Octobre 70 – Le club des liberticides: 2) Pierre Trudeau

Just watch me. Cette phrase de Pierre Trudeau, qui signifie à la fois « regardez-moi aller » et « vous n’avez encore rien vu », fut prononcée pendant la crise d’octobre, alors que des soldats gardaient les bâtiments fédéraux mais avant que les droits et libertés des citoyens ne soient suspendus. Elle résume l’homme, son attitude, son action.

Just watch me !
Just watch me !

Le rôle que Pierre Trudeau a joué dans l’imposition des mesures de guerre est central. Il prend d’autant plus de relief que le personnage, avant et après la crise d’octobre, s’est présenté comme un grand défenseur des droits. Il est aujourd’hui considéré, surtout outre-Outaouais, comme le père de la Charte canadienne des droits et libertés, donc comme un modèle de rectitude.

Nous avons vu dans le premier billet de cette série que l’initiative de réclamer la présence de l’armée dans les rues du Québec et la suspension des libertés venait, politiquement, d’un Robert Bourassa beaucoup plus froid et déterminé qu’il le laissait croire.

Cela ne disculpe en rien celui qui avait la capacité de dire non à la demande exorbitante du premier ministre québécois. En fait, les éléments maintenant connus du dossier démontrent que, s’il est précédé par Bourassa dans la course à la négation des droits, Trudeau n’en devient pas moins le partisan actif, celui sans lequel rien de tel ne se serait produit.

Le contexte

Loin d’arriver comme un coup de tonnerre dans un paysage calme, octobre 1970 se déroule dans un contexte international agité et violent, y compris en Occident. Mai 68 a mis la France sens dessus-dessous, les étudiants sont dans la rue partout en Europe. Aux États-Unis la décennie précédente a été jalonnée par les assassinats de John et Bobby Kennedy, Martin Luther King et Malcolm X, ces deux derniers événements déclenchant de graves émeutes dans plusieurs grandes villes américaines.

Comme le rappelle l’ex-ministre de Trudeau, Eric Kierans, au cours des deux seules années précédant immédiatement Octobre, les mouvements extrémistes aux États-Unis avaient fait exploser 4 500 bombes, provoquant 43 morts et 384 blessés. « A New York, écrit-il, on comptait en moyenne un attentat à la bombe tous les deux jours. » Pourtant, nulle part les autorités n’avaient jugé bon de suspendre les droits et libertés de tous les citoyens. Nulle part, sauf au Canada.

Richard Nixon et Pierre Trudeau. Et le plus paranoïaque est...
Richard Nixon et Pierre Trudeau. Et le plus retors est...

Il est risible, en bonne compagnie, de comparer Pierre Trudeau et Richard Nixon, en faveur de ce dernier. Pourtant, la paranoïa de Nixon face à la présence d’agents soviétiques parmi les manifestants pacifistes ne l’a pas poussé à suspendre les droits. Dans le rapport de presse matinal qui l’informe de la décision de Trudeau, il griffonne en marge: « surveillez la presse, ils vont défendre leur ami ‘de gauche’ Trudeau! »

Ce même jour, un journaliste demande au ministre de la Justice de Nixon, le dur de dur John Mitchell, si une telle décision pourrait être prise aux États-Unis face à la vague d’attentats des Black Panthers et autres groupes violents. « Jamais ! » répondit-il.

Le Trudeau pré-Octobre est prédisposé à ne pas faire de distinction entre ses ennemis nationalistes « légaux », le PQ, et illégaux, le FLQ. On sait maintenant, grâce à la commission fédérale McDonald, comment, à la fin des années 60, le premier ministre libéral a ordonné aux services spéciaux de la Gendarmerie Royale du Canada d’enquêter sur « le mouvement séparatiste » au grand complet. Le directeur général de la section « Sécurités et renseignements » de la GRC, John Starnes, allait témoigner que Pierre Trudeau avait formellement invité la GRC à « fournir un rapport détaillé sur la situation actuelle du séparatisme au Québec, sur l’organisation, les effectifs, les rapports avec d’autres mouvements, la stratégie et les tactiques apparentes ainsi que les influences qui s’exercent de l’étranger ».

Starnes avait remis à Trudeau un rapport faisant la liste de 21 organisations québécoises « susceptibles de provoquer des affrontements violents avec les autorités ». Premier sur la liste : le Parti Québécois, une organisation démocratique dirigée par un ancien ministre libéral que Trudeau connaissait bien et tutoyait, René Lévesque. Starnes rapporte que Trudeau trouva que le rapport était du « maudit bon travail  ».

Dans un document écrit en 1969, Trudeau identifiait «le séparatisme» comme la principale menace contre l’État canadien. (Dans ses mémoires, en 1993, il écrit encore: «Les démocraties doivent en permanence se garder contre les forces de dissolution lorsqu’elles se manifestent.»)

La GRC comprit donc qu’elle devait traiter le PQ comme s’il s’agissait du KGB, l’espionner, l’infiltrer, lui voler (après 1970) sa liste de membres. Trudeau écrit sans rire: «Quand certains policiers en ont conclu qu’il fallait espionner l’activité globale du Parti québécois, ils se sont trompés.» Ce n’est pas la version du directeur de la GRC de l’époque, John Starnes.

L’occasion d’Octobre

Le rapport préparé par Me Jean-François Duchaîne pour le gouvernement Lévesque en 1981 est clair et crédible : rien ne fait croire à une conspiration fédérale pour préparer, téléguider, contrôler de l’intérieur l’action du FLQ. Cependant, pour Duchaîne, il ne fait aucun doute que « la crise a servi de prétexte à une répression d’envergure », tant à Ottawa qu’à Québec.

La séquence des événements est connue. C’est de Robert Bourassa, le soir de l’enlèvement de Laporte, que Pierre Trudeau prend connaissance de la demande d’invoquer la Loi des mesures de guerre. Il s’en dit interloqué. Puis affirme que Bourassa et Drapeau « n’arrêtaient pas de m’achaler » avec cette demande. Donnons-lui le bénéfice du doute sur cette première réaction de stupeur.

Mais il faut admettre qu’il s’en remet rapidement, car il prend sur lui de « vendre » ensuite cette décision à son cabinet. Son travail est compliqué par les interventions raisonnables et rassurantes de… la GRC.

Il faut d’abord avoir l’aval, le 14 octobre, du sous-comité ministériel sur la sécurité. On y entend William Higgitt, commissaire de la GRC, affirmer aux ministres séniors ce qui suit, selon les notes prises sur-le-champ:

« Le commissaire ne voit comme nécessaire aucune action qui ne soit pas rendue possible par la loi actuellement en vigueur. Il dit qu’une grande rafle de suspects et d’arrestations préventives ne serait pas de nature à conduire aux kidnappeurs et qu’il ne pouvait donc recommander l’adoption de mesures d’exception. »

Higgitt, ici en 1973. Insurrection appréhendée ? Jamais entendu parler !
Higgitt, ici en 1973. Insurrection appréhendée ? Jamais entendu parler !

Il ajoute comprendre que le Québec « souhaite de l’action pour le principe d’avoir de l’action » (action for the sake of action). Cette attitude, avertit-il, « ne devrait pas être autorisée à l’emporter sur une réaction fédérale plus calme ».

Pour Trudeau, cette présentation est un désastre. Il n’est pas question que le conseil des ministres au grand complet soit exposé à une vision aussi rassurante des choses.  À la réunion du Conseil, le 15 octobre, Higgitt brille par son absence (il ne reviendra que lors de rencontres postérieures, pour informer les membres du gouvernement que les arrestations massives n’avaient donné « aucun résultat significatif », qu’il n’y avait « aucune preuve » d’insurrection appréhendée — le prétexte pour l’imposition des mesures de guerre. Bref, pour leur dire qu’ils avaient été désinformés).

Excellent !
Excellent !

(Note du blogueur: Beaucoup des renseignements utilisés ici viennent de l’excellent ouvrage de 2010, Trudeau’s Darkest Hour — War Measures in Time of Peace, où Guy Bouthillier et Édouard Cloutier réunissent les textes anglophones les plus importants sur la période.)

Qui parle aux ministres fédéraux le 15 octobre ? Dans ses mémoires, publiées en 2001, le ministre Eric Kierans le raconte:

C’était la rencontre la plus étrange à laquelle j’aie jamais participé. Trudeau, comme d’habitude, était calme, parfaitement en contrôle de lui-même. Très, très impressionnant. Mais il avait très peu d’information à nos donner. […]

Eric Kierans. "Une immense injustice."
Eric Kierans. "Une immense injustice."

Autour de la longue table ovale, les ministres sont réunis, perchés sur une pile de documents fournis par le Conseil privé; mais on ne les regarde pas. Nous regardons, plutôt, une cabine téléphonique où Marc Lalonde — pas encore ministre mais chef de cabinet du Premier ministre — parle au téléphone avec [le ministre québécois de la Justice] Jérôme Choquette. Chaque fois qu’il revient de la cabine, il nous dit: « les choses se présentent mal, très mal ».

Quand les ministres posent des questions, c’est Lalonde, pas le Premier ministre, qui répond. Et il nous dit que le Québec est sur le point d’exploser. Si une action rapide et décisive n’est pas prise immédiatement, dit-il, la meilleure information donnée par les meilleurs experts indique qu’il y aura des émeutes, des assassinats politiques, du chaos. Il n’y a aucun doute que Lalonde était la personne dominant la discussion.

Les ministres québécois, notamment Jean Marchand, ajoutent de l’huile sur le feu. Dans la réunion comme à l’extérieur circulent les rumeurs les plus folles, dont celle de camions piégés qui sont sur le point d’exploser aux quatre coins de la métropole, d’infiltration massive du FLQ dans tous les lieux de pouvoirs, de milliers d’armes et de bombes, suffisantes pour faire sauter le centre-ville de Montréal et autres balivernes que Higgitt (ou que la police québécoise informée) aurait pu déclarer complètement farfelue s’ils avaient été convoqués à cette rencontre capitale.

Certains ministres anglophones résistent à l’opération, qu’on ne peut qualifier que de terrorisme intellectuel, menée par Trudeau et les siens. Le ministre de la Justice, John Turner, et des Affaires étrangères, Mitchell Sharp, sont contre la suspension des libertés. Ce dernier affirmera d’ailleurs le 26 novembre 1970 à son homologue britannique, qui prend des notes, qu’il n’y a pas la moindre trace d’insurrection appréhendée. Gérard Pelletier semble incertain, selon Kierans.

Kierans, ayant précédemment dirigé la Bourse de Montréal et siégé au cabinet de Jean Lesage était l’anglo-québécois le plus influent du cabinet Trudeau. Il s’en est voulu toute sa vie d’avoir cédé et déclaré son appui à la suspension des libertés. Dès qu’il s’est prononcé, raconte-t-il, il a compris qu’il venait de donner au Premier ministre un appui essentiel, sans lequel, « je ne crois pas que Trudeau ait pu emporter la décision » du conseil. Avec le recul, il estime que le cabinet a donné son aval à « une énorme injustice » .

Mettre en œuvre le coup de force

Pendant la crise d’octobre en 1970, contre l’avis de la direction GRC qui jugeait la chose inutile et sous l’autorité légale conférée par le premier ministre fédéral et ses ministres, plus de 500 Québécoises et Québécois étaient emprisonnés pour délit d’opinion dans ce qui constitue, en Occident, une des plus graves entorses aux libertés enregistrées en temps de paix.

L’étape du Conseil des ministres est essentielle pour avoir le feu vert. Mais le train sait déjà où il va. L’annonce de la suspension des libertés se fera à 4h00 du matin, les arrestations se dérouleront avant l’aube, l’armée se déploiera au clair de lune. Le choc psychologique sera palpable, au réveil, par tous les Québécois.

La liste des 300 personnes devant être arrêtées (le nombre croîtra car on arrête les colocataires et membres de la famille des personnes visées) circule au cabinet.

Dans ses Mémoires écrits 23 ans après le fait, Trudeau prétend reconnaître que, «de toute évidence», la liste était «trop longue et mal vérifiée», peuplée de «militants et de protestataires, vociférants mais bien incapables d’activité criminelle». Mais c’est l’«erreur» de la SQ, affirme-t-il. Il ne s’excuse pas de lui avoir donné le pouvoir de la commettre. Il ajoute d’ailleurs: «Je ne jette pas la pierre à ces corps policiers».

Trudeau a vu la liste, du moins une version de 158 noms donnés par la GRC, et affirme y avoir vu des « noms à consonance maoïste et trotskiste », ce qui lui semble étrange. Comme Bourassa, il a l’autorité de biffer des noms ou d’exiger une liste plus restreinte et mieux motivée. Comme Bourassa, il ne le fait pas.

Les ministres Jean Marchand et Gérard Pelletier sont également consultés par la GRC. Ils affirmeront à des journalistes avoir retiré des noms qui leur paraissaient « ridicules ». Une version contredite, sous serment, par Higgitt devant la commission fédérale Macdonald enquêtant quelques années plus tard sur ces événements. Il n’y a eu de la part de ces ministres, affirme Higgitt, « aucun changement ».

Jean Chrétien est alors ministre junior au gouvernement. Voici comment il aborde la chose dans ses propres mémoires, alors qu’il est de notoriété publique qu’aucun des prisonniers d’octobre ne fut condamné de quelque crime (en fait, deux ou trois condamnés d’appui au FLQ, dont un prof de musique de Granby!) que ce soit:

« il n’était pas nécessaire que la police arrête tous les gens qui l’ont été; elle n’aurait eu besoin d’écrouer qu’une soixantaine de personnes alors qu’elle en a arrêté plus de quatre cents. »

Bref, plus de 400 innocents en prison, c’est trop. Soixante, ça va.

Le service après vente

Au parlement fédéral, malgré la grande popularité des mesures de guerre dans l’opinion canadienne, il y a une vilaine opposition. La plupart des députés néo-démocrates, dirigés par un Tommy Douglas insurgé contre cet affront aux libertés, les députés créditistes du Québec et le conservateur Roch Lasalle refusent de se joindre à l’hystérie politique collective.

Des intellectuels canadiens, jusque-là généralement favorables à Trudeau, pointent du doigt l’absence de preuve tangible de l’existence d’une insurrection appréhendée.

John Turner, ministre de la Justice hier opposé aux mesures, joue le jeu et affirme qu’il « espère qu’un jour les informations dont dispose le gouvernement pourront être rendues publiques ». Balivernes.

Alors que le temps passe, et qu’un autre débat doit avoir lieu en Chambre, Trudeau décide de frapper un grand coup et de convaincre, a posteriori, l’opinion de la justesse de son intervention. En un mot: le gouvernement Bourassa était sur le point d’être renversé par un gouvernement parallèle.

C’est un mensonge. Une fabulation fondée sur une conversation entre Claude Ryan — que Trudeau déteste — et le bras droit de Jean Drapeau, Lucien Saulnier. Ryan alors directeur du Devoir demande à Saulnier, alors au centre des opérations d’Octobre, s’il était opportun d’épauler Bourassa pour mieux asseoir son autorité, qu’il sent fragile face à l’intransigeance présumée d’Ottawa. Il veut donc aider le gouvernement, pas le renverser.

Lalonde, homme des basses oeuvres, à droite.
Lalonde, homme des basses oeuvres, à droite.

Marc Lalonde fait venir à son bureau le journaliste du Toronto Star Peter C. Newman et lui tient ce langage, que Newman rapporte dans un livre publié en 2004 (dont l’extrait opportun est dans Trudeau’s Darkest Hour).

« Nous pensons qu’un groupe de Québécois important complotent pour remplacer le gouvernement dûment élu du Québec. Les conspirateurs incluent René Lévesque, Jacques Parizeau, Marcel Pépin [président de la CSN] et Claude Ryan. Cette tentative de gouvernement parallèle doit être stoppée. »

Peter C. Newman. Victime, écrit-il, d'un "mensonge méticuleusement monté".
Peter C. Newman. Victime, écrit-il, d'un "mensonge méticuleusement monté".

Lalonde niera avoir jamais tenu ces propos, cependant Newman affirme que Lalonde lui indique clairement qu’il faut que Newman publie l’information. Mais le journaliste connaît bien et respecte Ryan, et n’en croit pas un mot. Il exige une confirmation de Trudeau lui-même. Le Premier ministre n’hésite pas à enfoncer ce clou mensonger. Au téléphone, il affirme à Newman que « le complot visant à renverser le gouvernement est réel ». Ryan n’est pas un tyran, proteste Newman. « La tyrannie a plusieurs pères », répond-il (Tyranny has many agents).

Le 26 octobre, le Toronto Star annonce l’existence de la conspiration en première page. Newman est sauvagement critiqué par ses collègues journalistes et, cinq jours plus tard,  par… Trudeau, rejetant ces « rumeurs et spéculations non confirmées ». L’important est que le mal était fait. L’opinion était prête à croire en la faiblesse du gouvernement Bourassa — image faussement alimentée par Bourassa lui-même — et donc en l’importance d’une intervention musclée de l’État fédéral.

Il est admirable d’observer comment, des décennies plus tard, les protagonistes continuent à défendre leurs actions. Ainsi Marc Lalonde, dans une entrevue à Radio-Canada en 2010 affirme sans rire, au sujet de la conspiration: « Cela semblait plus qu’incroyable, mais je n’avais pas de raison de douter de la parole de M. Saulnier. »

Dans ses mémoires, en 1993, Trudeau joue de cette corde pour justifier son action: «Ce qui, en dernière analyse, emporta mon adhésion, ajoute Trudeau, c’est le fait que la crise commençait d’affoler beaucoup de gens qu’on aurait crus plus raisonnables.» C’est le «désarroi ambiant» au Québec, écrit-il encore, qui le fait bouger. «J’avais de bonnes raisons de croire que les chefs de file de l’opinion québécoise n’étaient plus tellement enclins à obéir à leur gouvernement légitime», dira-t-il en entrevue.

Le défenseur des droits en inaction

La rafle a eu lieu. Les 500 prisonniers sont derrière les barreaux. On signale même à Trudeau que des policiers se sont présentés à la résidence de son ministre Gérard Pelletier. Erreur sur la personne. Preuve que les bavures sont monnaie courante.

Comment réagit le héros de la future Charte des droits de la personne ? Il doit être furieux. Dès le début, il a de bonnes raisons de croire que les arrestations seront excessives. La liste que lui remet la GRC lui paraît bizarre. Le Premier ministre ne peut ignorer qu’il y a dérapage et abus de pouvoir.

Alors qu’il a la capacité politique et la responsabilité morale d’agir, ne serait-ce qu’en coulisses, jamais il ne s’inquiète du sort réservé aux prisonniers d’octobre (pendant 21 jours, ils n’ont le droit de voir ni leur avocat, ni leur famille, ni de savoir de quoi ils sont soupçonnés ou combien de temps ils seront emprisonnés). Jamais il n’évoque la possibilité d’une libération précoce de la cinquantaine qui croupissent en prison au-delà de ce délai, pendant deux mois et demi en moyenne, même lorsque les premières arrestations de responsables felquistes démontrent hors de tout doute que ces emprisonnements sont sans objet.

Jamais Pierre Trudeau ne s’indigne du fait que la police fédérale, provinciale et montréalaise fouille les logis des organisateurs péquistes comté par comté, quartier par quartier. Les maisons de 4 600 Québécois, presque tous souverainistes, furent en effet perquisitionnées, sans mandat.

Au contraire, Pierre Trudeau se fait un point d’honneur de ne jamais s’en excuser : « On m’a souvent demandé si la crise d’octobre m’inspirait des regrets, écrit-il. Ma réponse a toujours été négative. »

Un seul mobile

Just watch me, a dit Trudeau l’avant veille de la suspension des libertés. Il l’avait dit un an avant. Sur les ondes de Radio-Canada, interrogé par le journaliste Louis Martin au sujet de son intransigeance envers les indépendantistes, Trudeau avait répondu, en anglais: « You haven’t seen anything yet » — Vous n’avez encore rien vu.

On l’a dit, Octobre lui offre l’occasion. Le larron est prêt à la saisir. Il le fait avec autant de fougue que ne l’avait fait le gouvernement canadien pendant la seconde guerre. À l’époque, Ottawa avait en effet fait usage de la guerre « comme une excellente occasion pour réprimer l’opposition et consolider son pouvoir ». Qui l’affirme ? Le jeune Pierre Trudeau, dans un de ses écrits.

L’historien Reg Whitaker, qui a mis au jour plusieurs des éléments de preuve aujourd’hui à notre disposition sur les débats du cabinet fédéral, tire cette conclusion:

La GRC jugeait que la crise ne pouvait être résolue que grâce à un travail policier patient et prudent. Les ministres québécois à Ottawa ont délibérément choisi d’exagérer l’importance de la crise pour justifier des mesures d’urgence de nature à intimider les nationalistes et les séparatistes, avec lesquels les fédéralistes québécois étaient en conflit pour gagner la loyauté des Québécois. La crise d’octobre est, en ce sens, un épisode d’une sorte de guerre civile québécoise dans laquelle les non-Québécois étaient pour l’essentiel des spectateurs.

Octobre permet donc à Trudeau — et à Lalonde et à Marchand — de mettre en œuvre  la grande opération que le jeune intellectuel Trudeau dénonçait naguère. Il rongeait son frein depuis longtemps . À Peter C. Newman qui lui demande quelles preuves il détient de la conspiration, Trudeau a cette extraordinaire réponse: « Ce sont des informations que j’accumule depuis que j’ai l’âge de trois ans »!

Un dernier mot. Dans le documentaire de Francine Pelletier intitulé Monsieur, Jacques Parizeau, excédé de devoir défendre sa malheureuse déclaration du soir de la défaite référendaire, a ce mot qui nous sert d’épilogue:

« Je n’ai jamais foutu personne en prison, mais je suis un fasciste raciste et intolérant à part ça. C’est ça l’image. Pierre Trudeau a fait mettre en prison 500 personnes sans jamais en poursuivre une devant les tribunaux, mais c’est un grand démocrate, n’est-ce pas ? »

N’est-ce pas ?

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Cet épilogue de Jacques Parizeau me servira de conclusion à chaque fois que je me ferai traiter de raciste par une de ces blogueuses brainwashées qui aura le malheur de collecter son énième point Godwin parce que j’utilise le mot « francophone » dans une de mes argumentations. Merci.

Contrairement à ce que vous affirmez, le cas du Québec était unique. Jamais les autorités politiques en France n’ont perdu le contrôle des forces policières lors des évènements de 68; ou les autorités américaines de leurs forces policières lors des émeutes des mêmes années, ou les autorités politiques allemande de leur police, etc.

Est-ce par ignorance ou par dessein que vous choisissez de taire les évènements du 7 octobre 1969 ?

Le 7 octobre 1969, les policiers et pompiers de la Ville de Montréal déclenchent une grève illégale. Dans les seize heures qui suivront, on enregistre des actes de vandalisme, des incendies, des attaques aux cocktails Molotov, des vols et des assauts dans tous les coins de la ville. « Une véritable bataille rangée éclate entre des gangs de rue qui échangent des coups de feu » (Murray Hill). Un agent de la Sûreté du Québec est tué par des malfaiteurs. (grandquebec.com) – en seize heures.

Le lendemain, les autorités municipales ayant perdu le contrôle de leur force policière demandent au gouvernement du Québec d’agir : JJ Bertrand promulgue une loi qui force le retour au travail des policiers et pompiers, et l’armée canadienne et la SQ arrivent à Montréal en renfort.

Le mouvement syndical, incluant le syndicat des policiers, était infiltré par des groupes anarchistes, oeuvrant contre l’état.

Ça c’est en 1969. C’est dans cette atmosphère que les politiciens locaux prendront des décisions en 1970, suite aux enlèvements de Cross et Laporte.

L’histoire jugera Trudeau comme le père des mesures de guerre et entachera sa mémoire de grand démocrate pour toujours ….. Tout cela car , il voulait tuer le mouvement souverainiste qui prenait une ampleur qui lui faisait peur …..

Merci Monsieur Lisée pour cette série d’articles.

On connaît votre allégeance souverainiste, mais même en se disant « bah, c’est juste le point de vue d’un séparatiste… », même les plus purs fédéralistes devraient apprécier que vous vous limitiez à des faits documentés. Il est difficile de nier les faits que vous avancez sans une bonne dose de dissonance cognitive. 🙂

Quelqu’un pourrait nous indiquer la référence d’un texte qui, en se limitant aux faits et sans tomber dans l’opinion gratuite, soutiendrait cette Loi des mesures de guerre et l’application qu’on en a fait en octobre 1970?

C’est très intéressant. L’histoire n’a pas fini de s’écrire et toutes les leçons n’ont pas été tirées de cette période trouble. je pense que l’on commence seulement à se rendre compte, à postériori, à quel point les calculs politiques pervers étaient au coeur des gestes posés par l’infâme et arrogant Trudeau.

Et je m’étonne encore de la réaction épidermique que j’éprouve encore aujourd’hui, quand la …face de Trudeau revient dans l’actualité. C’est probablement la seule personne au monde que je déteste à l’infini, pourtant 40 ans après ses cochonneries.

Vous dites: »le FLQ. On sait maintenant, grâce à la commission fédérale McDonald, comment, à la fin des années 60, le premier ministre libéral a ordonné aux services spéciaux de la Gendarmerie Royale du Canada d’enquêter sur « le mouvement séparatiste » au grand complet. »

…..

Me Pierre Cloutier le mentionne dans ce texte publié sur Vigile. net en 2007.

(…)

« Le 17 décembre 1969, le premier ministre Trudeau présentait au Comité du cabinet sur la sécurité et le renseignement un mémorandum intitulé : « Current threats to National Order and Unity : Quebec separatism ».

Dans ce mémorandum, M. Trudeau demandait que les services de renseignement fédéral, dont le plus connu était le Service de sécurité de la GRC, dont le mandat n’était pas encadré par une loi, mais par un simple décret ministériel, de considérer les « séparatistes » – et non pas les terroristes – comme les communistes, c’est-à-dire d’utiliser à leur endroit des méthodes clandestines de surveillance et de contre-espionnage (« counter action »).

Le 19 décembre 1969, le comité du cabinet sur la sécurité et le renseignement, dont faisaient partie, entre autres, Marc Lalonde et John Starnes, cet ex diplomate qui fut le premier civil nommé à compter du 1er janvier 1970 comme directeur du Service de sécurité de la GRC, ordonnait à ce ce service de produire un rapport complet sur « l’état du séparatisme » au Québec afin de constituer une base sur laquelle on pourrait s’appuyer pour élaborer et mettre en oeuvre des « contre-mesures positives » (« positive counter-action »).

(…)

http://www.vigile.net/Le-comble-de-l-infamie-Lettre
………..

À la même époque Me Pierre Cloutier a envoyé une lettre à ce sujet à différents médias québécois une, aucun ne l’a publié. Je fais écho à ce silence des agneaux ici:

http://www.vigile.net/La-STASI-canadienne-Le-silence-des

« Le sommeil de la raison engendre des monstres » GOYA. Trudeau, Bourassa, Lalonde, Peletier, Marchand, Drapeau, Saulnier et cie sont de ceux là…

Trudeau demeure aujourd’hui et pour toujours le symbole des deux solitudes:honni au Québec mais adulé dans le R.O.C.

Pauvre Mme King, vous avez tout faux. C’est désolant. Par exemple: l’agent de la Sûreté du Québec abattu par balles le 7 octobre 1969 fut la victime des fiers-à-bras armés embauchés par Murray Hill pour faire face aux manifestants de l’industrie du taxi (les chauffeurs à leur compte, propriétaires ou pas) qui luttaient contre un monopole que la compagnie avait acquis à l’aéroport de Dorval pour le transport des clients voyageurs. L’agent de la Sûreté du Québec était alors en service, informateur infiltré parmi les manifestants. L’histoire ne dit pas s’il joua aussi un rôle de provocateur; il est de votre droit, Mme King, de traiter les fiers-à-bras embauchés par Murray Hill de ‘malfaiteurs’, pourquoi pas, mais la mort de l’agent de la Sûreté du Québec ne relève pas de l’affrontement entre gangs de rue: pour parler dans les termes qu’on emploierait ailleurs, il fut la victime d’une ‘milice patronale’…

Il y a eu les mesures de guerres abusives de Bourassa en 1970 puis de nouveau Bourassa le pleutre en 1990 .
Trudeau lui c’est l’élimination de la Nation Québecoise par le bilinguisme l’avortement et la destruction des pouvoirs de l’Assemblée Nationale du Québec
D’ État francophone il nous fit passé à province coloniale bilingue
Et les fédéralistes votent pour ces monstres

« Pourtant, nulle part les autorités n’avaient jugé bon de suspendre les droits et libertés de tous les citoyens. Nulle part, sauf au Canada. »

Auriez préféré que les forces policières se mettent à tirer sur des jeunes innocents, comme on l’avait fait en mai 1970 à Kent State ?

En France comme aux USA les autorités ont tiré sur des étudiants protestataires et des travailleurs. Pas ici. Vous trouvez cela plus correct que l’on tire sur des innocents, eh bien libre à vous, pas moi.

Au Canada, il y a eu un mort suite à la crise d’octobre. Il s’appelait Pierre Laporte et il a été assassiné par des membres du FLQ. Les autorités policières canadiennes n’ont pas tiré sur des foules de démonstrateurs; nos policiers et nos soldats n’ont tué personne.

GROS merci, M. Lisée pour cet éclairage instructif. Quand est-ce que ces éléments seront mis dans tous les livres d’histoire de toutes les écoles du Québec ?
Il est super important que les nouvelles & anciennes générations soient conscientes, se souviennent collectivement et surtout AGISSENT. Un électrochoc s’impose au Québec… Qui aura le courage et la volonté de signer cette prescription ? PQ ? QS? PI? RIN? nouveau FLQ ressuscité?
Prions le Saint Frère André ! Un miracle est encore possible si nous y croyons ! La foi déplace les montagnes !

Pauvre Serge Denis – non mais qu’est-ce que j’ai de tout faux? Libre à vous de lire l’histoire complète du 7 octobre 1969. Ce que j’ai décrit est aussi vrai et vérifiable. Un journaliste qui tente de mettre en contexte la crise d’octobre ’70 et qui ignore le 7 octobre 1969 fait un très mauvais travail.

Ce qui est vraiment faux c’est de tenter de faire croire aux lecteurs de l’Actualité que les dirigeants politiques canadiens de l’époque furent pire que ceux d’ailleurs. Imaginez donc, au Canada on est les seuls à avoir invoqué une loi sur les mesures de guerre et emprisonné des gens.

C’est vrai. Ailleurs on ne promulgait pas de telles lois : les politiciers de l’état tiraient sur des protestaires non-armés. Depuis quand un tel geste fait au nom de l’état n’est pas une atteinte au droit le plus précieux d’une personne ? Peut-être que ces morts et les membres de leur famille auraient préféré passer quelques heures en prison en raison d’une loi comme celle sur les mesures de guerre.

Mais vous et Lisée auriez préféré voir l’état canadien tirer sur des innocents : pauvre vous.

Quand on en est rendu à blâmer Pierre Laporte d’être responsable de sa propre mort, on est rendu bien bas. Les indépendantistes en sont rendus là, les pauvres.

Je ne trouve rien d’autre à ajouter au paroles de Pierre Falardeau,quand on me parle des Trudeau et Lalonde,ce sont des pourritures,les deux plus grands ennemis qu’a connu le Québec.
Votre texte constitue pour nous, qui avons connu cette période,un excellent exercice de mémoire.
Merci

Les trois colombes, hein? Méchants politiciens pour la paix…

@ Lorraine King

Il ne s’agit pas de savoir si Nixon était mieux que Trudeau face a la contestation étudiante ou autre. Disons que Trudeau était meilleur dans la BS que Trudeau.

Cela dit, si la première campagne de Nixon avait été victorieuse, je suis convaincu qu’on n’aurait pas connu « tricky Dick ».

Pour être juste envers tous, les golden boys Kennedy avait un père influent dans des milieux pas très catholiques.

Vous n’avez qu’a vous référer aux arnaques nombreuses et légales ayant permis la victoire de John au Sénat pour comprendre la véritable nature du combat politique en Amérique du Nord.

Les anges en politique, ça n’existe pas… même chez les amis des lucides au Québec.

Très bien ce texte et afin de poursuivre la réflexion sur le personnage de P.E.T.

Trudeau se serait défini sa propre vision du droit trouvant légitimité dans l’écrasement d’un mouvement libérateur en octobre 70 qu’il aurait confondu avec un groupe apparenté au nationalisme de Lionel Groulx. Cette théorie est celle défendue par le clan Trudeau partagé probablement aussi par le fils Justin. Lorsqu’on sait en fait que le patriotisme issu de la révolution tranquille qui a émergé dans le RIN a rompu et avec l’église et avec le traditionalisme duplessiste. Ce qu’un intellectuel comme J.Beauchemin a expliqué à sa façon, à voir la (conférence au Canal Savoir sur la révolution tranquille début novembre). Le conservatisme religieux et nationaliste de L.Groulx se démarquant lui même de toute tendance fasciste.

Trudeau ainsi malgré ses atteintes aux droits humains a toujours su jouer de ses défenseurs pour faire porter l’odieux au Canada de ses propres actions et responsabilités sur les souverainistes québécois eux mêmes toujours honnis d’Ottawa à Vancouver.

Le mérite de ces textes sur les décisions opportunistes des Bourassa et Trudeau pendant la crise d’octobre est de rappeler comment l’occasion du déni et de la répression arbitraire s’est présenté pour tenter d’écraser une révolte légitime constitué d’étudiants, de poètes, d’intellectuels et de syndicalistes sans liens avec le FLQ contre un ordre canadien occulté trop longtemps qui selon le projet du rapport Durham s’est donné la mission de faire disparaître du Canada le fait français de l’acte d’Union à la fédération.

Rappel de ces quelques lignes descriptives du rapport: (…) Pour Durham, l’assimilation passe par la subordination politique. Il s’agit de placer l’élément francophone dans un état d’infériorité numérique à l’Assemblée. Écartant l’idée d’union fédérale, Durham suggère la mise en oeuvre d’un projet depuis longtemps proposé par les marchands anglo-canadiens, celui de l’Union du Haut-Canada et du Bas-Canada. Si l’on estime, écrit-il, exactement la population du Haut-Canada à 400 000 âmes, les Anglais du Bas-Canada à 150 000 et les Francais à 400 000, l’union des deux provinces ne donnerait pas seulement une majorité anglaise absolue, mais une majorité qui s’accroîtrait annuellement par une immigration anglaise. Pour Durham, cette union faciliterait une assimilation naturelle et sans contrainte. Une fois le processus d’intégration complété, le projet d’union fédérale de toutes les provinces de l’Amérique du Nord britannique pourra être appliqué. (…)

L’émission sur les camps secrets du Canada à Enjeu affirme que la GRC n’avait pas fait de liste pour internement de citoyens canadiens suspects au Québec dans le cadre séparatiste québécois avant octobre 1970. C’est exclusivement de listes GRC sur des Québécois marxistes ou communistes qui auraient servis pour légitimer l’instauration des mesures de guerre au Québec.

Enjeux prétend le contraire de J.F.Lisée. Lorsque celui ci affirme: (…)On sait maintenant, grâce à la commission fédérale McDonald, comment, à la fin des années 60, le premier ministre libéral a ordonné aux services spéciaux de la Gendarmerie Royale du Canada d’enquêter sur « le mouvement séparatiste » au grand complet. (…)

Il faut voir Enjeux sur le projet d’internement virtuel dans des camps de citoyens coupables pour sympathie communiste de 1950 à 1980.
Une autre facette révélée d’un Canada franchement inégal dans ses prétentions démocratiques. Reste que cette affirmation sur le désintérêt de la GRC pour l’indépendantisme au Québec parallèle à l’apparition du FLQ entre 1963 et 1969 ne tient pas selon moi. À vérifier..

http://www.radio-canada.ca/emissions/enquete/2010-2011/

Madame King, je me souviens très bien d’octobre 1970. Vos commentaires sont parfaitement insultants. Je me souviens des enquêtes de la GRC a l’égard des indépendantistes. Je me souviens que la GRC est venu dérangé mes parents pour les interroger sur mon frère qui était membre du RIN parce qu’il était membre du RIN. Je me souviens de la Loi des mesures de guerre et de l’arrestation de nos profs a l’université. Sur qui vouliez-vous qu’ils tirent ces soldats? IL n’y avait pas d’insurrection appréhendée, c’est une pure fabulation. Alors, on a emprisonné n’importe qui. Je ne connais aucun geste aussi injustifiable qui a pu être commis au Québec a part celui-la. Et sur des motifs qui tiennent du délire. Marchand, Drapeau et l’arrogant Trudeau. Le politicien dit de gauche le plus détestable. le plus vil qu’il y eu dans ce foutu pays. Trudeau a utilisé l’arme des bolchéviques qu’il dénonçait: la décision dictatoriale a partir de fabulations alimentés par son soufifre, l’homme aux billets verts. Marc Lalonde. A chaque occasion qu’il m’est donné de me souvenir, je ne peux m’empêcher de hair encore plus ces imbéciles, ces trois colombes et leurs sbires.

En octobre 70, j’étais étudiant à l’University of Toronto, jeune père de famille, membre du ‘’French Club’’.

J’ai été escorté par au moins deux ‘’pans de mur’’ et mon téléphone a été sous écoute. Plusieurs cas hors Québec m’ont été rapportés. Les annonceurs de Radio-Canada étaient les premiers suspects.

Après avoir subit ce beau Canada pendant un quart de siècle, j’ai réalisé que je faisais parti d’une société distincte et que ce n’était pas normal d’avoir à me battre chaque jours pour exister.

C’est à ce moment que le Québec est devenu mon pays et que j’ai décidé de réintégrer la terre de mes ancêtres, qui s’étaient exilés dans ce beau Canada bilingue.

J’ai pu ainsi éviter le lot de mes cousins qui sont restés au Canada…. l’assimilation!!! Pour ce réveil brutal, je remercie ce petit XXX de Trudeau!!!!

Laurent Desbois

ex-franco-Ontarien,

fier Québécois depuis quarante ans

et canadian… par la force des choses et temporairement …. sur papiers seulement!

« Henry Cabot Lodge Jr. (1902 – 1985) fut ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, sénateur républicain représentant le Massachusetts, et, en 1960, candidat à la vice-présidence des États-Unis, colistier de Richard Nixon. »

« En 1952, John F. Kennedy est candidat au siège de sénateur avec le slogan : « Kennedy en fera plus pour le Massachusetts ». Il réussit à battre son concurrent républicain, le sénateur sortant Henry Cabot Lodge Jr. Cependant, il ne s’oppose pas au sénateur Joseph McCarthy, UN AMI DE LA FAMILLE, qui mène une campagne agressive dans le but d’extirper les prétendus espions communistes au sein du gouvernement. »

« Aujourd’hui encore, on ne sait pas dans quelle mesure la mafia a aidé à l’élection de Kennedy notamment dans les États de l’Illinois, à Chicago et à New York. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/John_f_kennedy

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Cabot_Lodge_Jr

@lors, madame King, je sais que vous aimez bien les libéraux et papa PETrudeau en particulier, mais il ne faut pas charrier en accusant monsieur Lisée de tenir des propos qu’il ne tient pas dans cet article.. Vous ne citez d’ailleurs pas le passage de cette entrée de blogue lorsque vous affirmez un peu légèrement « Mais vous et Lisée auriez préféré voir l’état canadien tirer sur des innocents : pauvre vous. » Euh, madame King, vous devriez y aller mollo sur la propagande, vous réflechiseez comme un sbire sous-payé du PCC quand vous placez le lecteur devant un tiers-exclus de votre invention. Comme si on avait le choix qu’entre deux options face a la contestation: tirer dans le tas ou suspendre les droits et libertés pour tout le monde. Comme on dit en latin: « wake up and smell the (brother) roses »

Bref, si avec le recul, on peut enlever du lustre a JFK lui-même et toute sa famille, rien n’empêche qui que ce soit de révéler la vérité trop longtemps camouflée sur Trudeau également. C’est la vie, madame King, nous sommes plus dans les années 50-60. Nous sommes en 2010. Prenez-en acte, svp.

@ Loraine King:

« Quand on en est rendu à blâmer Pierre Laporte d’être responsable de sa propre mort, on est rendu bien bas. Les indépendantistes en sont rendus là, les pauvres. » (sic)

Ça vous surprend? Pas moi… Ils blâmeront bientôt la mère de Pierre Laporte de l’avoir mis au monde et donc d’être responsable de sa mort!!!

Ils font tout pour tenter de nous faire oublier les ignobles assassinats perpétrés par les leurs dont voici la triste liste:

1963: Wilfred O’Neil, un gardien de nuit de 65 ans, est tué lors d’un hold-up au Centre de recrutement des Forces armées.

1963: des bombes sont déposées dans 10 boîtes à lettres de Westmount. Le sergent Walter Leja, 42 ans, en désamorce une première, placée près d’une école, puis une deuxième, dans une rue passante. À la troisième boîte aux lettres, la bombe lui explose dans les mains. Leja, complètement massacré et très lourdement handicapé, passera les quelques années qui lui restent à vivre reclus à l’Hôpital des vétérans, où il mourra en 1972.

1964: au cours d’un hold-up dans un magasin d’armes, le gérant, Leslie McWilliams, 56 ans, est abattu. Un commis, Alfred Pinish, 37 ans, sera tué lors de la fusillade qui s’ensuivit entre les felquistes et la police arrivée sur les lieux.

1966: Thérèse Morin, une ouvrière de 64 ans, est tuée dans l’explosion d’une bombe à l’usine La Grenade.

1966: Jean Corbo, un étudiant de 16 ans, meurt en déposant une bombe à la Dominion Textile.

1969: une bombe explose à la Bourse, blessant sérieusement 27 personnes.

1969: lors d’une violente manifestation organisée par le Front de libération du taxi devant les locaux de Murray Hill, un agent de sécurité tire sur la foule et abat un policier en civil, Robert Dumas.

1970: Jeanne d’Arc Saint-Germain, une fonctionnaire de 50 ans, est tuée dans l’explosion d’une bombe au quartier général de la Défense, à Ottawa.

Quelques mois plus tard, James Cross, Pierre Laporte et leurs proches verront leur vie chavirer.

Fin de la liste

C’est ça qu’ils honorent, Madame!!!

« La crise d’Octobre a fait vivre à plusieurs citoyens des arrestations inutiles et parfois abusives. Leurs familles en ont souffert. Tous les citoyens touchés par ces arrestations ont pu retrouver leur famille, leur chez-soi. Mais pas Pierre Laporte. »

Jean Laporte, fils de Pierre Laporte

http://www.cyberpresse.ca/opinions/201010/15/01-4332912-mort-de-pierre-laporte-ma-vie-a-bascule.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_place-publique_1242600_accueil_POS3

La voilà la différence entre l’état et les pourritures du FLQ.

Merci pour tes articles qui remettent bien en contexte la crise,analysent en profondeur les gestes des élus de l’époqueé Ces rappels remettent les choses en place. Ce ne sont pas les articles de la grande presse à sensation, à la recherche de scoops avec ses portraits complaisants de vedettes policières qui contribuent à faire comprendre quelque chose à cette crise. J’ai hâte que des spécialistes des communications ou des journalistes soucieux de s’approcher de la vérité historique se penchent sur la nature des articles produits sur la crise d’octobre. Tes articles sont éclairants. Bravo.
Robert Comeau, historien,UQAM.

Bonjour,
Ah ! Quel méchant que ce Monsieur Pierre Elliot Trudeau ! Que de millage les nationalistes québécois ont-ils fait sur ton dos ? Tant de haine desservie et mal assouvie qui n’a en fait que donné le cul de sac actuel de la Cause qui piétine les deux pieds dans la même bottine…..L’acrimonie en étant revanchard ne mène jamais à rien et se retourne toujours contre ses thuriféraires…..Au plaisir, John Bull.

Mme King

Pendant des événements du FLQ, la police était au courrant de tout sur les quelques jeunes (13 ou 14 sur le trip, en deux cellules). Le FLQ était infiltré et la police était informée du moindre détail qui s’y passait. De plus la police a posé des bombes beaucoup plus graves que ce mouvement. Ils ont aussi provoqué des incendies. On n’a qu’à se rappeler quand la police à fait sauter un Steinberg. Vous, vous rappelez certainement que certains policiers ont fait de la prison pour avoir fait ces méfaits au nom du FLQ.

Donc si la police était au courrant le ministère de la justice l’était aussi et donc le grand PET et Bourrassa et plusieurs autres étaient aussi au courrant.

Ils ont donc laissés traîner les choses dans dessein d’écraser le Québec et les séparatistes en les accusant en plus de terroristes et les emprisonnant. Oui Emprisonner des poètes.

Pet et Bourrassa sont les plus grands traîtres du peuple québécois.

Il y en a un autre aujourd’hui Mme King qui vend le Québec à bon marché.

Mme King ressemble à toutes ces familles dont des membres sont victimes d’inceste. Leurs membres sont généralement les derniers à le reconnaître.

Ils invoquent toues sortes de raisons et de circonstances pour nier les faits. Et lorsqu’ils sont devenus des évidences impossibles à nier, alors ils évoques les circonstances et vont même jusqu’à pointer les victimes comme étant les seuls responsables de leur propre drame.

Mme King est dans un déni tout ce qu’il y a de plus classique. Ouvrir les yeux est très souvent une démarche qui entraine la mort d’une vision romantique enracinée depuis trop longtemps.

«Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d’en faire.» [Démocrite]

«L’injustice peut avoir intérêt à passer les limites : elle suscite alors des réactions dont l’excès lui donnera beau jeu.»
[Jean Rostand]

« celui (Trudeau)sans lequel rien de tel ne se serait produit. » (sic).

FAUX!!!

Si Pierre Laporte n’avait pas été kidnappé par des terroristes criminels, rien de tel ne se serait produit!!!

Voilà Monsieur Lisée…LA vérité est maintenant rétablie…enfin!

« les mouvements extrémistes aux États-Unis avaient fait exploser 4 500 bombes, provoquant 43 morts et 384 blessés. “A New York, écrit-il, on comptait en moyenne un attentat à la bombe tous les deux jours.” Pourtant, nulle part les autorités n’avaient jugé bon de suspendre les droits et libertés de tous les citoyens. Nulle part, sauf au Canada. »

Depuis quand les gros méchants États-Unis de droite servent-ils d’unité de mesure à Monsieur Lisée???

Je dis « heureusement » que notre gouvernement n’a pas attendu d’avoir « 4 500 bombes, provoquant 43 morts et 384 blessés » avant de réagir!!!

BRAVO au Fédéral.

Je suis toujours surpris de voir comment on tente de justifier l’action immorale de certains (la Loi des mesure de guerre au Québec, la torture aux USA, etc.) par les actions d’une autre partie qui n’a pas rapport.

Selon cette logique, à la fin de la Seconde guerre mondiale, les alliés aurait été justifié de réduire à l’esclavage et/ou de gazer tous les Allemands. Ben oui, les Allemands ont fait pareil! N’importe quoi…

Je ne crois pas que face à leurs crises de cette époque, les Etats-Unis aient passé une loi autorisant leurs policiers à tirer dans la foule sans raison. Donc le point de vue de Monsieur Lisée reste valide. L’argument « auriez préféré que les forces policières se mettent à tirer sur des jeunes innocents, comme on l’avait fait en mai 1970 à Kent State? » est émotif, mais pas du tout logique. Concrètement : ça n’a pas rapport.

Moi, juste de penser que Justin Trudeau pourrait finir par remplacer PET à Ottawa me donne des boutons. Et c’est bien ce qui risque d’arriver, avec en prime l’appui de certains des nôtres!
Je suis fier d’être québécois mais je trouve hélas qu’il y a beaucoup trop de pleutres du style Bourassa parmi nous.

Ce que Monsieur Lisée ne dira JAMIS au sujet des pseudo-innocentes victimes des rafles de notre police durant la crise d’octobre ’70:

1- Sur les 497 individus appréhendés au total (et honorés sur le monument de la SSBJ), seules 103 personnes ont été incarcérées injustement pendant cette période. Les 394 autres avaient d’une façon ou d’une autre appuyé, publiquement ou par leurs gestes, les fins violentes du FLQ de faire une révolution marxiste et sécessionniste et de renverser le gouvernement démocratiquement élu du premier ministre Robert Bourassa.

C’est la conclusion à laquelle en est venu le Protecteur du citoyen du Québec, dès mars 1971, à la suite d’une démarche entièrement indépendante. Les 103 personnes incarcérées injustement ont toutes eu droit à une compensation de l’État québécois allant jusqu’à 30 000$ et ont signé une quittance.

2- Le 15 octobre 1970, c’est le gouvernement du Québec, et non le gouvernement fédéral, qui, avec le soutien unanime des chefs des trois partis de l’opposition de l’époque à l’Assemblée nationale, y compris Camille Laurin, chef parlementaire du Parti québécois, a appelé le régiment de Valcartier de l’armée canadienne en renfort pour aider les autorités policières québécoises à mater ceux qui défiaient la démocratie par leurs crimes et leurs appels à la violence. En tout temps, les soldats canadiens prenaient leurs ordres du chef de la Sûreté du Québec.

3- L’arrivée de l’armée a eu pour effet de rassurer la population, de calmer les fomenteurs de trouble, et d’éradiquer, non pas le mouvement indépendantiste, mais bien le terrorisme et ses méfaits.

4- René Lévesque a affirmé, dans sa chronique du Journal de Montréal du 30 octobre 1970, que la décision de faire appel à l’armée avait été «la bonne décision» et que les citoyens du Québec ont à l’époque, dans leur immense majorité, approuvé sans réserve cette démarche qu’ils trouvaient légitime pour contrer les insurgés et rétablir l’ordre.

5- Finalement, la Loi sur les mesures de guerre aurait «suspendu la constitution et l’ensemble des droits et libertés?». Elle n’a prohibé que l’appui aux gestes violents du FLQ. La liberté d’expression, même à l’encontre de cette loi, la liberté de la presse et la liberté de rassemblement ont été préservées. À preuve, les rassemblements étudiants, dont celui où fut chaudement applaudie l’annonce de l’assassinat de Pierre Laporte, ne furent pas interdits. Les dirigeants et les organes du PQ continuèrent à se réunir et à faire des déclarations publiques pendant toute cette période. Les médias ne furent jamais gênés dans leurs activités, contribuant même au contraire parfois à exacerber la crise d’Octobre.

Source: http://www.cyberpresse.ca/opinions/201010/19/01-4334079-monument-de-loubli.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_opinions_652_section_POS1