Obama : trop cool, trop narcissique, trop décevant

«Quoi qu’on pense de la politique d’Obama, il existe un abîme entre les attentes qu’il a suscitées – y compris les siennes – et la réalité de sa présidence.»

Photo © Darren Hauck / Getty Images
Photo © Darren Hauck / Getty Images

« Les résultats de ce soir font l’affaire de Hillary Clinton en vue de 2016 ! »

À la blague, Jessica Williams, du Daily Show, a tempéré les ardeurs des plus enthousiastes alors qu’une vague républicaine déferlait sur les élections de mi-mandat, aux États-Unis.

Il est évidemment bien trop tôt pour savoir si les républicains irriteront suffisamment les Américains pour faire l’objet d’un vote sanction, lors des prochaines élections présidentielles et législatives, en 2016. Mais les récentes élections de mi-mandat, à n’en point douter, ont bel et bien pris la forme d’un vote sanction à l’égard de la politique du président américain, Barack Obama.

bbw_obama_cool_102714Récemment, Bloomberg Businessweek mettait en scène, sur sa couverture, un Obama « trop cool » pour la gestion de crise. Ebola, Syrie, immigration, Russie, État islamique : chaque dossier semble y déclencher la même réaction nonchalante du président.

Dans les pages du magazine, Joshua Green a pris le dossier Ebola comme exemple type de la mauvaise gestion de la Maison-Blanche : « L’assurance initiale que tout est sous contrôle; la réalisation ultérieure qu’il n’en était point; l’attente durant laquelle les membres de l’administration semblent en désaccord sur la marche à suivre; et la frustration croissante envers un président qui a semblé avoir un ou deux temps de retard à chaque nouveau rebondissement. »

En un souffle, le journaliste résumait la critique de plus en plus répandue de la présidence d’Obama. « La crise requérait davantage de lui qu’il semblait l’admettre. Mais il a été gêné par les mêmes choses qui l’ont gangréné durant tout ce temps : l’excès de confiance d’un technocrate libéral envers la capacité du gouvernement à résoudre les problèmes et la réticence ou l’incapacité à démontrer la détermination que les Américains attendent de leur président lors d’un cas d’urgence. »

20141025_woc104Parmi l’avalanche de reproches adressés à Barack Obama, certains visaient davantage l’homme que le président. Ainsi, le chroniqueur conservateur Charles Krauthammer n’a pas hésité à fustiger le narcissisme du Commander-in-chief, qui se manifesterait par une mise en scène de sa personne lors de ses discours.

Très porté sur le « je, me, moi », le 44e président américain ? Au contraire, indique The Economist, reprenant l’analyse exhaustive de BuzzFeed News, qui a passé à la loupe pas moins de 2 000 conférences de presse présidentielles. Obama est loin de parler comme s’il se prenait pour l’empereur Napoléon, tel que l’a suggéré Charles Krauthammer, puisque les mots « je », « moi », « mon », « moi-même » et « le mien » ne représentent que 2,45 % des mots utilisés lors de ses allocutions, soit un ratio moindre que celui de ses deux prédécesseurs, George W. Bush (3,03 %) et Bill Clinton (3,40 %). À ce petit jeu, la meute de présidents est dominée par Harry Truman (4,85 %), George H. W. Bush (4,65 %) et Dwight Eisenhower (4,55 %). Suivant la logique de Krauthammer, Obama serait alors le président américain le moins narcissique depuis 1945.

Avec le temps…

L’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche a fait souffler un vent d’espoir sur les États-Unis. Mais aujourd’hui, c’est une population désillusionnée qui fait souffler un vent de contestation sur Barack Obama. Dans l’histoire américaine, seul George W. Bush a bénéficié d’une cote de popularité plus basse (38 %) que celle du président actuel (42 %) à l’occasion du scrutin de mi-mandat.

Le soir de son élection, le 4 novembre 2008, il a déclaré : « Cela aura pris beaucoup de temps, mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd’hui et pendant cette élection, en ce moment décisif, le changement est arrivé en Amérique. »

Être l’apôtre du changement était probablement un costume trop grand à enfiler. Plus on s’élève et plus dure sera la chute, dit le proverbe. Aussi, dans un article du Washington Post intitulé « Disappointer in chief », Aaron David Miller explique que Barack Obama, plutôt que de représenter le changement, a fini par incarner « les risques que l’on encourt à vouloir être un grand président sans avoir le génie, l’étoffe et les épreuves nécessaires pour y parvenir ».

Selon le journaliste, sa présidence n’est « certainement pas un échec », mais Barack Obama ne sera pas pour autant considéré comme un grand président. « Quoi qu’on pense de la politique d’Obama, il existe un abîme entre les attentes qu’il a suscitées – y compris les siennes – et la réalité de sa présidence. »

« Obama avait promis une grande révolution ; il en est réduit à avancer à pas mesurés et se cantonne à son petit paragraphe dans le grand livre de l’Histoire. Après avoir été comparé à Abraham Lincoln, à Franklin D. Roosevelt et à John Kennedy, il est tombé si bas que les journalistes se demandent s’il ne jouerait pas plutôt dans la cour d’un Jimmy Carter. »

Si Aaron David Miller dépeint les contours d’un rendez-vous manqué entre Obama et les Américains, Paul Krugman, prix Nobel d’économie, pense que ce dernier « ne mérite pas toutes les critiques qui pleuvent sur lui », allant jusqu’à affirmer qu’il est « l’un des plus grands présidents des États-Unis » et « l’un de ceux qui ont rencontré le plus de succès ».

« Et ce dans bien des domaines, souligne Paul Krugman, qui cite pour preuves la réforme de l’assurance-maladie d’Obama, “certes imparfaite, mais qui représente un grand pas en avant” ; sa réforme financière, “incomplète, mais qui porte néanmoins ses fruits” ; sa gestion économique, “meilleure que celle de bien des pays occidentaux” ; et enfin sa politique environnementale, “qui pourrait, à terme, rester dans les annales comme sa réalisation majeure”. »

Obama trouvera peut-être son salut dans la prise de recul des Américains, après son départ de la Maison-Blanche. Mais pour l’heure, même des démocrates préfèrent prendre leurs distances.

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je crois que les etats unis est le pays au monde le plus difficile a gouverner avec toutes ces differentes mentalités extreme et ou largent achete tout mais les americains ont la memoire courte apres lere bush ou le pays a frolé la faillite obama nous donne limpression dun grand president mais les journaux et la television en ont decidé autrement avec le concours des lobby arme a feu