Participation électorale : les risques de la démission

Moins de la moitié des électeurs ontariens se sont prononcés la semaine dernière lors de l’élection qui a reporté les libéraux de Dalton McGuinty au pouvoir. Moins de 60 % des électeurs canadiens ont voté le 2 mai dernier. Cette chute constante de la participation électorale fait beaucoup jaser et fait craindre pour la santé de notre démocratie car quelle légitimité peuvent avoir les politiques de gouvernements élus par moins du quart des électeurs. Pour alimenter la réflexion, voici un texte intéressant du professeur Robert Asselin, de l’Université d’Ottawa, paru cette semaine sur le site iPolitics.

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M. Asselin semble mettre tout le blâme sur les citoyens. Il termine par « If we don’t somehow re-engage in the political process, our politics will just continue to disappoint and fail us. »

Je crois que la responsabilité est plutôt partagé 50/50 entre les partis politique et les citoyens.

Les citoyens sont désillusionnés par les promesses non tenues des politiciens. Par contre, le politicien avec un programme réaliste et pragmatique sera battu par celui qui promettra d’annuler la TPS (rappelez-vous Chrétien), ou de réduire les impôts.

Les politiciens ont donc décidés de jouer la « game », c-à-d, de faire toutes sortes de promesses irresponsables.

À ce jeu là, le fait que 70% de la population ne soient pas intéressé par la chose publique, fait bien l’affaire des politiciens. On peut leur faire gober à peu près n’importe quoi, et on mise désormais la dessus pour gagner une élection.

On est donc dans une situation de catch-22.

La solution à ce problème ne peut pas venir des citoyens, comme semble l’espérer M. Asselin. Il faudra un nouveau messie pour briser ce cynisme.

Un des « risques de la démission » auquel vous faites référence, est que plus la participation globale est basse, plus les groupes d’influence capable de se mobiliser auront de facilité à faire élire leur homme.

Par exemple, si dans un comté on compte 10% d’homosexuels, de musulmans, de pro-vie, etc… et qu’ils se mobilisent pour tous aller voter, et pour voter pour la personne la plus apte à mousser leur intérêt particulier, leurs votes pourraient fort possiblement être déterminant.

Les politiciens sont déjà bien familiers avec cette dynamique, et agissent en conséquence. Dans chaque comté, on va ciblé particulièrement ces groupes d’intérêt qui peuvent faire pencher la balance.