Nouveau sondage : les mesures de confinement n’ont pas ébranlé les appuis à la CAQ

Malgré le couvre-feu et le confinement qui s’étire, les appuis au parti de François Legault semblent inébranlables.

Paul Chiasson / La Presse Canadienne / Montage L'actualité

Les mesures imposées par le gouvernement Legault depuis janvier pour contrer la propagation de la COVID-19 n’auraient en rien effrité l’appui à la Coalition Avenir Québec (CAQ). Selon un nouveau sondage exclusif de la firme Recherche Mainstreet, la CAQ demeure le parti le plus populaire auprès de l’électorat québécois — et de loin.

La formation de François Legault obtient l’aval de 48 % des électeurs décidés et enclins dans la province, une avance de plus de 25 points devant son plus proche rival, le Parti libéral du Québec (PLQ) de Dominique Anglade :
Même si ces chiffres se maintiennent dans les moyennes des derniers mois (voir tous les sondages sur les intentions de vote au Québec ici), ils confirment néanmoins que la CAQ n’a pas perdu de plumes depuis la pause des Fêtes et du Nouvel An, alors qu’un couvre-feu a suivi le 9 janvier et que le confinement a été prolongé jusqu’au 8 février.

D’ailleurs, des sondages Léger à l’automne 2020 indiquaient qu’une proportion importante de Québécois se disaient favorables à des restrictions plus musclées pour combattre la pandémie. Mainstreet confirme donc que les appuis à la CAQ n’ont pas été érodés par l’imposition de ces mesures.
En fait, selon ces nouvelles données de Mainstreet, la CAQ se hisse en tête des intentions de vote dans toutes les régions du Québec, à l’exception de l’île de Montréal. De plus, elle maintient une avance équivalente chez les hommes et chez les femmes, et mène ou est à égalité statistique dans chacune des tranches d’âge du sondage — y compris une avance monstrueuse de 37 points chez les 65 ans et plus.

Les intentions de vote selon la langue maternelle sont également frappantes : la popularité de la CAQ chez les électeurs francophones (40 points devant le Parti québécois [PQ]) est même plus imposante que celle du PLQ chez les non-francophones (32 points devant la CAQ).
Loin au deuxième rang au niveau national avec seulement 21 % de soutien, le PLQ ne verra pas de nouvelles réconfortantes dans ce sondage, à l’exception de ses appuis sur l’île de Montréal, mesurés à 46 %, 16 points devant la CAQ. Le PLQ accuse plus de 30 points de retard dans le grand 450 et est quatrième auprès des électeurs francophones avec seulement 11 % de faveur.

Québec solidaire (QS) et le Parti québécois se trouvent à égalité statistique au troisième rang avec 12 % et 11 % respectivement. Comme le Nouveau Parti démocratique (NPD) au niveau fédéral, QS recueille ses plus forts appuis chez les jeunes électeurs. En effet, dans la tranche démographique des 18-34 ans, QS obtient 28 %, trois points derrière la CAQ (donc à égalité statistique, selon la taille de ce sous-échantillon). Néanmoins, il s’agit encore une fois d’un sondage qui place QS sous son résultat d’octobre 2018 (16,1 %). La croissance du parti semble s’être heurtée à un mur depuis les élections.

Finalement, ces chiffres seront sans doute difficiles à avaler pour le Parti québécois. Peu après l’élection de Paul St-Pierre Plamondon à la direction de la formation, les firmes Angus Reid et Léger mesuraient les appuis au PQ à 14 % sur le plan national. Ce nouveau sondage, qui place le PQ à 11 % dans la province, nous indique que la tendance n’a pas été inversée. Donnée inquiétante pour le PQ : il est au quatrième rang auprès des jeunes électeurs de 18-34 ans, avec seulement 12 %. De plus, le PQ demeure loin derrière la CAQ dans chacun des sous-échantillons régionaux du sondage. Parmi les électeurs francophones, le PQ ne récolte que 14 %, ce qui le situe 40 points derrière la CAQ et 3 petits points devant le PLQ. L’arrivée de Paul St-Pierre Plamondon à la chefferie du parti n’a donc pas encore eu d’effet bénéfique sur les intentions de vote.

Nous ajoutons ce nouveau sondage de Recherche Mainstreet aux données du modèle électoral Qc125 et calculons la projection de sièges suivante :


Sur ce graphique, les chiffres indiquent la moyenne des totaux de sièges et les barres colorées, les intervalles de confiance de 95 %. Visitez la page Qc125 pour tous les détails.

Selon ces données, la CAQ remporte en moyenne 90 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale du Québec, un coussin confortable de 27 sièges au-dessus du seuil de la majorité (63 sièges). En découpant cette projection par régions, on remarque que la CAQ est favorite dans 29 des 33 circonscriptions de la couronne de Montréal (le 450) et dans 13 des 14 circonscriptions de la région de la Capitale-Nationale. En région, la CAQ est projetée en tête dans quatre des cinq circonscriptions de l’Outaouais, dans cinq des six circonscriptions de l’Estrie, dans l’entièreté de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

De son côté, le Parti libéral remporte en moyenne 23 sièges, dont 17 sur l’île de Montréal. Québec solidaire est favori dans les circonscriptions qu’il représente déjà, à l’exception de Jean-Lesage et de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, où la CAQ est projetée en tête. Pour le Parti québécois, le seul siège « solide » est Matane-Matapédia, alors que les circonscriptions de Joliette et des Îles-de-la-Madeleine sont présentement projetées comme des pivots.

La campagne électorale québécoise de 2022 sera lancée dans environ 18 mois, alors il est important de rappeler aux lecteurs et lectrices que ces chiffres ne constituent pas une prédiction du résultat de ce scrutin, mais plutôt une projection selon les données actuellement disponibles. Ces chiffres changeront assurément d’ici le soir du 3 octobre 2022. Néanmoins, la CAQ détient présentement une telle avance sur ses rivaux qu’il faudra un revirement majeur pour déloger ce parti du pouvoir.

Évidemment, la gestion de la pandémie en 2021 ainsi que les importants déficits qui se profilent à l’horizon pourraient se révéler des obstacles à la réélection de tout gouvernement. Pour l’instant toutefois, les appuis à la CAQ semblent inébranlables.

Le sondage de Recherche Mainstreet a été effectué les 8 et 9 février 2021 à l’aide d’appels automatisés et a été commandé par Qc125/338Canada. L’échantillon total de ce sondage probabiliste est de 1 012 répondants et possède une marge d’erreur de ± 3 %, 19 fois sur 20. Pour consulter le rapport du sondage, visitez ce lien. Pour les projections des 125 circonscriptions québécoises, visitez la page de Qc125.

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Pas compliqué… La CAQ, c’est le parti des mononcles régionaux et Legault est le mononcle en chef. Ça ça plait au québécois. Greffe à ça une femme robot en second. T’as un jackpot. Vive la CAQ.

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Il est exact que cela se résume à ce simple dénominateur commun.

La CAQ représente politiquement un nivellement par le bas, populiste et simpliste, similaire au Trumpisme états-unien.

Je n’arrive pas à comprendre comment il se fait qu’autant de gens tombent dans le piège populiste..
Pourtant la méthode Legault est tellement grossière.. Conférences de presse spectacle, ton paternaliste, p’tites blagues inappropriées pour détendre l’atmosphère, timidité des journalistes à confronter le gouvernement sur ses piètres résultats …
Les stratèges reprennent la recette qui a été gagnante pour Trump.. Twitter..
Legault se prête à une campagne pour peaufiner son image.. Legault en planche à neige, Legault et Isabelle Brais en chandails au logo « L’amour crisse », Legault qui revêt le chandail du Canadien, Legault l’intellectuel boulimique de lecture, du Legault à toutes les sauces …
Idem pour le Dr Arruda qui aime les « Kodaks » , il est tellement sympathique! Celui que Legault a préféré à l’expertise de la Dr Joanne Liu.. Legault aime garder le contrôle et avec Arruda c’était une valeur sûre!
Et plus de 10,000 décès plus tard, rien n’y fait! L’étoile de Legault brille encore et toujours!
C’est décourageant! Cette ère du populisme est en train de se traduire par un abrutissement collectif.. et ce virus populiste met à mal les démocraties en Occident!

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Tout a fait d’accord avec vous….populisme,image.C’est un signe assez québécois.L’Ontario fait beaucoup mieux que nous en pandémie(70% plus d’habitants,et 40% moins de morts),mais Ford n’est pas populaire. Et pendant ce temps, ils essaient de nous passer des lois en catimini.On dit que l’image vaut 1000 mots?

en tous cas les sondages ils faut pas ce fiez a cela moi en tous cas je ne voterais pas pen toute pour la caq je veut pas passer ma vie entre 4 murs pendans que il ya une fausse covid au queebc pas vrai ca si les moutons veullent le suivre qu il le suivent moi non fini

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On peut reprocher certaines choses au gouvernement Legault pour la gestion de la pandémie. Mais il est évident qu’aucun des autres partis n’aurait fait mieux, bien au contraire. Le parti libéral n’avait pas de chef, (le médecin chef Monsieur Couillard avait donné sa démission), et surtout était responsable de la réforme Barette, qui n’a certainement pas été un plus pour la gestion de la première vague, le parti québécois n’avait pas de chef et Québec solidaire n’avait pas de chef, n’en a toujours pas, mais deux porte – parole. La CAQ a dû corriger les lacunes laissées par une gestion libérale entre autres par l’ajout de 10,000 pab et un responsable dans chaque établissement….Si la situation dans les CHSLD n’avait pas été si catastrophique dès le départ et avant la pandémie, le Québec s’en serait mieux sorti. On compare souvent avec la Colombie-Britannique, où la situation n’est pas rose non plus, près de 7 000 personnes mortes d’overdose…on peut penser que la pandémie y est pour quelque chose. Je n’ai pas voté pour la CAQ aux dernières élections et je ne sais pas pour qui je voterai à la prochaine…mais je trouve que les partis d’opposition ne sont pas très édifiants à l’heure actuelle.

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Ils ont de très bons stratèges de relations publiques et il est vrai que l’opposition n’est pas tres forte. Mais il faut suivre les faits.Souvenez vous quand ils ont voulus forcer les conventions collectives,sinon ils ne donnaient pas de bonus aux préposés,comnbien de fois ils ont dû reculer,et encore dernièrement avec les éoliennes sur la Côte Nord,projet , qu’en campagne électorale, ils disaient impensable! Ils l’ont cancellé et aujourd’hui ils se l’approprient, sans compter les conflits d’intérets pour lesquels,dans l’opposition,ils grimpaient aux rideaux.Et racisme systémique, pourquoi toujours nier? etc.etc.

La fin de la pandémie sera en soi un changement majeur. Cette pandémie nuit terriblement à la visibilité du PLQ : une fois la pandémie finie, il devrait avoir des chances non négligeables d’empêcher l’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire en 2022.

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