Obama négocie avec les kidnappeurs

Le président des États-Unis a admis, ce mardi, avoir négocié avec des kidnappeurs pour s’assurer de la libération d’otages américains. Verbatim:

La tentation est forte de ne pas négocier avec les ravisseurs, sauf si les otages sont blessés. Alors les gens doutent de la valeur de votre stratégie. En ce cas-ci, les otages étaient le peuple américain et je ne voulais pas qu’ils souffrent.

Les ravisseurs ? Les représentants et sénateurs républicains.

Un boulot difficile: libérer des otages!
Un boulot difficile: libérer des otages!

Voici le choix auquel était confronté, ce lundi, Barack Obama.

S’il refusait de renier un élément clé de sa campagne électorale:

– des millions d’Américains sans emploi allaient perdre leurs prestations de chômage car les Républicains, contrairement à la tradition en période de récession, refuseraient de prolonger la période de prestation;

– la classe moyenne et les Américains à faibles revenus allaient subir une augmentation d’impôt, ce qui provoquerait, selon les calculs du Congressional Budget Office, une augmentation du chômage de 0,1 à 0,3 points supplémentaires en 2011, (soit, au pire, à 10,1%)  le double en 2012 — donc un possible 10,4% en année d’élection présidentielle;

– les Républicains refuseraient de ratifier le traité Start de contrôle et de réduction des arsenaux nucléaires avec Moscou;

Les Républicains ont donc pris en otage le bien être de millions de chômeurs et la sécurité nationale du pays pour avancer leurs priorités:

Le prix de la rançon

Pour libérer les otages, le président a du céder sur deux points essentiels:

– La prolongation, pour deux ans, des baisses d’impôts introduites par George W. Bush pour les Américains les plus riches, sachant désormais que le 1% de la population la plus riche empoche, chaque année, plus de 23% de la totalité des revenus; ce 1% est assuré maintenant de continuer d’économiser, en moyenne 70 000$ par an;

– La certitude que les plus riches Américain continueront à ne payer que 15% d’impôt sur leur gains de capital (plutôt que 35%) et la certitude que les milliardaires gestionnaires de fonds de spéculation conserveront ce privilège pour l’essentiel de leur revenu;

– La certitude que l’impôt sur les successions ne reviendrait pas à son niveau des années 1990 — soit 55% au-delà d’un million en héritage — mais resterait au niveau fixé par George W. Bush, soit seulement 35% et seulement au-delà de cinq million d’héritage;

Le coût de ces mesures, à ajouter au déficit, est de 120 milliards sur deux ans.

Ce qu’il a obtenu en échange

Plusieurs mesures de stimulation de l’économie, notamment un congé de contribution au fond de la sécurité sociale pour les salariés, qui économiseront quelques centaines de dollars pour stimuler la consommation;

– Le maintien des baisses d’impôt pour la classe moyenne;

– L’augmentation du nombre de chômeurs qui auront droit à un prolongement de leurs prestations jusqu’à 99 semaines (mais pas au-delà);

– Le prolongement de certaines mesures d’aide du programme précédent de stimulation – la prime au travail, le crédit pour enfant, le crédit pour études post-secondaire;

Le coût de ces mesures, à ajouter au déficit, est de 780 milliards sur deux ans

Le gain qu’il espère en tirer

Des économistes cités par le New York Times estiment que ce bouquet de mesures permettra de réduire le chômage américain d’un demi à un point d’ici la fin de 2011 (donc au mieux à 8,8%) et possiblement de le ramener à 8,3% à la fin de 2012. C’est peu, mais c’est mieux que 9,8%, son taux actuel.

Le risque qu’il a pris

La reconduction pour deux ans des cadeaux aux Américains les plus riches signifie simplement un report de la bataille sur ces niveaux d’imposition en 2012, année électorale. Les Républicains se réjouissent de pouvoir user de ce thème, explique le blogueur de droite Ed Morrissey:

What do Republicans gain?  They get to set up the 2012 elections in large part as a debate on pending across-the-board tax hikes for one.

Les Républicains, écrit-il, obtiennent de cadrer l’élection de 2012 comme un débat sur des hausses d’impôts, les Républicains étant contre, les démocrates pour.

Idem pour le congé de cotisation sur la sécurité sociale. Les paris ne sont même pas ouverts sur le fait que, dans un an, les Républicains réclameront de rendre ce congé permanent.

Côté démocrate, le risque est encore plus grand. La base de gauche du parti est déjà mobilisée contre le compromis. Des représentants et sénateurs démocrates sont furieux et jurent ne pas vouloir voter pour la reconduction des baisses d’impôts pour les plus riches.

On entend même des rumeurs de candidatures démocrate pour le contester lors des primaires démocrates de 2012.

Ce qui a provoqué chez Barack Obama une de ses sorties les plus piquantes, en conférence de presse ce mardi. Il s’est présenté comme celui qui réalisait ce qui était faisable — pour sauver les otages — contre ceux qui se replient sur une position puriste, mais qui ne peuvent rien accomplir.

Voyez vous-mêmes:

À gauche, le mouvement moveon.org avait lancé une publicité l’enjoignant à ne pas faire de compromis:

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Obama fait tout ce qu’il peut. Il est presqu’autant entravé par les purs et durs de son parti qu’il l’est par les Républicains, et ce n’est pas peu dire.

Quel jour triste pour les Américains! Mon drapeau est en berne avec eux. Leur pays est une oligarchie, le pouvoir et la richesse n’est plus détenu que par un petit nombre de personnes.

La rigidité idéaliste de certains démocrates manque de maturité, alors que l’avidité des riches est totalement dépourvue de compassion, de conscience, et d’humanité.

Mais quand même, qu’Obama doive accorder encore plus d’argent aux riches, comme il a dû le faire pour le bailout, juste pour ralentir la désintègration de la classe moyenne et l’hécatombe chez les plus démunis de son pays, en dit long sur la situation précaire dans laquelle ils sont tous.

La récession? Une ponction par les riches dans le système monétaire. Bush et sa gang ont poussé la planète au bord du gouffre, et donné en passant la permission à tous les riches criminels chemise-cravates du monde entier de voler impunément eux aussi.

Pris en otage, en effet.

Peut-être quelqu’un pourra m’expliquer.

Les citoyens américains ne sont pas tous millionnaires et encore moins milliardaires. Les Démocrates et Obama proposent de mettre fin à une réduction d’impôts pour les plus riches qui est perçue comme un cadeau à leur endroit. Or les républicains s’opposent à cette mesure et réclament l’abandon de cette mesure visant à faire payer les plus riches.

Donc, d’où vient cette opposition à Obama ? Je me serais dit que la classe moyenne (qui diminue continuellement aux dire de plusieurs) et les plus pauvres appuieraient Obama dans cette mesure. Ça ne semble pas être le cas. Est-ce que les moins favorisés aux USA aiment à ce point leurs plus riches qu’ils acceptent de se sacrifier pour leur permettre de s’enrichir encore plus ?

Pourrait-on croire que les Démocrates sont toujours en majorité à la Chambre et au Sénat? C’est ainsi qu’une minorité peut faire marcher le président et le pays dans ce système conçu pour encourager l’inertie parce qu’on redoutait, avant tout, en 1787, la tyrannie des gouvernements! Qu’en sera-t-il quand les Républicains seront en majorité à la Chambre basse et moins nombreux au Sénat? Il restera aux Démocrates la possibilité de tout bloquer. Belle perspective! Oui, nos voisins traversent une mauvaise passe. Nous aurions bien tort de nous en réjouir, car nous en serons inévitablement affectés.

C’est comme Joe le plombier qui s’inquiétait d’Obama qui voulait augmenter les impôts des $250 000 et plus de 2%… alors qu’il n’avait jamais gagné plus $30 000 !

Il semblerait que payer 37% d’impôt ne motive pas Joe le plombier a gagner $250 000 par année!!!

Toute cette situation dans laquelle s’empêtre les État-Unis m’inspire cette analogie : un navire qui se dirige directement vers une énorme chute d’eau voit son équipage pris de panique. Alors que la première moitié des rameurs, celle la plus près de tomber, travaillent à sauver le navire en suivant tant bien que mal leur commandant, l’autre moitié s’estimant toujours à l’abri du danger rame à contre sens et ce surtout par orgueil, parce qu’ils n’ont pas choisi leur commandant. Ainsi le navire continu lentement mais surement vers sa chute…

Le commandant aura bien beau tenter d’acheter quelques rameurs avec des compromis, il n’est pas évidant qu’il réussira à éviter la chute du Navire. Fort malheureusement le seul moyen de convaincre tout le monde de pousser du même côté est que tous se sentent en danger…

Ce que Obama a gagné : une division encore plus profonde chez les démocrates, les tenants du statu quo et le camp progressiste qui songe maintenant à se donner un leader plus conforme aux intérêts de la classe moyenne.
Une majorité grandissante se sente flouée par les partis Républicain et démocrate. Le 1% des plus hauts revenus qui équivaut à 24% de tous les revenus gagnée aux USA n’ont pas la cote.
Le rêve américain se dissous au fil de l’augmentation des pauvres ( plus de cinquante millions) et de la paupérisation de la classe moyenne.
Les USA connaissent un désindustrialisation galopante et ce ne sont pas les politiques actuelles à courte vue qui vont changer quoique ce soit à cet état de fait.

« Il s’est présenté comme celui qui réalisait ce qui était faisable — pour sauver les otages — contre ceux qui se replient sur une position puriste, mais qui ne peuvent rien accomplir. »

C’est le vieux débat entre les réalistes, qui finissent souvent à passer de compromis en compromission et les « purs et durs ».
A mon avis, Obama a fait trois graves erreurs dès le début de son mandat:
1) S’entourer de la vieille garde (les anciens conseillers et secrétaires d’état de Bill Clinton + Hilary Clinton + garder Robert Gates, secrétaire d’état à la défense nommé par Bush). Condition exigée par les grands bailleurs de fonds ?

2) Dès son arrivée au pouvoir, démobiliser le vaste mouvement populaire qui le portait. Le vieux réflexe des politiciens qui préfèrent jouer le jeu politique et qui ne veulent pas voir « la rue » dans leurs jambes. L’erreur qu’avait fait le PQ en 1976 d’ailleurs.
Ça a laissé la place pour Fox de récupérer la colère populaire pour orchestrer et organiser un vaste mouvement « spontané ». Et ça a privé Obama de son meilleur appui et du seul moyen de pression qu’il puisse avoir contre la caste politique (incluant plusieurs membres de son propre parti). Comment s’opposer à l’argent sans mouvement populaire ?

3) Peut-être ce qui a motivé l’erreur précédente (et peut-être aussi en parti la première): Croire qu’il était possible de jouer le jeu politique traditionnel alors que des extrémistes sont en face et que, sentant que l’argent (donc le pouvoir) est de leur côté, ne sont prêt à aucun compromis.

@ Benoit Carré

« Les citoyens américains ne sont pas tous millionnaires et encore moins milliardaires. Les Démocrates et Obama proposent de mettre fin à une réduction d’impôts pour les plus riches qui est perçue comme un cadeau à leur endroit. »

« Est-ce que les moins favorisés aux USA aiment à ce point leurs plus riches qu’ils acceptent de se sacrifier pour leur permettre de s’enrichir encore plus ? »

Bien sûr. C’est une religion. Le privé, l’entreprise privée et les riches qui investissent et qui savent comment amener la prospérité pour les plus démunis.

Malheureusement ces démunis ne sont pas instruits. Vous constaterez que les libertariens de ce blogue et les droitteux y croient aussi.

Pourtant les riches se sont enrichi aux États Unis pendant la crise et ces derniers qui sont supposé réinvestir pour créer de l’emploi tardent à se manifester.

Les pauvres des États se font avoir par la religion que les riches leur fournissent.

Je suis déçu d’Obama. Déçu qu’il se laisse manipuler par les Républicains.

Je ne suis pas un économiste, mais le plan républicain est clair. En obtenant de reconduire les mesures fiscales (en faveur des fortunés) de GWB et en permettant en échange de quelques mesures sociales TEMPORAIRES, Obama prépare une reduction importante des revenues du gouvernement fédéral.

Je vois déjà la suite à la prochaine présidentielle. Les Républicains vont alors reprocher à Obama de conduire l’Amérique à la faillite avec ses programmes d’aide.

Le président aurait dû jouer la carte des puristes afin de se préparer aux prochaines élections et être en position de pointer du doigt les Républicains.

Trop de concessions, c’est pire qu’une position intransigeante mais noble.

Comment le GOP peut-il être considéré comme les kidnappeurs alors que les démocrates contrôles toujours les 2 chambres du congrès ?

Les démocrates auraient-ils kidnappé Obama ?

Encore heureux qu’il existe un contre-pouvoir efficace aux USA ! Imaginez un Obama laissez seul avec la caisse … Désastre assuré.

Obama manque d’étiquette.1)les dems controlent
encore les deux chambres et 2)il est plus virulent
envers les républicains qu’envers Wikileaks.
La présidence des Etats-Unis a t-elle été quinappée par un incompétent san aucune classe ?

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