Pas de mauvais scénario pour Stephen Harper

 

Le 4 septembre au soir, Stephen Harper a de très bonnes chances de se coucher l’esprit tranquille.

Quel que soit le résultat final de l’élection, le fait est qu’aucun mauvais scénario n’attend le premier ministre du Canada dans ses relations avec le Québec.

Voyons la question de plus près.

Scénario : gouvernement libéral minoritaire

En fin de régime, usé, discrédité, étiqueté «corrompu» et résolument troisième chez les francophones, un gouvernement minoritaire libéral est peu probable. Possible, comme tout ou presque dans la vie, mais peu probable.

Si tel était néanmoins le cas, il est évident que le beau fixe se poursuivrait dans les relations canado-québécoises.

«Beau fixe» pour M. Harper voulant dire que M. Charest ne dérangerait pas plus Ottawa avec des «demandes» du Québec qu’il ne l’a fait au cours des neuf dernières années.

Scénario : gouvernement péquiste majoritaire ou minoritaire

Si le PQ prend le pouvoir, Stephen Harper se retrouvera face à un gouvernement certes souverainiste, mais dont le programme, contrairement aux élections de 1976 et de 1994, ne comporte pas d’engagement à tenir un référendum dans un premier ou, le cas échéant, un second mandat.  Ce qui, à Ottawa, n’est pas passé inaperçu.

En fait, on y considère la tenue d’un référendum au cours des prochaines années comme une possibilité extrêmement mince.

En bonne partie parce que depuis 1996, chaque dirigeant du PQ a trouvé sa propre formule sur le sujet, mais elles revenaient toutes au même message : je ne tiendrai pas de référendum sans l’assurance de pouvoir le gagner. Et comme une telle assurance n’est pas de ce monde…

Dans le programme actuel, il est dit que le «Parti Québécois a pour objectif premier de réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum tenu au moment jugé approprié par le gouvernement».

Au-delà de la controverse entourant les référendums d’initiative populaire, il est évidemment possible que le «moment jugé approprié» vienne, mais aussi qu’il ne vienne pas au cours des prochaines années.

À Ottawa, on a également noté que depuis 1996, chaque chef du PQ, lorsqu’au pouvoir, a préféré se concentrer sur la gouvernance sans y adjoindre pour autant une promotion active de son option. Et on pense que cette tendance se poursuivra.

Le programme actuel du PQ prévoit une «gouvernance souverainiste». Mais elle est essentiellement basée sur des politiques dites identitaires (nouvelle loi 101, charte de la laïcité, citoyenneté et constitution québécoises).

Toutes ces mesures sont prévues pour adoption au sein du Canada. Quoique, dans les faits, leur adoption ne pourrait se faire sous un gouvernement péquiste minoritaire. Une chose est sûre : ces politiques, si adoptées, seront vilipendées et condamnées hors Québec comme étant des mesures xénophobes et/ou anglophobes. Plus ça change, plus c’est pareil…

Or, l’important pour le gouvernement fédéral est que même s’il les désapprouvera fortement, elles ne menaceraient pas vraiment l’«unité canadienne».

Quant à l’autre volet de la «gouvernance souverainiste» –  celui des relations avec le fédéral -, il prévoit d’exiger, au sein du Canada «de nouveaux pouvoirs, le rapatriement d’espaces fiscaux et les budgets dans des domaines comme la langue, l’environnement, la culture, le développement économique et régional ou l’immigration (…), incluant «l’adoption de modifications constitutionnelles».

Rappelons ici que sous Lucien Bouchard, Pauline Marois, alors ministre de l’Éducation, avait négocié avec succès une modification constitutionnelle prévoyant la déconfessionnalisation des commissions scolaires.

Ces négos, faites sur la base de la formule d’amendement de la constitution canadienne de 1982 – que le Québec n’a toujours pas signée –, et  avec le gouvernement Chrétien, s’étaient conclues passablement en douceur.

Bref, autre que de vouloir se servir d’échecs éventuels pour tenter de mousser l’option souverainiste, peut-être, cette approche proposée par le programme du PQ demeure résolument nationaliste, autonomiste.

Mais cela ne constitue pas pour autant une feuille de route vers un référendum ou même un plan établi pour procéder à une promotion active de son option s’il prend le pouvoir.

Nul besoin d’ajouter qu’à l’instar des mesures identitaires, sans une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, même cette approche nationaliste, revendicatrice face à Ottawa, ne pourrait être engagée par un gouvernement péquiste minoritaire.

Donc, face à un gouvernement péquiste minoritaire, Stephen Harper pourra prendre ses aises sans problème.

Même avec un gouvernement péquiste majoritaire, dans la mesure, bien entendu où aucun référendum ne serait tenu, nul doute que M. Harper ne dirait sûrement pas non à quelques escarmouches bien senties avec le PQ sur le front de ses revendications constitutionnelles présentées par Québec.

Face à un NPD dont la forte majorité du caucus vient du Québec, Stephen Harper – que les souverainistes auraient tort de sous-estimer sur ce front – ne détesterait sûrement pas non plus de pouvoir se faire les muscles fédéralistes face au ROC.

Et de le faire en disant non à quelques demandes faites, après tout, leur dira-t-il, par un gouvernement «séparatiste» qui, de toute manière, ne veut rien savoir du Canada…

Ce qui laisserait la balle dans le camp du NPD. Comment se positionnerait-il alors? Serait-il pris entre la nécessité d’élargir sa base d’appuis au Canada anglais et celle de consolider ses appuis au Québec?

Ce qui laisserait aussi la balle dans le camp du PQ et de Mme Marois.

Or, si Stephen Harper, apôtre de l’autonomie provinciale et aimant répéter qu’il a reconnu la «nation» québécoise, venait à dire «oui» à une ou deux demandes de Mme Marois et «non» à d’autres,  que ferait un gouvernement péquiste majoritaire dans le cas où ces refus ne feraient pas grimper pour autant les appuis à la souveraineté?

Bien sûr, ce sont là des «si» et des hypothèses. Mais elles reposent sur l’état des lieux, si je puis dire, quant au programme du PQ et l’habilité stratégique d’un Stephen Harper dans ce type de dynamique politique.

Bref, si le gouvernement est péquiste, minoritaire ou majoritaire, Stephen Harper travaillerait fort pour y trouver quand même son compte…

Scénario : gouvernement caquiste minoritaire.

Excluant pour le moment la possibilité d’un gouvernement caquiste majoritaire tout en rappelant néanmoins que le seul vrai sondage est le jour de l’élection, dans les faits, qu’elle soit minoritaire ou majoritaire, une victoire de François Legault serait le scénario rêvé de Stephen Harper. Possible, quoique moins probable, mais rêvé, néanmoins.

Voilà un nouveau parti dont le chef dit ouvertement partager en bonne partie la même vision économique et fiscale que celle du gouvernement conservateur.

Voilà une CAQ dont le positionnement sur la question nationale est idéal pour Ottawa puisque son engagement est : ni la promotion de la souveraineté, ni la promotion du fédéralisme renouvelé. Un cadeau tombé du ciel.

Un cadeau, dans la mesure où, dans les faits, c’est précisément la même position que celle du PLQ sous Jean Charest.

Bref, avec la CAQ, sur le front constitutionnel, ce serait All quiet on the Québec front

Mieux encore, sur cette question, pour M. Harper, ce serait se retrouver face à une réincarnation politique de l’ADQ et du Mario Dumont circa 2002.

Pourquoi?

Parce qu’en 2002, il s’est passé quelque chose de très important à l’ADQ.

 

Résolument autonomiste à sa création dans les années 1990,  puis souverainiste au référendum de 1995, en septembre 2002, Mario Dumont prenait un nouveau virage fort remarqué.

Lors d’un discours mémorable livré à Toronto devant le prestigieux Canadian Club, sur la scène, debout devant un grand drapeau canadien, le chef adéquiste avait lancé, au grand plaisir de son auditoire, que la question constitutionnelle n’apparaissait plus sur l’«écran radar» de l’ADQ.

Réduisant le tout à de lancinantes «chicanes constitutionnelles», il précisait ensuite ceci  aux journalistes:

Nous, on n’a pas l’intention d’ouvrir des horizons nouveaux avec la moitié d’une patte dans les horizons du passé. On tourne la page et on avance. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ont été divisés dans le passé, qui ont fait partie de camps opposés et qui veulent s’unir pour construire quelque chose de neuf.

Si cela vous rappelle un tantinet le discours de François Legault sur la question nationale, vous avez raison de le noter.

Aux journalistes anglophones, M. Dumont, comme M. Legault aujourd’hui, refusait de dire s’il était fédéraliste ou souverainiste.

Pour Mario Dumont, le nouvel objectif de l’ADQ, si elle prenait le pouvoir un jour, serait fort différent. Soit d’être un «participant sérieux et engagé» dans la fédération canadienne. Mieux encore, elle y serait un «solide partenaire».

Sept ans après le référendum, M. Dumont bouclait sa boucle constitutionnelle à sa manière.

(Autre similitude Legault-Dumont : dans son discours de Toronto, M. Dumont s’était aussi engagé à ne pas céder aux «groupes d’intérêts» comme le font, disait-il, les «vieux partis».)

À Toronto, en anglais, M. Dumont en a donné bien plus aux clients du ROC qu’ils n’auraient jamais osé demander :

Now, you’ve heard nothing so far about referendums or the Constitution. Not an accident! Neither are on our radar screen. We already have a full plate in order to put Québec back on the way to prosperity.

In Québec, over the last 30 years, many things have been suspended in time. People of my generation have seen the public debate on crucial economic issues totally overshadowed by the constitutional debate. We are doing our best to change that. We are now asking Québecers to think outside the box.

Sur la fédération canadienne :

We won’t be mute participants (…) We will be active, dynamic, creative participants (…) Québec will resume its historical rôle as a proactive player.

En français, il ajoutait:

L’ADQ veut faire du Québec un partenaire sérieux et engagé pour faire valoir le point de vue de ses citoyens dans tous les forums, à toutes les tables de discussion du système politique canadien. Et par l’implantation d’un modèle de gouvernement plus souple et d’une taxation moins écrasante, l’ADQ veut faire du Québec un compétiteur plus solide pour attirer les investissements et développer son économie. Oui, nous croyons que le Québec peut devenir un partenaire sérieux et engagé autant qu’un compétiteur fier et dynamique.

(* Ces citations sont tirées de la transcription complète du discours que j’ai encore dans mes dossiers.)

Difficile d’échapper à ce constat : le discours que tient aujourd’hui François Legault et celui que tenait Mario Dumont à Toronto en 2002 sont des copies presque conformes.

En 2012 – dix ans après le discours de Mario Dumont à Toronto -, M. Legault en reprend les pans principaux.

Pour ou contre, leur similarité est indéniable. Incluant les références répétées aux «vieux partis» que seraient le PLQ et le PQ et aux «groupes de pression».

Sur la question constitutionnelle, on voit aussi à quel point les deux hommes se rejoignent : le François Legault post-PQ et le Mario-Dumont circa 2002.

Ce n’est pas un hasard si la CAQ a pu avaler l’ADQ sans la moindre hésitation.

De 2002 à 2012

En fait, ce discours sur la question nationale, M. Legault et le co-fondateur de la CAQ, Charles Sirois, en ont fait le principal socle sur lequel repose la vision de la CAQ.

En entrevue avec The Gazette, M. Legault en reprend les grandes lignes.

Mais ce sont des lignes qu’il a déjà dites auparavant, plusieurs fois, ici et là, dans les mêmes mots. En fait, depuis presque deux ans. Autant en français qu’en anglais. Et l’écho est bel et bien celui du discours de Toronto de M. Dumont.

Seul nouvel élément, sous toutes réserves: M. Legault n’hésite plus à se définir comme «Québécois avant tout et Canadien».  Une déclaration tout à fait cohérente, par ailleurs, avec son positionnement sur la question nationale.

À preuve, voici, dans ses mots, quelques extraits de ce que François Legault a dit à The Gazette (partie de l’entrevue qui fut filmée et diffusée sur le site du quotidien).

«Today, my views have evolved.»

«I don’t want to define myself as a federalist. I want to define myself as a Quebecer first, but also a Canadian

«If we have a government of the Coalition, it will be always Québec first, the interest of Québec first».

«But I’m a Canadian. We accept that we are in Canada and I think that we’ll have a good relationship with Stephen Harper. I think that we agree on many issues, including economy and public finances.»

«I’m back in politics for ten years. I will never promote the sovereignty of Québec. My party will never promote the sovereignty of Québec. It means even after ten years.»

«We want to bring all Quebecers together.»

«We’ve been divided for the past 30, 35 years on the constitution. It’s about time that we work together.»

***

Sur la question controversée d’une possible ratification éventuelle par l’Assemblée nationale de la constitution canadienne de 1982, Mme Marois accuse le chef caquiste de s’y engager dans cette entrevue.

Or, lorsqu’on écoute attentivement les propos de François Legault, ce n’est pas tout à fait ça… En fait, ce n’est pas ce qu’il a dit.

«The constitutional issue is not solved and I will not participate to solve this issue, all right. (…) We wil not work on trying to sign the Canadian constitution. We’ll try to improve our federation, but we will not work on that.»

«I think that after ten years, some people will have to decide. Even in our party, some people may decide to go in a party that is sovereignist. Me, I won’t do any politics after 10 years.»

Et encore ceci concernant son abandon de l’option souverainiste et la ratification possible de la constitution de 1982:

But right now, my views evolved. I see that right now, because of this battle, we haven’t made the changes that other countries and other provinces made.

And I think that right now, we have to concentratre on education, on health care, on economy. And for me, it’s not the priority anymore.

More than that, I would say that if we are sucessful, my target in ten years from now will be that we pay equalization payments instead of receive equalization payments.

And I think that in doing so, we’ll be in a better position to try to renegotiate an agreement where Québec will sign the constitution. Because, right now, we don’t have the good side of the (inaudible). But, honestly, I won’t be there in politics to take care of that. (…)

I want to be clear. I think that like Robert Bourassa said, Québec is a distinct society – maybe today, he would say a nation -, free to choose its future.

And the future can be a way to sign the constitution or sovereignty of Québec.

But people, they don’t want to work on that for the next 10 years. I don’t want to work on that for the next ten years.

But in 10 or 15 years from now, the problem is not solved. So we may restart talking about this problem. Young people may restart to talk about this issue. Because it’s not acceptable that Quebec is not part of the Canadian constitution.

 

Traduction : François Legault trouve inacceptable que le Québec ne fasse pas partie de la constitution canadienne (NDLR : il y est néanmoins soumis). Il pense que si le Québec cesse de recevoir de la péréquation (donc, s’il est plus riche), il serait alors dans une meilleure position pour négocier une ratification de la constitution.

Mais en même temps, il dit qu’il n’y travaillera pas. Ni à la ratification de la constitution, ni à promouvoir la souveraineté. Bref, qu’il vivra fort bien avec le statu quo constitutionnel.

Ce qui, dans les faits, pour ou contre, veut, veut pas, constitue un appui au fédéralisme canadien tel qu’il est maintenant… et pour au moins les dix prochaines années dans son cas…

Ce qui, en toute logique, qu’il le veuille ou non, fait de M. Legault, un fédéraliste. Un fédéraliste nationaliste comme le Québec en compte depuis longtemps.

Pourquoi ne pas l’assumer, simplement? Après tout, c’est une option politique tout aussi légitime que d’être souverainiste. N’est-ce pas?

 

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Bonjour
Je suis content de vous lire de nouveau. Votre voix est essentielle. En espérant vous lire longtemps.

Bonjour Mne Legault
On a souvent prétendu à tort ou à raison que Jean Charest a déclenché les élections pour le 4 septembre dans le but d’éviter les révélations ambarrassantes de l’enquête Charbonneau le 17 septembre sans compter le désordre appréhendé de la crise étudiante cet été qui aurait servi ses intérêts Harpeurien de la loi et l’ordre.
Le grand absent de cette campagne électorale qui aurait le plus contribué à raffermir le vote souverainiste au détriment des fédéralistes au Québec a été causé par le congé estival de la Chambre des communes où ne siègent plus les députés et surtout ceux du parti conservateur de Stephen Harper qui l’a mis en veilleuse pour ne pas accroitre son impopularité gonflée par les scandales et ses politiques centralisatrices néfastes pour le Québec.
Ne cherchons plus l’explication des deux rencontres secrètes qui ont eu lieu plus tôt cet été entre Brian Mulronney, Jean Charest et Stephen Harper.
http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2012/07/20120718-185041.html

L’idée d’un Québec sortant de la fédération canadienne a atteint sa plus grande popularité à la fin des années soixante. Avec la création du MSA puis du Parti Québécois, ainsi que le coup de balai d’octobre 70, cette volonté d’indépendance a été remplacée de facto par la recherche d’une « souveraineté-association » modifiant le partage des pouvoirs entre Québec et Ottawa.

Cette quête a été assortie d’une vibrante dimension nationaliste qui a permis de l’instrumenter de diverses façons depuis, souvent pour des motifs partisans, mais je ne crois pas que qui que ce soit de sérieux ait jamais cru par la suite que s’imposerait une véritable sécession complète et inconditionnelle du Québec. On a joué au poker.

Maintenant que le zeigeist a tellement changé que le concept même d’indépendance a cédé la place è celui d’interdépendance – 70% des lois de la France sont faites par l’Union Européenne – il serait temps de ranger cette notion d’indépendance du Québec au musée de notre histoire et de trouver d’autres sujets de débats plus d’actualité: le travail, la santé, la justice, l’éducation, la culture, la production, l’environnement. TOUT DE SUITE.

Pïerre JC Allard

Mme Legault, ce que vous nous faites comprendre est que finalement le PQ comme la CAQ sont en faveur du statut quo constitutionnel, que l’intendance coloniale provinciale du Kwibek serait menée par ces deux partis sans entraver la domination politique du Rocanada sur le nation québécoise, que « jusqu’à nouvel ordre » la lutte pour l’indépendance du Québec est renvoyée aux calendes grecques par les péquêteux et caquêteux.
C’est ce que personnellement j’avais déjà constaté au PQ suite à l’introduction d’Ubu Bouchard au trône de la colonie Kwibek en 1996.

On peut se demander si la souveraineté du Québec n’aura pas été qu’un rêve. Quel rêve?

J’aime croire que jadis, il s’agissait d’une impulsion vitale, de l’entrée d’un peuple dans l’immuable. Notre pays, pour ses pionniers, aurait été aussi éternel que l’hiver. Que demander d’autre?

C’était une époque où le mot « éternité » suintait encore de vérité.

Mais au fil des ans, les discours se sont enlisés dans la morosité pragmatique du confort et de la modernité… Il s’agirait désormais de récupérer tel argent, de consolider telle différence culturelle, de revendiquer telle prérogative. Et il faudrait saisir l’occasion furtive d’un engouement passager.

Faut-il s’étonner d’un tel glissement, d’une telle dissolution du désir d’être, d’une telle soumission aux nécessités matérielles toujours plus envahissantes de l’époque qui est la nôtre? C’est pourquoi je crois M. Aussant quand il nous dit que le PQ ne réalisera pas la souveraineté. C’est nous qui ne la réaliserons pas.

Et même l’hiver pourrait disparaître.

Les fédéralistes savent très bien qu’en contrôlant au Québec que 50% de nos taxes nos impôts et fonds consolidés nous n’aurons jamais dans le fédéralisme que les pouvoir d’une GROSSE MUNICIPALITÉ en plus de nous fermer le monde des centaine d’organisations internationales . ILS MENTENT les PLQ les CAQ les QS nid et autres soumis à Ottawa

MICHEL

C’est toujours un délice de vous lire. Comme si vos mots caressaient le palais de mon cerveau par leur clarté et leur précision. Autant de bulles de lumières qui allument mes yeux d’étincelles de compréhension.

Merci

Dans le passé se trouve la vérité par la perspective. J’ai bien aimé vos citations. Je suis sur comme moi que vous aimerez écouter ce documentaire qui fait l’historique des mouvements Lucides et Solidaire jusqu’à maintenant. On y voit l’ADQ et aussi – au plaisir – Francois Legault en PQ qui défend sa vision et qui maintenant utilise les mots exacts de ses opposants comme votre texte le souligne.

J’espère que ce lien deviendra viral; avant le 4 septembre nous devons tous voir ce documentaire pour nous redonner la clarté de pensé loin de la tyrannie du l’urgence et des débats de pugilistes.

Le Québec a la croisée des chemins : http://www.youtube.com/watch?v=wQdqrsp7o_w

Merci encore

François Legault dit depuis deux ans être revenu en politique pour les dix prochaines années. Si je comprends bien, il lui reste huit ans…

But I’m a Canadian

La déclaration va lui coller longtemps. Pour toujours en fait comme Daniel Johnson avec I am Canadian first and foremost.

Qui aurait crû qu’un jour, François Legault, un souverainiste pur et dur, auteur du célèbre budget de l’an, dire But I’m a Canadian!

Qu’est-ce qu’un gars ne ferait pas pour quelques votes anglophones?

Oui vous êtes la meilleure analyste politique du Québec et la maîtrise de notre langue me prouve encore aujourd’hui que nous avons le meilleur code de communication de toute la planète par sa précision et sa beauté merci de l’utilisation merveilleuse de notre belle langue. Malheureusement peu de gens l’apprécient.

On peut parler longtemps mais ce qui dure se sont les cultures , riches ou moins riches dans l’histoire. Les Afghans ont été attaqué depuis des siècles par des puissances étrangères mais malgré tout ils sont toujours là. Les Israéliens sont toujours là eux aussi après avoir souffert.
J’ai de la misère à comprendre les Québécois avec un territoire si grand , une langue et une culture commune et majoritaire sur leur territoire qu’ils hésitent à se débarasser du colonialisme. Nos chefs sont-ils comme les Écossais , tous corrompus à la solde des Anglais?

Triste avenir pour un peuple qui avait tout pour réussir et qui acceptent lentement de devenir une grosse minorité ehtnique dans un univers anglo saxons.

Honte aux leader québécois.

Mon premier commentaire, qui est aussi un questionnement : Est-il nécessaire de mettre de côté la souveraineté pour s’occuper de la gouvernance du Québec, et vice versa ? Personnellement j,ai toujours cru qu’on pouvait marcher et mâcher de la gomme.

J’admets évidemment qu’au Québec, existent des souverainistes et des fédéralistes. Je pense que la situation normale d’une nation est d’exercer tous les pouvoirs que toutes les autres nations normales exercent. C’est la souveraineté. Ni le Canada, ni la France, ni les USA, ni la Suisse, ni l’Australie, etc. n’y renonceront jamais. Pourquoi le Québec doit y renoncer ? Aucun fédéraliste n’a réussi à date à m’apporter une réponse valable à cette question.

Si, à l’intérieur du Canada le Québec pouvait exercer lesdits pouvoirs, alors nous noterions la disparitions de nombreux souverainistes. Mais la réalité est que ROC refuse systématiquement au Québec d’exercer les pouvoirs réclamés.

Si nous démontrons par exemple que le Québec est en mesure de gérer efficacement son propre programme d’assurance emploi qui correspondrait exactement aux besoins du marché de travail québécois, qui au Québec s’y opposerait ?

Cette même question peut être posée pour la plupart des domaines d’activités de notre société. Prises une à la fois, toutes ces questions recevraient, j’en suis persuadé, la même réponse : Le Québec a toutes compétences pour faire aussi bien sinon mieux que le fédéral fait mais en répondant aux besoins spécifiques du Québec.

Il m’apparait tout à fait logique voire même hautement souhaitable que le Québec réclame chacun de ces pouvoirs qui sont aujourd’hui sous l’autorité fédérale. Je suis persuadé que les citoyens québécois seraient majoritairement d’accord avec une telle démarche.

Évidemment, le fédéral et le ROC risquent peu de répondre positivement aux demandes québécoises. Conséquemment, les citoyens québécois risquent d’être choquer par ces fins de non-recevoir de la part du ROC et d’Ottawa. Parallèlement, les citoyens du ROC seraient de plus en plus agacés par les demandes québécoises répétées. D’autant plus si le Québec cesse de collaborer dans des domaines stratégiquement choisis.

Il est opportun de souligner que de telles démarches, correctement expliquées sur la place publique, auraient une grande valeur pédagogique au sein de la société québécoise. L’idée de la souveraineté du Québec ne pourrait ainsi que progresser.

«Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l’appelle un papillon.»
[Richard Bach]

Ouf..beaucoup de contenu dans votre texte qu’il faudra certainement remettre en perspective dans quelques temps, histoire de valider tout ça.Il s’agit d’une éloquente démonstration que même l’exercise du jeu politique est assez prévisible, évidemment dans un contexte prévisible.

Dans le cas d’un PQ minoritaire, j’ajouterais qu’il y a un élément fondamental qui s’appelle comment va réagir la frange pure et dure. Derrière toute la stratégie, synonime d’un deuxième beau risque, il y a l’élément de la solidarité interne du PQ derrière cette approche. Ses militants vont-ils accepter d’attendre le temps qu’il faut s’en nécessairement qu’il y ait de résultats à court terme?

Mme Marois prend le pari, qui par ailleurs est très plausible, que même en jouant le jeu, les québécois n’y trouve pas leur compte. Réussira-t-elle à créer cette dynamique, en gardant l’appui des »caribous », en ayant l’attitude d’un gouvernement qui collabore, comme l’avait fait le gouvernement de M.Lévesque après le premier échec de 1980.

Quant à l’approche constitutionnelle de la CAQ, mettons que je m’attend à des développements à plus ou moins brève échéance. Si la CAQ veut gruger plus d’appuis du côté du PQ et espérer un jour former le gourvernement, va falloir parler de d’autre chose que d’éviter les fameuses chicanes avec le ROC. On voit bien que lorsque les enjeux l’imposent, la CAQ fait les compromis nécessaires. On l’a bien vu avec les frais de scolarité.

@ Pierre JC Allard

Connaissez-vous la signification du terme INTERdépendance ? Comme dans le mot INTERnational on réfère en la présence d’au moins 2 nations, le terme interdépendance réfère à la présence d’au moins 2 dépendances.

Vous souhaitez l’INTERdépendance des nations québécoise et rocanadian ? Le Québec est complètement enfermé politiquement dans le carcan constitutionnel du Rocanada, constitution rocanadian de 1982 cadenassée à double tour et enfoncée dans la gorge du peuple québécois depuis maintenant 30 ans.

Une entente d’INTERdépendance économique et/ou politique entre nations n’est possible qu’à partir d’une reconnaissance mutuelle et du respect de la souveraineté de chacune sur leur territoire propre.

L’Union économique européenne est une entente entre pays indépendants, pleinement souverains sur leur territoire respectif, pays très jaloux de leur souveraineté nationale à laquelle on ne pourrait porter atteinte sans subir des représailles de la part des autres membres. Chaque pays membre de l’UE a ses forces militaires nationales pour pallier à toute attaque d’éventuels belligérants.

Par définition, l’INTERdépendance ne peut se concevoir que dans l’existence à priori de l’indépendance chez deux entités distinctes voulant négocier quelque type soit-elle d’union.

On se fiche pas mal de ce que pense Harper. Il est le chef d’un autre pays avec lequel nous avons de moins en moins de connivence.

Le fossé entre le ROC et le Québec s’élargit sans cesse. Les épisodes de monarchite aigüe et de fierté ( ?) militariste chez Harper et son gouvernement ultra-conservateur, droitiste, fondamentaliste et rétrograde nous révèle une fois de plus que les Québécois ne se reconnaissent pas dans ce pays bancal qu’est le Canada.

On constate de plus en plus que les valeurs et les priorités du Canada ne sont pas représentatives de celles du Québec. Ainsi les récentes nominations d’unilingues anglophones à des postes-clé par Harper et son gouvernement ultra-conservateur, droitiste et rétrograde.

Le Canada est sorti de la tête des Québécois. Le Canada aux deux peuples fondateurs est mort, grâce à l’intransigeance du Canada anglais envers les francophones depuis l’Acte d’Union, le million de Métis anglicisés de force, le règlement 17 en Ontario, et l’hypocrisie actuelle du bilinguisme de façade.

Harpeur oublie le Québec et les Canadiens-Français. Réciproquement, beaucoup de Québécois ne se sentent plus aucun lien avec ce Canada bancal, à part le fait de se faire siphonner la moitié de leurs impôts par un gouvernement va-t-en-guerre ( 5 milliards de $ venant du Québec pour la guerre en Agfghanistan), constructeur de prisons, royaliste, etc.

Le Canada (i.e. le ROC) a un grand intérêt économique (sûrement pas amoureux) à conserver le Québec dans le Canada. Ce ne sont pas nos beaux yeux qui les attirent, mais nos immenses richesses naturelles. On se fait harponner. Et pas à peu près.

Le Canada n’est pas UN vrai pays, il y a en réalité DEUX pays au nord du 45e parallèle.

Deux langues, deux mentalités, deux pays.

Vive le Québec républicain, francophone et souverain!

Un sondage, publié par La Presse aujourd’hui, indique que 28% des Québécois voteraient Oui à un référendum proposant que le Québec devienne un pays souverain. Ayoye, les séparatistes !

Le plus loin que les Québécois pourraient peut-être aller, avec solide majorité, serait une véritable confédération d’États souverains.

La séparation du Québec du Canada « une simple souveraineté sans association » comme le préconise le PQ, Québec solidaire, l’ON et le PI, c’est OUT ! Sorry.

Si Mme Marois fait élire le PQ mardi prochain, ce ne sera pas à cause de son option constitutionnelle mais, de son acharnement, sa gentillesse et sa politique de gouverner la province de Québec…point.

M. Harper peut bien dormir en paix même s’il risque de se faire brasser la fausse confédération..

Bonjour.

Le 4 septembre si nos représentants élus fonds preuvent de maturité politique, il y aura une proposition constitutionnelle voter par le peuple et sera présenté à l’assemblée nationale pour être ratifié et présenté au gouvernement fédéral si le gouvernement fédéral refuse, l’entente constitutionnelle qui sera la constitution de la nation québécoise bien un référendum sur la sécession sera demandé au peuple québécois car si il y a une réponse positive de la part du gouvernement fédéral bien nous serons un État à l’intérieur du Canada, la souverainneté association, et si il y a une réponse négative de la part du gouvernement fédéral, bien ce sera la création de notre État pour être un nouveau pay.

La constitution de la nation québécoise peut en être une de souverainneté association et peut en être une comme nouveau pay selon la réponse du gouvernement fédéral la constitution québécoise de la nation québécoise peut être hybride pour le bien de l’ensemble des négociations et surtout laisse la place à nous de décider de notre avenir à nous tous de décider.

Voilà bonne réflexion.

CAQ minoritaire ? Ah bon, je vote QS (Laurier Dorion) ou il semble que ici aussi le candidat de QS a une bonne chance de gagner.

Le score du PQ n’a pas changé depuis le début de la campagne (33 %). Avec un gouvernement libéral au bout du rouleau ce n’est pas brillant…Je pense que le score de la CAQ est largement sous-évalué, les outils de sondage ne se sont pas adaptés encore à cette fin du très large bloc du vote francophone pour le PQ. Le PQ saigne à gauche (QS,ON) et a droite (ADQ) et ne parvient pas à capter des votes qui vont ailleurs. Pourquoi ?

L’option du référendum, la personnalité de pauline Marois ? Autre chose ?

Ce qui paraît plus dangereux pour le PQ et le PLQ c’est que les gens veulent un changement de l’air frais, le pouvoir a été partagé sans discontinuer par le PQ et le PLQ depuis 36 années, nous ne sommes pas à l’abri d’uen vague orange….

Harper est un génie de la politique.

Z’imaginez Pauline (si elle est aux commandes du Québec…) face à cet esprit brillant?

Moi non plus…

Ce sera la ca-tas-tro-phe!

D’après moi, CAQ majoritaire est le scénario le plus probable: les libéraux seraient-ils assez idiots pour ne pas voter CAQ et laisser passer le PQ?

Madame pourquoi encore voter au fait si on suit votre raisonnement?Supprimons les élections,c’est tellement plus simple non?Et un incident majeur imprévu voire un gros accident entre anglos et francos ou entre politiques ça aussi vous avez oublié d’y penser..tout est bien dans le merveilleux monde de walt disney…n’importe quoi, ce n’est plus du journalisme sérieux c’est vraiment n’importe quoi..la méthode Coué vous connaissez?Quel mépris pour les Québécois…

Il n’y auar pas de gouvernement péquiste minoritaire si le CAQ et le PLQ cumulent un majorité de sièges !

C’est ce qu’a dis Legault au Globe and Mail :

“We’ve never been so close to forming a Coalition government,” he told his supporters.

http://www.theglobeandmail.com/news/politics/elections/legault-fires-up-federalist-jets-in-dying-days-of-campaign/article4514357/

Tous ceux qui font l’équation Référendum égale souveraineté n’ont pas idée de comment la game se joue. Le référendum est une formalité, la souveraineté se bâtit de facto à partir de la prise du pouvoir.

Dans l’éventualité que PQ soit majoritaire, le ROC a commencé à réagir face aux revendications de Mme Marois. Pour la plupart il faut que Harper offre une fin de non recevoir. Sauf un qui a une voix prépondérante pour la suite de l’histoire :

Tom Fanagan

Et c’est ici que ça devient intéressant pour le plan de gouvernance souverainiste :

« Mr. Harper would just say no to the PQ’s most provocative demands. But Tom Flanagan, Mr. Harper’s former chief adviser, believes there might also be an opportunity to make deals, so long as any such deals were made available to other provinces. Mr. Flanagan, now a political scientist at the University of Calgary, has this advice for his old boss: “You don’t have to reject everything the PQ suggests. They might have ideas that fit into your own agenda, and if they do, it would be worthwhile to pursue them. If Quebec wants to take control of Employment Insurance, Alberta and Ontario might welcome similar powers, if constitutional obstacles could be overcome.

http://www.theglobeandmail.com/news/politics/elections/john-ibbitson-do-we-care-if-another-tussle-for-quebec-sovereignty-happens-now/article4513853/

La prise du pouvoir majoritaire par le PQ va créer une nouvelle dynamique dans la fédération qui va dérouter la plupart des observateurs, surtout ceux qui ont une fixation référendaire.

@JC Pommerleau

Vous devriez revoir votre anglais. Ce que Legault dit c’est qu’on a jamais été aussi près d’un gouvernement caquiste, pas d’un gouvernement de coalition.