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Que diraient les oracles ?

De bien drôles de choses se déroulent dans la bulle politique fédérale. Des petits faits qui ont le don d’alimenter les conjectures sur la tenue possible d’élections automnales et l’avenir du premier ministre Stephen Harper. Oui, oui, l’avenir de M. Harper. D’abord, parce que si des élections avaient lieu cet automne, les probabilités seraient très fortes qu’elles portent un autre gouvernement minoritaire au pouvoir. Et un nouveau mandat minoritaire ou une défaite annoncerait fort probablement le départ du chef conservateur. Dans ce contexte, ça prend peu de choses pour faire jaser une capitale fédérale en manque de nouvelles. Ça n’a pas raté avec l’annonce la semaine dernière du départ du directeur des communications du premier ministre, Kory Teneycke, en poste depuis un peu plus d’un an. Le moulin est reparti de plus belle quand on a appris hier matin que la plus fidèle collaboratrice de M. Harper, sa conseillère et directrice en matière de communication stratégique, Carolyn Stewart-Olsen, quitterait aussi d’ici la fin de l’été. Elle est aux côtés de Stephen Harper depuis sa campagne à la direction de l’Alliance canadienne, il y a sept ans. Inconnue du public, Mme Stewart-Olsen n’en était pas moins une des conseillères les plus influentes du premier ministre. Bien que sans rapport avec ces départs, voilà une autre anecdote dont les amateurs de boules de cristal seront friands. Élue sous la bannière réformiste, candidate à la direction de l’Alliance canadienne en 2002, la ministre d’État Diane Ablonczy a entrepris la traversée du Canada en véhicule récréatif. Elle a fait son entrée dans Twitter le 30 juillet pour informer ses quelque 2000 partisans de son périple. Détail intéressant, elle le fait dans les deux langues officielles. Deux des ministres les plus bilingues du cabinet Harper, Jason Kenney et James Moore, ne se donnent même pas cette peine ou si rarement. Faut-il y lire quelque chose car à Ottawa, l’intérêt pour le bilinguisme va souvent de pair avec l’ambition politique ? Diane Ablonczy est populaire dans le Parti conservateur et beaucoup regrettent qu’elle n’ait pas un rôle plus proéminent dans le gouvernement actuel. En fait, elle a même subi un recul cet été. Elle s’est fait retirer le Programme des manifestations touristiques de renom après avoir financé la fête de la fierté gaie à Toronto et s’être laissée photographier avec des travestis.

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M. Flaherty persiste et signe

Voilà une nouvelle qui fera grincer des dents à Québec. Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, offre de compenser financièrement la Saskatchewan, le Manitoba et l’Île-du-Prince-Édouard si elles harmonisent leur taxe de vente avec la TPS fédérale. Le Québec a été la première province à avoir accordé ses flûtes avec Ottawa. Mais elle est la seule à n’avoir eu droit à aucune aide financière sous prétexte, affirme le fédéral, que la TVQ n’est pas vraiment harmonisée avec la taxe fédérale. Le gouvernement québécois, lui, exige sa juste part, soit 2,6 milliards. Les sommes en jeu ne sont pas insignifiantes. Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont eu droit à plus d’un milliard de dollars durant les années 1990. Cette année, l’Ontario a annoncé qu’elle harmoniserait sa taxe à partir de juillet 2010 et Ottawa lui a promis 4,3 milliards. À la fin de juillet, la Colombie-Britannique a fait savoir qu’elle en ferait autant l’an prochain. Ottawa s’est engagé à lui verser des «fonds de transition» de 1,6 milliards. Qu’importe la possibilité d’élections, la faible popularité du Parti conservateur au Québec ou le fait que le Bloc québécois puisse se servir de ce traitement à deux vitesses comme munitions, M. Flaherty persiste et signe.

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Ça sent les élections

Si vous cherchiez des preuves que ça sent les élections, en voici aux moins deux. La ministre conservatrice Josée Verner rêve des Nordiques et promet de mousser le projet de nouveau Colisée, à Québec. Son collègue, le ministre du Revenu, Jean-Pierre Blackburn, songerait à offrir des allègements fiscaux aux victimes du financier Earl Jones. Il n’est pas question de blâmer l’un ou l’autre pour leurs projets, au contraire, mais le «timing» n’est pas anodin.

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455,6 millions en 10 jours

Un parti au pouvoir n’est jamais à court de munitions pour se faire valoir. Il n’a qu’à distribuer des chèques. Rénovations à l’aréna, pavage des routes, accès au réseau à large bande en régions rurales… Tout est bon pour faire parader ministres ou députés devant les caméras de télévision. Les conservateurs l’ont bien compris. Depuis le début de l’été, ils n’arrêtent pas. Ils sont partout et presque tous les députés ont eu droit à leurs 15 minutes de gloire dans leur circonscription. En seulement 10 jours, du 21 au 31 juillet, ils ont fait plus de 90 annonces, totalisant 455,6 millions. L’annonce d’une aide financière n’est même plus une nécessité pour convier les médias. Lors d’un événement public tenu cette semaine à Ottawa, Stephen Harper a invité les Canadiens à profiter du crédit à la rénovation domiciliaire, un programme annoncé dans le dernier budget, pour lequel une campagne publicitaire a été lancée cet été. Ces 455,6 millions s’inscrivent dans le plan de relance du gouvernement, qui dépasse les 50 milliards de dollars. Avec pareille manne à leur disposition et peut-être une élection dès cet automne, on comprend que les conservateurs, le ministre des Finances Jim Flaherty, en tête, n’aient pas envie d’annoncer trop rapidement la fin de la récession.

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Twit, twit, twit…

Il n’y a pas que les oiseaux qui gazouillent cet été. Bien des politiciens s’y sont mis, mais sur un perchoir virtuel bien connu des internautes, Twitter. Ce service, dont on peut devenir membre gratuitement, permet de transmettre aux autres membres désireux de vous « suivre » des messages de 140 caractères au maximum. Il y a de tout sur ce réseau, de la recette de cuisine à l’étalement sans pudeur de faits et gestes d’adolescents, en passant par la convocation à des rassemblements politiques. C’est d’ailleurs par ce réseau que plusieurs manifestations dénonçant les résultats douteux des élections en Iran ont été organisées en juin. Les messages des politiciens fédéraux sont plus légers. Certains affichent l’invitation à leur BBQ ou parlent simplement de leurs faits et gestes les plus anodins. Comme Ujjal Dosanjh, qui nous informait, mardi, qu’il buvait un garam chai [un thé indien] pour se rafraîchir en cette période de canicule à Vancouver. (Oui, oui, vous avez bien lu. Ils ont un été, eux !) D’autres se servent de Twitter pour attirer l’attention sur un article intéressant, une politique de leur parti ou pour se livrer à une charge contre leurs adversaires. Le plus assidu , le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, s’est manifesté à quatre reprises mardi, dont trois fois entre 7 h 23 et 7 h 29 ! La première, pour nous dire combien il avait passé une belle soirée la veille. La deuxième, pour mentionner son petit-déjeuner avec le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Tim Hudak. Et la troisième, pour souligner que le Telegraph Journal, du Nouveau-Brunswick, s’excusait d’avoir écrit que le premier ministre Harper avait mis dans sa poche l’hostie reçue aux funérailles de Roméo Leblanc. Il y a dans cet engouement un désir d’imiter le président américain Barack Obama, dont le succès est en partie attribué à l’efficacité de sa campagne virtuelle dans Facebook et dans Twitter. On a aussi beaucoup dit que la Toile avait la vertu d’humaniser les politiciens et de les rapprocher des gens. Il semble cependant que les élus canadiens n’ont pas encore trouvé la façon de s’en servir. Pour l’instant, ils font surtout dans la superficialité. Quelle pertinence y a-t-il à savoir que le chef libéral Michael Ignatieff est « sorti des nuages d’Ottawa pour être sous le soleil d’Etobicoke-Lakeshore » et qu’il est agréable d’être dans sa circonscription ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ce n’est toujours qu’un peu plus de 10 000 Canadiens qui sont ainsi rejoints et on peut supposer que beaucoup sont déjà des partisans.

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Être ou ne pas être à l’avant-scène

Le chef libéral Michael Ignatieff est-il trop discret cet été ? La réponse n’est pas évidente. À preuve, ce débat entre stratégistes dans le site du Globe and Mail. Aucun ne parvient à donner une réponse définitive à cette question et le chef de cabinet de l’ancienne chef néo-démocrate Audrey McLaughlin, Leslie Campbell, décrit bien la difficulté de viser juste.

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Camp d’été pour députés

Chaque été, les différents partis réunissent leurs caucus pour préparer la session parlementaire à venir. Ces rencontres servent à projeter une image d’unité et de force et ont lieu, généralement, dans une région que le parti espère conquérir. Les conservateurs sont toujours les premiers à se jeter à l’eau et c’est le cas encore cette année. Ils semblent cependant avoir perdu leurs visées conquérantes. L’an dernier, quand ils rêvaient encore du Québec, ils s’étaient réunis à Lévis. Cette fois, ils se contentent d’Ottawa. Y rester serait-elle leur seule ambition ? Il faut croire que non, puisque les organisateurs et candidats à la prochaine élection se sont joints aux députés et sénateurs, hier, pour deux jours de formation électorale, dans un hôtel du centre-ville d’Ottawa. Les parlementaires resteront ce soir pour casser la croûte à la résidence d’été du premier ministre Stephen Harper et se réuniront, demain, au Parlement. Cette fébrilité électorale n’est pas limitée aux conservateurs. Les libéraux ont accéléré la cadence pour choisir le plus grand nombre de candidats avant la fin de l’été. En Ontario, où ils espèrent faire des gains sur les conservateurs, les dirigeants du parti ont écrit à leurs associations locales pour qu’elles arrêtent leur choix d’ici septembre. Les libéraux ont aussi prévu tenir leur caucus préparatoire dans cette province, à Sudbury plus précisément, et comme à l’habitude, il aura lieu à la fin de l’été, soit du 30 août au 2 septembre. Les néo-démocrates ne sont pas en reste. Le chef Jack Layton est à Edmonton aujourd’hui pour assister à deux assemblées de mise en nomination. Le caucus a aussi choisi cette ville pour sa réunion de septembre. Le choix d’Edmonton n’est pas anodin. Le parti y a fait une percée lors de la dernière élection et il compte bien conserver le seul siège arraché aux conservateurs en Alberta. Le NPD prendra aussi soin de son front « est » avec son congrès national, qui aura lieu à Halifax du 14 au 16 août. Le Bloc québécois se fait plus discret. Ses députés continuent sans faire de vague leur tournée du Québec qui se terminera cette semaine. Le chef Gilles Duceppe prendra le relais, comme il le fait chaque année, durant tout le mois d’août. Puis, immédiatement après la fête du Travail, le caucus se réunira à Québec, une région où les bloquistes aimeraient bien reprendre quelques sièges passés aux mains des conservateurs en 2006.

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Rame, rame pour un petit don

On a l’habitude d’entendre parler d’expédition en canot, vélo ou ski de fond pour venir en aide à une bonne cause. Et souvent, ça marche, l’empathie ayant le dessus. Il est difficile de croire qu’un parti politique puisse faire la même chose et attirer des dons d’autres personnes que ses militants et partisans. C’est pourtant le pari original et inusité du directeur général du Parti libéral du Canada, Rocco Rossi, âgé de 47 ans. Il a entrepris jeudi la descente du canal Rideau à bord de son kayak. Il veut ramer de Kingston à Ottawa pour amasser des fonds pour son parti et «aider Michael Ignatieff à devenir le 23e premier ministre du Canada». Il a choisi le canal Rideau parce qu’il compte 23 écluses et il demande des dons de 23 $, ou un multiple de ce chiffre. Et il veut que ça se sache. Il tient un blogue, multiplie les bulletins dans Twitter et Facebook et alimente le site Web du parti. Rocco Rossi est un pro des levées de fonds et c’est la principale raison pour laquelle Michael Ignatieff l’a recruté l’hiver dernier. Il était alors le pdg de la Heart and Stroke Foundation de l’Ontario, où il avait fait sa marque en amassant des sommes record, souvent grâce à des prouesses athlétiques personnelles. Il a, par exemple, passé une fin de semaine à grimper les marches d’édifices à bureau de Toronto, jusqu’à atteindre l’équivalent du Mont Everest. Mais il le faisait pour une cause qui, pour dire le moins, tient à cœur à beaucoup de gens. Mais le Parti libéral ?

Victoire épique de Shawn Atleo Politique

Victoire épique de Shawn Atleo

Le nouveau chef national a été élu, jeudi, à Calgary, au terme de la plus longue élection de l’histoire de l’Assemblée des Premières Nations du Canada. Il s’agit de Shawn A-in-chut Atleo, chef régional de l’APN de la Colombie-Britannique et chef héréditaire de la Première Nation Ahousaht.

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Où est Michael ?

Depuis son passage à Londres, le 8 juillet, pour prononcer un discours sur le libéralisme qui a eu très peu d’écho au Canada, on n’a plus vu le chef libéral Michael Ignatieff en public. Et au Québec, on en a entendu parler pour la dernière fois le 10 juillet, après que le premier ministre Stephen Harper l’eut attaqué en marge du sommet du G8. La seule réaction du chef libéral : un communiqué et une réplique de son député Bob Rae. Cela contraste avec le scénario du début de l’été. Entre la fin de la session parlementaire, le 19 juin, et son discours à Londres, Michael Ignatieff était beaucoup plus facile à trouver. Célébrant la Fête nationale à Québec et à Saint-Georges. Participant au défilé de la fierté gaie à Toronto. Servant des crêpes au Stampede de Calgary. Puis il y a eu Londres. Puis rien. À part deux brefs messages sans conséquence sur le site Twitter, le chef libéral est invisible depuis deux semaines. Son bureau affirme pourtant que depuis son retour, Michael Ignatieff n’a cessé de travailler, d’assister à des réunions et de rencontrer des gens. C’est qu’il a un programme à peaufiner, M.Ignatieff. L’attitude de Michael Ignatieff tranche avec celle déjà adoptée par d’autres chefs de l’opposition sur le point d’affronter l’électorat. Après s’être effacé durant l’été 2004, ce qui lui avait valu un flot de critiques, Stephen Harper était sorti de sa réserve l’été suivant pour sillonner le pays et rencontrer les Canadiens. Cela ne l’avait pas empêché de préparer son programme, son organisation et la campagne de 2005-2006, d’où il était d’ailleurs sorti gagnant. Jean Chrétien avait fait le même pari avant lui. Le retrait de Michael Ignatieff de l’arène publique, pour un temps aussi court soit-il, n’est pas sans conséquence. Le chef libéral n’est pas accessible pour répondre aux questions des médias. Ses députés se démènent pour réagir aux dossiers de l’heure, faire des tournées, participer à des fêtes locales, mais ça ne remplace pas le chef. Faire le tour des fêtes estivales et des barbecues n’est pas, pour un chef de l’opposition, une occasion pour s’empiffrer, mais pour être sur le terrain en vue d’une éventuelle élection. À une période de l’année où le gouvernement a toute l’attention des médias. Les conservateurs, eux, en profitent. Non seulement ils s’offrent des conférences de presse pour annoncer un même projet plusieurs fois mais ils convoquent aussi les médias pour «célébrer les progrès accomplis dans le cadre de projets». C’est exactement ce que fera aujourd¹hui le ministre de l’Industrie, Tony Clement, au collège de Red Deer, en Alberta, collège qui a reçu des fonds du programme d’infrastructure du savoir. L’entourage de Michael Ignatieff assure que le chef libéral sera sur le terrain dès le début d’août, avec une visite à Matane et Gaspé, suivie d’une tournée du pays. Il n’arrêtera plus jusqu’à la reprise des travaux parlementaires. On saura où le trouver, le défi sera de le suivre.

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Denis Coderre dans le firmament de Laflaque

Le libéral Denis Coderre sait y faire pour ne pas passer inaperçu, même en été. Lieutenant québécois de Michael Ignatieff, il est de toutes les assemblées de mise en candidature qui ont lieu cet été, ce qui lui vaut quelques lignes dans les médias locaux. Il est celui qu’on appelle en renfort pour commenter l’actualité, ce qui lui permet de se faire voir et entendre dans les médias nationaux. Sur Facebook, il trouve le temps, même s’il est en ce moment en voyage au Moyen-Orient, de suivre ce qui se passe au Canada, de transmettre ses vœux d’anniversaire à ses amis et même de prendre connaissance du cadeau inestimable que vient de lui faire le caricaturiste Serge Chapleau : devenir un nouveau personnage de Et Dieu créa… Laflaque. Chapleau en a fait l’annonce, hier soir, à l’émission Bons baisers de France, et a décrit avec une grande justesse le député de Bourassa. P.S. Je le croyais en vacances, mais le conservateur Jacques Gourde a récidivé sur Facebook, hier après-midi, avec d’autres photos de sa participation à des annonces faites au nom du gouvernement.