On force le jeu aux Postes

Pendant 12 jours, les employés de Postes Canada ont eu recours à des grèves tournantes qui ont donné des maux de tête à la direction de la société d’État, mais permis aux citoyens de recevoir l’essentiel de leur courrier. Le volume a fléchi, il y a eu des retards et des clients sont allés voir ailleurs. Par contre, la grogne qu’une grève générale aurait alimentée n’était pas au rendez-vous. La justification pour une loi spéciale de retour au travail non plus.

Postes Canada a pris les choses en main ce matin. Sans avertissement, elle a créé les conditions pour pousser le gouvernement Harper à agir. Elle a paralysé le service en mettant ses employés en lock-out. Une des raisons données pour expliquer ce geste est sans ambiguïté. «Nous croyons qu’un lock-out est le meilleur moyen de résoudre rapidement cette impasse», lit-on dans le communiqué.

La ministre du Travail, Lisa Raitt, qui a toujours dit privilégier une solution négociée, avait indiqué hier ne pas voir la nécessité d’intervenir puisque la grève n’était pas nationale. Confrontée à une nouvelle donne ce matin, elle a rectifié le tir. Mme Raitt a fait savoir en matinée au Globe and Mail qu’elle devait réévaluer la situation et, si nécessaire, envisager un loi forçant un retour au travail.

Ces négociations sont complexes et les parties ne s’entendent même pas sur les coûts, les pertes, le volume de courrier… Bref, les chiffres à la base de leurs propositions respectives. On pouvait s’attendre à un long conflit.

Les syndiqués avaient dosé leurs moyens de pression pour éviter l’interruption totale du service et, du coup, l’intervention du gouvernement. La partie patronale a pour sa part géré les aléas des grèves tournantes et n’avait pas parlé de lock-out. Elle est pourtant rapidement passée aux actes après que la ministre ait dit ne pas voir de raison d’intervenir en l’absence de paralysie totale du service.

La ministre a, délibérément ou non, offert à Postes Canada la marche à suivre pour forcer le jeu dans le sens souhaité par la société d’État. La teneur du projet de loi, si loi spéciale il y a, nous dira si les dés étaient pipés d’avance ou non.

 

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On a forcé le jeu chez Air Canada et maintenant à Poste Canada.

Le gouvernement Harper, aussi de droite qu’il puisse être, sera interventionniste dans les conflits de travail.

Je trouvais très adéquate la stratégie du syndicat par des grèves tournantes qui évitait de prendre le public en otage et maintenait le service postal au ralenti, tout en forçant la main de la direction à s’asseoir à la table de négociation.

C’est la direction de Postes Canada qui a maintenant l’odieux d’interrompre le service et de prendre les citoyens en otages.

La direction de Postes Canada semble préférer la voie d’un retour au travail forcé par une loi spéciale et de reporter aux calendes grecques le règlement d’une convention collective négociée.

Vous dites que les deux parties n’ont pas de données exactes pour évaluer avec le plus d’exactitude possible le volume et la rentabilité de la poste, fiez-vous sur le gouvernement Harper pour la grande noirceur de ce côté là. Après avoir enlevé plusieurs sources d’information à Statistiques Canada, on va se rendre compte que l’information est devenu le nerf de la guerre ( avec les autres gouvernements c’était l’argent). Dans tous les pays totalitaires, le nerf de la guerre est l’information et ça le gouv. Harper l’a très bien compris. Alors devinez où s’en va le beau Canada de J. Chrétien???
Pour ce qui est du droit des syndicats de négocier, on va voir aussi de ce côté là ce qu’est un gouvernement de droite. Un conflit de travail dans la fonction publique avec ce gouvernement ne durera pas plus d’une semaine. Préparez-vous à avoir des lois spéciales en série au grand plaisir du monde qui trouve ça bien normal que le gouvernement mette ses culottes et écrase les maudits syndicats.
Est-ce que c’est ce qu’on appelle avoir une vue avec des oeuillères ???

Voilà le vrai visage de du parti de l’Alliance.
Du reaganisme. Lock-out, loi spéciale, et quoi d’autres. Le temps est venu de tout bloquer dernière chance avant une révolution. Fini l’esclavage.

De l’hypocrisie syndicale, encore une fois… Mettons de l’avant la «bonne foi» du syndicat via ses grèves tournantes, mais omettons de dire qu’on cause des centaines de millions en pertes chez Postes Canada, i.e. en redevances pour payer nos coûteux programmes sociaux.

Que dire des insultes aux employés de comptoir et les réceptions assez acides réservées aux facteurs… et du budget de Postes Canada, occupé aux DEUX tiers par sa masse salariale.

J’oubliais: les syndiqués ne travaillent que 64% des heures payées…

MAIS, le syndicat est le bon joueur dans l’conflit…

Pace
http://www.terraindejeux.ca

La grève tournante se voulait d’attirer la sympathie du public, mais les faits sont biens que depuis qu’on a mis en branle cette grève tournante, je n’ai reçu en tout et pour toute qu’une seule fois du courrier. Donc, cette grève tournante est presque aussi paralysante qu’une grève générale, sauf qu’une grève générale n’aurait pas été sympathique au public. Poste-Canada doit respecter ses engagements comme service public essentiel.

Les postiers de Poste-Canada ont de bons emplois et s’ils estiment que leurs conditions de travail sont si épouvantables que cela, ils n’ont qu’à aller voir ailleurs. La direction de Poste-Canada n’avait pas d’autres solutions que d’ordonner le « lock-out » car les syndicats n’ont aucunement envie de négocier intelligemment. On cherche des rapports de force, ce qui est le contraire d’une politique contractuelle, comme cela se fait en Allemagne notamment.

J’espère une loi spéciale promptement à fin de voir les employés de Poste-Canada revenir au travail dans les meilleurs délais, pour ainsi percevoir également leur salaire. Et si le gouvernement continue de tergiverser, cela ne fera que démonter une fois de plus que les Conservateurs sont avant tout de beaux parleurs et d’assez petits faiseurs.

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