ONU : Mulroney fait gentiment la leçon à Harper et Baird

L’ancien premier ministre Brian Mulroney n’est pas membre du club des belles-mères, mais il y a des dossiers qui lui tiennent à cœur, comme le rôle du Canada sur la scène internationale. Invité à rencontrer l’équipe éditoriale du Globe and Mail pour souligner le 25e anniversaire de l’Accord de libre-échange Canada-Etats-Unis, il n’a pu s’empêcher de répliquer, avec diplomatie, au ministre des Affaires étrangères, John Baird, qui s’est permis lundi de faire la leçon aux Nations Unies, et au premier ministre Harper, qui a boudé l’assemblée générale.

Vous trouverez le compte-rendu ici et des extraits de l’entrevue sur ce sujet et quelques autres ici, mais je vous résume ses propos. Selon M. Mulroney, les Nations Unies sont vitales pour l’engagement multilatéral canadien.

«Selon moi, le Canada a énormément profité de l’existence [de l’Organisation] des Nations Unies. Cela a rehaussé notre capacité à répandre nos vues et à défendre nos principes et idéaux à travers le monde. Essayez d’imaginer un monde sans elle. Nous n’avons pas la force d’imposer notre volonté ou d’avoir toujours gain de cause. Nous avons besoin d’instruments pour assurer l’harmonie internationale.»

Brian Mulroney suppose qu’on peut attribuer la perte d’«enthousiasme» du gouvernement Harper à l’égard de l’ONU à son échec lors de l’élection au Conseil de sécurité de 2010. Il convient que l’institution onusienne est loin d’être parfaite, mais ajoute que «si vous décidez d’y être, vous devez essayer de la garder aussi forte et parfaite que possible».

M. Mulroney a toujours accordé une grande importance à l’ONU où il a mené la charge contre l’apartheid. Il a nommé des ambassadeurs solides. Son gouvernement était un participant fiable des missions de paix. Et c’est cet attachement, le sien et celui du Canada, qu’il tenait à rappeler et qu’il vaut la peine de se remémorer.

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Le mépris de M. Harper envers les Nations Unies ressemble à l’unilatéralisme des États-Unis de George Bush. M. Harper semble être en train d’abandonner une politique de l’État afin d’embrasser sa version idéologique du Canada comme un État voyou

Naturellement vous passez sous silence les éloges de Mulroney à l’égard de Harper:

« I think Harper is a very shrewd politician — a highly competent guy. He understands Canada … He’s very sensitive to local issues, perhaps more so than most prime ministers … He didn’t get to where he is without having a very sophisticated knowledge of politics and the country, and how to put one together with the other. The idea that [Harper] is a tough guy who imposes his views on people, that’s nonsense. Political parties don’t work that way. Governments don’t work that way. You lead by persuading at the end of the day — you lead by example. »

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