur les espaces de discussion de droite, des internautes en ont fait leur propre interprétation.

Captures d’écran / L’actualité

En réponse aux propos du PCC, plusieurs internautes ont accusé le Parti libéral du Canada d’avoir invité M. Bernier au débat pour que celui gagne en popularité, divise le vote conservateur et assure une deuxième victoire aux libéraux.

Captures d’écran / L’actualité

D’ailleurs, la décision préliminaire du commissaire avait aussi entraîné son lot d’appels au complot. Internautes, membres et partisans du Parti populaire avaient vivement critiqué l’exclusion du chef du PPC, en criant à la censure et en omettant les informations indiquant qu’au moment de la première décision, le parti controversé ne répondait pas aux critères d’admissibilité au débat.

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Si Maxime Bernier est exclu du débat : c’est une conspiration de Justin Trudeau et des libéraux.

Si Maxime Bernier est inclus dans le débat : c’est une conspiration de Justin Trudeau et des libéraux.

Invité à clarifier les dires de son collègue Daniel Schow, le porte-parole du Parti conservateur du Canada Rudy Husny a réaffirmé à L’actualité que la Commission des débats était l’alliée des libéraux.

« On n’a pas besoin de cette commission-là. C’est Trudeau qui a choisi les membres de cette commission. Avant, c’étaient les médias eux-mêmes qui se réunissaient entre eux et qui décidaient les règles et les fonctionnements, et ça fonctionnait bien. »

« La société Ekos travaille pour les libéraux, a-t-il allégué. On estime que c’était dans l’avantage de Justin Trudeau d’avoir Maxime Bernier au débat. Il y aura plus de gens, moins de temps de parole par candidat, et ça va éviter à Justin Trudeau de défendre son bilan. »

M. Husny n’a pas toutefois pas commenté directement les accusations de stratégie de division des votes, diffusée sur les réseaux sociaux par plusieurs internautes. « Notre objectif, c’est de battre Justin Trudeau », a-t-il répété à plusieurs reprises.

Maintenant, les faits

Captures d’écran / L’actualité

La majorité de ces allégations s’appuient sur la croyance selon laquelle le commissaire aux débats des chefs a soudainement changé d’idée, a fait « volte-face ». C’est faux. L’annonce d’origine de la Commission, qui affirmait que M. Bernier serait exclu du débat, était préliminaire et le commissaire l’indiquait clairement dans sa lettre au parti.

Voici un extrait de la lettre envoyée le 12 août dernier à Maxime Bernier par David Johnston.

« Il s’agit d’une évaluation préliminaire. La Commission continuera d’évaluer les qualifications du Parti populaire du Canada selon les critères de participation. Pour assister la Commission dans cette tâche, nous vous demandons de soumettre des renseignements supplémentaires à la Commission concernant le critère (iii)b). La Commission tiendra compte de ces renseignements dans sa décision finale.

Plus précisément, la Commission vous demande de soumettre au plus tard le 23 août 2019 une liste de trois à cinq circonscriptions qui, selon vous, sont les plus susceptibles d’élire un candidat de votre parti.

(…)

La Commission rendra une décision finale d’ici le 16 septembre 2019 quant à savoir si le Parti populaire du Canada répond aux critères de participation et peut être invité à participer aux débats. »

La décision finale a été rendue, comme prévu, le 16 septembre dernier.

D’autres accusations établissaient un lien entre le diffuseur du débat, Radio-Canada/CBC, et Justin Trudeau. Rappelons que la société d’État n’est pas le seul média à participer au débat. Le consortium comprend aussi Global, CTV, le Toronto Star, La Presse, Le Devoir, L’actualité, le HuffPost Canada et le HuffPost Québec.

On se fixe un rendez-vous hebdomadaire? Au cours des prochaines semaines, la rubrique Venons-en aux faits ! vérifiera avec vous les propos des candidats et passera au peigne fin les discussions sur les réseaux sociaux, tout en répondant à vos questions.

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1 commentaire
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Si Max Mad Bernier est aussi dangereux qu’on le dit pour les autres partis, il est normal qu’il fasse partie du débat afin de faire connaître ses idées. Si Maxime Bernier est le dernier des cancres, un idiot et un clown, il est également normal qu’il fasse partie du débat. Car c’est ainsi que les autres chefs pourront lui laisser toute la corde qu’il lui faut pour se pendre lui même.
Si ce débat s’appelle ¨Le débat des chefs de partis¨, eh bien, que tous les chefs y soient.

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