O’Toole et Harper, même combat

Les conseillers du chef conservateur Erin O’Toole ont visiblement arraché quelques pages du livre de campagne de Stephen Harper. 

Montage L'actualité

Si vous ressentez une légère impression de déjà-vu en observant jusqu’à présent la campagne électorale du Parti conservateur, vous ne rêvez pas. De la nature à la structure des engagements, en passant par l’itinéraire du chef, il y a beaucoup de ressemblances avec la campagne de 2005-2006, celle qui avait permis à Stephen Harper de se hisser au pouvoir et de faire sa fameuse percée au Québec.

Comme Stephen Harper à cette époque, Erin O’Toole propose une feuille de route en cinq points faciles à résumer et à retenir : adopter une loi anticorruption ; établir une stratégie pour la santé mentale ; encourager la production locale d’équipement médical ; créer un million d’emplois ; éliminer le déficit en 10 ans. Ces cinq points ne sont pas identiques à ceux de Stephen Harper, mais ils y ressemblent : adopter une loi sur l’imputabilité ; réduire les listes d’attente en santé ; s’attaquer au crime ; verser 100 dollars par mois aux parents pour éponger leurs frais de garderie ; baisser la TPS à 5 %. Ces deux derniers éléments ne figurent peut-être pas dans le top 5 d’Erin O’Toole, mais ils se retrouvent ailleurs dans son programme. Le chef conservateur propose en effet un congé de TPS en décembre prochain sur tous les achats en magasin (sauf quelques exceptions comme les véhicules) et promet aux parents dont les enfants fréquentent une garderie un crédit d’impôt bonifié sous forme de chèque.

Quant à l’itinéraire, Stephen Harper s’était fait remarquer en décembre 2005 en se rendant dans la ville de Québec dès le deuxième jour de la campagne électorale. Erin O’Toole y est allé mercredi, au quatrième jour. Stephen Harper y avait annoncé sa loi sur l’imputabilité. On estimait que le Québec, marqué par le récent scandale des commandites, serait avide d’une promesse d’intégrité. C’est aussi à Québec qu’Erin O’Toole a présenté sa future loi anticorruption, en la justifiant par un autre scandale québécois, l’affaire SNC-Lavalin. C’est pour cette raison que la loi interdirait notamment le lobbying lié à un dossier faisant l’objet de poursuites criminelles.

« Les membres de l’équipe québécoise pour cette campagne sont allés à l’école Harper », dit-on en coulisses. Reste à voir si la recette permettra de regagner — comme l’espère le parti — les deux sièges de Beauport perdus en 2019 au profit du Bloc québécois.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.

J’ai des profonds doutes sur sa capacité à mobiliser les électeurs derrières des promesses vides. Le but est de ne pas se faire démolir. De garder au moins les acquis!

Répondre

Question promesses vides, nous avons un maître dans cet art en la personne de l’actuel premier ministre.

Nous allons nous faire avoir. Parce qu’au Québec, on vote comme des pieds. Toujours prêt à croire aux promesses faites avec notre argent.

Répondre