Nycole Turmel, le Bloc et le ROC

Aie! La manchette du Globe and Mail révélant que la nouvelle chef intérimaire du NPD, Nycole Turmel, était membre du Bloc québécois jusqu’à janvier dernier a fait de grosses vagues. Certaines réactions étaient très vigoureuses.

Bon, le Bloc est un parti souverainiste, mais aussi social-démocrate. Comme Québec solidaire, dont la députée de Hull-Aylmer était aussi membre. Mme Turmel a toujours été une progressiste convaincue, mais était-elle souverainiste? Elle ne l’a jamais prétendu. En fait, au moment où elle a appuyé et est devenue membre de Québec solidaire en 2007, elle avait dit publiquement: «Je suis fédéraliste, mais j’accepte les valeurs sociales que défend Québec solidaire».

Malgré cela, la question a alimenté un débat sur la Toile aujourd’hui, en particulier au Canada anglais où on s’inquiétait déjà, depuis le 2 mai, du poids du Québec dans le caucus néo-démocrate et de la présence, parmi les députés néophytes, de sympathisants souverainistes.

On peut comprendre qu’il y a ait un malaise chez certains. Après tout, Mme Turmel vient de prendre  la tête – même si c’est seulement temporairement – d’un parti fédéraliste bien implanté et son divorce du Bloc date d’à peine quelques mois. Mais on pourrait poser la question autrement. Le ROC estime-t-il qu’être souverainiste un jour, c’est l’être toujours et que près de 50 % de la population du Québec doit faire éternellement objet de méfiance?

Il reste à voir maintenant si l’affaire nuira au NPD, un parti déjà ébranlé par la maladie de Jack Layton. Certains en sont persuadés. Les conservateurs, eux, salivent déjà devant ce qu’ils perçoivent comme un sérieux point faible. Alors qu’ils n’ont jamais osé, depuis le 2 mai, attaquer le trop populaire M. Layton, ils n’ont pas attendu la publication de l’article du Globe pour se mettre en frais d’exploiter le passé de Mme Turmel et de quelques autres députés néo-démocrates du Québec.

Le NPD a rapidement répliqué, rappelant par voie de communiqué que les ministres conservateurs Denis Lebel et Maxime Bernier avaient été respectivement membre actif du Bloc québécois et employé de l’ancien chef péquiste Bernard Landry, «qui demandait à ses employé (sic) de porter allégeance à un Québec indépendant». Et le NPD de rappeler les dangers de «se lancer dans une chasse aux sorcières» quand «on habite une maison de verre».

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Je doute que tous ceux qui ont voté pour le Bloc depuis 20 ans soient fédéralistes.

Le ROC a changé énormémement depuis l’avenement du mouvement souverainiste.
Le bilinguisme à la chambre des communes et dans les autres sections du gouvernemnt fédéral, l’accès des emplois et fonctions pour les québécois dans les organismes du gouvernemnt fédéral,le traitement des firmes québécoises voulant faire affaire avec le gouvernement d’Ottawa,etc.
Il y a eu un tel accroissement du respect des québécois par le ROC, il semble qu’il n’est plus nécessaire d’exercer un tel militantisme pour être considérés comme canadiens à part entière.
Même René Lévesque a compris cela en proposant le beau risque.
Il est normal que madame Turmel ait , en un temps, milité dans un parti qui menaçait le pays si rien ne changeait; mais il y a eu changement, et maintenant, comme plusieurs d’entre nous, elle ne voit plus la nécessité de se servir de la menace de la souveraineté pour obtenir justice.
Si je suis patisan d’Amir Khadir, ce n’est pas parce que je suis souverainiste; c’est parce qu’il défend des valeurs sociales qui me conviennent.
Qu’on arrête de chercher des poux ou il n’y en a pas.

Non! Mais quelle nouvelle insignifiante ! Tous les partis comptent des « transfuges » (comme vous l’écrivez si bien d’ailleurs) et jouer à ce jeu là est effectivement dangereux. On voit que les journalistes ont soif de « nouvelles »: De grâce, laissez ce type de journalisme insipide, inodore et incolore à Quebecor Média! Sinon, on va se mettre à espérer la fin de l’été (ou l’écroulement d’une autre infrastructure…) et du petit journalisme que cette saison entraîne inévitablement à chaque année…

Ce que vous dites, M. Thomas B.-Demeules, c’est que ce sont des erreurs?

C’est très très grossier comme affirmation.

En effet, ce n’est pas parce que le passé rattrape ces personnes que ce sont nécessairement des erreurs. En temps et lieux, ces personnes ont fait des choix qui leur semblaient les meilleurs.

Je crois plutôt qu’il s’agit effectivement d’une «chasse aux sorcières» inutile. Ça n’apporte rien de bon au débat.

Je ne comprends pas vraiment la question posée : «Le ROC estime-t-il qu’être souverainiste un jour, c’est l’être toujours et que près de 50 % de la population du Québec doit faire éternellement objet de méfiance?»

Vous posez vraiment la question ? Et pourquoi? On peut vivre dans le ROC, être éternellement et absolument allergique à l’idée même de la souveraineté du Québec sans pour autant être fossilisé dans sa pensée politique?

Alors quoi ce serait une obligation pour les québécois de nécessairement migrer vers le simulacre de fédéralisme canadian sévissant, pour être quoi au juste, évolué peut-être, ouvert peut-être ?

C’est quoi ça ce raisonnement abscons madame Cornelier ? Je trouve ça choquant. Madame Turmel, même si ce n’est pas le cas, pourrait bien légitimement et légalement, penser que le Québec n’a rien à foutre dans le Canada. So what ?

Ce n’est pas une erreur que d’avoir appuyé les partis qui représentent le mieux ses valeurs et points de vue. Il n’y a pas de parti parfait, il y en a des mieux ou à la rigueur des moins pires, selon ce à quoi on aspire. Mme Turmel a ses raisons d’avoir cru en le Bloc et ça ne la rend pas traître du parti qu’elle représente maintenant. Et même si elle avait été souverainiste, ce n’est pas une raison de la traiter comme une menace pour la «santé du pays».

Y’a des séparatistes partout, partout mais, à 40 % dont 67 % veulent rester dans le Canada, selon M. Jean-Marc Léger, les fédéralistes peuvent dormir tranquilles. Ils vont, quand même, taper sur Mme Turmel pour bien passer le temps et augmenter leurs auditoires.

Mrs Turmel is in a big turmoil.

Pourquoi toujours chercher la petite bête noire? Les journalistes sont vraiment des fouille-m… ça fait quoi qu’elle soit, ait été ou sera du Bloc?? Elle ne revendique pas le titre de premier ministre, ou de chef permanent du NPD! Qu’on lui foute la paix.

Y a-t-il des Québecquois surpris de la réaction irrationnelle du ROC? Faut pas Le connaître beaucoup pour l’être. Je lisais ce matin les commentaires de lecteurs dans le Globe & Mail concernant cette affaire. Désolant et décourageant, même pour le fédéraliste québecquois le plus convaincu.

Il est bien certain que les antécédents de Mme Turmel vont lui causer des problèmes majeurs à travers le ROC. C’est déjà commencé et ce n’est que le début.C’est à elle de démontrer au reste du pays qu’elle est vraiment la candidate idéale pour assumer l’intérim du NPD. Madame Turmel…Poursuivez votre tournée à travers le pays…Je demeure convaincu que vous en sortirez gagnante !

Avec le genre de commentaires provenant des unilingues anglophones du RduC que je lis dans les blogues et différents sites d’actualités sur cette nouvelle, ils ne veulent rien savoir du Québec et des québécois, c’est le mépris total.

Après ça, ils vont venir nous dirent qu’ils nous aiment et qu’ils ne souhaitent pas nous voir se retirer du Canada. De l’hypocrisie pure et simple.

Selon la vaste majorité des commentaires provenant du RduC, ils ne veulent rien savoir non plus de reconnaître le Québec pour ce qu’il est et les québécois pour ce qu’ils sont et leur apport au sein de la fédération canadienne.

Ils peuvent bien encore se demander pourquoi le oui l’a presque emporté le 30 octobre 1995!

Après le «beau risque», voici la grande illusion!

«What does Canada want for god sake?»

La chasse aux séparatisses du NPD est déjà bien entamée dans le ROC et cette nouvelle ne fera qu’amener de l’eau au moulin. Ceux qui ne comprennent pas que la moindre velléité nationaliste (pas même souverainiste) est considérée comme de la trahison par la presse anglophone. Placer les intérêts du Québec au-dessus de ceux de la fédération est une chose inadmissible.

Je ne serais pas étonné que toute cette affaire se transforme en purge ou en des professions de foi fédéralistes excessives et ridicules. Si Nycole Turmel devait succomber à l’assaut médiatique, ça serait un premier signe que la grande réconciliation nationale de Jack Layton ne se produira jamais.

M. François Morin, vous écrivez que les Anglos du ROC pensent que: «Placer les intérêts du Québec au-dessus de ceux de la fédération est une chose inadmissible.»

Pourquoi est-ce qu’ils pourraient penser autrement, selon vous ?

@Gilles Gagnon,
Il faut pas seulement lire le Globe & Mail il faut aussi lire le Toronto Star, En fait les commentaires des lecteurs anglophones sont plus partagés que vous le prétendez. Bien sur il y a les extrémistes habituels mais il y a aussi beaucoup de modérés. Je ne suis ni surpris ni choqué de ce que j’ai lu du côté anglophones. Plusieurs lecteurs ont rappellé le passé séparatiste de Steven harper qui a déjà fait parti d’un mouvement qui pronait « l’isolation de l’Alberta (firewall) ».

le Bloc un partie social démocrate… Avec monsieur Lucien Bouchard comme membre fondateur…

Remarquez que Mme Turmel n’a pas appuyé le PQ. Ce parti est à droite.

À mon avis, Mme Turmel est surtout une personne progressiste.

Elle a essayé comme beaucoup de Québécois de faire confiance aux souverainistes pour défendre les valeurs de la « social-démocratie ».

Cependant, il suffit d’observer l’attitude parfois négative de certains « souverainistes » envers la gauche actuellement, pour se demander si cela n’a pas été une erreur. Ils nous ont laissé tomber.

Pourtant, Québec Solidaire est un bon parti de la gauche, mais le problème dans tout ça, c’est que cela fait une mauvaise impression auprès de nos fédéralistes.

Beaucoup d’entre nous auraient pu se retrouver dans ce genre de situation, moi y compris.

En ce qui me concerne, je peux me permettre de dire que je ne suis pas un fédéraliste ou un souverainiste, mais avant tout de gauche. Mme Turmel ne le peut pas.

C’est peut-être que ces luttes entre fédéralistes et souverainistes, sont un peu dépassées. Ce sont des chicanes d’enfants dans la cour d’école. Maintenant, les véritables enjeux se situent dans l’affrontement entre la gauche et la droite.

Relativisons les choses, car Mme Turmel est seulement un « chef par intérim ».

Je souhaite cependant que tout aille bien pour elle. On a besoin de femmes qui lui ressemblent. Elle a surtout progressé dans mon estime avec ce genre d’erreur. J’ai l’impression de me reconnaître un peu en elle.

Gilles Bousquet vous écrivez en réponse à la question tout à fait logique et pleine de bon sens de monsieur Morin «Pourquoi est-ce qu’ils pourraient penser autrement, selon vous ?»

C’est dans votre camp qu’est la balle monsieur Bousquet : Pourquoi ne changeraient=ils pas d’idée monsieur Bousquet ? Pourquoi n’évolueraient-ils pas monsieur Bousquet ? Pourquoi ne s’identifieraient-ils pas au Québec dans lequel ils vivent ?

Pourquoi sont-ils bloqués dans leur refus obstiné radical et complet du Québec, alors que les fédéraleux demandent exactement le contraire aux Québécois?

Je n’ai rien contre Mme Turmel et peut-être est-elle extraordinaire politiquement. Et elle a parfaitement le droit de changer d’opinion ou de choix politique.(Seuls les fous ne changent pas d’idée!)
J’ai tout de même été surprise qu’un parti comme le NPD, connaissant bien les jeux et les intrigues de la politique, n’ait pas tenu compte de cet aspect quand ils l’ont nommée à cette fonction.
Remarquez: c’est peut-être préoccupant mais je trouve ça bien moins grave que les alliances que le Reform Party (Harper) a déjà entretenu avec un groupe néo-nazi. (Heritage Front)

Québec solidaire: social-démocratie? Ben voyons donc, gauche radicale plutôt. Vous dorez la pilule pour faire passer votre idéologie.

Mme Turmel prouve qu’elle manque résolument de continuité politique évident par ses choix!

On ne peut pas être un ou une fédéraliste souverainiste c’est un contresens!

Sa démission comme chef intérimaire est inéluctable.

Que le NPD n’ait pas trouvé un député élu de marque depuis 10 ans afin de le nommer chef intérimaire en dit long sur ce parti. Le NPD a perdu une partie de son identité en se retrouvant avec 58 députés nouveaux au Québec élus par ras le bol contre la classe politique foudroyant le Bloc tout en écrasant la représentation conservatrice et libérale dans un Québec cynique trouvant refuge dans le NPD ignoré depuis 50 ans jusqu’à cette date du 2 mai.

Turmel est le symbole d’un vote québécois produit du chaos, cette dernière n’ayant jamais crue aux succès du NPD avant janvier 2011! De là son appui au BQ peut être pour son CENTRE gauche.

L’itinéraire de Mme Turmel sortie probablement d’une famille libérale de fonctionnaires fédéraux de l’Outaouais est probablement l’expression de désarroi d’une fonctionnaire habituée à servir des gouvernements libéraux successifs jusqu’au scandale des commandites et l’élection d’Harper en 2006.

Hypothèses..

Vous avez mal formulé votre question, Madame Cornellier. Elle devrait être :

Le ROC estime-t-il qu’être souverainiste et fédéraliste en même temps, c’est être clair dans ses idées?

Car Madame Turmel, selon Wiki, est membre du NPD depuis 1991, et jusqu’à ce jour, et qu’elle fut membre du Bloc ces cinq dernières années. Les deux en même temps.

Et si l’on apprenait que Pauline Marois est aussi membre du Parti Libéral du Québec, pensez-vous que les les Québécois devraient dire, so what?

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