Parti libéral du Canada : une course ou un réchauffement pour Justin Trudeau?

La course à la direction du Parti libéral est officiellement en cours. Depuis mercredi dernier. Mais y aura-t-il une vraie course? L’entrée en scène de Martha Hall Findlay le laisse croire, surtout qu’elle promet de proposer des politiques sur une base régulière, ce qui finira par forcer la main à Justin Trudeau, qu’il le veuille ou non.

Mais personne ne se leurre. M. Trudeau a une bonne longueur d’avance. En plus du charisme, il a les moyens, comme en témoignent ses voyages incessants à travers le pays depuis le début d’octobre. Il a l’organisation et est très populaire sur les médias sociaux.

Ce dernier point n’est pas anodin, car non seulement les membres du PLC participeront au choix du chef en avril prochain, mais une nouvelle catégorie d’adhérents, les sympathisants qui n’ont pas à devenir membre ou à payer de frais d’adhésion au parti, pourront aussi voter. Ils n’ont qu’à signer une déclaration d’appui aux principes libéraux.

L’équipe Trudeau s’est dotée d’une stratégie inspirée de celle de Barack Obama pour exploiter ce filon, relatait le Globe and Mail la semaine dernière. M. Trudeau, qui compte plus d’abonnés sur le fil Twitter que le PLC n’a de membres, mise beaucoup sur la  catégorie des sympathisants. Et il peut facilement les recruter en profitant, entre autres, de cet accès direct à plus de 166 000 personnes qui le suivent.

Le point faible de Justin Trudeau demeure le contenu. Il tarde délibérément à dévoiler ses propositions. Cela ne veut pas dire qu’il n’ait rien à dire d’intéressant ni qu’il n’ait pas d’opinions arrêtées sur certains sujets. Mais il les offre avec parcimonie. Sur plusieurs sujets, il se rabat sur des généralités.

On a encore pu le voir en fin de semaine, aux Coulisses du pouvoir, à Radio-Canada. M. Trudeau y dit pourtant, vers la fin de l’entrevue, qu’il se croit à la hauteur des défis à affronter. «Je sais par où passer», affirme-t-il. On se surprend à espérer quelques idées phares, mais il ajoute aussitôt que «ça se passe en écoutant les Canadiens, en étant proche d’eux, en impliquant une nouvelle génération en politique et, surtout, de faire face directement au cynisme politique».

Mme Hall Findlay, en revanche, ne craint pas de prendre les devants en matière de politiques publiques. Elle s’est déjà prononcée pour la fin de la gestion de l’offre en agriculture. Lors de sa conférence de presse de lancement, la semaine dernière, elle n’esquivait pas les questions sur les dossiers difficiles.

L’ancienne députée, candidate défaite lors de la course à la direction du parti de 2006, n’a pas la présence de Justin Trudeau sur la Toile. Elle peut compter sur des organisateurs d’expérience, en particulier l’Albertain Stephen Carter, qui a dirigé les campagnes du populaire maire de Calgary, Naheed Nenshi, et de la première ministre albertaine Alison Redford. On connaît peu le reste de son organisation.

Et une grande question subsiste. A-t-elle les moyens financiers pour mener une campagne de cinq mois à l’échelle du pays? Elle vient tout juste d’éliminer ses dettes de la campagne au leadership de 2006.

Il est vrai que les règles en place lui ont rendu la tâche difficile puisqu’il n’est pas permis de contribuer plus d’une fois à une campagne au leadership, peu importe le nombre d’années écoulées. Les gens qui avaient aidé Mme Hall Findlay dès le début de la campagne de 2006 ne pouvaient pas l’aider à nouveau pour effacer sa dette. Tous peuvent cependant soutenir sa nouvelle campagne. S’ils croient encore en elle, bien sûr, ce qui sera intéressant de vérifier au cours des prochaines semaines.

On ignore aussi combien de candidats seront sur les rangs. Le député Marc Garneau réfléchit toujours, tout comme sa collègue Joyce Murray et l’ex-ministre Martin Cauchon. Plusieurs candidats marginaux sont intéressés, mais encore faut-il qu’ils puissent verser les 75 000 $ (non remboursables) exigés par le parti. Ce dernier a prévu trois versements de 25 000 $, mais le dernier doit être fait d’ici la mi-janvier. Ça vient vite…

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Ce qui a rendu la vie difficile à Martha Hall-Findlay c’est le fait que les règles selon lesquelles elle avait fait ses emprunts furent changées après qu’ils furent négociés, et rétroactivement.

Ce que M. Trudeau et les autres candidats doivent me démontrer à moi en tant que membre du PLC c’est qu’ils sont des libéraux, pas des socialistes, pas des moralistes conservateurs incapables de gérer un budget ou de parler sans se faire dire par des adjoints du bureau du premier ministre quels mensonges ils doivent véhiculer aux médias. C’est cette candeur de M. Trudeau que j’apprécie. Quand il parle on sait que c’est lui qui parle. Ce n’est pas un pantin comme Jim Flaherty ou Maxime Bernier.

En passant, je n’oublierai jamais le jour où le ministre Pierre Pettigrew s’était présenté devant les caméras pour clarifier que ses propos sur le système de santé n’était pas la position du gouvernement. Aujourd’hui les journalistes sont bien tolérants à l’endroit d’un ministre des finances et d’un premier ministre qui se contredisent ouvertement sur l’état des finances publiques.

Justin Trudeau premier ministre du Canada. Juste le dire et on pouffe de rire. D’ailleurs les Conservateurs sont morts de rire.

L’avenir des Libéraux est dans une fusion avec le NPD. Mais ils ne comprendront pas avant une autre réélection des Conservateurs.

C’est donc dire que mini-Trudeau devra bientôt exprimer sans ambages sa vision du Canada, sans s’en tenir à des généralités. Autrement, il risque de connaître le même sort que Kim Campbell en 1993 avec le Parti progressiste-conservateur : beaucoup de prestance, mais peu de substance.

Quelque soit le nombre de candidats, c’est M. Justin Trudeau qui l’emportera avec beaucoup ou peu de substance et beaucoup d’apparence.

Pour les libéraux c’est la déchéance qui se poursuit. En être rendu a choisir J Trudeau comme chef, c’est vraiment le fond du baril. Après ils ne pourront faire autrement que remonter.

Pourrait-on m’expliquer quelle ‘substance’ avait donné un avantage à Stephen Harper par rapport à ses adversaires Tony Clement et Belinda Stronach en 2004 ? Ce que je remarque c’est que les attaques contre Justin manquent de substance…

La position de Justin Trudeau sur l’entente CNOOC/Nexen publiée chez Postmedia, et que Justin a fait parvenir aux membres et supporteurs par courriel est en fait fort révélatrice :

http://justin.ca/fr/justin-trudeau-pourquoi-lentente-cnooc-nexen-est-benefique-pour-le-canada/

J’aime bien la dernière phrase : » Si nous nous attendons à ce que nos citoyens soient ouverts sur le monde, il nous faut au minimum l’être avec eux. » Justin met le doigt sur le gros bobo de Stephen Harper par rapport aux citoyens et démarque Justin comme étant ouvert et prêt à respecter les citoyens. J’espère que c’est un signe que nous verrons une politique pour renforcer l’accès à l’information lors de la prochaine campagne électorale – et de manière dramatique.

Aussi j’ai beaucoup apprécié son approche lorsqu’il fut questionné dans une école sur la légalisation du cannabis. Il a une manière bien convaincante pour aborder des sujets difficiles et il pense vite sur ses deux pieds.

Je viens de faire une petite recherche, rapidement, concernant la course au leadership du PC en 2004.

Les trois candidats, Stronach, Clement et Harper partageaient les mêmes idées, celles généralement associées au parti, p. ex., augmentation des dépenses militaires, à quelques exceptions près, Mme Stronach étant plus encline à appuyer le mariage entre conjoints de même sexe et le libre-choix concernant l’avortement. M. Clement avait proposé la création du poste de directeur parlementaire du budget. Mais cette course fut guidée par les qualités individuelles des candidats, et de façon très négative vis-à-vis Mme Stronach qui peinait à donner des discours. La popularité personnelle et les qualités en tant qu’organisateur et collecteur de fonds de M. Harper ont été décisives. Et l’argent… l’expérience de M. Harper en tant qu’organisateur politique et sa capacité de lever des fonds ?

Alors quelqu’un pourrait peut-être relever le défi et me dire quelles politiques particulières démarquaient chaque candidats néodémocrates, et si ce sont ses politiques qui ont permit à M. Mulcair de l’emporter ? On devrait s’en souvenir facilement, sans devoir passer des heures chez Google – cela fait seulement sept mois !

Les détracteurs de Justin nous disent que c’est important, donc on doit avoir une mémoire claire comme de l’eau de roche des politiques mises de l’avant par M. Mulcair, non?

Le fait que M. Mulcair ait fini la course ayant collecté plus d’argent que les autres candidats n’aurait-il pas été décisif ?

http://www.huffingtonpost.ca/2012/03/02/ndp-leadership-fundraising-mulcair_n_1317744.html

J’ai vu Justin Trudeau à l’émission Tout le monde en parle, et il parlait… et il parlait… Lorsque GA lui a demandé qu’elle avait été la plus grosse bêtise de son père, il a répondu que c’était la séparation de ses parents. Quelle réponse qui n’avait pas sa place. Je me serais attendue à entendre parler des bêtises politiques de son père.

À part son charme, pour le contenu… il a encore beaucoup de choses à apprendre. Tout politicien va dire qu’il faut écouter les Canadiens, mais une fois au pouvoir, ils s’en foutent bien de l’opinion du peuple!

M. Justin Trudeau, vous êtes un Trudeau de trop quant à moi!

Je me souviens de tout ce que le père a fait pour le cADENA ,et ce au détriment du Québec avec Chrétien, LALONDE ETC pourquoi voter pour un autre Trudeau qui a la même vision que son père.

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