Où sont les femmes ?

Le fait que le Québec soit gouverné par un nombre égal d’hommes et de femmes depuis 2007 peut laisser croire que la parité est désormais atteinte en politique. Or, la présente campagne électorale illustre à quel point les grands partis ont échoué à faire une place adéquate aux femmes en leur sein. Loin de s’améliorer, la situation empire.


 

Jean Charest se félicite d’avoir été le premier à nommer un nombre égal de femmes et d’hommes au Conseil des ministres. Durant la campagne, il s’est d’ailleurs engagé à maintenir cette parité s’il est réélu. Le chef libéral applique cependant un tout autre principe lorsqu’il s’agit de sa garde rapprochée. Les directeurs de son war room, de sa campagne électorale, de son cabinet, de son parti, et même ses conseillers spéciaux sont tous des hommes. Sans exception.

Le Parti libéral (PLQ) présente moins de candidates (41) à ces élections qu’aux précédentes (44). À 32 %, on est encore bien loin de la parité. Dans les faits, la place des femmes à l’Assemblée nationale régresse, tous partis confondus. Proportionnellement, elle a chuté de cinq points de 2003 à 2007.

Le sexe du chef compte peu pour rétablir l’équilibre. Le Parti québécois (PQ) a beau avoir comme chef une femme, ouvertement féministe, il ne fait pas mieux que le PLQ — au contraire — avec 39 femmes parmi les 125 candidats qui portent ses couleurs. Quant au parti de Mario Dumont (l’ADQ), il ne franchit pas plus cette fois-ci que les précédentes le cap timide — honteux, diraient certains — des 20 % de candidatures féminines.

La parité hommes-femmes affichée au sommet du gouvernement ne serait-elle qu’un joli paravent rose ?