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Le coup de Poker de Loto-Québec

On connaît la chanson: puisque le mal est inévitable, autant le canaliser pour en réduire la portée. Mon conseil: méfiance ! Loto-Québec compte mettre en ligne dès l’été prochain son propre site de Poker en ligne. La société espère empocher sa part des 80 millions $ que les joueurs québécois perdent en ligne chaque année, au profit de compagnies étrangères. Une mise qui croît de 30% par an depuis 2003. On nous promet que le système de Loto Québec sera plus sécuritaire que les jeux privés actuels et qu’il découragera le jeu compulsif. On jugera sur pièces. Le législateur, qui doit ouvrir la voie pour que ce projet se réalise, devrait cependant se méfier. La même logique de « nationalisation » du jeu a présidé à la prise de contrôle par Loto-Québec, d’abord des loteries, puis des vidéo pokers. Mais plutôt que de limiter leur utilisation pour en réduire les effets négatifs sur le public, la société d’État en a vanté les mérites et en a généralisé l’usage sur tout le territoire. Naguère, le crime organisé profitait de ces trafics, mais à petite dose. Aujourd’hui, c’est le trésor public qui en est devenu accroc, au grand dam des joueurs compulsifs et des citoyens plus pauvres qui assument de manière disproportionnée cette taxe volontaire, véritable opium du peuple. Alors, quel sera le budget de publicité pour Loto-Québec-Poker-en-ligne ? La seule bonne réponse: suffisant pour détourner vers son site les joueurs actuels, mais pas assez élevé pour accroître le nombre de joueurs. Un dernier mot. Je me suis déjà insurgé contre la pratique des dépanneurs de proposer systématiquement à leurs clients des billets de loto, une technique de vente sous pression détestable. La semaine dernière, c’est ma gentille caissière du superarché Métro qui, au moment de faire le total, me demande si je veux « Une Célébration avec ça? » Elle m’explique que c’est la consigne depuis le début de novembre. (Chers internautes, signalez-moi si c’est le cas chez d’autres détaillants.) Un cadre supérieur de Loto-Québec me jure que ces pratiques ne sont pas du ressort de la société d’État, mais des détaillants qui veulent ainsi augmenter leurs ventes de billets, donc leurs profits. « En fait, ça nuit à notre image », me dit-il, penaud. Second avis au législateur: interdire aux détaillants cette pratique, sous peine de leur retirer leur droit de vendre des billets de loto.

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8 minutes pour changer le monde

Une biologiste, Mélanie Busby, et un avocat et étudiant en économie à l’UdeM, Erik Bouchard-Boulianne, ont décidé, comme des centaines de milliers d’autres individus dans le monde, de faire leur part pour sauver la planète. Caméra au poing, ils ont monté un documentaire dont un résumé de 8 minutes, très pédagogique et très instructif, est maintenant disponible sur youtube. Ils m’écrivent: Dans l’ouvrage «Imaginer l’après-crise», vous discutez amplement du défi que représente la crise écologique que nous vivons. Puisque le démo (et le film) reprend une grande partie de votre propos en image, nous osons espérer que vous aimerez bien. Si j’aime ? Mets-en. C’est presque une bande annonce de notre ouvrage. Jusqu’à hier, moins de 200 personnes étaient dans le secret. Allez, écoutez le clip et faites sauter le compteur:

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Cinq choses indispensables à savoir sur le climat

Alors que le tic-tac du compte-à-rebours vers Copenhague devient assourdissant, voici cinq choses qu’il me semble utile de savoir sur le climat: 1. Si ça réchauffe, pourquoi ça refroidit ? Bonne question ! 2. Avec la récession, ça réchauffe moins ? Malheureusement, non. 3. Les mesures prises depuis 10 ans n’ont-elles aucun effet ? Au contraire ! 4. Puisque ça marche, on n’a qu’à continuer comme ça ? Euh, non ! 5. Donc, quelles sont les probabilités qu’on évite le pire ? Réponse: vous avez une pièce de monnaie ? 1. Si ça réchauffe, pourquoi ça refroidit ? Bonne question ! C’est la planche de salut des négationnistes — et le calvaire des scientifiques. Après des années où le réchauffement fut spectaculaire– Katrina, la fonte de l’Arctique — les températures redescendent ces dernières année. Les scientifiques expliquent que l’augmentation continue de CO2 dans l’atmosphère fait monter la température, mais en dents de scie. Nous sommes sur « un plateau ». Selon le NYTimes qui fait le tour de la question ici (il faut s’inscrire mais c’est gratuit), nous avons 1/8 de chance que ce plateau dure 10 ans, mais 5/100 qu’il dure 15 ans. Cela rend le travail de persuasion du public plus difficile. Comme le dit le physicien Joseph Romm : « les humains ne sont pas comme des grenouilles qui bouillent tranquillement, mais comme des grenouilles sans cervelle qui bouillent tranquillement! » 2. Avec la récession, ça réchauffe moins ? Malheureusement, non. Normalement, oui, mais ce n’est pas la récession pour tout le monde. Aux États-Unis, grâce à la récession (!!), les émissions de CO2 ont chuté de 2,8% en 2008. Pourtant, les émissions MONDIALES de CO2 ont AUGMENTÉ en 2008 de 2%, notamment parce que la croissance économique de la Chine (pour 75% de l’augmentation), de l’Inde et de d’autres pays émergents vont bon train. Bref, même avec la récession, ce 2% est une augmentation record dans l’histoire. Washington estime qu’en 2009, les émissions de CO2 aux ÉTATS-UNIS vont être de 8,5% plus basses que leur niveau de 2005. Mais comme la reprise économique est encore plus forte en Chine cette année que l’an dernier, il est possible que les émissions MONDIALES vont être malgré tout à la hausse. 3. Les mesures prises depuis 10 ans n’ont-elles aucun effet ? Au contraire ! C’est la bonne nouvelle derrière tout ce carbone. Les émissions ont été réduite en 2008 en Europe à cause de la récession, mais elles commençaient à se réduire auparavant à cause de l’application des mesures environnementales. En 2005, les réductions dans les 15 pays européens actifs en la matière étaient de 0,8% sur l’année précédente, et de 1,5% par rapport à 1990. C’est peu, mais c’est dire que, malgré la croissance économique, cela marche. Globalement, l’Union Européenne et le Québec sont en piste pour ramener, en 2012, leurs émissions de GES à 6% de moins que ce qu’elles étaient en 1990. Bref: quand on y travaille, ça marche ! 4. Puisque ça marche, on n’a qu’à continuer comme ça ? Euh, non ! Un rapport de l’ONU publié en septembre a joué à prédire ce qui se passerait si tous les pays appliquaient intégralement leurs politiques environnementales les plus optimistes adoptées jusqu’à maintenant. Sachant qu’il faut absolument éviter une augmentation de 2 degrés de l’atmosphère terrestre (au-delà, le degré de misère humaine augmente rapidement), l’application des efforts déjà en cours résulterait, en fin de siècle, par une augmentation de 6,3 degrés ! (Ne rien faire donnerait 8,1, mais à ce niveau, nous serions beaucoup nombreux à ressentir la différence.) Conclusion d’Achim Steiner, directeur exécutif de l’Agence des nations unies pour l’Environnement: « Avec chaque jour qui passe, les tendances lourdes que la science nous révèlent sont d’une nature si dramatique que ne pas réussir une entente majeure à Copenhague serait vue historiquement comme inexcusable. » 5. Donc, quelles sont les probabilités qu’on évite le pire ? Réponse: vous avez une pièce de monnaie ? En simplifiant à peine, on peut dire que si les pays réunis à Cophenhague en décembre acceptent les recommandations des scientifiques réunis par l’ONU de réduire globalement de 50% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, nous aurons 50% des chances de ne pas passer le cap des 2 degrés supplémentaires. Ce n’est en réalité qu’une évaluation du risque. Plus on réduit, moins le risque est grand. Moins on réduit, plus on est cuit. Bref, à ce stade, il faut réduire et prier. 6. (Bonus) Et vous, blogueur, qu’en pensez-vous ? J’ai passé une partie de l’été à me plonger dans ces dossiers pour Imaginer l’après-crise et faire ma propre modeste contribution à la résolution de ce problème. J’en sors dans un état de pessimiste sceptique. Je suis pessimiste sur notre capacité collective d’éviter le pire. Mais je reste attentif (et actif) pour que la moindre étincelle d’intelligence collective me donne tort. (Voir les terribles images de la pollution en Chine, par le photographe Lu Guang, ici.)

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Citation du jour: la santé des Nazis

Ceux d’entre vous qui suivent le débat américain sur le système de santé savent que la frange radicale des Républicains compare parfois Obama à Hitler, à cause de…. euh. À cause qu’ils sont idiots ! Reste qu’ils le font beaucoup, y compris avec cette image de camps de concentration déployée pendant une manif républicaine — en présence de sénateurs et de représentants républicains — devant le congrès. D’où cette savoureuse citation de Jim Hansen, un internaute commentant un des billets de Paul Krugman : «Avec toutes les comparaisons faites à Hitler et aux Nazis, les jeunes Américains vont finir par croire que les alliées se sont battues contre les Nazis parce que l’Allemagne avait trop de soins de santé!»

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La planche savonneuse de Charest-le-vert

Le positionnement de Jean-Charest-le-vert, lors de son discours écolo d’hier au CORIM, semble sans risque. Semble, on va voir pourquoi. Côté droite, que peuvent dire ou faire les entreprises qui l’ont conjuré, depuis des mois, de ne pas fixer pour le Québec un objectif de réduction de 20% des gaz à effet de serre d’ici 2020? Ils craignent que leurs voisins américains et canadiens, non soumis à de telles contraintes, viennent leur voler des clients. Que peuvent faire ces patrons ? Aller au PQ ? Il est encore plus vert et voulait 25% de réduction. L’ADQ ? Ne les faites pas rire ils ont les lèvres gercées. Les patrons sont coincés. Côté vert, les écolos modérés ont applaudi à un discours qui reprenait 75% de leurs thèmes et 90% de leurs arguments. Charest a même laissé la porte ouverte à une remontée de la cible à 25%. Il leur était difficile d’avoir l’air fâchés. Les rapports de Jean Charest avec les fédéraux sont-ils à risque ? Il ira les contredire quotidiennement à Copenhague, cela fera mauvais effet à Ottawa. Le ministre fédéral Prentice propose une réduction ridicule de 3%. Charest sera Monsieur 7 fois plus. Mais ses rapports avec les réformistes qui dirigent le parti conservateur sont déjà au gel fixe. Cela ne peut vraiment aller plus mal. Il n’a rien à perdre de ce côté. Il y a toujours le problème de ne pas pouvoir livrer la marchandise promise. Une réduction de 20%, c’est énorme… Allo ? C’est pour 2020 ! Dans 11 ans. Pour payer le prix politique d’une promesse brisée, il faudrait que Jean Charest reste encore deux mandats. Croyez-moi, il sera ailleurs. Non, le risque politique inscrit dans le positionnement écologique du premier ministre est plus fondamental encore. Écoutez bien ce qu’il a dit hier: Il est dans l’intérêt du Canada, dont la prospérité repose en très grande partie sur l’exportation, de fournir dans ce combat mondial un effort comparable à celui de ses partenaires. Ainsi, des pays du monde envisagent déjà d’imposer des ajustements tarifaires à leur frontière sur les produits en provenance de pays qui ne combattent pas énergiquement les GES. L’Organisation mondiale du Commerce et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement ont même déjà reconnu que de telles pénalités seraient légitimes et légales. Donc, un Québec qui a déjà fait un effort considérable depuis 1990 (-7% d’émissions dans le secteur industriel, alors que le PIB est monté de 40%, a martelé le PM) et qui s’engage dans l’effort le plus ambitieux sur le continent (Ontario -15%, Colombie -11%, Oregon -10%, Californie 0%), pourrait voir ses produits TAXÉS par les États-Unis et par l’Europe. Pourquoi ? Parce qu’il fait partie d’un pays, le Canada, qui ne fait que -3%. Voici la phrase que M. Charest avait devant lui mais n’a pas lue: L’incurie du gouvernement canadien risque de devenir un fardeau pour les manufacturiers et exportateurs québécois et canadiens. Ne chipotons pas, il l’a dit dans des termes similaires. Bref, sa démonstration est claire: Un Québec vert dans un Canada brun sera pénalisé. Son industrie, son économie, son emploi va souffrir du fait que les exportations québécoises, vertes, auront pour ainsi dire le passeport d’un État voyou, l’État canadien. Le Québec serait même plus touché que les provinces moins vertes, car nous comptons pour le tiers de toutes les exportations canadiennes vers l’Europe. Ce serait un comble que Charest-l’Européen, qui porte à bout de bras le projet de libre-échange Canada-Europe, voit son rêve d’ouverture européenne brisé par une taxe à l’importation dont on pourrait suivre les racines jusque dans la plaine albertaine souillée par les sables bitumineux. Dans un texte lumineux sur ce sujet, l’économiste devenu député bloquiste Pierre Paquette enfonce le clou encore plus loin: Une entreprise peut fabriquer au Québec en émettant deux à trois fois moins de CO2 qu’ailleurs dans le monde. Dans un monde où la logique de Kyoto prévaut, c’est un atout inestimable au plan économique. (…) Au fur et à mesure de la diminution des disponibilités en pétrole, qui devrait commencer à se manifester d’ici 15 à 20 ans, le Québec verra s’accroître ses avantages comparatifs, en particulier par la disponibilité sur son territoire d’une énergie propre, fiable et durable. Si on ajoute à cela la réglementation internationale environnementale qui sera nécessairement mise en place, le Québec deviendra une destination de choix pour les entreprises et les investisseurs étrangers. Mais notre appartenance au Canada nous prive de cette possibilité. Dans ce scénario, la seule façon pour un Québec vert de tirer profit de sa vertu environnementale sera de quitter le Canada. Cette ligne de fracture est aujourd’hui visible sous la surface. S’il faut que, demain, comme Jean Charest le prévoit, la législation américaine et européenne sanctionne le Canada et, par définition, sa province de Québec, l’injustice subie deviendra l’argument le plus moderne et le plus éclatant pour l’indépendance de la province verte.

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La révolte des élèves trop branchés !

Vous vous désolez de la situation de l’éducation au Québec? De l’indiscipline? De l’incivilité? Cette nouvelle venant de la République française vous convaincra que, décidément, cela pourrait être pire: Sous le titre: Des élèves menacent la prof qui leur interdit d’utiliser leurs portables (cellulaires), Libération rapporte: Après avoir demandé au proviseur du lycée un changement de professeur, sans succès, des élèves ont écrit à (leur professeure) Mme Lespagnol une lettre d’insultes, dans laquelle ils lui demandaient de changer de comportement. «Nous vous conseillons de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps», selon cette lettre dont l’AFP a eu copie. «S’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire: allez vous faire enc.!», ajoutaient les lycéens. Les profs ont manifesté en soutien à leur collègue. L’article a déclenché une foule de commentaires sur le site de Libé (282 quand j’y suis allé). Dont celui-ci: Au moins, ils l’ont vouvoyée. « Allez vous faire… » Ont-ils écrit. En effet, c’est déjà ça. Libé rapporte aussi qu’un ado français sur deux utilise son cellulaire en classe. Le journal a aussi interrogé des lycéens, qu’on peut entendre sur son site. Un d’entre eux se vante d’envoyer 30 SMS par cours… (Merci à Daniel C. pour ce signalement.)

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Parizeau, Krugman: même combat !

L’endettement massif auquel se livrent les pays, surtout occidentaux, par les temps qui courent nous prépare des lendemains qui déchantent. Aux États-Unis, en Europe et au Québec, l’inquiétude est palpable. Ces derniers jours, je suis cependant tombé sur les écrits de deux de mes économistes favoris qui, sans affirmer que la dette ne doit pas nous préoccuper, souligne qu’elle ne doit surtout pas, en ces temps de crise, nous empêcher d’agir. Leurs noms? Paul Krugman et Jacques Parizeau. Krugman, du NYTimes, est en campagne pour l’adoption d’un nouveau plan de relance. Cohérent, il disait en début d’année que le plan Obama était insuffisant, il le constate encore aujourd’hui au vu des chiffres du chômage. Il pense que la proportion de sans emplois aux États-Unis va se maintenir aux environs de 11% loin pendant l’année prochaine. Je traduis, de son récent billet Fiscal Perspective. Oui, nous nous enfonçons dans la dette. Non, ce n’est pas sans précédent. D’autres pays avancés ont été significativement plus endettés sans faire faillite et sans subir de période hautement inflationnistes — et certains d’entre eux ont eu des gouvernement faibles (la Belgique à cause de la langue et l’Italie parce que c’est l’Italie.) Je serais plus tolérant au sujet des âneries [qu’on entend sur la dette] si tous les gens qui s’égosillent au sujet du déficit étaient sincères, et certains le sont. Mais plusieurs, sinon la plupart, étaient parfaitement heureux d’empiler les déficits pour les guerres qu’ils voulaient mener et/ou pour éliminer l’impôt sur les successions pour les enfants de multimillionnaires. C’est seulement lorsque les déficits sont utilisés pour aider les travailleurs qu’ils deviennent de grands moralisateurs. Quoiqu’il en soit, l’économie a désespérément besoin de davantage d’aide — et, oui, nous avons les moyens de lui en procurer. Si on mettait le Québec sur le graphique de Krugman, on trouverait sa ligne (bleue) sous le repère du 40%. Il serait là, bien en retrait des pays cités, qui sont parmi les cancres, mais également sous l’Allemagne (60%), sous la moyenne de l’OCDE (47%), sous le Royaume-Uni et la France (43%). Le ratio dette/PIB du Québec, lorsque calculé selon les normes en usage à l’OCDE et au FMI, se compare donc avantageusement à celui des pays comparables. J’ai dit «pays» ? Oui, car ces calculs, effectués par le Bloc Québécois et cités dans le dernier ouvrage de Jacques Parizeau, incluent la part québécoise de la dette fédérale. (Incise: on aimerait pouvoir citer une comparaison internationale ainsi colligée par les excellents services du ministère des Finances du Québec. Mystère, jamais un tel tableau ne nous est présenté. Il est vrai que, depuis des années, le spectre de la dette est utilisé pour effrayer les Québécois et les inciter à abandonner leurs appétits socio-démocrates. Passons.) Nous avons raison d’être inquiets de l’État des finances publiques du Québec. Et une hausse soudaine des taux d’intérêts sur notre dette rendrait encore plus périlleuse notre gestion budgétaire. (C’est pourquoi je propose, dans Pour une gauche efficace, de constituer un vrai Fonds des générations qui serait un actif, investi dans l’économie et disponible en cas de coup dur, plutôt qu’un remboursement immédiat de la dette.) Ce paradoxe est bien exprimé par Jacques Parizeau dans son dernier livre La souveraineté du Québec, hier, aujourd’hui et demain: Le Québec est surement plus endetté que le Canada, mais sa cote est nettement inférieure à la cote moyenne de l’OCDE que l’on ne voit vraiment pas ce qu’il peut y avoir d’inquiétant. On arrive donc à une situation paradoxale. Comme province, le Québec est objet de toutes espèces d’inquiétudes, exagérées sans doute, démagogiques même, mais qui ont des effets indiscutables sur la façon dont les gouvernements voient le présent et craignent l’avenir. Comme pays, le Québec n’a pas de raison particulière de s’inquiéter. Un dernier mot sur le livre de Jacques Parizeau. Il note avec raison que s’il fallait soustraire de la dette québécoise la valeur de l’actif de notre poule aux oeufs d’or, Hydro-Québec, il faudrait en retrancher au moins 30 milliards, ce qui améliorerait encore notre ratio. Les lecteurs attentifs de son livre ont aussi vu que Monsieur envisageait avec sérénité la possibilité d’une privatisation partielle d’Hydro (pp 197-199), dans la mesure où l’État québécois en gardait le contrôle effectif, y compris avec une simple Golden Share. Tiens, tiens… Mon opinion sur le livre au complet ? Allez écouter mon entrevue au FM93. Vous la trouverez dans la liste ici. Je partage aussi l’avis très bien exprimé par Josée Legault, sur le fait que le livre s’adresse à une nouvelle génération de souverainistes, dont le poids se fait croissant, notamment au sein du caucus du PQ, ce que Monsieur relève avec justesse.

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Après les Cégeps, l’Université

Dans la grande série « le lancer du pavé » j’ai résumé devant la caméra des jeunes du PQ ma proposition, formulée notamment dans Pour une gauche efficace, pour le financement des Universités via un paiement différé, par les diplômés qui deviennent ensuite de hauts salariés.

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Le courrier des Internautes (3)

Les internautes furent très actifs cette semaine sur ce blogue. Le score est maintenant: Lisée : 54 billets Internautes: 787 commentaires ! Vous comprendrez donc que je sois très sélectif dans ce courrier. Mais je vous lis (presque) tous. Enfin, tous, mais (presque) au complet ! Au sujet de l’invasion des torses-objets, qui note que les acteurs sont nettement plus musclés aujourd’hui qu’il y a 20 ans, P. Bouchard souligne: Ça me rapelle une aneccdote d’Ang Lee au sujet du tournage de son film sur Woodstock qui racontait avoir viré un nombre énorme de jeunes figurants parce que leur physique ne correspondait pas du tout à ceux des jeunes des années 70. Mais Marie-Michèle m’en veut un peu: Je n’ai qu’un seul commentaire : cette photo de Sean Connery était-elle vraiment nécessaire pour prouver votre point ? Je serai marquée à vie de cette image maintenant…! 🙂 P. Bouchard a le dernier mot sur ce sujet: Qui l’eût cru, une discussion sur les abdos masculins sur le blogue de Monsieur Lisée, à quand une discussion sur la mode d’été chez Madame Hébert ? Plusieurs internautes ont poussé les hauts cris à ma suggestion de faire revenir les membres de la Commission Cliche pour un deuxième tour (Lucien, Brian, Guy: Revenez ! Ils sont devenus fous). Ils proposent à la place: Dupé: Pierre-Marc Johnson, l’ex-ministre Jean Cournoyer et Bernard Landry. Yves Gratton ajouterait aux revenants de Cliche: Bernard Descoteaux du Devoir: ce n’est ni Gérard Filion, ni Claude Ryan mais un André Laurendeau, à l’écoute, sage , avec un esprit de synthèse exceptionnel. (Je transmets à Bernard.) Christine propose de recruter de jeunes commissaire, selon une technique à la mode: Je préférerais qu’on offre la chance à des plus jeunes d’avoir une arène ou exprimer à fond leur fougue de jeunesse. De là, aurions nous peut-être des surprises sur de nouveaux leaders? Tiens, tiens, une commission à la Star Académie. Julien David est indulgent en écrivant: Si vous arriviez à faire quelque chose avec Mulroney je vous Schreiber reconnaissant. En verve, Julien David commente aussi mon billet sur le couple Sarah Palin/Eva Peron, avec cette formule: Je voudrais comprendre, Obama évita Sarah une fois, bon… si l’Argentine l’évita comment pourra-t-on expliquer plus tard de quelle façon Sarah lévita jusqu’à la présidence? Au sujet d’Un réfugié dans la blogosphère: Jacques Brassard, Guy Levasseur offre cette remarque sensée: Diantre nous sommes vraiment en train de devenir un pays !!!! Nous avons même notre propre “Rush Limbaugh” Québecois. À quand une chaine radiophonique internet animée par Jacques Brassard ? Au sujet de ma série de billets sur les Cégeps français, où je propose que les cégépiens anglophones aient 75% de leur enseignement en français, et les francopohones 25% en anglais, Alexis écrit ceci: If everone writes a quarter of their texts in english or if a quarter (25%) of the interventions on this blog are in english, M. Lisée will rapidly see how UNCOOL his «solution» is! I don’t want a 25%/75% linguistic division in Quebec, I like our present 90%/10%! Cher Alexis, je constate que votre anglais est excellent, mais comme je vous sais souverainiste, je constate aussi qu’il ne vous a pas assimilé. Pourquoi ne pas donner aux 76% des Québécois qui le désirent un enseignement conséquent de la langue seconde, a fortiori dans l’enseignement post-secondaire, pour qu’ils le sachent aussi bien que vous ? Au sujet du billet sur le film 2012, Christian Martel, qui habite Oxford, écrit: Sur une note personnelle, j’habite en Grande-Bretagne et la salle au complet s’est éclaté de rire à la simple vue d’une aristocrate à chapeau qui décide d’emmener ses neuf chiens corgies avec elle dans l’Arche (on a tous compris que c’était la Reine Elisabeth II.) En effet, si vous voyez le film, la ressemblance est frappante et pas très flatteuse.

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Sélection vidéo-clips du samedi

Pour passer quelques minutes agréables : D’abord, on se moque du film 2012, puis de Star Wars. Et on termine avec une surdose de sensualité. Puis, si ça n’a pas marché, un peu d’humour Il faut voir ce pastiche de la bande annonce de 2012, recommandé par l’internaute Normand C. Encore dans la catégorie pastiche, celui-ci s’adresse aux internautes qui 1) aiment Star Wars 2) suivent les théories du complot sur le 11 septembre 3) cherchent Ben Laden. Merci à Erick pour me l’avoir signalé. See more funny videos and funny pictures at CollegeHumor. Finalement, une sélection seulement pour les internautes du genre féminin. (Suggestion transmise par la sexologue Sophie Morin sur son blogue — elle la trouve « terriblement sensuelle ».) Dans un clip vaguement inspiré des James Bond, Michael Bublé ouvre le robinet du charme. (Note aux mâles à l’écoute: le clip peut-être utilisé en soirée comme fond musical à un moment jugé crucial.) Mais, si le moment crucial est passé sans obtenir le résultat escompté, on peut retarder le crooner Bublé faire de l’humour avec David Letterman.

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Récréation: L’invasion des torses-objets

Ils sont partout: les beaux grands garçons de New Moon, second film de la série Twilight. Et comme la cérébrale et plantureuse ingénieure Christmass Jones (Denise Richards) se promenait sans raison aucune, en Tank Top, dans le James Bond The world is not enough, les garçons de New Moon enlèvent constamment leurs t-shirts pour montrer leurs pecs et abdos et autres muscles que la race humaine n’avait jamais autant développés que depuis le début de 21e siècle. Une collaboratrice au CERIUM, dont je tairai le nom par charité chrétienne, est allée voir le film cette semaine et rapporte que la salle, à 90% féminine, criait littéralement de plaisir chaque fois qu’un chandail était enlevé. (Elles pensaient que nous, les hommes, ne serions pas mis au courant. Mais nous avons nos espionnes!) Ma sexologue favorite, Sophie Morin (transparence totale: c’est ma filleule), dénonce souvent dans son excellent blogue la publicité ou l’affichage sexiste dont les femmes sont victimes. Nos opinions se complètent souvent. Par exemple, elle dénonçait la récente couverture de Paris Match où on voyait Sharon Stone torse nu, malgré sa cinquantaine. Moi: c’est scandaleux, elle veut nous prouver qu’elle est toujours parfaite à son âge, mais elle a les deux bras en l’air. Qu’elle les baisse pour qu’on puisse vraiment juger ! Sophie : c’est scandaleux, est ce que je veux vraiment voir une femme torse nu sur des panneaux le dimanche matin quand je vais chercher du lait ? Moi: …. Euh…. Oui. C’est exactement ce que je voulais dire ! D’accord, mauvais exemple. Mais nous sommes exactement sur la même longueur d’onde sur New Moon. Elle m’encourage à vous faire part de mon malaise face à la transformation de l’homme (surtout de son torse) en, disons, torse-objet. Comme la plupart des hommes non sexagénaires vivant au 21e siècle, j’ai déjà essayé de me diriger vaguement vers l’idéal-torsien que la culture nous renvoit au visage (et au visage des femmes, qui ne s’en plaignent pas trop). Or, j’ai appris, à mes dépends, que, passé la vingtaine, il fallait trois heures d’abdos par jour pour pouvoir prétendre à une simili imitation de Brad Pitt. Il est intéressant de comparer le degré de musculature minimal aujourd’hui exigé de la totalité des acteurs (et de beaucoup de chanteurs), à ce qui était requis de leurs prédécesseurs des années 50, 60 et 70, même ceux qui jouaient torses-nus. Je vous mets une photo de Tarzan, certes svelte, mais qui n’a pas la moindre palette de chocolat à montrer. Tellement qu’il monte son pagne jusqu’au nombril ! (Il serait chassé du studio aujourd’hui.) Et que dire de cette image d’un Sean Connery dans la fleur de l’âge, mais pas dans son meilleur costume. Notez, encore, sous une pilosité envahissante, l’absence de graisse ET l’absence de musculation aux standards du XXIe siècle, y compris sur les bras. C’était ma récréation du vendredi après-midi.