Parler in both langues des deux sides de la bouche

Les contradictions de la position linguistique de Dominique Anglade sont dangereuses pour le PLQ. Et elles donnent l’impression qu’on prend les anglophones pour des cons.

Jacques Boissinot / La Presse Canadienne / montage : L’actualité

Dominic Vallières a, pendant plus de 10 ans, occupé les postes d’attaché de presse, de porte-parole, de rédacteur de discours et de directeur des communications auprès d’élus de l’Assemblée nationale et des Communes (Parti québécois, Bloc québécois, Coalition Avenir Québec). Il est directeur chez TACT et s’exprime quotidiennement comme analyste politique à QUB radio.

La politique est parfois faite de contrastes frappants. Comme la fin de semaine passée, lorsque le Parti libéral du Québec (PLQ) a vécu, en une seule petite révolution terrestre, toute l’ambiguïté de ses positions des dernières années sur la question de la langue. 

En 24 heures, la cheffe Dominique Anglade a rappelé les 27 propositions faites par le PLQ pour bonifier la défense du français au Québec, ET annoncé qu’elle participait à la manifestation prévue quelques jours plus tard pour dénoncer le projet de loi 96…

Cette dissonance est dangereuse pour son parti. Pour vous aider à comprendre pourquoi, permettez-moi de superposer certaines de ces propositions libérales avec les raisons pour lesquelles des gens manifestaient.

D’abord : qui, parmi les manifestants qui marchaient côte à côte avec les élus libéraux, savait que le parti dirigé par Mme Anglade propose de remplacer l’Office québécois de la langue française (l’OQLF tant honni par certains des manifestants) par l’Office de protection et de valorisation de la langue française — afin qu’il ait « une présence plus proactive sur le terrain » et qu’il « intensifi[e] et diversifi[e] les actions de promotion et de protection de la langue française » ?

Qui, encore, savait que les libéraux souhaitent mettre en avant des « mesures spécifiques d’accueil et de services en français » au centre-ville de Montréal  (donc au revoir le bonjour-hi) ?

Parmi les étudiants du Collège Dawson qui manifestaient contre la décision du gouvernement du Québec de retirer les subsides promis pour l’agrandissement du cégep, combien étaient au courant que le PLQ désire « maintenir le nombre actuel d’étudiants équivalent temps plein dans les cégeps anglophones » — ce qui veut dire, en d’autres termes, le plafonner ?

Est-ce que les députés libéraux fédéraux qui manifestaient contre la volonté de Québec d’appliquer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale savaient que le PLQ propose… exactement la même chose ?

Je n’invente rien, tout est accessible en ligne sur le site notrelangue.quebec.

Je lis avec attention les commentateurs anglophones qui se désolent de n’avoir pas été informés en temps réel des conséquences du projet de loi 96 et de ses différents articles au moment où ils étaient étudiés. Je comprends l’angoisse des directions de cégeps anglophones et des étudiants de se retrouver avec de forts taux d’échec à cause des nouveaux cours en français. Les craintes sont légitimes. Le gouvernement doit écouter ces gens, et fournir des réponses.

Actuellement, le reproche — et la source de la colère — que de nombreux anglophones adressent au PLQ est qu’au lieu d’effectuer le travail qu’il a toujours fait, soit de servir de lien entre la population et ce qui se passe entre les murs de l’Assemblée nationale, le parti était occupé à opérer son virage nationaliste. Ne prenant pas tout de suite position contre le projet de loi 96, il n’a pas alerté ses alliés de toujours pour qu’ils puissent tenter d’influencer eux aussi le gouvernement.

La participation de la cheffe libérale à cette manifestation malgré le fait que certaines propositions de sa formation déplairaient à une majorité des manifestants marque un tournant dans la relation entre le PLQ et les anglophones. Avant, ces derniers étaient tenus pour acquis ; maintenant, ils sont pris pour des cons.

Les commentaires sont fermés.

Bonjour. Il n’y a pas que Dominique Anglade qui prend les Anglophones pour des cons… Il y a aussi les administrateurs de la revue l’Actualité, qui me prennent pour cette espèce d’individu bizarre et méprisable. Voici. Depuis plusieurs semaines déjà, j’ai accepté de m’abonner à la version numérique de votre Revue… Et pourtant, votre site WEB n’est toujours pas mis à jour. À chaque fois que je m’aventure à lire le contenu d’un de vos articles, le « bidule » continue à me dire qu’il s’agit de l’avant- dernier article gratuit auquel j’ai accès, durant le présent mois… Bien plus, si j’ai le malheur d’utiliser un quelconque curseur, durant ma lecture, le même « bidule » me prévient que « C’était le dernier article gratuit auquel vous aviez accès » durant le même mois… Ce qui, d’ailleurs, est complètement faux, puisque si j’ouvre le site demain, le « compteur » sera remis à zéro, et je pourrai toujours lire un et même deux articles… Je ne sais pas qui a mis au point ce fameux « bidule »… mais le seul prix qu’il mérite est le Prix Citron ! Prière de le lui faire savoir… à moins que vous persistiez à nous prendre pour ces cons ! Meilleure chance, la prochaine fois.

Vous me voyez bien d’accord avec la substance de ce texte rédigé par un homme qui, s’il faut en croire la brève description de sa carrière, bénéficie d’une réputation de fin communicateur.
Cependant, ce réputé artiste des termes justes est-il conscient de la teneur du qualificatif « con » ? Une rapide vérification dans un dictionnaire révèle aux profanes que « con » désigne l’appareil reproductif féminin. Bien que l’histoire du féminisme ait connu ses moments de dénonciation quant à ce terme sexiste et méprisant, M. Vallières, ayant pourtant vécu de son réputé discernement en matière de mots justes, ne semble pas en avoir été soit informé, soit touché. Bref, si j’étais politicienne et que je voulais qu’on se rallie à ma cause, je n’engagerais pas M. Vallières pour écrire mes discours. (Et de ramener le mot deux fois, encore… Mettons que je trouve ça plutôt « poche », si vous permettez.)

J’ajouterais que le mot « poche » peut également avoir plusieurs sens. Mettons…

Bonjour Madame Courchenes,
Vous savez certainement que les mots ont souvent plusieurs sens. Dans le cas du mot con, outre son sens vulgaire auquel vous faites référence, il a aussi un sens familier lorsque employé comme nom et peut devenir une locution adjective invariable. Ainsi,
1. nom
Imbécile, idiot.
Ex. : Quel bande de cons !
2. locution adjective invariable : À la con
Mal fait, inepte.

Bonne journée !