Ouch !

La nomination du premier ministre démissionnaire du Manitoba, Gary Doer, comme ambassadeur du Canada à Washington est d’abord et avant tout une décision intelligente,  qui démontre que le gouvernement de Stephen Harper est prêt à faire ce qu’il faut pour développer des atomes plus crochus avec l’administration démocrate de Barack  Obama.

Photo : Adrian Wyld/PC
Photo : Adrian Wyld/PC

La nomination du premier ministre démissionnaire du Manitoba, Gary Doer, comme ambassadeur du Canada à Washington est d’abord et avant tout une décision intelligente,  qui démontre que le gouvernement de Stephen Harper est prêt à faire ce qu’il faut pour développer des atomes plus crochus avec l’administration démocrate de Barack  Obama.

Elle démontre également que, quand il le veut, le premier ministre conservateur est capable de sortir de son carcan idéologique pour exploiter à fond les ressources qui sont à sa disposition.

En cela, Stephen Harper s’inspire de Brian Mulroney qui avait désarmé bien des critiques en dépêchant le néo-démocrate Stephen Lewis comme ambassadeur aux Nations-Unies pendant les années 80.

Le poste que confie M. Harper à Gary Doer est encore plus névralgique.  La relation canado-américaine est au centre de la politique canadienne au sens large. Sa gestion comporte obligatoirement l’instauration d’une forte relation de confiance entre le premier ministre et son nouvel ambassadeur.

Tout néo-démocrate soit-il, Gary Doer est avant tout un homme politique oecuménique, qui a toujours été plus porté à bâtir des ponts qu’à se cantonner dans ses retranchements idéologiques. Ses liens avec l’ancien premier ministre albertain Ralph Klein et son amitié avec Jean Charest en témoigne.  On ne lui connait d’ailleurs pas de vrais ennemis à la table des premiers ministres provinciaux.

Cela dit, sa feuille de route en matière de lutte aux changements climatiques, un sujet de plus en plus chaud entre les deux capitales, est nettement plus convaincante que celle de son nouveau patron. Difficile, dans les circonstances, de ne pas y voir un signal positif pour un dossier qui tient à coeur à une grande partie de l’électorat.

Sur le plan politique, la nomination constitue à la fois un coup dur et un avertissement pour les libéraux de Michael Ignatieff,  qui  semblent avoir passé l’été à se bercer de l’illusion qu’il leur suffirait de transformer la prochaine campagne électorale en concours de popularité entre leur chef et Stephen Harper pour l’emporter.

Le premier ministre conservateur vient de compter dans le filet désert de Michael Ignatieff. On verra dans quelques semaines s’il s’agissait d’un but décisif.

ps: Une heure après l’annonce de la nomination de Gary Doer, Jack Layton, beau joueur, émettait un communiqué pour le féliciter. Presque huit heures plus tard, on attend toujours un communiqué équivalent du chef libéral. Il y a des sujets sur lesquels le syndrome de la page blanche est particulièrement virulent…

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